Skip to main content

Full text of "Nouvelles archives du Muséum d'histoire naturelle"

See other formats


f 



NOUVELLES ARCHIVES 

DU MUSÉUM 



D'HISTOIRE NATURELLE 



PUBLIEES 



PAR MM. LES PROFESSEURS-ADMINISTRATEURS 

DE CET ÉTABLISSEMENT 



QUATRIÈME SÉRIE 



OME CINQUIÈME 



PREMIER FASCICULE 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS. DE LANNA.M 
ET DU TONKIN (suite), par M. E. Oustalet. 

CIRRHIPÈDES DE LA COLLECTION DU MUSÉUM (suite), 
par M. A. GnrvEL. 



Feuilles 1 à Ki. — IManches I à IV. 



PARIS 

MASSON ET C", ÉDITEURS 

LIERA IKES HE l' ACADÉMIE DE MÉDECINE 

120. Itoulevard Saiiil-Gennaiii, eu face de l'Ecole de Ulédecioe 
1903 



Zoz^l^ 



NOUVELLES ARCHIVES 

DU MUSÉUM 

D'HISTOIRE NATURELLE 



QUATRIÈME SÉRIE 



C R B E 1 L 



IMPRIMERIE ÉD. CRÉTÉ 



NOUVELLES ARCHIVES 



DU MUSÉUM 



D'HISTOIRE NATURELLE 



PUBLIEES 



PAR MM. LES PROFESSEURS-ADMINISTRATEURS 



DE CET ETABLISSEMENT 



QUATRIÈME SÉRIE 



TOME CIÎNQUIEME 




PARIS 

MASSON Eï G", ÉDITEURS 

LIBRAIRES DE l'aCADÉMIE DE MÉDECINE 
120, Boulevard Saiol-Germain , en [ace de l'Eroie de Uédecioe 



1903 






u 



NOMS 



MM. LES PROFESSEURS-ADMINISTRATEURS 



MUSEUM D'HISTOTRE NATURELLE 



PAR ORDRE D'ANCIENNETE 



A. Gaudry Professeur honoraire. 

Rouget Id. 



Ed. Bureau Professeur de Botanique (Classification et Familles na- 
turelles) 

de Zoologie (Reptiles et Poissons) 

de Zoologie (Mollusques et Zoophytes) 

d'Analomie et de Physiologie végétales 

(le Pathologie comparée 

(le Chimie appliquée aux corps organiques. . . 
de Physique appliquée à l'Histoire naturelle. . 

de Géologie 

d'Anthropologie 



Léon Vaillant.. . 

E. Perrier 

P. Van Tiegheu. . 

Chauveau 

Arnaud 

H. Recquerel. . . . 
Stanislas Meunier 

Hamy 

Lacroix 

Gréhant 

Bouvier 

Maquenne 

E. Oustalet. . . . 
J. Costantin 



1(1. 
1(1. 
Id. 
Id. 
Id. 
1(1. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 



de Minéralogie 

de Physiologie générale 

(le Zoologie (Insectes et Crustacés) 

de Physique végétale 

de Zoologie (Mammifères et Oiseaux) 

de Culture 

d'Anatomie comparée 

de Paléontologie 

de Physiologie végétale appliquée à l'Agricul- 
ture 



1872 
1879 



1874 
1875 
1876 
1879 
1886 
1890 
1892 
1892 
1892 
1893 
1893 
189o 
1898 
1900 
1901 



NOUVELLES 

ARCHIVES DU MUSÉUM 

QUATRIÈME SÉRIE 
LES 

OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, 
DE L'ANNAM ET DU TONKIN 



l'AR 



M. E. OUSTALET. 



DEUXIÈME PARTIE (1). 

PASSEREAUX ORDINAIRES. 

MARTINETS ou CYPSÉLIDKS. 

79. CH.ETURA COCIIINCHINENSIS. 

Cliaetura cochinchinensis Ouslalel, Jiull. de la Soc. philoin de Paris, 1877-1878, 
7° série, t. II, p. o^2 ; G. Tirant, Les Oiseaux de fa Basse-Cochinrhine, Bull, du Comité 
agricole et industriel de la C'oc/tinc/tine, 1879, '.V série, t. I, n" 1, |). 9(), ii° 7(i ; E. Ilarlerl, 
Cat. Birds Brit. Muséum, 189-2, t. XYI, |). 191. 

Le type de celte Chœtura., que j'ai fait connaître au mois de 
décembre 1877, est un Martinet à queue épineuse tué par M. R. Ger- 
main, en 186G, aux environs de Saigon. Un autre individu a été tué, au 
mois de février 1877, à Attopeu (Laos) par M. le D' Harmand. Ce sont 
les seuls exemplaires que je connaisse d'une espèce que M. le D' Tirant 

(1) Voy. t. l, p. 221 de cette même série. 

Nouvelles AnciiiVES du Muséum, 4° série. — V. 1 



2 E. OUSTALET. 

et M. Hartert (1) n'ont citée que d'après ma description et qui 
diffère de la Ch. gkjantea Tem., de la Ch. caudacuta Lath., et de leurs 
alliés par sa taille plus faible et la coloration de son front et de sa 
gorge. 

80. MACROPTERYX CORON ATA. 

Hirundo coronata Tickell, Jouni. Asîat. Soc. Bengal, 1833. t. II, p. j80. — Macrop- 
teryx coronatus Tickell, Jouni. Âsiat. Soc. Bcngal. 1846. t. XV, p. 21 ; Oates, Handb. 
Birds Brit. Burma/i, 1883, t. Il, p. 1"2, n" ilO. — Dendrochelidon coronata 
J. Gould, BirJs of Asia, 18o9. i. I, pi. 21 ; Jerdon, Birds of India, 18lr2, t. I, p. 185, 
n" 104; Macropteryx coronata llaitert, Cat. Birds Brit. Muséum, 1892, t. XVI, 
p. 512. 

De nombreux individus, mâles et femelles, de cette belle espèce 
ont été obtenus par M. le D' Harmand en 1876, au pied de la chaîne 
de Dong-rek (Cambodge), et en 1877 dans la région d'Attopeu (Laos), 
sur les bords du Sé-Kémane^ M. le D' llarmand a vu souvent, aussi 
bien au pied des monts Dong-rek qu'au pied des monts Thabeng 
(Phrom-Thabeng), ces Martinets aux formes gracieuses, au front 
surmonté d'une aigrette élégante, voler au-dessus des plaines incen- 
diées et traverser même les tourbillons de fumée. Il n'avait jamais 
rencontré antérieurement la Macropteryx, coronata en Basse-Cochinchinc 
et, en effet, je ne la trouve mentionnée ni dans le Catalogue de 
M. le D' Gilbert Tirant, ni dans les notes manuscrites de M. R. Germain. 
De même, si cette espèce se rencontre dans l'Inde, à Ceylan, dans la 
Birmanie britannique et dans le royaume de Siam, elle paraît manquer 
dans le sud de Ténassérim et dans la presqu'île de Malacca. Ces parti- 
cularités dans sa répartition à travers l'Asie méridionale doivent 
dépendre en grande partie de la distribution des forêts auxquelles la 
Macropteryx coronata paraît étroitement attachée. 

Si la Macropteryx coronata., assez répandue sur certains points du 
Laos et du Cambodge, manque en Basse-Cochinchine, en revanche 

(1) Je rappellerai en passant qu'une aulre espèce de Cypsélidé, une Salangane, Collocalia Ger- 
mani, que j'ai décrite en 1876 {Bull, de la Soc. philom., 1876, p. i, et Vlnstilul, n° de janvier 1876) 
et qui parait être très répandue en Basse-Cochinchine, a été omise par ^I. Hartert, comme par 
M. le D-- Tirant. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 3 

d'autres Cypsélidés, plus ou moins communs dans cette dernière région, 
comme le Cyjiselus (ou Micropus) pacificus Lath., le C. suhfurcatus 
Blyth et le C. infamatus Sclat., paraissent faire défaut ou du moins 
n'ont pas été rencontrés jusqu'ici au Cambodge, dans le Laos, l'Annam 
et le Tonkin. 



ENGOULEVENTS ou CAPRIMULGIDES. 



81. CAPRIMULGUS MACRURUS, var. ALBONOTATUS. 



Caprimulgus albonotatus Tii-kell, Journ. Asiat. Soc. Bengal, 181^, t. XL p- S80; 
Jerdon, Birds nf India, 18G2, t. I, p. 19i, n" 109 ; Oates, Handb. Bh'ds Drit. Burmah^ 
1883, t. II, p. 19, n" 410. — Caprimulgus albonotatus Salvadori. Viagrjio di L. Fea 
in Birmanla, Uccelli. Ann. del J/i/seociricodi Genova, 1887, ±' série, t.IY.p. 22, n" 39. 
— Caprimulgus macrurus. \ai'. albonotatus Ilaiteit, Ca/. Birds Bril. Muséum, 
1892, t. XVI, p. 540. 



Deux spécimens obtenus par M. le D' Harmand, au mois de jan- 
vier 1877, dans le Laos, sur les bords du Sé-Don ou Sé-Dône, affluent 
de gauche du Mékong, et un autre individu tué par le même voyageur, 
en novembre 1875 à Kratieh (Cambodge), appartiennent à cette race, 
de forte taille, du Caprinmlgiis macrurus Horsf. , tandis que deux 
spécimens obtenus, plusieurs années auparavant, par M. R. Germain 
dans la Basse-Cochinchine, se rapportent à la forme typique de 
Caprimulgus macrurus^ qui est citée dans le Catalogue du D"" Gilbert 
Tirant comme étant commune à Trà-vinh. La forme typique se 
trouve dans le nord de l'Australie, en Papouasie, dans l'archipel malais 
et la péninsule malaise, dans le Ténassérim, le royaume de Siam et 
la Basse-Cochinchine, tandis que la variété albonotatus se rencontre 
dans le nord-ouest du centre de l'Jnde anglaise, la Birmanie et le 
Laos; mais déjà en Birmanie, dans le Ténassérim et dans l'Assam, les 
deux formes se rencontrent et, comme M. Hartert Ta constaté, 
tendent à passer Tune dans l'autre par des sujets de dimensions 
intermédiaires. 



^ E. OUSTALET. 

82. CAPRIMULGUS MOIVTICOLA. 

Caprimulgus monticolus Franklin, /'/'oceef/. Zool. Soc. London, 1831, p. IIG, etJouni. 
Soc. Âsiat. Bengal, 1832, p. 2G3 ; Jerdon, Birds of India, 18G2, t. 1, p. 198, n" 111; 
Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. II, p. 18, ii° il5. — Caprimulgus monti- 
cola David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. G7, n° 108 ; G. Tirant, Oiseaux 
de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 95, n° 70; Oustalet, Nouv. Arch. du Muséum, 
1886, 2^' série, t. VIII, 2" fasc, p. 208, n" 5 ; Hartert, Cat. Birds Brit. Mus., 1892, t. XVI, 
p. 547. 

Noms locaux : Co7i Dap miioi (annam.), Prd pléohk (cambodg.) [d'après 
M. G. Tirant]. 

Outre de nombreux spécimens obtenus dans la Basse-Cochinchine, 
par M. Germain et par M. Pierre, le Muséum a reçu quelques exem- 
plaires tués dans le Cambodge et dans le Laos, à Melou-Prey, au mois 
de janvier 1876, par M. le D"" Harmand et dans l'Annam, aux environs 
de Hué, par M. le D' Philip, au mois de novembre 1882. 

Le Caprimulgus monticola a été rencontré également, d'une part 
dans l'Inde proprement dite et sur divers points de la Birmanie, de 
l'autre dans la Chine méridionale. Il est donc probable qu'il existe au 
Tonkin. 

D'après les observations de M. Germain, qui concordent avec celles 
de M. Davison, cet Engoulevent pond deux œufs qu'il dépose sur la 
terre nue, dans une légère dépression du sol. Les œufs envoyés par 
M. Germain sont tachetés de rougeâtre sur un fond d'un blanc rougeâtre 
et mesurent 0'",027 sur 0™,016. 

83. CAPRIMULGUS ASIATICUS. 

Caprimulgus asiaticus Latham, Ind. Ornilh., 1790, t. II, p. 588; Jerdon, Birds of 
India, 18G2, t. I, p. 197, n" 112; Oates, Handb. Birds Brit. Burma/i, ' 18S3, t. II, p. 17, 
n° 414 ; Hartert, Cat. Birds Brit. Muséum, 1892, t. XVI, p. 558. 

Un spécimen obtenu par M. le D' Harmand en 1876, sur les bords 
du Mékong, dans le Laos, est identique à deux individus tués aux 
environs de Saigon, l'un (mâle) par M. B. Germain, le 5 juillet 1863, 
l'autre par M. Moreau (coll. Boucard) et à un troisième exemplaire pris 
par M. Pierre au mois d'août 1868, à Mung-Prou (Siam). 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 5 

Le Cclprinsulgus asiaticus, qui est commun dans l'Inde et à Ceylan 
et qui avait déjà été rencontré sur divers points de l'Assam et de la 
Birmanie anglaise, s'étend donc, du côté de l'est, jusque dans le Laos 
et la Cochinchine, où il niche et d'où M. R. Germain a fait parvenir 
des œufs au Muséum. 

Cette espèce ne figure point cependant dans le Catalogue du D' Gilbert 
Tirant, qui cite, en revanche (1), le Caprhnulgus jotaka ïem. et Schleg. 
comme se trouvant communément en Basse-Cochinchine dans toutes 
les forêts. 

HUPPES ou UPUDIDÉS. 

84. UPUPA INDICA. 

Upupa epops vel indicus Hodgson, Icon. ined. in Brit. Mus., Passeres, pL '2G, 21, fig. 1 ; 
G. R. Gray, Zool. Mise, 1844, p. 8-2. — Upupa indica Reichenbach, Handh. Scansores, 
1853, p. 3-20, taf. dxcv, fig. 4037; 0. Salviii, Cat. Dirda Brit. Mus., 1892, t. XVL p. 10. 
— Upupa nlgripennis (Gould) Jerdon, Birds of India, 1802, t. I, p. 392, n° 3o5; 
Anderson, ZooL Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. .o78, n" 19; J. Gould, Birds 
of Asia, 1880, t. \, pi. 66. — Upupa ceylonensis Reichenbach, Ilandb. Sccnisores, 
1853, p. 3-20, taf. dxcvi, fig. 4036; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 79, 
n» 127. — Upupa longirostris Jerdon, Birds of India, 18o2, t. I, p. 393 ; G. Tirant, 
Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. lOo, n° 105 ; Oales, Handb. Birds 
Brit. Burmah, 1883, t. II, p. 17, n» 454. 

Noms locaux : Co?i chim Ddu riù (annam.); Sdt Sdhk (cambodg.) 
[d'après M. G. Tirant]. 

Trois Huppes, tuées par M. le D' Harmand, dans les mois de 
novembre et de décembre 1875, dans la région cambodgienne du 
Mékong, appartiennent, de même qu'une Huppe tuée par M. le 
D' JuUicn, en 1874, dans la Basse-Cochinchine, et deux autres exem- 
plaires rapportés de Petchabouri (Siam) par M. Bocourt, en 1862, à 
la variété indienne de la Huppe vulgaire, variété qui se rattache 
d'ailleurs à la forme typique par des formes intermédiaires. Les sujets 
envoyés par M. Harmand n'ont pas de liséré blanc à l'extrémité des 
longues plumes de la huppe, mais ne présentent point la particularité 
qu'on observe chez beaucoup de sujets de la Birmanie (2), car ils n'ont 

(1) pp. cit., p. 95, n" 71. Un spécimen du British Muséum est indiqué par M. E. Hartert comme 
étant originaire de Cochinchine [Cat. Birds Brit. Muséum, t. XVT, p. 534). 

(2) Voy. Jekdon, Birds of India, t. I, p. 393 et Gates, Ilandb. Birds Brit. Burmah, p. 62. 



6 E. OUSTALET. 

pas le bec plus développé que chez d'autres individus qui font partie 
de la collection du Muséum et qui proviennent de la France ou 
du Maroc. 

La Huppe indienne s'étend de l'Inde, à travers l'Indo-Ghine, 
jusque sur l'île de Haïnan. D'après M. R. Germain, elle est répandue 
en Basse-Cochinchine, dans les régions sèches et un peu boisées. 

GRIMPEREAUX ou CERTHIIDÉS. 

85. SITTA NEGLECTA. 

Sitta negleeta AVaklen, Ânn. and iMag. Nat. Hist.^ 1870, 4* série, t. V, p. 218; Oates, 
l/andO. Birds Brit. Biirmah, 1883, t. I, p. 131, n" 128: II. Gadow, Cat. Birds Brit. 
Muséum, 1883, t. YIII, p. 3'i9. 

Une Sittelle, tuée par M. le D' Harmand, en 1876, dans les forêts 
entrecoupées de clairières du Laos, me paraît se rapporter à cetle 
espèce qui a été décrite par lord Walden et qui est intermédiaire entre 
la Sitta cœsia de l'Europe et de l'Asie septentrionale et la Sitta 
himalayensis de l'Himalaya. Ainsi se trouve prolongée notablement 
vers l'est l'aire de distribution de la Sitta negleeta qui a été rencontrée 
d'abord sur les monts Karen ou Karin, dans le district de Tonghoo 
(Birmanie), puis dans le nord et le centre du Ténassérim. 

80. SITTA CliNNAMOMEIYI^NTRIS. 

Sitta cinnamomeiventris Blyth, Journ. Asial. Soc. Bengal, t. XI, p. 459; Jerdon, 
Birds oflndia, 18G2, t. I, p. 387. n°251; II. Gadow, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, 
t. VIII, p. 351. 

A cette espèce, largement répandue dans le nord-ouest de l'Himalaya, 
dans le Népaul, le Boutan et retrouvée alors récemment par 
M. E.-W. Oates dans le nord de la Birmanie, se rapportent plusieurs 
Sittelles, fortement colorées en roux-cannelle sur les parties inférieures 
du corps, qui ont été obtenues par M. le D' Harmand, en 1876, dans 
le pays des Kouys et à Meiou-Prey (Laos), et aux mois de janvier 
et de février 1877 sur les bords du Sé-Moun et dans les forets entre- 
coupées de clairières des environs d'Attopeu (Laos). Dans les forêts 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 7 

voisines de Melou-Prey, ces Oiseaux couraient sur les branches aussi 
rapidement que de petits Écureuils. 

87. SITTA FRONTALIS. 

Orthorhynclius frontars Swainson, Zool. IlL, 18:20-1821, 1"= séiio, pi. "2. — Sitta 
velata Temminck, Planches coi., 1823, pi. 72. — Siita frontalis Horsflpld, Trans. 
Linn. Soc, 1821, t. XIII, p. l()2;0atcs, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, i. I, p. 134, 
n" 130; H. Gadow, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VIII, p. 3.j8. — Sitta corallina 
Ilodgsoii, Journ. Asiat. Soc. Bengal, 1830, t. V, p. 779. — Decdrophila frontalis 
Swainson, Classif. Birds. 1837, t. II, p. 318; Jerdon, Birds nfindia, 18(i2. 1. 1, p. 388, 
,^0 2,j;j. — Dendrophila corallina Andersen, Zool. Results Exped. lo W. Yunnan, 
1878, I. 1, Aves, p. 033, n" 117. 

II n'y a aucune dificrence à signaler entre les exemplaires de Sitta 
frontalis que le Muséum possède et qui viennent du Népaul et d'autres 
provinces de l'Inde et des Sittelles que M. le D' Harmand a obtenues 
durant les mois de janvier et de février 1877, dans la province de 
Sisakhet (Laos siamois) et aux environs d'Attopeu (Laos). 

La Sittelle à bandeau noir ne se rencontre donc pas seulement 
dans les îles de Java, de Sumatra et de Bornéo, où elle revêt des cou- 
leurs plus vives, dans l'archipel des Philippines, dans l'ile de Ceylan, 
dans la péninsule malaise, dans l'ouest et le nord de l'Inde et en 
Birmanie, mais s'avance, ù travers le royaume de Siam et le nord de 
l'Indo-Chine, jusque dans l'ouest du Yunnan. En revanche je n'ai 
aucun indice de sa présence en Basse-Cochinchine, pas plus du reste 
qae d'une autre espèce du même genre. Chose curieuse, aucune 
Sittelle n'est mentionnée dans le Catalogue du D' Gilbert Tirant, ni 
dans les notes de M. B. Germain, ce qui ne veut pas dire assurément 
qu'il n'en existe point dans les forêts de la Cochinchine. En tout cas 
ces Oiseaux doivent être très rares dans les pays que M. Germain a si 
bien exploré. 

SOUI-MANGAS ou NECTABLMIDÉS. 

88. .ETIIOPYGA SEllERLE. 

Nectarinia Seherise Tickell, Journ. Asial. Soc. Bengal, 1833, I. H. p. .")77, n° 37. — 
Cinnyris miles Hodgson, Ind. Rev., 1837, t. II, p. 373. — Certhia goalpariensis 
Royle, ///. Hiin. Birds. 1839, t. H. p. 78 et pi. 7. fig. 1. —Nectarinia goalpariensis 



8 . E. OUSÏALET. 

Jardine, Monogr. Sun-Birds. 1842, p. 230, 267 et pi. 26. — ^thopyga miles Jerdon, 
Bircls of India, 1862, t. I, p. 302, n°225; Anderson, Zool. Results Exped. to W. Yunnan, 
1878, t. I, Aves, p. 661, n° 172. — ^thopyga cara Hume, Strai/ Frathers, t. II, 
p. 473, note. — Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 316, n° 300. — 
^thopyga Saheriee et ^thopyga cara Slielley, Monoyr. JYect., p. 63 et pi. 21 
et 22. — ^thopyga Seherise H. Gadow, Cat. Birds Brit. Muséum, 188i, t. IX, p. 18. 

De cette belle espèce de Soui-Manga le Muséum a reçu succes- 
sivement un assez grand nombre de spécimens provenant de divers 
points de l'Indo-Ghine, savoir : deux exemplaires pris en Basse- 
Cochinchine par M. Pierre en 1867; quatre individus, mâles et femelles 
pris sur l'île Phu-Quoc par M. le D' Harmand en 1875 et 1876; un 
spécimen recueilli par le même voyageur dans la province de Chaudoc 
(Basse-Cochincliine) à la fin de 1876; un spécimen pris sur les bords de 
la baie d'Along (Tonkin) et donné par M. le professeur Heckel, cinq 
individus, mâles et femelles, tués le 9, le 10 et le 23 février et le 
16 mars 1892 à Muong-Mouen, à Pa-Mou et dans d'autres localités du 
Tonkin par feu le prince Henri d'Orléans. A ces exemplaires, il faut 
ajouter un spécimen de l'ancienne collection Verreaux indiqué comme 
originaire du Cambodge. En comparant entre eux les mâles, on peut 
faire la même observation qui a été faite par M. le D' Gadow sur des 
sujets du Britisli Muséum, provenant de la Birmanie anglaise, à savoir 
que si la nuque est souvent de la même teinte rouge que le dos, ce qui 
est un des caractères de la variété orientale dite cara, la partie posté- 
rieure de la tète tourne au vert-olive, chez certains individus, comme 
dans la forme typique {/Ethopyga Seherise). Quant à l'abdomen il offre 
plutôt une teinte gris-cendre, comme chez les sujets du Népaul de la 
forme dite miles qu'une teinte olivâtre comme chez les sujets du 
nord-ouest de rilimalaya de la forme dite goalpariensis. Ce défaut 
de fixité dans les teintes des diverses parties du corps, chez des indi- 
vidus d'une même région, montre bien qu'on ne peut séparer les 
Mthoivjcja de Tlndo-Chine de celles de l'Inde, et conduit à assigner à 
\ Jithopyga Seheriœ une aire de distribution très étendue, allant de 
l'Himalaya occidental à travers le Népaul, l'Assam, la Birmanie anglaise 
et le Cambodge jusqu'au Tonkin, et anticipant même un peu sur la 
Basse-Cochinchine. Dans cette dernière contrée toutefois, X JEtliopyga 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 9 

Seheriœ doit être très peu répandue, puisqu'il n'en est fait mention 
ni dans le Catalogue du D' G. Tirant, ni dans les notes manuscrites de 
M. R. Germain, et, si Ton en juge par le nombre des spécimens, elle 
doit être plus commune au Tonkin que dans le Cambodge ou le Laos. 

89. iETIIOPYGA SANGUINIPECTUS. 

JEthopyga sanguinipectus Waklen, Ami. and Mag. Nul. Hlat., 1875, t. XV, p. -iOÛ; 
Shelley. Monorjr. Necl., p. 37 et pL 12; Oates, Handb. Birds Brit. Bunnah, 188.3, 
t. I, p. 313, n" 297 ; H. Gadow, Cat. Birds Brit. Muséum, 1884, t. IX, p. 27. 

Deux mâles envoyés au Muséum par M. le D' Harmand en 1877 et 
provenant sans doute du Laos et peut-être de la région d'Attopeu et un 
autre mâle tué le 10 février 1892 par le prince Henri d'Orléans dans 
une localité innomée de la rive gauche de la rivière Noire, à peu de 
distance de Van-Bou (Tonkin), appartiennent à «ettc espèce qui a été 
découverte par le capitaine Wardlaw Ramsay sur les monts Karennee 
(Birmanie) et retrouvé plus tard dans le Ténassérim par M. Davison. 
Dans le Laos et le Tonkin, comme en Birmanie, V/Ethopyga sanguini- 
pectus paraît être très peu répandue. 

90. CINNYRIS EDENI. 

Arachnechthra Edeni .1. Andeison, Zool. Besulls E.rped. (o TU. Yunnan, 1878, t. I, 
Aves, p. (it)l, n" 171 et pL XLIX. — Ginnyris asiatica (part.) H. Gadow, Cal. Birds 
Brit. Mus., 1884, t. IX, p. .58. 

Dans la partie zoologique du bol ouvrage où sont consignés les 
résultats des deux expéditions faites, il y a une trentaine d'années, dans 
le Yunnan occidental par ordre du Gouvernement anglais, M. le D' John 
Anderson a séparé des Cinnyris asiatica de l'Inde et ligure sous le nom 
à' Arachnechthra Edeni un Oiseau qu'il avait tué à six milles de Bhamô 
(Haute-Birmanie), le 31 janvier 1875, et chez lequel toutes les parties 
supérieures du corps étaient d'un noir à reflets violets, sans aucune 
trace de vert, cette teinte se prolongeant sur les côtés du cou et sur 
les joues, où l'on ne remarque point, par conséquent, les reflets verts 
qui exislent chez les Cinnyris asiatica. Déjà M. Hume avait constaté la 

9 
Nouvelles Archives do Musécm, 4^ série. — \. 



10 E. OUSTALET. 

môme parliciilarité chez des Soiii-Mangas du llaiit-Pégou, qu'il n'avait 
pas cru cependant devoir distinguer par un nom particulier. Pour 
M. Anderson tous ces Oiseaux du Haut-Pégou, de la Haute-Birmanie, et 
des frontières du Yunnan -occidental appartiennent à une espèce distincte 
du Cimiyris asiatica, espèce qui n'a pas été maintenue, même à titre de 
race, par M. le D' II. Gadow, lequel l'a réunie au Cinnyris asiatica. Ce qui 
me fait croire à la validité de l'espèce figurée par le D' Anderson, c'est 
qu'un Soui-Manga mâle, tué par M. le D' Harmand en 1876, dans le pays 
des Kouys, sur les frontières du Cambodge et du Laos, offre exactement 
les caractères de l'Oiseau de Bhamù et présente les mêmes différences 
avec des Soui-Mangas de même sexe, de l'espèce Cinnyris asiatica^ qui 
font partie de la collection du Muséum et qui proviennent de diverses 
localités de l'Inde anglaise. 

Le spécimen envoyé au Muséum par M. le D"" Harmand offre même 
deux caractères qui ne sont pas indiqués dans les quelques lignes que 
M. Anderson a consacrées au Cinnyris E déni ^ mais qui sont très appa- 
rents sur la planche représentant cette espèce ; il a les ailes d'une teinte 
plus claire que chez tous les Cinnyris asiatica que j'ai sous les yeux, 
les couvertures et les pennes étant plutôt brunes que noires et les 
barbes internes des rémiges tirant au grisâtre, et d'autre part, il porte 
de chaque côté, sur les flancs, des touffes de plumes qui sont d'un jaune 
et d'un rouge-orangé encore plus vifs que chez les Soui-Mangas de 
rinde. Les dimensions de l'Oiseau pris dans le pays des Kouys sont 
enfin un peu plus faibles que celles des Cinnyris asiatica^ la longueur 
totale étant de 0",920, l'aile mesurant 0",053, la queue 0", 036; le bec 
{culmen) 0'",01 5 et le tarse 0°',0J 5. 

Un autre Soui-Manga mâle, en plumage de transition, envoyé au 
Muséum en 1875, par M. le D' Harmand, et dont la provenance exacte 
n'est malheureusement pas indiquée, mais que je crois originaire du 
Cambodge, se rapporte probablement encore au Cinnyris Edeni. Cette 
espèce, ou, si l'on veut, cette race du Cinnyris asiatica remplacerait ce 
dernier dans le nord du Pégou, le Cambodge, le Laos et le Yunnan 
occidental. Il ne m'est pas possible de dire si c'est au Cinnyris Edeni 
ou au Cinnyris asiatica que se rapportaient les Soui-Mangas que 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 11 

M. le D" Gilbert Tirant n'a rencontrés en Basse-Cochinchine que clans 
la forêt de Tra-song et qu'il a mentionnés clans son Catalogue (1) sous le 
nom à^ Arachnechthra asiatica Lath. 

91. CliNNYRIS FLAMMAXILLARIS. 

Nectarinia flammaxillaris Blylli, Jauni. Asiat. Soc. Bengal, i8io, t. XIV, p. ooT et 
18i(l, t. XV, |). 370. — Cinnyris flammaxillaris Ch. L. Bonaparte, Consp. Avium, 
1850, 1. 1, p. i08, n" i.j ; Shellcy, Monogr. ycc/ar., p. IGl et pi. 51 ; Oates, Handb. Birds 
Brit. Biirmah, 1883, t. I, p. 3-20, ii" 303 ; II. Ga(lo^v, Cat. Birds Brit. Muséum, 1884, 
t. IX, p. 83. — Arachnecthra flammaxillaris Waklen, Proc. Zool. Soc. Lotid., 
186G, p. 541 ; G. Tirant, Oiseaux de la Busse-Cochincliine, op. cit., 1879, p. 106, n" 110. 

Nom LOCAL : Con Eût mât (cambodg.) [d'après M. G. Tirant]. 

Cette espèce, largement répandue sur la presqu'île de Malacca et dans 
la Birmanie anglaise, n'est pas moins commune dans l'Indo-Chine fran- 
çaise. Outre des spécimens, au nombre d'une quinzaine, recueillis dans 
la Basse-Cochinchine, en 1863 et en 1866, par M. P. Germain et par 
M. Pierre, le Muséum possède plusieurs individus, de sexes différents, 
de C'mnyris flammaxillaris tirés à Sambùr, dans le pays des Kouys et 
sur d'autres points du Cambodge par M. le D' Ilarmand, en 1875 et 1876. 
Un mâle de cette série est identique à deux autres mâles rapportés de 
Sarabouri et d'Ayuthia (Siam) par M. Bocourt, en 1862, et à de nom- 
breux individus envoyés de l'ile Penang, en 18G9, par le Père Martin et 
en 1880 par M. A. Marche. 

Les Oiseaux tués par M. le D' Ilarmand, tandis c[u'ils butinaient sur 
des fleurs, avaient, comme ceux qui ont été obtenus en Birmanie ou en 
Basse-Cochinchine, les yeux bruns, le bec et les pattes d'un noir bleuâtre 
brillant. 

M. ARACHNOTIIERA MAGNA. 

Cinnyris magna llodgson, Ind. Rev., 1837, p. -27-2. — Arachnothera magna Blytli, 
Journ. Asiat. Soc. Bengal, 18i3. p. 981 et J8'<t;, p. '.3; Jerdon, Birds of India, 1802, 
t. I, p. 3(>0, 11" 223 ; Shelley, Monogr. Nectar., p. 3'(7 et pi. 112, lig. 1 ; Oates, Handb. 
Birds Brit. Buniia/i, 1883, l. I, p. 327, n" 309 ; II. Gatlow, Cat. Birds Brit. Muséum, 
188'/, I. IX, p. 105. 



(i"i Bull, du Comité agricole et industriel de la Cochinchine, 1879, 3° série, t. I (1878), n' 1, p. 101 
n" 111. 



12 E. OUSTALEÏ. 

Trois Oiseaux, un mâle et deux femelles, tués le 16 février, le 3 mars 
et dans les premiers jours d'avril, àMuong-Chum, à Lai-Gliau etàLuang- 
Prabang (Tonkin et Laos) se rapportent à cette grande espèce de Nec- 
tariniidés et non à la forme, d'ailleurs très voisine, que Blyth a désignée 
sous le nom à'' Araclmothera aurata (1). Les Arachnothères remises par 
le prince Henri d'Orléans au Muséum ne diffèrent, en effet, ni par leurs 
teintes plus claires, ni par leurs stries moins nombreuses, d'un individu 
provenant des doubles de la collection Hodgson ; ils ont, à peu de chose 
près, les mêmes dimensions que cet individu et sont d'une taille légère- 
ment supérieure à celle d'un exemplaire, de la collection Boucard, 
provenant du Sikkim. 

Tandis que la variété aurata domine surtout dans le Pégou, la forme 
typique, Araclmothera magna^ habite surtout le Népaul, le Sikkim, 
TAssam, l'Arrakan, descendant peut-être jusque dans le Ténassérim. 
D'après ce que je viens de constater, elle s'avance du côté de l'est, à 
travers le nord de la Birmanie jusque dans le TonUin et le Laos sia- 
mois. 

93. ANTHOTIIREPTES PHÛENICOTIS. 

Motacilla singalensis Gmelin, Syst. Nat.^ 1788, t. I, p. 964. — Nectarinia phœni- 
cotis Teinininck, Planches col., I8ii, pi. 108, fig. 1, et pi. 388, fig. 2. — Anthreptes 
phœnicotis Blylli, Jouvn. Axiat. Soc. Beiujal, 1843, t. XII. p. 979 el 18ij, \. XIV. 
p. 557; Slielley, Monogr. Nectar., p. 325 et pi. 105. — Anthreptes singalensis Oales, 
Handb. Birds Brlt. Bi(7vnali, 1883. 1. I. p. 326, n« 308. — Anthothreptes phœnicotis 
II. Gadow, Cat. Birds Brit. Mnseum, 1884, i. IX, p. 121. 

Trois spécimens obtenus par M. le D' Harmand, en 1875 et 1876, sur 
les bords du Mékong, dans le Cambodge, de même que trois exem- 
plaires pris en Basse-Cochinchine par M. B, Germain, en 1864 et 186o 
et un mâle tué à Ayuthia (Siam) par M. Bocourt, en 1862, appartiennent 
à cette espèce qui est largement répandue à travers le Boutan, le Pégou, 
le Ténassérim, la péninsule malaise, les îles de la Sonde (Bornéo) et dont 
on peut, par conséquent, prolonger l'aire d'habitat à travers le royaume 

(1) Blyth, /ouî'« . Asiat. Soc. Bengal, ISoîl, t. XXIV, p. 478 ; Shelley, Monogr. Nectar., p. 351 et 
pi. 112, fig. 2 ; Oates, Handb. Birds Brit. Biirmah, 1883, t. I, p. 328, n» 310. — Araclmothera magna 
var. aurata H. Gadow, Cat. Bird<iBrit. Mus., 1884, t. IX, p. 103. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 13 

de Siam, la Cochinchine et le Cambodge. Jusqu'ici je n'ai aucun indice 
de sa présence dans l'Annam et au Tonkin. 

Les spécimens auxquels je viens de faire allusion ne diffèrent point 
de ceux qui sont originaires de Malacca et qui figurent également dans 
les collections du Muséum. 

Les renseignements portés sur les étiquettes des exemplaires de la 
Basse-Cochinchine et relatifs à la coloration du bec, des pattes et des 
yeux concordent, en général, avec ceux qui sont fournis par M. Eugène 
W. Gates; cependant M. R. Germain indique l'iris des mâles comme 
étant d'un rouge terne, tandis que M. Oates le donne comme étant d'un 
rouge laque. 

D'après M. R. Germain, les Soui-Mangas de cette espèce sont rares 
en Cochinchine (1) et se tiennent sur les palétuviers, au bord des 
rivières. En Rirmamie, d'après M. Oates, ils explorent en petites troupes 
les buissons et les arbres en Heurs, dans les jungles ou les jardins. 

94. ANTIIOTIIREPTES MALACCENSIS. 

Le Grimpereau de Malacca Sonnerai, V^ui/. aux Indes, 1782, I. II, p. 2U9 et |)l. IIll, 
fig. 1. — Certhia malaccensis Scopoli, Z)(V. /'/o/*. et Faun. Insubr., 1780, t. II, p. 91. 
— Certhia lepida Lathani, Ind. Orn., 1790, 1. I, ]). 208. — Le Soui-Manga de 
Malacca AudoI)erl et Vieillot, Oiseaux dorés, 1802, t. II, p. (i.'J.— Nectarinia malac- 
censis Blytli. Jouni. Asiat. Soc. Bcngal, 1843, i. XII, p. 980. — Anthreptes malac- 
censis Shflley, Monogr. Nectar., p. 315 el pi. 101, fiy. 2. — G. Tirant, Oiseaux de la 
Jiassc-Cochincliine, op. cit.. 1879, p. 107, n" 11 i ; Oales, Ilandb. Birds Bril. Bunnah, 
1883, I. I, p. 321, M" 307. — Anthothreptes malaccensis II. Gadow, Cat. Birds Bril . 
Muséum, 188i, I. IX. p. 122. 

Cette espèce, qui est très répandue enRasse-Cochinchine où M, Pierre, 
et surtout M. R. Germain et M. le D' Harmand ont obtenu une série 
très nombreuse d'individus d'âges et de sexes différents, ainsi que des 
nids et des œufs, se rencontre sans doute aussi au Cambodge, car c'est 
probablement de là et peut-être des provinces de Pursât et de Compang 
que \iennent quelques individus envoyés au Muséum par M, le D' Har- 
mand, en J875. Elle habite certainement aussi le royaume de Siam, d'où 
proviennent un spécimen recueilli par Schomburgk et faisant partie des 

(1) Ceci nous explique pourquoi ÏAnthotlwrptiS phœnicoUs n'est pas compris dans le Catalo.yuo 
du D' 0. Tirant. 



14 - . E. OUSTALET. 



collections du British Muséum et deux spécimens pris à Bangkok et à 
Ayuthia et envoyés au Muséum d'Histoire naturelle par M. Bocourt, 
en 1862. En revanche, je n'ai aucun indice de sa présence dans l'Annam 
et au Tonkin. 

Les sujets du Siam, du Cambodge et de la Basse-Cocliinchine ne 
diffèrent sous aucun rapport de ceux de la presqu'île malaise, de Java, 
de l'île Nias, etc., que j'ai sous les yeux, dans la collection du Muséum. 
VAnthotlireptes malaccensis a, en effet, une large distribution géogra- 
phique et est très répandue sur une grande partie de la région indo- 
malaise, continentale et insulaire; elle est représentée dans l'archipel 
des Philippines et à Célèbes par une race peu distincte [Anthothreptes 
chlorogaster). 

Avec quelques-unes des espèces de Soui-Mangas que je viens de citer 
ou auxquelles j'ai fait allusion, M. le D' G. Tirant en mentionne plu- 
sieurs autres dans son Catalogue des Oiseaux de la Basse-Cochinchine, 
telles que Arachnothera modesta Eyt. ; A. chrysogenys Temm. ; A. flavi- 
gmtra Eyt. [ftavivenlris Cad.); A. Ion giros Iris Lath.; Çhalcostetha insi- 
gnis (jom\<\\ d/unjris brasiliaiius Gm. (Z/'r/sscV//, ïcmm.) ; et quoique la 
présence de quelques-unes de ces espèces en Cochinchine me paraisse 
douteuse, il n'en est pas moins certain que la partie méridionale de 
rindo-Chinc nourrit plusieurs Soui-Mangas qu'on ne rencontre pas au 
Cambodge ou dans le Laos, mais qu'on retrouve au contraire en Ma- 
laisie. 

DICÉIDÉS. 

95. DIC.EUM CRUENTATUM. 

Certhia cruentata Linné, S[jst. Xat., 17(;(;, i. I, p. 187. — Le Grimpereau à dos 
rouge de la Chine Sonnerat, J'oi/. aux Indes orient., 1776-1782, t. II, p. 209 et 
pi. (il, liii. I. — Certhia coceinea Sropoli, Del. Flor. et Faun. Insiibr.., 1786, t. II, 
p. 91. — Le Soui-Manga (a dos rouge Amlebeit et Vieillot, Oiseaux dorés, 1802, 
t. II, p. .j7 et pi. :io. — Dicseum cruentatum Stiickland, Anîi. and Mag.Nat. Hist., 
1844, t. XIII, p. 38 ; Davitl et Ousialet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 83, n" 131 ; 
Andersen, Zool. ResuUs Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I, Aves , p. 663, n° 175; 
G. Tirant, Oiseaux delà Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 108, n°llo; Oates, IlandI). 
BirdsBrit. Burniah, 1883, t. I, p. 332, n" 314; R. B. Sliarpe, Cat. Birds Brit. 3/useum, 
1885, t. X, p. 15. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 15 

Lors môme que nous ne saurions point, par un passage du Catalogue 
de M. Tirant et par les notes manuscrites de M. R. Germain, que le 
Dicée ensanglanté est commun en Cochinchine où il se rencontre dans 
les jardins aussi bien que dans les forêts, nous pourrions l'affirmer 
d'après le grand nombre d'individus de cette espèce qui ont été recueillis 
par M. R. Germain et auxquels sont venus se joindre, dans les collec- 
tions du Muséum, quelques spécimens recueillis dans le pays des Kouys 
et dans d'autres parties du Cambodge, par M. le D' liarmand, en ISTo 
et 1876. Tous ces Oiseaux, mâles et femelles, ne diffèrent pas des nom- 
breux exemplaires que le Muséum a reçus de l'Inde, de l'île Penang, de 
Malacca, de l'île Nias, etc. J'en dirai autant d'un exemplaire pris à Sara- 
bouri (Siam) par M. Bocourt, en 1862. 

Le Bicseum cruentatum est également fort commun dans le sud du 
Pégou ; il se rencontre aussi dans le Ténassérim et sur d'autres points 
de la Birmanie anglaise, et étend son aire d'habitat, d'une part à travers 
la presqu'île de Malacca jusque sur les îles de la Sonde, de l'autre à 
travers le Siam et l'Indo-Chine française jusque dans le Yunnan et le 
Fokien, dans la Chine méridionale. 

90, DIC.EUM INORNATUM. 

Myzantheinornatallodgson, Icon. ined. in Brit. Mus.,Passeres, pL 37, n" 39r3 et Grcu/a 
Zool. Misce/L, ISU.— Dicseum olivaceum Walden, Ânn. muf Mog. Nal. ïïist., 1875, 
A" série, t. XV, p. 4Ul; Oatcs, Naïu/b. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 333, ii° 315. 
— Dicseum inornatum R. B. Sharpe, Cal. Birds Brit. Muséum, 1885, t. X, p. 45. 

A cette espèce, dont l'aire de dispersion est notablement moins 
étendue que celle du Dicœum cruentatum^ se rapportent trois individus, 
un mâle et deux femelles, tués le 12 et le 14 février et le 13 mars 1892 
à Van-Bou et à Lai-Chau (Tonkin) par le prince Henri d'Orléans et 
donnés par lui au Muséum. 

Découvert dans le Népaul et ITlimalaya oriental, le Dicseum inorna- 
tum a été retrouvé dans le Ténassérim et dans d'autres provinces de 
la Birmanie ainsi que clans l'île de Sumatra, et, comme il existe égale- 
ment au Tonkin, on peut s'attendre à le rencontrer dans la région inter- 
médiaire, c'est-à-dire dans le Cambodge et dans le Laos où, peut-être, 



16 E. OIJSTALET. 

il a échappé jascfii'ici à l'attention des voyageurs, grâce à son costume 
modeste. 

Comme le Dicœum chri/so))()tuin Tem. (1) n'est pas tout à fait dans le 
même cas, puisque, sans porter une livrée brillant(^, il a néanmoins sur 
les parties inférieures du corps des stries noires et sur la région anale 
une plaque d'un jaune vif qui le rendent plus visible, on peut supposer 
que si, comme je l'ai constaté, il manque dans les collections venant du 
noj'd de l'indo-Chine française, c'est qu'il n'existe pas dans cette région. 
11 est d'ailleurs déjà beaucoup plus rare que le Dicœum cruentatum en 
Basse-Cochinchine (2), où M. R. Germain en a recueilli quelques exem- 
plaires, et dans la Birmanie anglaise il est médiocrement répandu (3). 

Le D'Anderson l'a obtenu une fois, il est vrai, sur les frontières du 
Yunnan occidental (4), mais l'espèce peut parfaitement s'étendre des 
frontières de la Birmanie jusque dans le sud-ouest de la Chine sans 
empiéter sur le nord de l 'Indo-Chine française. 

Quant aux deux autres espèces de Dicéidés mentionnées dans le Cata- 
logue du D' Tirant, savoir le Dicœum trigonostigrua Scop. (5) et le 
Prionochilus thoracicus, Tem. (6), il n'en existe, dans les collections dn 
Muséum, aucun spécimen venant de l'Indo-Chine française. Du reste, 
M. Tirant donne la dernière au moins comme étant rare en Basse- 
Coehinchine. 

ZOSTÉROPIDKS. 

97. ZOSTEROPS PALPEBROSA. 

Sylvia palpebrosa Toininink, J*lanr/ies coL, \H'iA, pi. ±V.:], (ip,-. .'î.— Zosterops palpc- 
brosus Bhlli, Jnurn. Axial. Soc. Beiujal, 1841), I. XIV, p. ii; .lerclon, Binis of fndia, 
18ri3, I. II, p. :iii."), n" ()3i. — Zosterops palpebrosa Aiulerson, Zool. Jh'.^ul/s E.rpod. 
(0 W. Yunnan, 1S7S, t. I, Arcx, p. (i.'}!, ii" ll-2; Oalcs, llandb. Binh Brit. Barnui/i, 
1883, t. I, p. 3'r2, 11° 32'i ; II. (iadow.Crt/. Btrdx Brit. Musciim, 18Hi, t. IX, p. lG.j(excI. 
syn.). 

(1) Temminck, Planches co'.oriccs, 1829, I. IV, pi. 478, fi^-. 1 ; P.. C. Siiarit, Cal. Binh Brit. Mus., 
d885, t. X, p. 44. 

(2) G. ÏIIIANT, op. cit., p. 108. 

(3) Oates, tiandb. lirds Brit. Bunnnh, p. 3.35. 

(4) Zool. Recuits Exp. to W. Yunnan, 1878, t. I, p. 664. 

(■j) Del.Flor. et Faun. Insubc, 1786, l. II, p. 91; R. B. Skarpe, Cut. Binh Brit. Mus., t. X, p. 38. 
(C) ÏEMiMiNCK, Planehes coloriées, 1836, t. III, pi. 600, fif,^ 2; R. B. SiurrE, Cut. Birds Brit. Mus., 
t. X, p. 68. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 17 

Un Zosterops mâle, donné au Muséum par le prince Henri d'Orléans 
qui l'avait pris à quelque distance de Van-Bou (Tonkin), sur la rive 
gauche du Mékong, le 10 février 1892, se rapporte au Zosterops palpe- 
hrosa typique et ressemble, sous le rapport du plumage, à des Zosterops 
de même sexe, obtenus antérieurement dans la Bassc-Cochinchine par 
M. R. Germain et par Duvaucel au Bengale. Il a le plumage beaucoup 
plus fortement teinté de jaune et tirant moins au vert sur les parties 
supérieures du corps qu'un Zo-ç/erojo.y tué àAmoyen 1861 par R. Swinhoe 
et qui peut être considéré comme un représentant très caractérisé de 
l'espèce que ce voyageur a désignée sous le nom de Zosterops simplex (i ). 
C'est à cette dernière forme, réunie à tort, selon moi, au Zosterops 
palpebrosa par M. II. Gadow, que se rapportent aussi deux Zosterops, 
mâle et femelle, tués le 26 avril 1869 à Moiipin, par M. l'abbé 
A. David (2). 

Les deux formes, Zosterops palpebrosa ei Zosterops simplex, qui sont 
d'ailleurs très voisines l'une de l'autre, ont été rencontrées dans la 
Birmanie anglaise, la première dans le Ténassérim, la seconde dans le 
Pégou (3) et ont été obtenues également dans leN.-O. du Yunnan par le 
le D"" Anderson (4). Le Zosterops palpebrosa, qui est répandu dans toute 
l'Inde continentale, à Ceylan et sur les Iles Laquedives, Amdaman et 
Nicobar, pénètre donc, à travers la Birmanie, la Cocliinchine et le 
ïonkin jusque dans le S.-O. de la Chine et le Zosterops simplex, habile, 
suivant les saisons, telle ou telle province de la Chine méridionale et 
occidentale, le Pégou et probablement aussi la région intermédiaire, 
c'est-à-dire certaines parties du Siam et de l'Indo-Chine fran- 
çaise. 

Le Zosterops palpebrosa a été observé par M. R. Germain dans les 
jardins de Saigon ; aussi suis-je étonné de ne pas le voir mentionné dans 
le Catalogue des Oiseaux de la Basse-Cochinchine du D' G. Tirant. Peut- 
être l'espèce ne visite-t-elle cette région qu'accidentellement et en 
hiver. 

(1)R. SwiNiioE, /6/,s, 1861,p. 331, et 1813, p. 294; J. Gould, UnU of Asia, 1871, part. XXIII. 

(2) A. DwiD et E. Oustaiet, /es Oiseaux de la Chine, 1877, p. 85, n" 134. 

(3) Oates, Op. cit., p. 342. Cet auteur est d'ailleurs disposé à réunir les deux formes, 

(4) Op. cit., p. 631 et 632. 

NouvEi.Liis AucHivES DU MusÉUiM, 4* série. — Y. 3 



18 E. OUSÏALET. 

MÉSANGES ou PARIDÉS. 

98. PARUS ATRICEPS. 

La Mésange grise à joue blanche et la Mésange à poitrine noire Levailhmt, 
Oiseaux d'Afrique, 1802, t. III, pi. 139, fig. 1 et 2. — Parus atriceps Ilorsfield 
Trans. Linn. Soc, 18-20, t. XIII, p. IGO ; Teinminck, Planches col., pi. 207, fig. 2; 
Oates, Ilandb. Bivds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 125, n" 122. — Parus cinereus 
Bonnaterre et Vieillot, Tabl. Enc. Méth., 1823, t. II, p. 505; J. Goulcl, Birds of Asia, 
part. X, pi. ; Jerdon, Birds of India, 1803,1. II, p. 278, n° 045; David et Oustalet, 
Oiseaux de la Chine, 1877, p. 279, n° -403 ; II. Gadow, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, 
t. VIII, p. 10. 

Une Mésange à tête noire, tuée en 1876 à Melou-Prey (Laos) par 
M. le D' Ilarmand, me paraît devoir être attribuée, en dépit de ses 
faibles dimensions, au Parus atriceps dont M. E. W. Oates (1), comme 
nous-mêmes (2), a reconnu l'identité avec le P. cinereus V. et auquel, 
suivant M. H. Gadow (3), il faudrait assimiler encore P. nepalensis 
Hogds. (i) ei P . commixtus Swinhoe (5). Cette dernière forme, de même 
que le P. 7iepale?isis sont au contraire consic'érées comme distinctes par 
le D' Anderson (6) qui les cite comme se trouvant simultanément dans la 
Birmanie anglaise. 

En tout cas, l'exemplaire envoie par M. le D' Harmand n'offre aucune 
trace de vert avec le manteau qui est d'un gris cendré. Comme je le disais 
tout à l'heure, il est de petite taille, sa longueur totale ne dépassant 
pas O'^jl^S; l'aile mesurant seulement 0"',067 et la queue O^jOôo, tandis 
que deux Mésanges à tête noire, provenant de l'Inde anglaise, que j'ai 
sous les yeux, ont l'une 0"',140 et l'autre 0",155 de long, l'aile mesu- 
rant 0'°,074 chez la première et 0"',079 chez la seconde ; la queue 0"',070 
et 0°',073. Plus fortes encore sont les dimensions d'une Mésange à tête 
noire (mâle) rapportée de Ferghanah (Asie centrale) par M. de Ujfalvy, 
la longueur totale étant ici de 0",168, la longueur de l'aile de 0",076 et 

(1) Handb. Birds Brit. Burmah, 188.3, t. I, p. 126. 

(2) A. David et E. Oustalet, Oiseaux de la Chine, p. 279. 

(3) Cat. Birds Brit. Muséum, t. VIII, p. 16. 

(4) HoDGso>', Indian Review, 1838, p. 31. 

(5) SvviNiioE, Ibis, 1868, p. 63, et 1871, p. 361 ; David et Oustalet, Op. cit., p. 280, n» 404. 

(6) Zool. Resulti Exped. lo W. Yunnan, 1878, t. I, Aies, p. 632, n°» 115 et 116. 



L15S OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 19 

celle de la queue de O^jOSI. Chez une femelle de même provenance, la 
longueur totale descend, il est vrai, à0",l49, la longueur de l'aile à0'",073 
el celle de la queue à 0",079. 

Néanmoins, comme le fait remarquer M. le D' H. Gadow (1), les 
Mésanges cendrées du ïurkestan et de TAfghanistan, que Lichtenstein 
avait désignées sous le nom de Parus hoccharienm (2) semblent être, en 
général, non seulement de teintes plus pâles, mais de taille plus forte 
que celles de l'Inde qui, à leur tour, l'emporteraient, sous le rapport 
des dimensions, sur les Mésanges cendrées de la Birmanie (3), du Laos 
et de la Cochinchine. Une Mésange à tète noire (mâle) acquise de 
M. R. Germain et provenant de la Basse-Cochinchine ne mesure, en effet, 
que 0"\132 de longueur totale, son aile n'a que 0",068 et sa queue 0",038 
de long; ses dimensions se rapprochent donc beaucoup de celles de 
l'exemplaire du Laos que je signalais tout à l'heure. 

En d'autres termes, l'espèce paraît subir une sorte de dégénéres- 
cence du nord au sud de l'Asie où les conditions lui sont sans doute 
moins favorables. D'ailleurs, le Parus atriceps doit être très rare dans 
la région de l'Indo-Chine que j'étudie ici, et aussi en Basse-Cochin- 
chine, car cette Mésange ne figure pas dans le Catalogue du D"" Gilbert 
Tirant, et si M. U. Germain la cite dans ses notes manuscrites, il n'en 
a procuré qu'un seul spécimen au Muséum. 

En prenant l'espèce dans le sens le plus large, on peut dire que le 
Parus atriceps a pour domaines leTurkestan, l'Afghanistan, l'Inde entière 
et l'Ile de Ceylan, les îles de Java, Lombock et Flores, une partie de la 
Birmanie et du Laos, l'île de Hainan et, si Ton y réunit le Parus 
conmiixius^ les provinces occidentales et méridionales de la Chine. Déjà 
peu commune dans le Ténassérim, elle semble du côté de l'est venir 
mourir, si l'on peut s'exprimer ainsi, dans le Laos et si elle prolonge 
son aire d'habitat de la Birmanie jusque dans le sud de la Chine, ce doit 
être à travers le Tonkin où sa présence sera peut-être constatée dans un 
avenir prochain. 

(1) Cat. Blnls Brit. Muséum, t. VIII, p. 17. 

(2) EvERSMAN, /ici.se, Zoo/., p. 131. 

(3) Voy. Gates, Handb. Dirds Brit. Biinnah, 1883, t. I, p. 12C. Un spécimen décrit par M. Oales 
avait 5 p. 5 ou 0'",138 de long et son aile mesurait 2 p. 6 ou 0™,067. 



20 E. OUSTALET. 

99. PARUS (MACIILOLOPHUS) KEX. 

Parus rex A. David, Atin. Se. nat., ZooL, 1874, 5" série, t. XIX, art. n° 9; David et 
Oustalet, Oiseaux delà Chine, 1877, p.28(); Ouslalet, Cat. Oiseaux, h\ïlenri-Fh. d'Orléans, 
Autour du Tonkin, 1894, Appe?idice, p. 028; J.-D.-D. La Touche, Ibis, 1899, p. 402, 
n" 55. 

C'est incontestablement au Paras (Machlolophus) rex., découvert par 
M. l'abbé David sur les montagnes du Fokien qu'appartiennent trois 
Mésanges, mâles et femelles, tuées le 6 mars 1892 à Sa-Kosan (Tonkin) 
par le prince Henri d'Orléans. Je suis d'autant plus surpris de cons- 
tater la présence de cette belle espèce au Tonkin que jusqu'ici elle 
paraissait cantonnée dans le Fokien, où M. J.-I).-D. La Touche l'a 
retrouvée récemment nichant sur les collines. Il est permis désormais 
d'espérer que dans un avenir prochain on constatera la présence du 
Parux rex dans la région comprise entre le Fokien et le Tonkin. 

PIES-GRIÈCHES ou LANIIDFS. 

100. LANIUS SCHAII. 

Lanius schah Osheck, Ostind. Resa, 1757, p. 227. — Lauius schah Linné, Syst. Nat., 
1758, t. I, p. 94; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 95; II. Gadow, Cat. 
Dirds BiHt. Muséum, 1883, t. VIII, p. 2G1 ; Oustalet, Noua. Archives du Muséum dliist. 
nat., 1880, 2"^ série, t. VIII, 2° l'asc, p. 272, n° 8, et Cat. Oiseaux, in Ilenri-Pli. d'Or- 
léans, Autour du Tonkin, 1894, Appendice, p. 028. 

Le Muséum d'Histoire naturelle a reçu successivement de l'Indo- 
Chine française cinq exemplaires de cette grande espèce de Pie-grièche 
savoir : 1" un individu tué le 29 décembre 1882 par M. le D' Philip, aux 
environs de Hué (Annam); 2" trois individus, mâle et femelles, tués le 
27 janvier, le 2 février et le 8 mars 1892àCho-Bo, à Su-Yuket à Lang-Ma 
(Tonkin) par feu le prince Henri d'Orléans; 3° un individu tué à Dong- 
Lau (vallée du Song-Chay) ou à Thuyen-Quang (vallée de la rivière Claire) 
auTonkiû par M. le commandant (aujourd'hui colonel) Rabier, en 1890 

Tous ces spécimens proviennent de l'Annam et du Tonkin, aucun n'est 
originaire du Laos, du Cambodge ou de la Basse-Cochinchine ; on peut 
donc supposer que, comme je l'ai fait observer précédemment (1), dans 

(1) Nvuvelles Archives du Muséum, 1886, 2" série, t. VIII, 2« fasc, p. 272 et 27:^. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 21 

rindo-Ghine la limite occidentale du Lanius schah est constituée par les 
hauteurs qui se prolongent du nord au sud, à travers l'empire d'Annam. 
En revanche, les domaines de l'espèce s'étendent, du côté de l'est, dans 
la Chine méridionale jusqu'au niveau de la vallée de Hong-Tchang-Fou 
et sur l'île de Formose, et du côté du nord jusque dans le Turkestan, où 
elle niche, d'après Severtzoff. En Birmanie, \q Lanius schah est remplacé 
par le Lanius tephronotus (1) qui s'en distingue, entre autres caractères, 
par la couleur hrune et non pas noire de ses sections médianes. 

101. LANIUS CRISTATUS. 

Lanius cristatus, Linné, Sijst. A'at., I70G, t. 1, p. 134; David et Oustalet, Oiseaux de la 
Chine, 1877, p. 99, n° 122 ; Anderson, Zool. Resulls Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I, 
Aves, p. G45, n° 140; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochine/tine, op. cit., 1879, 
p. 109, n" 121 ; Oates, Handb. Birds Bril. Bunnah, 1883, t. I, p. 252, n° 2-40; H. Gadow, 
Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VHI, p. 271; Oiistalet, lYout\ Arc/t. du jfluséutn 
d'Hist. nat., 1880, 2'= série, t. Ylll, 2' fasc, p. 272, n''9; Saivadori, Ann. Mus. Cir. Gen., 
2" série, 1888, t. V, p. 587 et 1889, I. VII, p. 393, n" (>'i. 

Noms locaux : Con chiin thànfj lùmj chô (annam.) [d'après M. Philipj; 
Con thàng làng chô (annam.) [d'après M. G. Tirant, ce nom s'appliquant 
également à d'autres Pies-grièches]. 

Le Muséum possède deux exemplaires de cette espèce provenant de 
l'Indo-Ghine, auxquels j'ai déjà fait allusion dans un mémoire précé- 
dent (2), savoir : 1° un spécimen pris sur l'île Phuquoc, par M. le D' llar- 
mand au mois d'octobre de l'année 1875, et T un spécimen pris aux envi- 
rons de Hué, par M. le D' Philip en 1883. Ges Oiseaux, dont le plumage 
est encore plus ou moins rayé en travers, sur les côtés de la poitrine et 
de l'abdomen, ressemblent beaucoup à des spécimens recueillis soit en 
Chine, par M. de Montigny et M. l'abbé David, soit dans l'Inde, aux 
environs de Madras (coll. Boucard). Gomme je l'ai déjà fait observer, la 
présence de Lanius cristatus surl'ile de Phu-Quoc, et encore plus à l'est, 
dans l'empire d'Annam, ne concorde guère avec la théorie émise par 

(1) Collurio tephvonolus Vigors, Proceed, Zool. Sa-, Lond., 1831, p. 43 ; Lanius tephronuius 
Anderson, lool. Results Exped. to W. Yunnan, t. 1, Aies, 1878, p. 6i3, n" 138; Gaies, Uandb. 
brids Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 249, n" 237. 

(2) Nouv. Archiv. du Muséum, 1886, 2" série, t. VIII, 2" l'a^c, p. 274. 



2-2 E. OUSTALET. 

R. Swinhoc (I) et adoptée par le marquis de Tweeddale (2), et d'après 
laquelle le Lanitis cnfitatus passerait constamment, dans ses migrations, 
plus à l'ouest que le L. superciliosus et le L. lucionensis et irait 
directement de la Daourie dans l'Inde et à Ceylan. Le Laniiis cristatus a, 
du reste, été rencontré, du moins à certaines saisons, clans le Yunnan 
et dans d'autres provinces de la Chine méridionale (3), dans la presqu'île 
de Malacca, et en Birmanie. Sa présence en Gochinchine est affirmée par 
M. le D'' G. Tirant, et je trouve, en effet, mentionnés dans le Catalogue 
des Laniidiés du British Muséum deux spécimens originaires de Gochin- 
chine (environs de Saigon), et acquis de M. Pierre; mais, comme je l'ai 
dit ailleurs, tous les exemplaires de Pies-grièches à queue rouge, 
recueillis par M. R. Germain dans la Basse-Cochinchine, et que j';ii 
sous les yeux, appartiennent plutôt à l'espèce suivante, L. superciliosus. 
Dans rindo-Chine comme dans le Yunnan (4), l'intensité de la teinte 
rousse répandue sur les parties supérieures du corps de cette Pie- 
grièc'he est sujette à de grandes variations, et la livrée de l'espèce 
ressemble tellement à celle du Lanius cristatus^ que la confusion entre 
les deux formes est très facile. 

102. LANIUS SUPERCILIOSUS. 

Le Rousseau Levaillant, Oiseaux d' A fr'ujue, 179G-18Û8, pi. 6G, fîg. 2. — Lan.'us super- 
ciliosus Latliam, Ind. ornil/t., Siippl., 1801, p. 20, n" 14; David et Oustalel, Oiseaux 
delà Chine, 1877, p. 100, n° 153 ; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochine/iine, op. cit., 
1879, p. 109, 11° 122; H. Gadow, Cat. Birds Brit. Mus., 1883, t. YIII, p. 273. 

Nom local : Co?î thàiuj làng chô [d'après M. G. Tirant]. 

Un spécimen pris à Bassac (Laos), par M. le D' Harmand, en 1877, 
et un autre individu tué antérieurement par le même voyageur dans une 
localité, malheureusement non indiquée, du Laos ou du Cambodge, se 
rapportent au Lanius superciliosus., dont ils ont (l'un surtout) le manteau 
vivement coloré en roux, le front et les sourcils blancs. C'est à la mémo 

(1) Procecd. Zool. Soc. Lund., 1871, p. 373 et 376. 

(2) Trans. Zool. Soc. Lond., 1873, t. IX, part. 2, p. 171. 

(3) Je ne crois pas que, comme le dit M. H. Gadow, Cat. Biids Brit. Mus., t. IX, p. 273, le Lanius 
cristatus niche dans tout l'Empire chinois. 

(4) Andeuson, Zool. Rcsulls Exped. to W. Yunnan, 1878, t. 1, p. C4o. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 23 

forme que j'attribue toute une série de Pies-grièches, mâles et femelles, 
tuées aux environs de Saigon par M. R. Germain, en 1862, un mâle de 
la même localité, obtenu par M. Moreau (coll. Boucard), et deux autres 
individu pris à Ilatien, en septembre 1875, par M. le D' liarmand. Les 
sujets envoyés par M. Germain au Muséum avaient été désignés primi- 
tivement sous le nom de Lanius cristatns. 

On savait déjà que la Pie-grièche à sourcils blancs, qui niche dans le 
nord de la Chine, en Mongolie, en Sibérie et au Japon, traversait dans 
SOS migrations l'Empire chinois et venait hiverner dans la péninsule 
malaise, à Java; on peut affirmer maintenant, en tout cas, qu'elle visite 
aussi, dans la saison fraîche, le centre et le sud de l'Indo-Chine française, 
puisque des individus envoyés au Muséum par M. le D' liarmand ont été 
capturés en sept(!mbre dans le Laos, et qu'un mâle tué par M. R. Germain, 
aux environs de Saigon, porte sur son étiquette la date du 9 janvier. 
Bien plus, il semble que quelques couples soient sédentaires en Basse- 
Cochinchine et s'y reproduisent, car dans des notes manuscrites qu'il 
m'a communiquées, M. R. Germain décrit le nid et les œufs d'un Lanius 
qu'il appelle Lanius crislatus, mais qui doit être plutôt le Lanius 
superciliosus. 

103. LANIUS COLLURIOIDES. 

Lanius collurioides Lesson, in Bélanger, Voij. à Pondicheri/, ZooL, i83i, p. 254 ; 
Andcr.son, Zool. Jh>st///s Exped. (o W. Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. ()il>, n" 141; Gates, 
Ilcvidb. Birds Brit. Jiurmak, 1883, t. I, p. 250, n" 238; H. Gadow, Cat. Birds Brit. 
Mus., 1883, t. VIII, p. 289; Oustalet, Cat. Oiseaux, in Ilenri-Ph. d'Orléans, Autour du 
Tonkin, 1894, Appendice, p. G28. 

Cette espèce, qui n'est pas mentionnée dans le Catalogue du D' Gilbert 
Tirant, paraît être conmiune non seulement en Basse-Cochinchine, où 
R. Germain en a obtenu plusieurs exemplaires à Tong-Kéou et à Binh- 
Thuan, dans les régions sèches, mais encore dans le C-imbodgc et au 
Laos, où M. le D' liarmand a tué plusieurs sujets à Chenang, au pied 
des montagnes de la province de Compong-Soai, à Mclou-Prey, àSonkéa, 
sur les plateaux et dans les clairières au nord de Sé-lamphau, affluent 
du Mékong. Elle se trouve aussi au Tonkin, où le prince Henri d'Orléans 
a tué, le 17 février 1892, à Nam-Xong, un individu qu'il a donné au 



24 É. OUSTALET. 

Muséum. Par conséquent il faut étendre notablement du côté de l'est 
son aire d'habitat que M. le D' H. Gadow croyait limitée au Pégou et 
à quelques autres provinces de la Birmanie. 

Le Lanius ccÀluricndes^ qui, d'après M. E.-W. Oates, ne niche proba- 
blement pas dans la Birmanie britannique où il est fort répandu, se 
reproduit au contraire en Cochinchine, où M. R. Germain a trouvé son 
nid et ses œufs, et où il a capturé au mois d'août, entre autres 
spécimens, un jeune individu ayant la tète et le dos orné de nombreuses 
raies transversales noires. 

Les indications fournies par M. le D' Ilarmand relativement aux 
couleurs des yeux, du bec et des pattes de cette belle espèce de Pie- 
grièche concordent parfaitement avec celles qui sont données par 
M. E.-W. Oates, sauf en ce qui concerne la couleur de l'iris qui d'après 
M. Ilarmand serait d'une teinte foncée, et d'après M. Oates d'un brun 
rougeâtre pâle. 

Le Lanius nigriceps Frankl. (1), qui figure dans le Catalogue des 
Oiseaux de la Basse-Cochinchine du D' G. Tirant, et dont le Muséum 
possède un spécimen pris aux environs de Bangkok (Siam), par 
M. Bocourt, en 18i)2, n'est pas représenté dans les collections d'Oiseaux 
du sud, du centre et du nord-est de l'Indo-Chine que j'ai entre les mains. 
H n'est pas mentionné non plus dans les notes manuscrites de 
M. R. Germain, qui n'en a envoyé aucun spécimen au Muséum, d'où je 
conclus que loin d'être commun en Basse-Cochinchine, il y est fort rare, 
si toutefois il y existe (2), ce qui ne serait pas étonnant, élant donné 
que de l'Himalaya oriental il s'avance à travers la Birmanie et la Ténas- 
sérim, jusque dans le royaume de Siam. D'autre part, comme il a été 
observé communément par le D' Anderson dans le Yunnan occidental (3), 
il sera peut être rencontré quelque jour dans le Tonkin. 

lOi. PETERYÏHRUS .ERALATUS. 

Pteruthius seralatus Tickell, Journ. Asiat. Soc. Be7iff., 1855, t. XXIV, p. 267; Gould, 
Birds of Asia, part. XXVIII ; Anderson, Zool. Resu/ts Exped. to W. Yunnan, 1883. 

(1) CoUurio nigriceps, Franklin, Procced. Zool. Soc Lond. 1831, p. H7; Lanius nigricej's, 
R. B. Sharpe. ^ 



LES OISEAUX DU CAMBODGE DU LAOS, ETC. 25 

t. I, Àves, p. 6:28, n" 107 et pL XLVIL — Pterythrius aeralatus Blytii et Walden, 
Birds of Burmah, p. 109. — Ptererythrius aeralatus Oales, llanb. Birch Brit. 
Burmah, 1883, p. 137, ii° 133; II. Gadow, Cal. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VIIL 
p. 114. 

Deux individus de cette espèce, un mâle et une femelle, ont été tués 
en 1877, sur le plateau d'Attopeu (Laos), par M. le D"" Harmand. Le mâle 
est absolument identique au spécimen pris à Sanda (Yunnan), par M. le 
D' Andersen et figuré dans la partie zoologique de la relation des deux 
expéditions anglaises au Yunnan occidental. Dans le Ténassérim et sur 
divers points de la Birmanie anglaise le Plererythrus œralalus a été 
trouvé sur des montagnes et sur des collines, à une altitude de .1 150 à 
1 650 mètres environ, et c'est également sur les montagnes qu'a été 
rencontré, dans l'île de Sumatra, le Ptererythrus Comeranoi Salvad. (1), 
qui ne constitue qu'une race à peine distincte du Pt. œralatus^ si même 
il ne doit pas lui être complètement assimilé, comme le suggère 
M. Oates. Le Plererythrus œralatus., comme tous ses congénères, parait 
donc préférer les pays accidentés ou montagneux, et ceci nous explique 
pourquoi il manque dans la Basse-Cochinchine. En revanche, nous 
pouvons nous attendre à ce qu'on le trouve quelque jour dans les mon- 
tagnes du Tonkin et sur les hauteurs qui séparent la région côtière de 
l'Annam du bassin du Mékong. 

105. TEPIIRODORNIS PELVICA. 

Tentheca pelvica Hodgson, Lnd. Revieu\ t. I, p. 417. — Tephrodornis pelvica 
Gray, Cat. Mamm. and Birds Népal, Hodgs., p. 99; Jeidon, Birds of India, 1802, t. I, 
p. 409, n° 203; Blyth et Walden, Birds Brit. Burnia/i, p. 122; David et Oustalet, 
Oiseaux de la Chine, 1877, p. 101, n° 154 ; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchinc, 
op. cit., 1879, p. 109, n° 123 ; Oates, Ilandb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 256, 
n°243; Oustalet, Bull, du Muséumdllist. nat., 1898, w" 1, p. 16, ii° il. — Tephro- 
dornis pelvlcus, R. B. Sliarpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1877, 1. III, p. 276; 
Oustalet, Cat. Oiseaux, in Henri-Pli. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894; Appen- 
dice, p. 628. 

Nom local : Pepeit-phnâm (cambodg.) [d'après M. le D' Harmand]. 
Les Tephrodornis, que mon ami le D' R. B. Sharpe avait placés, avec 

(1) Salvauori, \nn. Mus. civ. Gen., 1879, t. XH', p. 233; H. Gadow, dit. Binh Brit. Mus., ie83, 

t. viU, p. dir,. 

Nouvelles Archives du Muséum, 4° série. — V. 4 



26 E. OUSTALET. 

quelques autres genres, dans une famille à part, sous le nom de Prio- 
nopidœ^ me paraissent devoir être laissés plutôt dans la famille des 
Laniidce. L'espèce que Hodgson a découverte dans le Népaul, et qu'il a 
nommée Tenthecapelvica, a été retrouvée plus tard dans l'Assam, dans le 
Pégou et dans le Ténassérim où elle est très répandue, dans l'Arrakan, sur 
l'île de Ilainan et enfin en Basse-Cochinchine, dans le Laos et dans le 
Tonkin. De ces dernières contrées, le Muséum possède toute une série 
de spécimens obtenus : 1" par M. le D' Harmand sur les montagnes de 
la province de Pursât (Cambodge), au mois de juin de l'année 1875; 
à Sambôc, sur le Mékong (Cambodge), au mois de novembre 1875, 
dans le pays des Kouys sur les bords du Sé-Lamphau et à Melou-Prey 
(Laos) en janvier 1876, et sur les bords du Sé-Moun (Laos) en janvier 
1877; 2" par le prince Henri d'Orléans, à Muong-Chum (Tonkin), le 
16 février 1892; 3° par M. le marquis de Barthélémy à Ta-Dô, sur les 
bords de la Nam-Mô (Tonkin) en 1896. 

D'après les renseignements manuscrits consignés par M. le D' Har- 
mand sur les étiquettes de quelques exemplaires envoyés par lui au 
Muséum, les Tephrodornis se tiennent perchés au sommet des arbres, 
d'où il s'élancent brusquement à la poursuite d'un Insecte, pour regagner 
bientôt leur observatoire. On en voit généralement trois ou quatre 
ensemble. Le bec est indiqué comme étant noirâtre, avec la base de nuance 
plus claire chez l'Oiseau vivant, les pattes d'un gris-ardoise, et l'iris 
d'un brun foncé. M. E.-W. Gates dit au contraire que l'œil du 
Tephrodornis pelvica est d'un brun jaunâtre. 

lOG. TEPHRODORNIS PONDICERIANA. 

Gobe-mouche de Pondichéry Sonnerat, Voyage aux Indes orientales et à la Chine, 1782, 
t. II, p. 198. — Muscicapa pondiceriana Gmelin, Syst. Nat., 1788, t. I, p. 939. — 
Tephrodornis pondiceriana Blyth, /oMrn. Asiat. Soc. Beng., t. XV, p. 305 ; Jerdon, 
Birds of India, 18112, l. I, p. 410, n° 265 ; Blyth et Walden, Birds Burm., p. 122; 
Anderson, Zool. Besalts Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. 6i6, n''li2; 
Oates, Handb. Birds Brit. Burniah, 1883, t. I, p. 234, n" 242. — Tephrodornis pon- 
dicerianus R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Mus., 1877, t. III, p. 275. 

Deux spécimens donnés au Muséum par MM. le D' Harmand et obtenus, 
l'un à Sambôc (Cambodge) en décembre 1875 et l'autre à Melou-Prey 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 27 

(Laos) en janvier 1876, appartiennent à cette espèce qui se trouve donc côte 
à côte avec le T . peloica dans le Laos comme dans le Pégou, mais qui 
paraît manquer en Basse-Cochinchine, de même que dans le Ténassérim. 
Dans la Haute-Birmanie, le Teplwodornis pomUceriana a été rencontré 
à Bhamô près de la frontière du Yunnan, par le D' Anderson, et il a été 
signalé par Jerdon dans l'Assam. De là il étend ses domaines à travers 
toute l'Inde et jusque sur l'île de Ceylan. 

DRONGOS ou DICRURIDÉS. 

107. CIIIBIA IIOTTENTOTA. 

Le Choucas du cap de Bonne-Espérance Brisson, Oniilh., 17(iO, 1. 1, p. 33 et pL II, fîg.2. 
— Corvus hottentotus Linné, Si/st. lYat., 1760, t. I, p. 155. — Chibia hottentota 
Stricklancl, .4/!». A'at. Ifist., t. XIII, p. 30; Jerdon, Birds of India, IHCri, t. I, p. 'i39, 
n" 280 ; Blyth et Walden, Birds Brit. Burmah, p. 128; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. 
Muséum, 1877, t. III, p. 235 ; Andersen, Zool. Resulls Exped. to W. Yunnan, 1878, 
t. I, Avcs, p. 651, n" 152; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, 
p. 113, n" 138; Oates, IJandb. Birds Brit. Burmah, 1883, p. 227, n" 219 ; Oiistalet, Cat. 
Oiseaux, in Henri Ph. d"Orléans, Autour du Tonkin, 189i, Appendice, p. 028, et Bull, 
du Mus. dlfist. nat., 1898, n° 1, p. 15, n° 39. — Chibia brevirostris Cabanis et 
Heine, Muséum heineaniim, 1850, t. I, p 112; David et Oustalet, Oiseaux de la 
Chine, 1877, p. 110, n" 169. 

Le Drongo que Brisson avait considéré comme un Choucas originaire 
du cap de Bonne-Espérance, et qui a reçu, pour ce motif, le nom spéci- 
fique de Cot^vus hottentota., puis de Chibia hottentota., est largement 
répandu dans l'Inde, dans la Birmanie, à l'exception peut-être de la 
partie la plus méridionale du Ténassérim, et se trouve pendant la belle 
saison dans tout l'Empire chinois. Il est, en effet, bien démontré 
aujourd'hui par les Drongos chinois que Cabanis et Heine avaient cru 
pouvoir séparer des Chibia hottentota de l'Inde, sous le nom de Chibia 
brevif'ostris ne constituent ni une espèce, ni même une race distincte, 
les teintes métalliques du plumage et les dimensions du bec variant 
légèrement chez les Drongos d'une même contrée (1). 

En Basse-Cochinchine, M. le D"" G. Tirant n'a rencontré le Chibia 
hottentota qu'à Tra-sang; M. R. Germain dit, de son côté, qu'il est rare 

(1) R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Mus., I. III, p. 236, lord \YaIden, Ibis, 1878, p. 73. 



'-^« E. OUSTALEÏ. 

aux environs de Saïgon, et qu'il ne se montre dans la région basse que 
pendant la saison sèche, au moment de la floraison des Enjthr'ma fusca\ 
dont les fleurs se couvrent de Moucherons (1). Néanmoins le Muséum 
a reçu d'abord de M. R. Germain, puis de M. le D' Jullien, sept exem- 
plaires de cette espèce, qui est beaucoup plus commune au Tonkin, et 
sans doute aussi dans le Laos. En 1897, M. le marquis de Barthélémy Ta 
rencontrée dans tout le cours de son voyage, sauf en Annam, et Ta 
trouvée particulièrement abondante dans les régions de Luang-Prabang, 
de Vien-Tiane et de Xien-Khouang et, quelques années auparavant, le 
prince Henri d'Orléans en avait tué un individu à Lang-Ma (Tonkin), 
le 8 mars 1892. 

108. CHAPÏIA MALAYENSIS. 

Chaptia malayensis llay ms., Blylh, Jouvn. Aslat. Soc. Bengal., t. XV, p. 294; 
li. B. ShiU'pe, Cal. Birds Bril. Muséum, 1877, i. III, p. ii'i ; G. Tirant, Oiseaux de la 
Basse-Coc/tinchi/ie, up. cit., 1879, p. 113, n» 13(5. — Chaptia aenea V., Oates, Handb. 
Birds Brit. Burma h, 1883, I. I, p. 223, n" 21(;. 

Le Muséum d'Histoire naturelle a reçu en 1875, de M. le D' Harmand, 
un exemplaire de cette espèce qui ne porte pas d'indication précise de 
localité, mais qui doit avoir été pris dans le Cambodge, car il se trouvait 
avec d'autres Oiseaux tués sur les montagnes de la province de Pursàt 
ou dans le pays des Kouys. 

Je n'ai sous les yeux aucun spécimen de Chaptia malayensis 
provenant de la Basse-Cochinchine, mais ce Drongo y a été observé par 
M. le D' Tirant qui en a rapporté des exemplaires de Srok-tranh et de 
Tra-sang. 

Si l'on adopte l'opinion de M. E.-W. Oates, qui considère la Chaptia 
malayensis comme identique à la Ch. œnea V. (2), l'espèce aurait une 
distribution géographique très vaste, et comprendrait, outre les contrées 
de rindo-Chine française que je viens de citer, outre la péninsule malaise 
et les îles de Sumatra et de Bornéo où le Chaptia malayensis a été 
également signalé, toute l'Inde anglaise et la Birmanie. Enfin, si avec le 

(1) Note manuscrite. 

(2) Dicrurus œneus Vieillot, JVo?a'. Dict. d'Hist. nat., t. IX, p. 58fi ; R. B. Siiaiipe, Cat. Birds Brit. 
Musciim, t. m, p. 223, n» 21G. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 29 

marquis deTwceddale (I), qui réunit d'ailleurs, à titre de simple race, la 
Chaptia maknjensis à la Chapia œ.nea^ on assimile complètement à cette 
dernière espèce la Chaptia hrauniana Swinh, (2), on est conduit à ajouter 
encore l'île de Formose aux domaines de la Chaptia senea^ considérée dans 
le sens le plus large. 

En tout cas, je puis dire que le spécimen envoyé par M. le D'' Harmand 
est presque identique, comme plumage et comme dimensions, à des 
spécimens pris à Malacca par M. Riick, à Java par M. Strenstra-Toussaint, 
et dans l'Inde par Dussumier et par d'autres voyageurs. 

109. BUCHÂNGA ATRA. 

Le Drongolon Levaillani, Oiseaux d'Afrique, 1799-181)8, \. lU, pi. ll'i. — Muscicapa 
atra Hermaim, 180i, Ubscrv. Zool., p. :i08. — Dicrurus macrocercus \ ieillol, 
I\'ouv. Dict. dl/ist. nul., t. IX. p. 588; Jerdon. Birds of India, IHCd, t. I, p. i:27, 
11° 278. — Dicrurus cathsecus Swiuhoe, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1871, p. ;377; 
David et Oiistalet, Oiseaux de la CJiinë, 1877, p. 108, n" 166. — Buchanga cathEeca 
WaldtMi, B. Jii/rma/i, Journ. Asiat. Soc. BerKjal., 1875, 1. XLIV, e.\. n°, p. 130. — 
Buchanga atra II. B. Sliarpe, Cat. Binls Brit. Muséum, 1877, t. III, p. 246; 
Andersoii, Zool. Besulfs Exped. lo W. Yunnan, 1878, t. I, Aces, p. (i53, n° 155; 
G. Tirant. Oiseaux de la Basse-Cochincliine, op. cit., 1879, p. 112, n" 133 ; Oates, Handb. 
Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 218, n" 212 ; Oustalet, Nouv. Arc/iices du Muséum 
dliist. nat., 188(), 2'- série, 1. YIII, 2" Case., p. 269, n" 7, et Cat. Oiseaux, in Henri- 
Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 189i, Appendice, p. 628. 

Noms locaux : Con Chéo béo (ou .xa béo) (annam.) ; Tavar (cambodg.) 
[d'après M. G. Tirant]. 

Sans discuter ici la question de l'identité spécifique, probable selon 
moi, des Drongos africains qu'on désigne généralement sous les noms 
de Buchanga assimilis., Bechst., de B. atra var. assi?ni/is', de B. musica 
Yicill., et des Drongos asiatiques, auxquels on réserve plus spécialement 
le nom de Buchanga atra (3), je rappellerai que cette dernière forme est 
plus répandue dans toute l'Inde continentale, sur l'île de Geylan, en 
Indo-Chine, sur l'île de Formose, à Java, etc. 

D'après M. le D' Gilbert Tirant, les Drongos noirs sont au nombre 
des Oiseaux les plus communs dans toutes les provinces baignées par 

(1) Ibis, 1878, p. ■;:!. 

(2) SwiNuoE, Ibis, 1863, p. 2(i ; li. C. Siiaupe, Op. cit., p. 244. 

(3) Voy., au sujet des rapports de ces formes et des racesî de Buchanga alra, le mémoire du 
marquis de ïwEEnaM.r: (Ibis, 1878, p. 73 et 74). 



30 E. OUSTALET. 

le Mékong; mais se montrent un peu moins fréquemment à Saigon, à 
Thù dâu mot et dans les régions boisées. M. R. Germain et M. Pierre 
ont envoyé au Muséum toute une série de ces Drongos, d'Ages et de 
sexes différents, les uns en costume noir, les autres en plumage forte- 
ment maculé de gris blanchâtre sur la gorge, la poitrine et l'abdomen 
et rayé transversalement de blanc sur les couvertures inférieures de 
l'aile. Cette livrée de transition s'observe notamment sur un Oiseau pris 
par M. Pierre dans le jardin botanique de Saigon et sur deux mâles tués 
par M. R. Germain, sans doute aux environs de la môme ville, le 13 no- 
vembre 1861 et le 26 décembre 1865. Au contraire, une femelle tuée par 
ce dernier naturaliste, le 19 mars 1865, avait déjà revêtu son costume de 
noces, quoiqu'elle eût encore les ovaires inactifs. Il est à peu près 
certain que les Drongos noirs nichent dans les forêts de la Rasse-Cochin- 
chine, et qu'il n'y passent pas seulement, comme le supposait M. Pierre. 
Si cet observateur consciencieux a cru remarquer que les Drongos 
n'arrivaient dans le pays que vers le 10 octobre, c'est que ces Oiseaux 
changent simplement de station à ce moment et quittent les régions 
boisées pour les régions basses, où M. R. Germain a constaté qu'ils 
étaient particulièrement nombreux, dès la fin de septembre (I). Les 
choses se passent du reste absolument de la même façon en Rirmanie. 
M. Oates nous apprend, en effet (2), que les Drongos noirs sont com- 
muns dans le Pégou, d'octobre à janvier, tandis que dans d'autres 
saisons de l'année ils manquent ou sont très rares dans le pays. Dans 
le Ras-Pégou, ils arrivent en troupes en octobre, au moment où se 
termine la saison des pluies. Au contraire dans la vallée de Thoungyeen, 
le capitaine Ringham a rencontré les Drongos noirs à différentes époques. 
11 est donc probable que ces Oiseaux modifient leurs habitudes suivant 
la nature du sol et les conditions atmosphériques et exécutent moins des 
migrations que des déplacements déterminés par l'abondance ou la rareté 
des Insectes dont ils font leur nourriture. 

Outre les exemplaires de la Rasse-Cochinchine que je citais tout à 
l'heure, le Muséum possède encore des spécimens de Buchanga atra 

(1) Note manuscrite. 

(2) Op. cit., p. 219. 



LES OISEAUX UU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 31 

obtenus par M. Bocourt à Bangkok (Siam), en 1862, par M. le D' Har- 
mand dans le Cambodge, au mois d'octobre 1875 (1), par M. Philip 
à Hué (Annam), on 1885, et par le prince Henri d'Orléans à Muong- 
Chum (Tonkin), le 16 février 1892, sans compter un certain nombre de 
spécimens envoyés de l'intle anglaise par d'autres voyageurs. 

En comparant tous ces spécimens les uns avec les autres, on constate 
des variations considérables dans les dimensions des diverses parties du 
corps : ainsi, dans un Drongo noir de l'Inde donné au Muséum par 
M. de Souza, le bec a 0""\017, l'aile 0'"",150, la queue 0"",164 ; dans un 
autre oiseau venant de la même contrée et rapporté par M. Courjon, le 
bec mesure 0™",022, l'aile 0""',175, la queue 0""",157, dans l'Oiseau du 
Cambodge obtenu par M. Ilarmand, le bec a 0'°"',017, l'aile 0"",14 et la 
queue O^^jlSO ; dans un spécimen de Basse-Cochinchine, envoyé par 
M. Harmand, le bec a 0-'",020, l'aile 0'"",140, la queue 0'"^^60, etc. 
Les proportions des rémiges ne sont pas plus constantes : tantôt, en effet, 
la troisième et la quatrième penne sont presque égales, tantôt la 
quatrième dépasse la précédente de deux millimètres. 

110. BUCHANGÂ LONGICAUDATA. 

Dicrurus macrocercus Jeidon, Madras Jauni., t. X, p. 240 (nec Vieillot). — Dicrurus 
longicaudatus A. Hay ms., Jerdon, Madras Journ., t. XIII, part. II, p. 121, et Birds 
of India, ISi^i, t. I. p. 430, n" 280. — Buchanga longicaudata WaUleii, Ibis, 1868, 
p. 316; R. B. Sharpe. Cat. Birds Bril. Muséum, 1877, l. III, p. 249; Anderson, Zool. 
lîesults Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I, Aoes, p. 654, n" 156 ; Gates, ffandb. Bi7'ds 
Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 220, ii» 213. 

Un Drongo à plumage d'un gris foncé, fortement glacé de vert 
bleuâtre sur les parties supérieures du corps, qui a été tué par 
M. le colonel Babier à Dung-Lau ou à Tuyen-Quang (Tonkin), appar- 
tient certainement à cette espèce que Sharpe avait indiquée comme 
se trouvant seulement dans l'Inde et à Ceylan, mais que, à une date 
plus récente, le D' Anderson avait rencontrée dans la Haute-Birmanie 
et le Yunnan occidental et que M. Eug.-W. Oates avait signalée comme 

(t) Ce spécimen a donc été obtenu précisément dans le mois où les Drongos noirs se montrent 
particulièrement abondants en Basse-Cjcc'.iinchine et dans le Pégou. 



32 E. OUSÏALET. 

se trouvant, durant toute l'année, dans le Pégou et dans le Ténassérim 
jusqu'à Mergui. 

Le Drongo gris-fer à longue queue s'avance donc assez loin du côté de 
l'est, à travers le nord de l'Indo-Chine, mais ne paraît pas descendre dans 
la Basse-Cochinchine, ni même dans le Cambodge. 

111. BUCIIÂNGA LEUCOPILEA. 

Le Drongri Levaillant, Oiseaux d'Afrique, 1799-1808, pi. 170. — Dicrurus leuco- 
phaeus Vieillot, Enojcl. mélliod., p. 752; Cli.-L. Bonaparte, Consp. Ai\, 1850, l. I. 
p. 352. — Edolius cineraceus lloisfîeUI, Trans. Linn. Soc, t. XIII, p. 145. — 
Dicrurus cineraceus Ch.-L. Bonaparte, Consp. Av., 1850, t. I, p. 352. — Buchanga 
"Wallacei el B. Mouhoti Waldeii, Ann. and Mag. Nat. flist., 1870, i" série, t. V, 
p. 220. — Buchanga Mouhoti David et Oiistalet, Oiseaux de la Cliine, 1877, p. 109, 
11° 168. — Buchanga cineracea R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1877, t. Ill, 
p. 250 D' G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 112, n° 135. 
— Buchanga leucophaea Tweeddale, Ibis, 1878, p. 75 ; Oates, llandb, Birds Brit. 
Burniah, 1883, t. I, p. 221, n" 214. 

Comme le marquis de Tweeddale l'a fait remai^quer, le nom spécifique 
de leucophœa V. doit être restitué à l'espèce que H. B. Sharpe a désignée 
sous le nom de Buchanga cineracea Horsf. Cette espèce se trouve non seu- 
lement sur les îles de Java et de Lombock, mais dans le Népaul, dans la 
Birmanie anglaise, où elle est commune, selon M. E.-VV. Oates et dans le 
Cambodge, où le voyageur Mouhot a obtenu le type de Buchanga Mouhuti 
Wald., et où, à une date plus récente, en 1877, un spécimen de B. Icii- 
copJiœani été pris par M. le D' Ilarmand, dans les forêts, parsemées de 
clairières, de la province de Siem-réap. 

112. BUCHANGA LEUGOGENYS. 

Buchanga leucogenis [sio ^Yalden, Annals and Mag. Nat. Hist., 1870, \' série, t. V, 
p. 219; Bl\lh, Birds Brit. Burmuli, p. 131 ; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 
1877, p. 108, n" 167. — Buchanga leucogenys R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Mu- 
séum, 1877, t. III, p. 251 ; Oates, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879^ 
p. 112, n° 134 ; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 222, n" 215. 

Nom local : Con chhn Cheo heo (Annam) [d'après ÎM. G. Tirant]. 
Décrite d'abord d'après un spécimen venant de Nagasaki (Japon), cette 
espèce a été retrouvée, au moins à certaines saisons, dans les provinces 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 33 

centrales de la Chine, sur les îles Audaman, dans la portion du Ténas- 
sérim située au sud de Mergui et sur d'autres points de la péninsule 
malaise, dans le royaume de Siam et dans l'Indo-Chine française. 

Les collections du Muséum d'Histoire naturelle renferment de nom- 
breux exemplaires de Buclianga leucogenys obtenus par le R. P. Lare- 
naudie dans le royaume de Siam, en J864, par M. R. Germain et par 
M. le D' JuUien dans la Basse-Cochinchine, en 1861, en 1865 et en 1874, 
par xM. le TT Harmand dans les clairières de Melou-Prey et sur les bords 
du Sé-Lamphau (Laos), en 1876 ; enfin par M. le commandant (aujour- 
d'hui colonel) Rabier à Dong-Lau ou à Tuyen-Quang (Tonkin), en 1896. 
Elles contiennent aussi des spécimens pris sur le mont Ophir dans la 
presqu'île de Malacca et donnés par M. Rolland en 1881, et d'autres 
individus tués dans le Kiangsi et le Tchékiang (Chine), par M. l'abbé 
A. David. En étudiant cette nombreuse série, j'ai pu constater quelques 
variations dans les nuances du plumage, la livrée gris cendré très pâle 
qu'on attribue à cette espèce pouvant devenir d'un gris-fer, c'est-à-dire 
d'une teinte plus ou moins analogue à celle du manteau des Buchanga 
leucophœa et la tache blanche qui occupe les lores, le tour des yeux et la 
région auriculaire peut être plus ou moins pure, plus ou moins marquée : 
elle tend même à s'efFacer chez l'individu tué dans le royaume de Siam, 
qui paraît cependant être adulte. En g(''néral, cependant, c'est chez les 
jeunes que la teinte des côtés de la télé est moins pure en môme temps 
que le manteau est mélangé de brun et que le dessous du corps est plus 
foncé que chez l'adulte. Chez deux individus tués i)ar M. R. Germain et 
dont l'un (femelle) porte la date du 10 février, les plumes de la gorge 
ont un aspect écailleux, étant d'un roux sale bordé de noir, tandis que 
deux autres individus, tués l'un le 13 novembre et l'autre le 17 décembre, 
ont le devant du cou d'un gris uniforme. Ces Oiseaux ont le manteau d'un 
gris plus foncé que ceux qui ont élé envoyés de Chine au Muséum par 
M. l'abbé A. David et qui ont été tués dans les mois d'avril, de juin et de 
septembre. Les différences de nuances que je viens d'indiquer paraissent 
donc dépendre de la saison. 

Étant donné ce fait que les Bnchaitga leucogenys provenant de l'Empire 
chinois ont été pris entre avril et septembre et que tous les Drongos de 

Nouvi£i,i,ES AuciiivES r>u Musiasi, 4"= série. — V. o 



34 E. OUSTALET. 

même espèce qui sont originaires de Basse-Cochinchine et qui portent sur 
leurs étiquettes des dates précises, ont été tués entre octobre et février, 
on pourrait supposer que les Drongos àjoues blanches émigrent, à l'ap- 
proche de la mauvaise saison, du Japon et de la Chine, dans l'Indo-Chine 
et en Malaisie; cependant je dois faire remarquer que l'Oiseau pris par le 
R. P. Laronaudie, et auquel je faisais allusion tout à l'heure, porte la 
date du 24 juin. Il y aurait donc, même en plein été, des Drongos à 
joues blanches sur certains points de l'Indo-Chine. 

Sur les étiquettes des Oiseaux de M. Germain, l'œil du Buchanga leu- 
coijenys est indiqué comme étant d'un brun rougeâtre, tandis que d'après 
Davison il serait d'un rouge variant du rouge-brique au rouge- 
vermillon. 

113. liHRINGA REMIFER. 

Edolius remifer Teinmiiick, Planches coloriées, 1823, 1. III, pi. 178; Blylh, Journ. 
asiat. Soc. Benff., 1842, t. XI, p. 169 et 800. — Bhringa remifer Gray, Gen. of 
Dirds, 1844, t. I, p. 288; Jerdon, Birds of India, 1862, t. I, p. 434, n" 283 ; Blyth et 
Walden, Bivds Burmah, p. 128 ; II. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1877, t. III, 
p. 257 ; Waldcii, Ibis, 1878, p. 80 ; Ândersoii, Zool. Results Exped. io W. Yujinan, 
1878, t. I, Âves, p. 652, u° 153 ; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 224, 
n" 217 ; Oustalel, Cat. Oiseaux, in Itenri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894, 
Append., p. 628. 

Cette espèce, qui n'est pas mentionnée dans le Catalogue du D"" Gilbert 
Tirant et qui, en effet, ne parait pas se montrer dans la Basse-Cochin- 
chine, existe au contraire dans le Cambodge, où M. le D' Harmand en a 
obtenu un spécimen en 1877 et dans le Tonkin où le prince Henri 
d'Orléans en a tué deux individus mâles, l'unà Van-Bou le 14 février 1892, 
l'autre à Muong-Chum le 10 février de la même année. Elle a été ren- 
contrée, d'autre part, dans la Birmanie anglaise, par le capitaine Wardla^v 
Ramsay et par M. Davison, dans le Yunnan occidental par le D' Ander- 
son, dans le Népaul, dans l'Assam et même dans l'île de Java par diffé- 
rents voyageurs. 

LesBhrifiga donnés au Muséum parle prince Henri d'Orléans, quoique 
ayant été tués au mois de février, sont déjà munis de leurs longues rec- 
trices externes terminées en palette. Cependant, d'après M. E.-W. Oates, 
la saison de reproduction àe^ Bhritiga remifer e\) Birmanie ne commence 



LES OISKAUX DU CA.MBODGIi:, DU LAOS, ETC. 35 

probablement qu'en avril pour durer jusqu'en juillet. Dans le Pégou et 
dans leTénassérim, comme dans l'Himalaya, ces Drongos sont cantonnés 
dans les grandes forêts; il doit en être de môme dans le Cambodge et 
dans le Tonkin. C'est ce qui nous explique la distribution irrégulière de 
cette espèce dans le nord de l'Indo-Chine. 

114. DISSEMURUS PARADISEUS. 

Le Coucou vert huppé de Siam Biisson, Or/iith., 17G0, t. IV, p. 151 et pi. XIV, A, 
fig. 1. — Cuculus paradlscus Linné, Sysf. Nat., 1766, t. I, p. 172. — Le Drongo 
à raquettes Levaillanl, Oiseaux d'Afrique, 1799-1805, t. IV, p. 73 et pi. 175. — 
Edolius malabaricus Iloisfiekl, Trans. Linn. Soc, t. XIII, \). 145. — Dicrurus 
paradiseus (iray, (len. of Birds, 1844, t. I, p. 286. — Edolius paradiseus et E. 
malabaricus .lerdon, Birds of India, 1862, t. I, p. 435 et 437, p. 284 et 285. — Dis- 
scmurus paradiseus Cabanis, Mus. Hein., part. I, p. 112 ; Blytli et Walden, Birds 
Burmah, p. 128, U. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1877, t. III, p. 258; Walden, 
Ibis, 1878, p. 80; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochincliine, op. cit., 1879, p. 113, 
n» 137 ; Oates, Ifandb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 225, n° 218. 

Noms locaux : Con Chéo béo (annam.), Rontéep tông kdntray (cambodg.) 
[d'après M. G. Tirant]. 

Le Muséum d'Histoire naturelle de Paris possède une série très nom- 
breuse de Drongos paradisiers, venant les uns de l'Inde, d'autres de la 
presqu'île de Malacca et de Sumatra, d'autres de l'Indo-Chine, et, en pas- 
sant en revue ces exemplaires, il n'est pas difficile de constater les dif- 
férences dans les dimensions de la huppe frontale auxquelles Sharpe et 
lord Walden ont fait allusion et qui ont été considérées par quelques 
auteurs comme caractérisant des espèces ou tout au moins des races 
distinctes. Sans entrer dans la discussion de la valeur de ces races, ce 
qui m'entraînerait beaucoup trop loin, je dirai que chez tous les spéci- 
mens de l'Indo-Chine que j'ai sous les yeux, la huppe frontale est beau- 
coup moins développée que chez la plupart des Drongos de l'Inde qui 
appartiennent à la forme dite Dissemurus malabaroides (l ). Un spécimen 
pris à Petchabouri (Siam), par M. Bocourt, en 1862, a la huppe aussi 
courte que l'Oiseau du Siam dont la tête a été figurée parR. B. Sharpe (2), 

(1) Chihhi malabar oïdc!^ Hodcson, înd. Bei\, t. I, p. 32o; Dissemitrus inalabaroidcs R. B. Sharpe, 
Ciit. Birds Brit. Muséum, t. III, p. 261, fig. 1. 

(2) Cat. Birds Brit. Muséum, t. III, p. 261, fig. 2. 



36 , E. OUSTALET. 

et appartient à la forme typique du ûissemurus paradiseus. On dit d'ail- 
leurs que c'est d'après un dessin de Poivre, représentant un Drongo à 
raquettes, tué dans le royaume de Siam, que Brisson a décrit et figuré son 
Coucou vert huppé de Siam qui est devenu le Cucidus paradiseus de 
Linné, le Dissemurus paradiseus des auteurs modernes (1). Les Drongos 
tués par M. B. Germain en Basse-Cochinchine, se rapportent, pour la 
plupart, à la même forme ; quelques-uns cependant ont la huppe aussi 
réduite et les raquettes aussi petites que des spécimens de Malacca 
[D. platuriis) (2). Au contraire, un individu tué à Poulo-Condore par 
M. le D"" Harmand en 1877, de même qu'un Oiseau pris par M. Bocourt 
à Petchabouri (Siam) (c'est-à-dire dans la même localité que celui auquel 
je faisais tout à l'heure allusion), ont les plumes frontales soulevées et 
presque aussi longues que lOiscau de Birmanie figuré par M. R. B. 
Sharpe (3). Ceci tend bien à prouver que les diverses formes réunies 
sous la rubrique Dissemurus paradiseus passent les unes dans les autres 
par des gradations insensibles. 

Un Drongo tué à Hatien (Basse-Cochinchine), au mois de sep- 
tembre 1875, par M. le W Harmand, est particulièrement intéressant. 
Sa crête est très peu développée et ses rectrices externes, quoique déjà 
très longues, puisqu'elles mesurent en efiet 0",250, soit O^^lOO de plus 
que les rectrices de la paire précédente, sont élargies et tordues sur 
elles-mêmes à l'extrémité, et rétrécies considérablement sur le milieu de 
leur longueur et un peu au delà. Dans cette région, elles ont l'air d'avoir 
été entaillées fortement, à coups de ciseaux, du côté interne, sans cepen- 
dant être réduites strictement à leur tige comme chez les Dissemurus 
paradiseus. Une échancrure analogue, mais moins nettement accusée, 
existe chez un Drongo rapporté de Lampoong (Sumatra) pour la deuxième 
expédition de V Astrolabe, en 1841 . 11 est probable que c'est là une dispo- 
sition qui précède la dénudation complète du milieu de la tige, 
un acheminement vers cette dénudation; cependant, en général, chez 



(1) Voy. Walden, lbi$, 1878, p. 80. 

(2) Dknirus plaluns Vieiu.ot, Nouv. hict. d'Hist. nat., l. IX, p. ySS ; Dissemurus platurus 
R. B. Sharpe, Cat. Biids Itrit. Muséum, t. Ill, p. 262, fig. 4. 

(3) Op. cit., p. 261, iig. 3. 



LES OISEAUX DU CAiMBODGE, DU LAOS, ETC. 37 

les Dissemiirus paradiseus celle-ci apparaît avant même que la penne 
externe n'ait dépassé les pennes suivantes. 

Outre les spécimens que j'ai cités plus haut, les collections du Muséum 
renferment encore d'autres individus venant de l'Indo-Chine, par exemple 
un individu tué au mois de décembre 1875 à Sambôr (Cambodge), par 
M. le D' Harmand, trois autres individus tués par le même voyageur sur 
les bords de la rivière de Pursât (Cambodge) et un cinquième individu 
pris par M. le commandant Rabier à Dong-Lau ou à Tuyen-Quang (Ton- 
kin)enl896. 

A en juger par le nombre des exemplaires envoyés par M. R. Germain, 
le Dissemwnis paradiseus doit être très répandu dans les forêts de la 
Rasse-Cochinchine et sur l'île de Poulo-Condor. D'après M. le D' 
G. Tirant, l'espèce est cependant moins commune aux environs de 
Saigon qu'à Trà-vinh. Elle se reproduit certainement au Cambodge, 
car M. le D' Harmand y a obtenu en 187o, dans une localité qui malheu- 
reusement ne nous a pas été indiquée d'une façon précise, un jeune 
Dissemurus paradiseus dont les grandes pennes alaires et caudales ne 
sont pas encore complètement poussées. 

En considérant l'espèce dans un sens très large, comme l'a fait 
R. B. Sharpe, on peut dire que le Dissemurus paradiseus étend ses 
domaines sur les îles de Rornéo, de Banda, de Java, de Sumatra, sur 
l'Inde, l'île de Ceylan et les îles Audannan, sur la Rirmanie anglaise, où 
il est très commun partout où le pays est boisé et où il niche régulière- 
ment, enfin sur le royaume de Siam, la Basse-Cochinchine, le Cambodge, 
le Laos et le Tonkin. 

M. le D' G. Tirant cite encore (l) un autre Drongo, le Dicrurus 
amiectens (2) comme se trouvant en Basse-Cochinchine, mais je crois 
que c'est une erreur et que l'espèce en question ne dépasse pas, du côté 
de l'est, la Birmanie et le royaume de Siam où un individu a été pris, aux 
environs de Bangkok, par M. Bocourt en 18(î2. En tout cas, je n'ai eu 

(1) Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, j). 112, n° 132. 

(2) Buchanga annectens Hodgson, Indian lleview, t. l, p. 320. — Dicrurus anncclen.'; Bi.ytii et Walden, 
Birds Burmah, p. 131 ; R. B. Sharpe, Cut. Birds Brit. Muséum, t. III, p. 231; Gates, llandb. Birds 
Brit. Burmiih, 1883, t. 1, p. 217, n" 211. . 



38 E. OUSTALET. 

entre les mains aucun spécimen de Dlcrurus annecleus venant de 
rindo-Chine française. 

Mû. IRENÂ PUELLA. 

Coracias puellaLalbam, Ind. Ornif/t., 1790, 1. 1, p. 171. — Irena puella Jerdon, Madras 
Journ., t. XIII, p. 262 etBirds of Imita, 1863, t. II, p. 105, n" i69 ; R. B. Sliaipe, Cat. 
Birds Brit. Muséum, 1877, t. III, p. 268 ; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, 
t. I, p. 209, 11° 20.'). — Irène pi:ella 0. Tirant, Oiseaux de la Basse-Coclilnchine, op. 
cit., 1879, p. 119, 11° 1()3. 

Cette espèce, bien reconnaissable à la calotte et au manteau d'un bleu 
de cobalt brillant qui, chez le mâle adulte, contraste vigoureusement 
avec le noir de velours des parties inférieures du corps et qui, chez la 
femelle, est remplacé par une livrée d'un bleu cendré, a été observée 
souvent par M. le D' Gilbert Tirant à Tra-sang et dans les forêts envi- 
ronnantes ; M. Pierre et M. le D' JuUien en ont envoyé au Muséum en 
1867, en 1874 et en 1878, trois spécimens qui ne portaient aucune indi- 
cation précise de localité, mais qui provenaient de la Basse-Gochin- 
chine. Cependant, comme V Irena puella n'est pas représentée dans les 
riches collections formées dans celte partie de l'Indo-Chine par 
M. R. Germain, je crois qu'elle doit être bien moins commune dans les 
provinces du sud que dans celles du nord-est et du nord-ouest de la 
Basse-Cochinchine, sur les confins du Cambodge, dans le Cambodge 
même et sans doute aussi dans le Laos. 

Outre les individus pris par M. Pierre, le Muséum a reçu, il y a 
vingt-cinq ou trente ans, un certain nombre d'exemplaires à' Irena puella 
tués par M. le D' Ilarmand sur l'île Phu-Ouoc, à Haticn, sur les mon- 
tagnes de la province de Chaudoc et sur les flancs du grand plateau, près 
d'Attopeu (Laos). Les collections du Brilish Muséum renferment aussi 
un spécimen recueilli par le voyageur Mouhot et qui est indiqué sur le 
Catalogue de R. B. Sharpe comme provenant du Siam, mais qui, je 
crois, provient plutôt du Laos. 

D'autre part, Y Irena puella est commune dans les foréls d'arbres veris 
sur les collines du Pégou, depuis la frontière jusqu'à Rangoun, ainsi que 
dans celles du Ténassérim et de l'Arrakan ; elle se trouve aussi dans 
l'Assam, sur la côte de Malabar, à Ceylan et sur les îles Audaman. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 39 

LORIOTS ou ORIOLIDÉS. 

116. ORIOLUS INDICUS. 

Oriolus sinensis Swainson, Anim. in Menarj, 1838, p. 342. — Oriolus chinensis 
Jerdon, Madras Journ., t. X, p. '202 (nec Linné). — Oriolus indicus Jerdon, III. Ind. 
Omilh., pL 15 et Birds of India, 1863, t. II, p. 109, n" iTl ; Blytli et Walden, Birds 
Burin., p. 139; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit.., 1879, p. 117, 
n" 155 ; Oates, Handb. Birds Brit. Bunnah, 1803, t. I, p. 211, n" 208. — Oriolus dif- 
fusus R. B. Shaipe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1877, t. III, p. 197 ; Oustalet, Cat. 
Oiseaux, in Ilenri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894, Append., p. 623. 

Noms locaux : Con chim Vang nghd (annam.) ; Chàp ang /Tor (cambodg.) 
[d'après M. G. Tirant]. 

Comme l'a fait M. E. W. Oates, je restitue à celte espèce le nom 
à'Oriolus indicus qui lui a été donné par Jerdon, et auquel R. R. Sharpe 
avait cru devoir substituer le nouveau nom à' Oriolus diffusus. 11 est certain 
en efi'et que VOrioIus indicus se trouve dans l'Inde, principalement dans 
les jungles du Malabar et aux environs de Calcutta, quoiqu'il y soit bien 
moins répandu que dans les pays situés à l'est de la baie du Rengale, 
dans l'Arrakan, le Pégou, le Ténassérim, le Siam et l'Indo-Chine 
française. Toutefois, d'après M. E. W. Oates, ce Loriot n'est pas 
sédentaire dans la Rirmanie britannique et y vient seulement passer 
l'hiver. Il doit en être de même en Cochinchine, car sur les étiquettes de 
divers sujets mâles et femelles tués dans ce pays, de 1862 à 1866, par M. R. 
Germain, je relève les dates suivantes : 28 septembre, 7 et 17 novembre, 
3 et 7 janvier, 4 février. Pendant la belle saison, au contraire, le Loriot 
indien se trouve en Chine, on Mongolie et dans la Sibérie orientale. C'est 
lui, en effet, et non pas, comme nous l'avons écrit par erreur dans nos 
Oiseaux de la C/iine, VOrioIus chinensis Linné, qui niche dans la grande 
plaine de Pékin et qui, dès les premiers jours de septembre émigré vers la 
Chine méridionale. VOrioIus chinensis Linné, que nous avons mentionné 
sous le nom plus ancien à'Oriolus cochinchinensis Rrisson, et VOrioIus 
sinensis Swainson ne présentent pas seulement, en effet, une grande 
similitude de noms, ils ont à peu près le même plumage et les mêmes 
dimensions et ne diffèrent guère l'un de l'autre que sur la coloration des 
pennes secondaires, en majeure partie jaunes chez VOrioIus sinensis 



40 E. OUSTALET. 

(= hidicus = diffusas)^ en majeure partie noires chez VOriolus chinensis 
et par la présence, dans la première espèce, d'un miroir aiaire jnunc 
qui manque totalement ou presque totalement dans la seconde. Par 
suite de cette confusion entre deux espèces très voisines qui ne sont 
probablement, comme VOriolus tenuirodris, Blyth (1), que des races déri- 
vées d'un même type, nous avons ajouté que VOriolus cochinchinensis 
émigrait vers le sud de la Chine, la Cochinchine et l'Inde orientale et 
qu'il avait été rencontré par M. R. W. Ramsay en Birmanie et par 
M. M. lloldsworth et Layard àCeylan. Tout ceci doit être reporté à VOrio- 
lus sinensis ou hidicus. En dépit de ses noms V Oriolus clÙ7iensis ou Oriolus 
cochinchinensis ne se rencontre probablement pas en Chine, et sûrement 
pas en Cochinchine (2), mais habite, comme le dit R. B. Sharpe (3), 
l'archipel des Philippines. Des recherches récentes m'ont démontré que 
c'est de cet archipel que provenaient sinon tous les Oiseaux, au moins la 
plupart des Oiseaux que les anciens auteurs ont désignés sous les noms de 
Loriot de la Cochinchine, iVOriolus cochinchiîiensis et d^Oriolus chinensis, 
et si j'ignore malheureusement l'origine des types de l'espèce de Brisson, 
je crois pouvoir affirmer que les Oiseaux qui ont servi de modèles pour 
la Planche Enlumiîiée n° 570 de Daubcnton, représentant le Coulavan 
ou Couliavan de la Cochinchine avaient pour patrie les Philippines, d'où 
ils avaient été rapportés par Sonnerat. Il existe, encore, en effet, dans les 
collections du Muséum deux Loriots montés, en très mauvais état, un 
mâle et une femelle, portant sous le plateau ces indications : Le Cou- 
liavan^ Enl. o70. Oriolus chinensis L., de Cochinchine, par Sonnerat, et 
j'ai retrouvé dans la liasse des dessins et manuscrits de Commerson, où 
se trouvent intercalés quelques dessins colorés de Sonnerat, facilement 
reconnaissables à leur facture bien moins artistique, deux croquis colo- 
riés de ces mêmes Oiseaux avec ces inscriptions manuscrites : « mâle et 
femelle du Loriot des Philippines [sic)., de grandeur naturelle », et 
dans un coin de la figure du mâle ces mots : de « Manille ». D'un autre 

(1) Journ. Asiut. Suc. Bengal, t. XV, p. 48 ; R. B. Siiarpe, Cat. Birds Brit. Muscuw, t. III, p. 198. 

(2) Le D'' Gilbert Tirant dit cependant {Ois. liasse-Cochinchinc, op. cit., p. 117, n" 156) avoir tué 
à Thù-dâu-môt, en Basse-Cochinchine, un Loriot n'ayant aucun miroir jaune sur l'aile, qu'il 
l'apporte à VOriolus cochinchinensis. C'est le seul individu de celle espcce qu'il ait jamais vu. 

(3) Cat. Birds Brit. .Muséum, t. Ill, p. 204. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. U 

côté, si nous tenons compte de ce fait que Sonnerat n'a visité d'autre 
contrée de l'Indo-Chine que le Pégou, tandis qu'il a fait un assez long- 
séjour aux Philippines, où il a recueilli de nombreuses collections orni- 
thologiques dont les principaux types ont été figurés dans les relations 
de ses voyages, nous arrivons à cette conviction que c'est bien des Phi- 
lippines que sont originaires les spécimens auxquels je faisais tout à l'heure 

allusion et qui, du reste, sont identiques à des Loriots obtenus, à une 
date beaucoup plus récente, dans le même archipel par M. Alfred 
Marche. 

Après cette rectification, qui m"a paru nécessaire, je reviens à VOnohis 
indiens. Outre les spécimens de Basse-Cochinchine, auxquels j'ai fait allu- 
sion tout à l'heure, les collections du Muséum possèdent des sujets tués à 
Sarabouri, à Petchabouri et à Ayuthia, dans le royaume de Siam, par 
M. Bocourt, en 1862 ; à Sambôr et au pied du mont Dong-rek (Laos), par 
M. le D- Harmand; à Dong-Lau ou à Tuyen-Ouang (Tonkin), par 
M. le colonel Babier, et à Luang-Prabang (Laos tonkinois), par le prince 
Henri d'Orléans, le 13 avril 1892. Le Loriot tué dans cette dernière 
localité (un mâle) était, si l'on en juge par la date, en roule pour regagner 
les pays où s'efTectiie d'ordinaire la nidification de VOrio/its indiens. 

Tous les Loriots de l'Indo-Chine que je viens de citer appartenaient 
bien à cette espèce et non pas à VOriolus tenuirostris Blyth, qui se trouve 
dans le Pégou où d'après M. E. W. Oates il serait sédentaire, et qui ne 
difl'ère du reste de VOriolus indieus que par la gracilité relative de son 
bec, l'étroitesse de la bande noire en forme de fer à cheval qui s'étend 
sur la nuque et la largeur plus grande des taches jaunes des rectrices 
et des rémiges. 

117. ORIOLUS MELANOCEPHALUS. 

The Black'headed Indian Icterus EdNvards, Birds, p. 77 el pi. 77. — Le Loriot du 
Bengale ^vh%ow, Ornithologie. 17G0, I. II, p. 329. — Oriolus melanocephalus 
Linné, Syst. Nat., 170(3, t. I, p. 160 ; .lerdon, Birds ofindia, 18(r2, t. II, p. UO, n" 47-2; 
Blyth et Walden, Birds Burm., p. 139; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1877, 
t. III, p. 215; Anderson, Zool. Besu/fs Expl. to W. Yunnan. 1878, t. I, Aves, p. 660, 
n" 170 ; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 118, n° 157; 
Oates, Ilandb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 214, n" 208; Oustalet, Cat. Oiseaux, 
in. llenri-Ph. dOrléans, Autour du Tonkin, 1894, Appendice, p. 624, et Bull, du 
Muséum, 1898, n» 1, p. 16, n» 43. 

n 

Nouvelles Archives du Muséum, 4<= série. — V. 



42 E. OUSTALET. 

Noms LOCAUX : Con chim Vàng nhé dâii dïn (annam.); Chekhutam (cam- 
bodg.) [d'après M. G. Tirantj ; Vàng anh (annam.) [d'après M. R. Ger- 
main]. 

Le Loriot à tête noire est répandu à travers le Bengale, l'Inde septen- 
trionale et centrale et la Birmanie britannique, où il est commun et 
sédentaire. Il descend assez loin dans la presqu'île de Malacca, mais est 
remplacé à Ceylan par une race particulière : VOriolus melanocephalus ^yo^v . 
ceylonensis. Par la Haute-Birmanie où il est rencontré quoique rare- 
ment par le D' Anderson, il doit pénétrer dans le Yunnan , et de là 
gagner leTonkin. De même, à travers le Siam,oùM. Bocourta obtenu, en 
1862, deux individus de cette espèce, à Petchabouri etàAyuthia, VOriolus 
melanocephalus s'est répandu dans les provinces laotiennes, le Cambodge, 
et la Basse-Gochinchine. 

Dans cette dernière contrée où il est très commun, dans les forêts et 
dans les contrées des régions boisées, M. R. Germain a tué un certain 
nombre de Loriots à tête noire, principalement à Baria, à la fin de mai. 
Deux de ces Oiseaux, un mâle et une femelle, évidemment jeunes, n'avaient 
pas encore revêtu leur livrée de noces absolument complète. Au contraire, 
le capuchon était d'un noir profond et le manteau d'un jaune extrême- 
ment vif chez d'autres Loriots tués par M. le D' Harmand dans les forêts 
des bords de Sé-Lamphau, près de son confluent vers le Mékong et dans 
une île de ce dernier fleuve, l'île de Khong, du mois de janvier 1876, à 
Melou-Prey et à Sambôr (Laos) au mois de décembre 1875. 

Plusieurs individus de la même espèce ont été obtenus encore à 
Hatien (Basse-Gochinchine) et dans diverses localités du Cambodge par 
M. le D' Harmand, près du confluent du Mékong et du Nam-Ou (ou de 
la Nam-Mô) et à Luang-Prabang (Laos tonkinois) par le prince Henri 
d'Orléans, le 1", le 3 et le 5 avril 1892 et à Bung-Miu (Annam) 
par M. le marquis de Barthélémy en 1898. 

118. ORIOLUS ÏRAILLI. 

Pastor Trailli Vigors, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1831, p. 175 ; J. Gould, Cent. Birds 
Himalay, mts, pi. 35. — Oriolus Trailli Mac Clelland, Proceed. Zool. Soc. Lond., 
1839, p. 160; Jerdon, Birds of Indla. 18G"2, t. II, p. 11^2, n" 474 ; R. B. Shaipe, Cat. 
Birds Brit. Muséum. 1877, t. III, p. 222 ; Oates, Handb, Birds Brit. Burma/i, 1883, 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 43 

t. I, p. 216, n" 210. — Psarolophus Trailli Jardine et Selby, III. Ornith., t. IV, 
pL 26 ; J. Govlà.Birds of Asia, part. XXIII ; Blyth et Walden, Birds Burmah, p. 139. 

Ce beau Loriot, qui est si différent des Loriots ordinaires par son 
plumage rouge Jie de vin et noir et qui a, pour ce motif, été placé dans 
un genre différent par quelques ornithologistes, ne paraît pas exister en 
Basse-Cochinchine, mais il a été rencontré une fois sur les plateaux dos 
Bolovens (Laos) par M. le D"" Harmand en 1877 et une autre foisà Lai-Chau 
(Tonkin) par le prince Henri d'Orléans, le 3 mars 1892. 11 est rare égale- 
ment dans la Birmanie britannique, et habite plutôt l'Arrakan, l'Assam, 
le Népaul et le Boutan. 

CHOUCARIS ou CAMPOPHAGIDÉS. 

119. GRAUCÂLUS MACEI. 

Graucalus Macei Lesson, Traité d'Ornithologie, 1831, p. 319 ; Jeidon, Birds of India, 
1862, t. I, p. il7, 11° 270; Blyth et Walden, Birds Burm., p. 123; Anderson, Zool. 
BesuUs Expcd. to W. Yunnan, 1878, t. I, Avcs, p. 647, n" 144 ; G. Tirant, Oiseaux de 
la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 110, n» 126 ; Oustalet, Cat. Oiseaux, in Henri- 
Ph. dOrléans, Autour du Tonkin, 1894, Append., p. 627. — Grancalus Macei R. 
B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1879, t. IV, p. 34; Oates, Bandb. Birds Brit. 
Burmah, 1883, t. I, p. 228, n» 220. 

Le Choucari de Macé est répandu dans Tlnde à Ceylan, dans la 
Birmanie anglaise, le Siam et l'Indo-Chine française. Il est commun dans 
le Pégou^ où, selon M. E. W. Oates, on le rencontre souvent dans les mon- 
tagnes à une altitude de 800 à 1 300 mètres, et abonde également dans 
le Ténassérim, mais on ne sait pas bien jusqu'où il descend dans la 
presqu'île de Malacca. D'après M. le D' G. Tirant, cet Oiseau habiterait 
toutes les forêts de la Basse-Cochinchine, et, selon M. R. Germain (1) il 
se montrerait par couples ou par trois dans les jardins des environs de 
Saigon ; mais, si j'en juge par le petit nombre d'individus de cette espèce 
qui ont été envoyés jusqu'ici de Basse-Cochinchine au Muséum, le Grau- 
calus Macei doit être beaucoup moins répandu dans cette partie de l'Indo- 
Chine que dans les pays situés plus au nord et plus à l'est. C'est en effet 

ii) Note manuscrite. 



M E. OUSTALET. 

dans le Cambodge et dans le Laos, à Melou-Prey, dans le pays des Kouys, 
à Sambôr et sur les bords du Sé-Lauiphau qu'ont été obtenus, en 1876 et 
1877, la plupart des spécimens que M.leD' Harmand nous a fait parvenir. 
Ce naturaliste nous apprend que les Choucaris de Macé se trouvent au 
Cambodge dans toutes les forêts entrecoupées de clairières. Un mâle tué 
au mois de juillet 1876 dans la province du Chaudoc (Cochinchine) était 
perché sur un rocher, tandis que d'ordinaire les Choucaris de Macé se 
tiennent plutôt sur les arbres. 

D'après l'époque à laquelle a été obtenu cet Oiseau, qui est en 
plumage de noces, on peut supposer que l'espèce se reproduit dans le 
nord de laBasse-Cochinchine, dans le Cambodge et le Laos au commence- 
ment de la saison des pluies, comme en Birmanie. 

A travers la Haute-Birmanie et le Yunnan où il a été observé par le 
D"" Anderson, le Graucahis Macci s'avance jusque dans le Tonkin, où le 
prince Henri d'Orléans a tué, le 10 février 1892, sur la rive gauche de la 
rivière Noire, une femelle de Choucari à peu près semblable à deux 
individusdc même sexe obtenus l'unà Ayuthia(Siam), par M. Bocourt(l), 
l'autre en Basse-Cochinchine, par M. R. Germain. 

1-2U. CAMPUPllOGA SATURATA. 

Volvocivora saturata S-winlioc, Ibis, 1870, p. 21-2, etProceed. Zool.Soc. Lond., 1871, 
p. 378; David et Oiistalcl, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 103, ii° 158. — Volvocivora 
intermedla Hume, Sti^ai/ Frathers, 1877. p. 205 ; Volvocivora melaschista G. 
Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 111, n° 129 mec llodgs.?). 

— Volvocivora melaschista Walden, in Blyth, Birds Burmah, p. 123 nec llodgs.). 

— Campophagaintermedia et G. saturata R.B. Sharpe, Cat. Birds Bvit. Muséum, 
1879, t. IV, p. G6. — Campophaga saturata Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 
1883, t. I, p. 230, n" 221. — Campophaga lugubris Oustalet, Cat. Oiseaux, in Henri- 
Pli. d'Orlrans, Autour du Tonkin, 1894, Appendice, p. 623. 

Cette Campophaga ne paraît être qu'une race de la Campophaga luga- 
bris (2j de l'Inde dont elle ne se distingue que par les teintes un peu 
moins foncées de sa livrée d'adulte et par quelques détails dans le dessin 

(1) Un autre spécimen a été envoyé de Siam au Muséum par le P. Larenaudie en 1864. 

(2) Ceblepyris lugubris Sundeval, Lan.^ Sallsk. Tidskr., t. 1 et Aixn. ISat.Hist., t. XVllI, p. 109. — 
Volvocivora melaschista Hodgso.n, Indian Review, t. 1, p. .328; .Ierdox, Birds of India, 1862, t. 1, 
p. 41.3, n" 260, — Campophaya lugubris R. P>. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1878, t. IV, p. 63. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE DU LAOS, ETC. 4a 

de son premier plumage. Elle se trouve non seulement sur l'île de Haïnan 
où elle a été découverte par R. Svsinhoe, maisdanstoutlePégou(l), dans le 
Ténassérimjusqu'àMergui(2), enBasse-Cochinchine, si,commejelecrois, 
les Campophaga que M. le D"" Gilbert Tirant, dans ses Oiseaux de la Basse- 
Cochinchine, et M. R. Germain, dans ses notes manuscrites, désignent 
sous le nom de Campophaga melaschifila doivent être rapportées à la 
Campophaga saturata, enfin dans le Tonkin et probablement aussi dans 
le Laos et le Cambodge. Deux spécimens — une femelle tuée par le prince 
Henri d'Orléans, le 26 mars 1892, à Sap-Nao, sur la frontière du Tonkin 
et de Laos, et attribué d'abord par moi à la (ximpophaga lagnhris, et un 
autre individu, dont le sexe n'a pas été déterminé, obtenu par M. le 
colonel Rabier, à Dong-Lau ou à Tuyen-Quang fTonkin) — me paraissent 
appartenir à la forme salurata. 

1-21. CAMPOPHAGA AEGLIXTA. 

Volvocivora neglecta IIuino. Straij Frai/ic/s. \. V. p. 203 et t. YIII, p. 91. — Cam- 
pophaga neglecta ol C. polioptera R. B. Sliar|ic. CaC. Birds Bril. Muséum, 1879, 
t. IV, p. G8 et 69, pL II. — ? Volvocivora avensis G. Tirant, Oiseaux de la Basse- 
Cor/tinr/tine, op. cil., 1879,' p. 111, n» 128 née BlUli . — ? Volvocivora intermedia 
G. Tirant, ibuL, p. 111, n" 129 (net- Iluuiej. — Campophaga neglecta Oatcs, Haiidb. 
Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 232, n° 223. 

A cette espèce qui a été découverte dans le Ténassérim par M. Davison 
et à laquelle M. E. W. Oates a identifié Va C . polioptera décrite par R. B. 
vSharpc d'après un spécimen obtenu en Rasse-Cochinchine par M. Pierre, 
doivent certainement être attribuées plusieurs Campophaga tuées par 
M. Harmand à la fin de 187o et au commencement de 1876 à Sambôr 
(Cambodge) et à iMelou-Prey (Laos). Ces Oiseaux faisaient partie de 
bandes extrêmement nombreuses qui s'étaient abattues sur les joncs de 
marais desséchés. Leur vol était bruyant et peu soutenu. D'après 
M. Harmand les yeux de ces Campophaga étaient d'un beau rouge, les 
pattes grises, les mandibules noires. 

Il est probable qu'il faut attribuer également à la Campophaga neglecta 

(1) Dans la plaine et sur les côte? pendant l'hivor seulement (l'aprrs Sinnpr, (fa/. B\v<h Brit. 
Muséum, t. IV, p. 66> 

(2) G.^TES, 0/). cit., p. -2.31. 



46 E. OUSTALET. 

les Choucaris de la Basse-Cochinchine que M. le D' G. Tirant mentionne 
sous le nom de Vohocivora avensis Blyth et de V. intermecUa Hume et 
qu'il dit être de teintes plus claires et de taille plus faible que ceux qu'il 
appelle Volvocivo'-a melaschista ei qui, comme je l'ai indiqué plus haut, 
doivent être rapportés à Campophaga saturata. 

12-2. PERICROCOTUS SPECIOSUS. 

Black and Scarlet Trush Latham, Gen. Syn. SuppL, 1787, p. ï'i. — Turdus spe- 
ciosus Latham, Ind. Ornit/i., 1790. t. I, p. 'Siî3. — Pericrocotus speciosus Gray, 
Gen. of Birda, 1844-49, t. I, p. 282; J. Gould, Birds of Asia, part. IX, pi.; Jerdon, 
Birds ofindia, 18G2, t. I, p. 419, n" 271; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 
1877, p. 106, w" 162 ; R. R. Sliarpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1879, t. IV, p. 71 ; Ousta- 
let, Cat. Oiseaux, in Henri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894, Appendice, p. 623. 

On savait déjà que cette grande et magnifique espèce, qui habite pen- 
dant l'été la région himalayenne et qui descend en hiver dans les plaines 
de l'Inde centrale, se montrait aussi, quoique rarement, à la fm de 
l'automne, dans les provinces occidentales et méridionales de l'Empire 
chinois; je puis aujourd'hui confirmer ce qui a été indiqué dans le 
Catalogue d'Oiseaux annexé à la relation de voyage de feu le prince Henri 
d'Orléans au Tonkin, à savoir que le Pencrocotus speciosi/s se renconirc 
aussi dans ce dernier pays pendant la saison fraîche. En effet, j'ai eu sous 
les yeux cinq individus mâles et femelles de Pericrocotus speciosus tués 
par le prince H. d'Orléans à Muong-Chum le 16 février, à Ban-Mai le 
19 février et à Lai-Chau le 3 mars 1892. 

123. PERICROCOTUS ELEGANS. 

Phœnicornis elegans Mac Clelland, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1830, p. 156. — Peri- 
crocotus elegans Gray, Gen. of Biî'ds, 1844-49, t. I, p. 282 ; Anderson, Zool. Results 
Expcd. to W. Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. 648, n" 145; R. R. Sharpe, Cat. Birds Brit. 
Muséum, 1879, t. IV, p. 73; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, 
p. 111, n" 130; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 236, n° 226. — Peri- 
crocotus fraterculus R. Swinhoe, Ibis, 1870, p. 2i4; David et Oustalet, Oiseaux de 
la Chine, 1877, p. 106, n° 163. 

Noms locaux : Con chim Hdt hôilôn (annam.) ; Snt Chek tûm (cambodg.) 
[d'après M. G. Tirant]. 

Fait digne de remarque, le Pericrocotus speciosus ne paraît pas 
visiter dans ses migrations le Laos et le Cambodge, où il est remplacé 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 47 

par l'espèce ou plutôt par la race de taille plus faible, à rectrices 
centrales bordées de rouge chez le mâle, que Mac Glelland a désignée 
sous le nom do Pericrocotus elegans. En effet, c'est à cette dernière 
forme que se rapportent plusieurs Pericrocotus^ mâles et femelles, tués 
par M. le D' Harmand près des rapides du Mékong à Sambôr et à Sambôc 
(Cambodge) au mois de décembre 1875, dans les forêts entrecoupées de 
clairières et sur les plateaux du Laos au commencement de l'année 1877. 
C'est également le Pericrocotm riegans et non le P. speciosus qui a été 
rencontré dans les provinces boisées de la Basse-Gochinchine par M. le 
D' G. Tirant et par M. R. Germain. Du reste, comme le Pericrocotus ele- 
gans se trouve d'une part dans l'Assam, le Cachar, le Pégou, une grande 
partie du Ténassérim, de l'autre sur l'île de Haïnan, où même, d'après 
Swinhoe, il serait sédentaire, il n'est pas étonnant qu'il existe dans la zone 
intermédiaire, c'est-à-dire dans le Laos, le Cambodge et laCochinchine. 
Il remonte comme en Birmanie jusque vers les frontières du Yunnan, 
s'approchant ainsi du Tonkin où se trouve le Pericrocotus speciosus dont, 
je le répète, il n'est probablement qu'une forme dérivée. 

124. PERICROCOTUS PEREGRLNUS. 

Parus peregrinus Linné, Syst. Nat., 17GG, t. L p. 342. — Mésange de la côte de 
Malabar Sonnerai, Voyage aux Indes, 1782, t. H, p. 204, et pi. J I i. Ilj:. 2. — Parus 
malabaricus Gmelin, Syst. Nat., 1788, t. L P- 1015. — L'Oranor Levaillant, 
Oiseaux (VAfru/ue, 179G-1808, pi. 11.'), fig. 1 et 2. — Pericrocotus peregrinus Gray, 
Ge?i. of Birch, 1844-49, t. I, p. 282 : J. Gould, Binls o/'Asia, part. L\; Jerdon, Bircls 
ofindia, 1862, t. I, p. 423; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1879, t. IV, p. 76; 
G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochincliine. op. cit., 1879. p. lil. n" 131: Oates, 
Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 245, n" 234. 

Nom local : Con chim Hdt bdi (annam.) [d'après M. G. Tirant]. 

Les Oiseaux de cette espèce doivent être aussi communs dans le 
Cambodge et le Laos qu'on Basse-Cochinchine, où d'après M. R. 
Germain ils nichent probablement sous les Palétuviers, au bord des 
rivières. Le Muséum en possède, en effet, une nombreuse série d'individus 
des deux sexes et en divers plumages tués les uns en Basse-Cochin- 
chine les iOjanvier 1864, 25 février 1863, 15juin, 15aoûtet2 octobre 1864 
par M. R, Germain, les autres dans le pays des Kouys, aux environs de 



48 E. OUSTALET. 

Tchonkane, de Melou-Prey, deBassacet d'Attopeu (Laos\ en 1876 et 1877, 
par M. le D' Harmand. 

Le Pericrocolus peregrinus est également répandu dans toute l'Inde 
proprement dite, sur les îles Andaman et à Ceylan, dans le Pégou, dans 
l'Arrakan, dans une partie du Ténassérim, sur les îles de Java et 
de Bornéo. 

125. PERICROCOTUS BREVIROSTRIS. 

Muscipeta brevirostris Vigors, Proceed. Zool. Soc. LoniL, IN.'M, p. ïÀ. — Phœni- 
cornis brevirostris J. Goiild, Cent. Birds Hiinalay. Mounl.. \Ki±, pi. 8. — Peri- 
crocotus brevirostris Gray, Gcn. of Birds, 18ii-49, t. I, p. 282 ; Jerdon, Birds of 
India, 1862, t. I, p. 421, ii" 273 ; David el Oiistalet, Oiseaux de In Chine. 1877, p. lOi. 
n° 159 et pi. 78; Anderson, Zoo/. Results Exped. 1o W. Yunnan, 1878, t. I, Ares, 
p. 648, n" 146 ; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1879, t. IV, p. 79 ; Oales, 
Handb. Birds Brit.Burmnh, 1883, t. I,p. 240, n° 230; Oustalel, Cat. Oiseaux, in Heini- 
Ph. d'Orléans, Autour du Toîikin, 1894. Appendice, p. 627, c\ Bu/1, du Muséum d'IIisi, 
nat., 1898, n" 1, p. 16, n" 40. 

Les Pericrocotus bi^evirosiris qui habitent pendant Tété les montagnes 
dépendant de l'Himalaya, entre le Kachmir oriental et le Boutan, des- 
cendent à l'approche de l'hiver dans les vallées de la même région, dans les 
plaines du nord-ouest de l'Inde et du côté de l'est dans le Cachar, l'Arra- 
kan (?) et la Birmanie anglaise. D'autre part ceuxqui passent labelle saison 
en Mantchourie, gagnent en automne les provinces centrales ou méri- 
dionales de la Chine. Enfin les individus dont le centre de nidification se 
trouve dans une région intermédiaire, probablement dans le Tibet chinois 
et le Yunnan, doivent filer le long des vallées où coulent les grands fleuves 
de l'Indo-Chine pour venir hiverner dans le Tonkin, rAnnam,leLaos et le 
Cambodge. En effet, c'est dans les premiers mois de Tannée, le 14 février et 
le 3 mars que deux Peric?^ocotus brevirostris mâles en plumage de noces ù peu 
près complet ont été abattus par le prince Henri d'Orléans cà Van-Bou et à 
Lai-Chau, alors qu'ils se rapprochaient de leur véritable patrie. Peut-être 
même des couples àe Pericrocotus brevirostris nichent-ils sur les hauteurs 
du Tonkin, car M. le marquis de Barthélémy, qui a remis au Muséum 
deux individus de cette espèce tués au Tonkin dans les premiers mois de 
l'année 1898, nous apprend que ces Pericrocotus se rencontrent surtout 
dans les régions élevées de 1 000 à 1 500 mètres, ou même plus haut er.- 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 40 

core, c'est-à-dire à une altitude égale à celle où le D' Anderson a obtenu, 
au mois d'août, dans la Haute-Birmanie, un jeune Pericrocotas hrevirostris, 
sans doute né dans le pays. Quelques couples se reproduiraient-ils aussi 
sur les montagnes de la province de Piirsât, au Cambodge? La présence 
au mois de juin 1875 dans cette région, sur les bords du Grand Lac ou 
Tonlé-Sap, de deux individus qui ont été donnés au Muséum par M. le 
D' Harmand, semblerait l'indiquer. En revanche, tous les autres exem- 
plaires obtenus par ce voyageur dans le pays des Kouys (Cambodge], sur 
le mont Domrek ou Dong-rek et dans les forêts entrecoupées de clairières 
des environs de Melou-Prey (Laos) ont été tués au mois de janvier 1876, 
c'est-à-dire dans une saison correspondant à l'hivernage de res[)èce. 

126. PEllICROCOTUS ROSEUS. 

Muscicapa rosea Vieillot, Nouo. Dkt. d'His/. nat., t. XXI, p. 8(i. — Pericrocotus 
roseus Cray, Gen. of Birds, 184i-49, t. I, p. -28-2; J. Goiikl, JSirds ofAsia, part. IX, 
pi.; .lerclon, Birds of India, 1802, I. I, p. 422, w" 271; Anderson, Zool. Resa/ts 
Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. 049, n" 1-47 ; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. 
Muséum, 1879, t. IV, p. 81 ; Oates, [landb. Birds Brit. Durma/i, 1883, t. 1, p. 247, 
n" 235. 

Je ne trouve, dans les collections de l'Indo-Chine que j'ai entre les 
mains, qu'un seul et unique individu de cette espèce, un mâle en costume 
de noces presque complet, qui a été tué par M. le commandant 
(aujourd'hui colonel) Rabier à Dong-Lau ou à Ïnyen-Ouang (Tonkin). 
Un autre mâle, isolé, avait été obtenu antérieurement àMuanda, dans la 
vallée de la Sanda (Birmanie occidentale) parle D' Anderson, au mois de 
mai 1868. Nous pouvons en conclure que le Pericrocotus roseus, qui est 
surtout une espèce himalayenne, mais qui descend cependant dans l'Inde 
jusqu'à ïravancore et qui est très répandu dans l'Arrakan, le Pégou et le 
Ténassérim jusqu'à Mergui, s'avance du côté de l'est bien plus loin que 
ne le supposait M. E. W. Oates, qui fixait la limite orienlale de l'espèce 
au niveau de Bhamô, mais qu'il ne descend probablement pas jusque 
dans le Laos et le Cambodge. 

Une autre espèce du même genre, mais à plumage plus terne, le Pe?'i- 
crocotus cinereus (1), dont le Muséum a reçu un exemplaire (mâle) tué en 

(1) De Lafresnaye, Rev. zooL, L ^TI1, p. 94; D\\n> et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 107. 
n"> 164; R. B. Siiakpe, Cat. Birds Brit. i\luscimK is'.'.K t. IV, p. 83. 

Nouvelles Archives dl Mustcu, 4= série. — W "^ 



50 E. OUSTALET. 

octobre 1865 aux environs de Saigon par M. R. Germain et qui se trouve 
aussi, suivant les saisons, dans la Sibérie orientale, en Chine, dans le 
Pégou, dans la péninsule malaise et dans les îles de la Sonde, n'a pas 
encore été rencontré jusqu'ici dans le centre et le nord de l'Indo-Chine 
française. Le Pericrocotus cinerem paraît du reste être rare en Birmanie 
où M. E. W. Oates n'a pu s'en procurer qu'un seul exemplaire près 
de Pégou, en hiver (1). 

127. HEMIPUS CAPITALIS. 

Muscicapa capitalis Mac Clelland, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1839, p. 157. — Hemi- 
pus capitalis Blyth, Cat. Birds Mus. As. Soc. Bengal, p. 154 ; R. B. Sliarpe, Cat. 
Birds Brit. Muséum, 1877, t. III, p. 306 ; Anderson, Zool. Results Exped. to W. 
Yu7}tian, 1878, p. 647, n" 143; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 
1879, p. 111, n° 129 bis; Oustalet, Cat. Oiseaux, in Henri-Ph. d'Orléans, Autour du 
Tonkin, 1894, Appendice, p. 627. 

Trois individus, obtenus par le prince Henri d'Orléans, à Nam-Xong et 
à Van-Bou (Tonkin), le 17 et le 21 février 1892; deux mâles, tués sur 
des arbres dépouillés dans des clairières du pays des Kouys et sur un 
autre point du Laos, et un sixième individu, pris par M. R. Germain, 
à Baria (Basse-Cochinchine), en mai 1864, appartiennent à cette espèce, 
qui a été rencontrée par le D' Anderson sur les frontières de la Haute- 
Birmanie et du Yunnan, sur les monts Kakhyen, à une altitude de iOO à 
1 200 mètres, par Ilodgson et par d'autres naturalistes anglais dans le 
Darjiling et le Népaul, et qui, d'après le D' G. Tirant, est commune dans 
toutes les régions boisées de la Basse-Cochinchine. 

GOBE-MOUCHES ou MUSCICAPIDÉS. 

128. IIEMICIIELIDON SIBIRICA. 

Dun Flycatcher Pennant, Arctic Zoologij, 1784-1787, t. II, p. 390. — Muscicapa 
sibirica Gnielin, Syst. y\'rt/., 1788, t. I, p. 936; L. von Schrenck, Reis. und Forsc/i., 
inAmur-Lande, 1860, T'o^e/, p.379. — Hemichelidon fuliginosa Ilodgson, Proceed. 
Zool. Soc. Lond., 1845, p. 32. — Hemichelidon fuliginosa Jerdon, Bit^ds of India, 
1862, t. I, p. 458, n° 296. — Hemichelidon fuliginosa Hume et Ilenderson, Lahore 
to Yarkand, 1873, p. 184 et pi. 4. — Butalis sibirica Blyth et Walden, Birds Bur- 

(1) E. W. Oates, Handh. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 242. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. ol 

mah, |i. 13'( ; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 122, n" 190. — Hemi- 
chelidon sibiricus Gray, Handlist Gen. and Spec. of Birds, 1869, t. I, p. 32i, 
n" 4862. — Hemichelidon sibiriea R. B. Sliarpe, Cat. Birds Brit. Mus., 1879, t. IV, 
p. 120; 0-dies, Ha ndù. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 275, n" 260. 

Pendant l'été, les Gobe-Mouches sibériens se trouvent non seulement 
clans la Sibérie orientale, où ils sont très communs, mais dans l'Hima- 
laya, où ils nichent, et en hiver ils se rencontrent, toujours en petit 
nombre, en Chine, dans la Birmanie anglaise et sur la presqu'île de 
Malacca et dans l'Indo-Chine française. De cette dernière contrée^ je n'ai 
eu entre les mains qu'un seul spécimen obtenu, en 1877, par 
M. le D' Harmand dans une localité du Cambodge ou de la Basse-Cochin- 
chine qui n'a malheureusement pas été indiquée. Ce spécimen est de 
teinte moins sombre qu'un autre Gobe-Mouche qui a été tué à Khum- 
ren-ting, sur les confins du Tibet et du Setchuan, par le prince Henri 
d'Orléans, en 1892, et qui, lui, appartient à la variété fidiginosa de V Hemi- 
chelidon sibiriea (1). 

Dans son Catalogue des Oiseaux de la Basse-Cochinchine (2), 
M. le D' G. Tirant cite comme n'étant pas rare dans les bois et les jardins, 
aux environs de Saigon et de Thù-dàu-môt une autre espèce à' Hemiche- 
lidon., H. ferruginea (3) qui niche dans l'Himalaya oriental et dans le 
Tibet chinois et se répand en hiver dans la Chine méridionale et en Bir- 
manie, où elle est d'ailleurs loin d'être commune; mais je n'ai eu aucun 
exemplaire de cette espèce tué en Basse-Cochinchine ou dans d'autres 
parties de l'Indo-Chine française. 

129. ALSEGiXAX LATIROSTRIS. 

Muscîcapa grisola var. daurica Pallas, Zoogr. Bosso-Asiat., 1811-1831. t. L 
p. 461. — Muscicapa latirostris Ralfles, Trans. Linii. Soc. t. XIII. p. 312. — Bu- 
talis latirostris Blylli, Journ. Asiat. Soc. Bengal, t. XVI, p. 121; Blji^h et^yaIden, 
Birds Burmah, p. lOi; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 123, n" 192; 
G. Tirant, Oiseaux delà Basse-Cochinchine, op. cit, 1879, p. 115, n" 146. — Alseonax 

(1) Voy. Oustalet, Catalogue des Oiseaux provenant du voyaQe de M. Bonvalot et du grince Henri 
d'Orléans, etc.; Nouvelles Archices du Muséum, 1893, 3" série, t. V, p. 218, n" 103. 

(2) Op. cit., p. 115, n" 145. 

(3) HoDGSO.N, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1845. p. 32 ; R. B. Sh.vrpe, Cal. Birds Brit. Muséum, 1879, 
t. IV, p. 122. 



S2 E. OUSTALET. 

latirostris Cabaiiiss, Muséum Hein., pari. I, p. o3 ; Jerdon, Birds of India, 1862, t. I, 
p. 459, n" 297; R. H. Sliarpe, Cut. Birds Brit. iMuseuw, 1879, t. IV, p. 127; Oates 
Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 277, n" 262. 

Nom local : Con chim Sait (annam.) [d'après M. G. Tirant]. 

VAIseonax latirostris., qui se reproduit surtout au Japon et dans la 
Sibérie orientale, passe deux fois par an, au printemps et en automne, 
aux environs de Pékin et va hiverner dans l'Inde méridionale, à Ceylan, 
dans les îles de la Sonde, aux Philippines, dans la Chine méridionale, 
en Birmanie et dans d'autres contrées de l'Indo-Chine, 

Outre une série d'individus des deux sexes, tués par M. II. Germain 
en Basse-Cochinchine, le 23 septembre 1864 et les 1" et 26 no- 
vembre 1865 (I), le Muséum a reçu de M. le D' Ilarmand plusieurs indi- 
vidus pris les uns probablement dans la province de Chaudoc, les 
autres à Sambôc en 1876. 

Parmi les vrais Gobe-Mouches, M. le D' Gilbert Tirant cite encore, 
comme ayant été tués ou observés par lui en Basse-Gochinchine, Musci- 
capa grisseoticta (2) qu'il appelle Butalis griseoticta et M. albicilla (3) 
(\Vi\\w^^e\\ç;Erythrosterna albicilla, mais je n'ai pu trouver dans nos col- 
lections aucun spécimen, provenant de l'Indo-Chine française, qui se rap- 
portât à l'une ou à l'autre de ces espèces. 

130. HYPOTHYMIS AZUREA. 

Le Gobe-Mouche bleu des Philippines Daiibenton, Planclies enlum., n° G66, fig. 1. 
— Le petit Azur Guéneau de Montbéliard, in Buffon, Hist. nat. Oiseaux., t. IV, 
p. 534. — Muscicapa azurea Boddaert, Tabl. PI. col.., 1783, p. 41. — Myiagra 
azurea Oray, Gen. of Birds, 18i'i, t. 1, p. 261 ; Jerdon, Jiirds of India, 1862, t. I, 
p. 450, n" 290: David ei Oustalet, Oiseaux de laCliine, 1877, p. 114, n" 175; G. Tirant, 
Oiseaux de la Basse-Cochinchiiie, op. cit. 1879, p. 114, n" 141. — Hypothymis azu- 
rea Blyth et Walden, Birds Burmah., p. 131 ; Anderson, Zool. Besults Exped. ta W. 

(1) La collection donnée au Muséum par M. Boucard renferme aussi un spécimen pris en Basse- 
Cochinchine par M. Moreau. Il parait donc bien établi que, comme le dit M. le D' Tirant, les Gobe- 
Mouches à large bec sont très communs, au moins à une certaine saison, dans le sud de ITndo- 
Chine. 

(2) Butalis griseosticla Swinhoe, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1883, p. 288; David et Oustalet, 
Oiseaux de la Chine, 1877, p. 122, n° 101. — Butalis griseosticla G. Tirant, Op. cit., p. 115, n° 147 ; 
R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, t. IV. p. 153. 

(3) Pallas, Zoogr. Rosso'Asiat., t. 1, p. 402, Ares, pi. 1 ; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 
t. IV, p. 162. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. oi 

Yiainan:lH'8, 1. 1, .liv'*-. p.Goo, n" 158, Gales. Ifnndh. Blrds Brit. Bunnah, 1883, t. I, 
p. :26o, n" 250; Oiistalet, Cat. Oiseaux, inlIenri-Pii. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894, 
Appendice, p. 623. 

D'après M. le D' G. Tirant, ce joli Gobe-Mouche, à plumage bleu 
d'azur rehaussé de noir, n'est' pas rare dans les fourrés de Bambous et 
dans les haies, en Basse-Cochinchinc, et, en effet, M. R. Germain a 
envoyé au Muséum, de cette contrée, toute une série de spécimens, dont 
deux ont été tués le 9 janvier 1863 et le 18 octobre 1864, c'est-à-dire 
pendant la saison sèche. A ces spécimens sont venus s'ajouter des 
exemplaires obtenus : les uns, par M. le D"" HarmandàCompong-Chenang 
et à Sambôr (Cambodge), en décemi ."e 1873, et dans les forêts de 
Melou-Prey (Laos), en janvier 1876 ; les autres, parle prince Henri d'Or- 
léans dans les bois des environs de Luang-Prabang (Laos), le 3 avril 1892. 

VHypothyniis azurea se rencontre communément aussi, en toutes 
saisons, dans la Birmanie anglaise, dans l'Inde proprement dite, à Ceylan 
et sur les îles de Ilaïnan et de Formose. 

131. RIIIPIDURA ALBICOLLIS. 

Platyrhynchus albicollis Vieillot, Xouv. Dicl. d'//i.s/. nal.. \. XXYII, p. 13. — 
Muscicapa (Muscylva) albogularis Lcsson in Bélanger, Voij. aux Indes Orien- 
tales, Zool. Oiseaux, p. 2Gi, Pucheran. Arch. du Muséum d'IJist. nat., t. Vil, p. 372. 
— Rhipidura fuscoventris Franklin, l'roceed. Zool. Soc. Lond., 1831, p. 117. — 
Leucocerca fuscoventris Jerdon, Birds of India, p. 151, n" 201.— Leucocerca 
albicollis Hume, Stray Feathers, 1874, p. 475, et 1875, p. 103 ; Blytli et Walden, Birds 
Bunnah, p. 132, G. Tirant. Oiseaux de fa Basse-Coc/iinc/iinc, op. cit.. 1870, p. 114, 
n" 142. — Rhipidura albofrontataAnderson. Zoo/. /Îe6w//s Exp. ta H'. Yunnun. 1878, 
t. I, Aves, p. 653, n" 150. — Rhipidura albicollis R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. 
Muséum, 1870, t. IV, p. 317; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 266, 
n" 251; Oustalet, Cat. Oiseaux, in llenri-Ph. dOrléans, Autour du Tonkin, 1804, 
Appendice, p. 627. 

Les seuls exemplaires de cette espèce, venant de l'Indo-Chine, que 
j'ai eus sous les yeux, ont été pris au Tonkin, par le prince Henri d'Or- 
léans, l'un sur la rive gauche du Fleuve Rouge, le 9 février 1892, un 
autre aux environs de Van-Bou le 15 février 1892 et un troisième dans 
les bois près de Kone-Kin le 24 mars de la même année. Je suis donc 
porté à croire que, loin d'être commune en Basse-Cochinchine, comme 
le dit M. le D' G. Tirant, la Rhipidura albicollis^ est très rare, si même 



54 E. OUSTALET. 

elle y existe. C'est surtout une espèce himalayenne qui du Kachmir, du 
Népaul et de l'Assam s'avance, à travers la Haute-Birmanie et sans doute 
le Yunnan, jusque dans le Tonkin. 

132. RHIDIPURA JAVANICA. 

Muscicapa javanica Sparman, 3Ius. Caris, 1786-1789, t. III, pi. 75. — Rhipura ja- 
vanica Blyth, Journ. Asiat. Soc. BcngaU t. XII, p. 930; R. B. Sliarpe, Cat. Birds 
Brit. Muséum, 1879, t. IV, p. 332; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, 
p. 267, n° 252. — Leucocerca javanica G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, 
op. cit. 1879, p. 114, n" li3. 

Cette espèce, qui paraît être très commune en Basse-Gochinchine, où 
elle se reproduit et d'où M. R. Germain a envoyé au Muséum des Oiseaux 
adultes et des nids (il, existe probablement aussi au Cambodge, Je 
crois, en efTet, que c'est de là que provient un spécimen, en assez mau- 
vais état, et sans indication précise de localité, envoyé au Muséum, 
en 1875, par M. le D' Ilarmand. Mais, en tout cas, le Rhipidura javanica 
ne doit pas remonter bien loin dans le centre et le nord de l'Indo-Chine. 
Sa véritable patrie est dans les îles de Java, de Sumatra, de Bornéo et 
sur la péninsule malaise, où elle s'avance jusque dans le Ténassérim, 
mais en se tenant, d'après M. Davison, de préférence dans les marais le 
long des côtes. 

133. RHIPIDURA ÂLBIFRONTATA. 

Rhipidura albofrontata Franklin, Procced. Zool. Soc. Lond., 1831, p. 116. — Leu- 
cocerca albofrontata Jerdon, Madras Journ., t. XI, p. 12, et ///. Ind. Ornith., pi. 2, 
et Birds ofindia, 18G2, t. I, p. i52, n° 292 ; Blytli et Walden, Birds Burmah, p. 132. 
— Rhipidura albifrontata R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1879, t. IV, 
p. 338; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 268, n" 253. 

Cette Rhipidura., qui se trouve dans diverses provinces de l'Inde et de 
la Birmanie anglaise, ainsi que dans l'île de Ceylan, doit être rare dans 
rindo-Chine française, car je n'en ai eu entre les mains qu'un seul et 
unique individu tué par M. le D' Ilarmand, à la fin de 1875 ou au com- 
mencement de 1876, sur un des arbres clairsemés des clairières du pays 
des Kouys, sur les confins du Cambodge et du Laos. 

(1) Le Brithh Muséum possède aussi un individu de cette espèce pris par M. Pierre aux environs 
de Saigon. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 55 

134. TERPSIPHONE AFFINIS. 

Tchitrea affinis A. Ilay ms. ; Blyth, Journ. Asial. Soc. Bearjal.i. XV, p. 292; Jerclon, 
Birds ofindia, 1862, t. L P- ii8, n" 289 ; Blyth et Walden, Birds ïiurmah, p. 131 ; 
G. Tirant, Oiseaux de la Basse Cochinchine, op. cit., 1879, p. 113, n° 139. — Terpsi- 
phone affinis Anderson, Zool. Results Exped. to W. Yiaman, 1878, t. I, Aves, p. 6o4, 
n" 157; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Aluseum, 1879, t. IV, p. 349 ; Oates, Handb. 
Birds Brit.Burmah, 1883, t. I, p. 261, n' 247. 

A cette espèce, qui a une très large distribution géographique et qui 
avait déjà été observée sur les îles de la Sonde, la presqu'île de Malacca, 
la Birmanie, TArrakan, le Népaul, se rapportent incontestablement deux 
spécimens tués l'un en Basse-Gochinchine par M. R. Germain, l'autre 
au pied des monts Domrek ou Dong-Rek (Laos) par M. le D' Harmand. Ge 
dernier voyageur nous apprend qu'il a rencontré communément de ces 
Terpsiphone dans les plaines, sur les petits arbres des clairières depuis 
Gompong-Ghenang jusqu'à la chaîne des monts Domrek; en revanche, 
M. le D'' G. Tirant dit que ces Oiseaux ne sont pas très communs en 
Basse-Gochinchine. Leur zone d'habitat dans l'Indo-Ghine paraît donc 
s'étendre plutôt à travers le Siam et le Laos, en prolongement de leur 
aire de dispersion dans la Birmanie où ils séjournent pendant toute 
l'année, se contentant de changer de canton suivant les saisons. 

L'Oiseau donné au Muséum par M. le D' Harmand a été tué au mois 
de janvier 1876 ; c'est un mâle qui n'a pas encore revêtu sa livrée de 
noces. 

133. CULICICAPA CEYLONENSIS. 

Platyrhynchus ceyionensis Swaiiisou, Zool. Illustr., sér. 1, pi. 13. — Cryptolopha 
poiocephala Swainson, IVat. Ilist. Fli/catchers, p. 200 et pi. 23. — Cryptolopha 
ceyionensis Giay, Cat. Mamin. etc. Népal coll. Hodgson, n" 93. — Cryptolopha 
cinereocapilla (Vieillot) Hutton, Journ. Asiat. Soc. Bengal., t. XVII, p. 689; Jerdon, 
Birds of India, 1862, t. I, p. 455, w" 295. — Culicicapa cinereocapilla David et 
Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 113, n" 174. — Culicicapa ceyionensis R. B. 
Sharpe, Cat. Birds Brit. A/useum, 1879, t. IV, p. 369; Oates, Handb. Birds Brit. Bur- 
ma/i, 1883, t. I, p. 274, n° 259. — Cryptolopha cinereicapilla Oustalet, Cat. Oi- 
seaux, in Ilenri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonhin, 1894, Appendice, p. 623. 

Pas plus que R. B. Sharpe, je n'ai pu découvrir jusqu'ici où Vieillot 
aurait décrit la Muscicapa cinereocapilla dont le nom scientifique est 
généralement attribué à la présente espèce et, comme lui, je préfère 



56 E. UUSTALET. 

l'appeler par conséquent Calicicapa ceylonemii. Je lui rapporte un petit 
Gobe-Mouche (femelle), tué le 16 mars 1892 à Muong-Mouen (Tonkin), 
par le prince Henri d'Orléans. 

La Calicicapa ceylonensis avait déjà été rencontrée non seulement sur 
les îles de Ceylan, de Java et de Bornéo, mais dans la péninsule malaise, 
dans toute Tlnde et dans la Birmanie anglaise et même dans la Chine 
occidentale. Sa présence au Tonkin n'a donc rien de surprenant. 11 est 
probable cependantque, dans plusieurs de ces contrées, elle ne se montre, 
comme dans le Pégou, qu'à certaines saisons. Elle n'a pas été observée 
jusqu'à présent dans la Basse-Cochinchine, mais j'en ai eu entre les 
mains un spécimen obtenu par M. le D' llarmand dans le pays des Kouys, 
sur les confins du Cambodge et du Laos. 

136. CRYPTOLOPHA TEPHROCEPIIALA. 

Abrornis afflnis (Hodgs.) Horsfield et Moore, Cal. Birds Mus. E. I. Co., t. I, p. 341 ; 
(nec Phi/l/apneiisfc of finis Iloclgs.) Jerdon, Birds nf Indin, 18G3, t. II, p. 20i, n° 376. 
— Cvilicipeta tephrocephalus Anderson, Prncecd. Zool. Soc Lond.. 1871, p. 213; 
Blyth et ^\'alden, Birds Burma/t, p. 107. — Cryptolopha tephrocephala Swinhoe, 
Pi^occed Zool. Soc. Lond., 1871, p. 358; David et Oiistalet, Oiseaux de la Chine, 1877, 
p. 27-2. n'' 393; Gates, llandb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 271, n° 256. — Cu- 
licipeta tephrocephala Anderson, Zool. Rcsults Exped. to \V. Yunnan, 1878, t. I, 
Aves, p. 626, n" 1U2. — Cryptolopha afflnis R. B, Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 
1870, t. IV, p. 398. — Cryptolopha tephrocephala Oustalet, Ca/. Oiseaux, in Ilenri- 
Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894, Appendice, p. 627. 

Cette petite espèce de Gobe-Mouche, que, pour éviter toute confu- 
sion, il vaut mieux appeler Cryptolopha tephrocephala que C . affini'^., se 
rencontre depuis l'Himalaya oriental jusqu'en Birmanie, dans le nord de 
l'Indo-Chine et la Chine occidentale. 

Toutefois elle ne paraît visiter le Pégou, et sans doute aussi le Ténas- 
sérim, la Haute-Birmanie, le Yunnan et le Tonkin que dans la saison 
froide. C'est en effet le 9 février 1868 que le D' Anderson a obtenu à 
Bhamô l'Oiseau qu'il a décrit sous le nom de Culicipeta tephrocephalas^ 
et c'est le 28 janvier et le 12 février 1892 que le prince Henri d'Orléans 
a tué à Gho-Bo et à une certaine distance de Van-Bou (Tonkin) un mâle 
et une femelle de la même espèce, qui niche dans la principauté de Mou- 
pin et sur les montagnes boisées de la Chine occidentale. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. oT 

137. CRYPTOLOPHA SUPERCILIARIS. 

Abrornis superciliaris TickeW^Join'n.Astat. Soc. Bengal,t.XYm,p.iU; Blyth et Wal- 
clen, BivdsBurmah, p. 106; Anderson, Zool.ResuUs Expcd. to W. Yunnan, 1878, t. I, 
Aves, p. 626, n° 101. Abrornis flaviventris Jerdon, Birds of India, 1863, t. II, p. 
203, II" 374. — Cryptolopha superciliaris R. B. Sliarpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 
1870, t. IV, p. i02; Gates, IlandO. Birds Brit. Burinah, 1883, t. I, p. 273, n" 258. — 
Cryptolopha sp. Oustalet, Cal. Oiseaux, m Henri-Ph. d'Orléans, ^u/owr rfw Tonkin, 
189i, Appendice, p. 627. 

Cette espèce himalayenne aurait, dit-on, été rencontrée aussi dans 
l'île de Java, mais sa véritable patrie est dans le Népaul, le Darjiling 
et la Birmanie. D'après M. E. W. Oates elle est sédentaire dans le Pégou 
et niche sur certains points du Ténassérim. M. le D^ Anderson en a 
obtenu un spécimen à Ponsee, sur les confins de la Haute-Birmanie et du 
Yunnan, le 20 mars 1868, et feu le prince Henri d'Orléans en a tué 
également un individu (femelle) le 3 février 1892 à Bai-Guon, sur la rive 
gauche de la rivière Noire (Tonkin). La Cnjptolophe superciliaris 
pénètre donc dans le nord de l'Indo-Chine et niche probablement sur 
les montagnes du nord du Tonkin et du Yunnan. 

138. STOPAROLA MELANOPS. 

Muscicapa melanops Vigors, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1831, p. 171; J. Goiild, Cent. 
Himal. Birds, pL 6. — Stoparola melanops Blyth, Journ. Asiat. Soc. Bengal, 
t. XVI, p. 174; David et Ousl:ilet. Oiseaux de la Chine, 1877, p. 116, n" 179. — Eu- 
myas melanops Ilorsfied et Moore, Cat. Birds Mus. E. I. Co, t. I. p. 422; Jerdon, 
Birds of India, 1862, t. I, p. 463, n" oOl ; Blyth et Waldcn, Birds Burmah, p. 104 ; An- 
derson, Zool. Besults Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. 622, n° 01. — Stopa- 
rola melanops R. B. Sharpc, Cat. Birds Brit. Muséum, 1870, t. IV, p. 438; 
G.lmnS., Oiseaux de la Basse-Cockinchine, op. cit., 1879, p. 115, n" 144; Oates, 
Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 285, n" 270. 

Ce joli Gobe-Mouche, à plumage bleu-turquoise dans la livrée de noces, 
niche dans l'Himalaya, sur les montagnes de la Birmanie et de la Chine occi- 
dentale et visite en hiver les provinces méridionales de l'Inde, le Pégou, 
le Ténassérim et l'Indo-Chine française. Le Muséum d'Histoire naturelle 
en possède toute une série d'exemplaires provenant de cette dernière 
région. Les uns ont été obtenus par M. le D' Jullien, d'autres par 
M. R. Germain, d'autres par M. le D' Harmand, d'autres encore par le 

NouvEf.LKS Archives du Muséum, 4« série. — V. " 



S8 E. OUSTALET. 

prince Henri d'Orléans. Un de ceux-ci a été pris, le 20 mars 1892, à 
Muong-Theng (Tonkin) ; deux individus ont été tués par M. le D' Har- 
mand, sur les grands plateaux de la province de Bassac (Laos), au mois 
de janvier 1877, et les exemplaires remis au Muséum par M. R. Germain 
et originaires de la Basse-Cochinchine portent les dates suivantes : 
18 novembre, 18, 24, 25 et 29 décembre 1863, 3 janvier, 3, 11 et 
16 février 1864. Ces derniers sont trois mâles ayant déjà leur cos- 
tume brillant. Le nombre des spécimens recueillis en Basse-Gochin- 
chine et les dates portées avec leurs étiquettes indiquent que, comme 
M. R. Germain l'a noté, les Stoparola sont très communs dans ce pays 
pendant la saison sèche. D'après le même voyageur, ces Oiseaux ne 
seraient pas sédentaires dans la région basse delà Cochinchine. 

139. SIPHIA MAGNIROSTRIS. 

Cyornis magnirostris Blyth, Journ. Asiat. Soc. Bengal, t. XVIII, p. 814 et XXXIX 

p. 100; Jerdon, Birds of India, 1862, t. I, p. 469, n" 308 ; U. B. Sharpe, Cat . Birds 
Brit. Muséum, 1879, t. IV, p. 433; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, p. 290, 

11° 274. 

La Siphia magnirostris a été observée d'abord dans le Népaul, le 
Sikkim, le Cachar, puis dans le sud du Ténassérim ; elle doit se trouver, 
au moins à certaines saisons, dans toute la Birmanie anglaise et de là 
elle s'avance jusque dans l'ouest de la Basse-Cochinchine, le Cambodge 
et le Laos. Le Muséum a reçu, en effet, de M. le D' Harmand toute une 
série d'individus de cette espèce tués sur les montagnes de la province 
de Chaudoc au mois de juin 1876, sur les montagnes de Compong- 
Chenang et sur les bords de Tonlé-Sap (Cambodge) au mois de juin 1875, 
sur les bords du Sé-Moun et dans les forêts entrecoupées de clairières 
de la province de Melou-Prey (Laos) en 1876 et 1877. Parmi ces Oiseaux, 
il y a des femelles et des mâles en plumage de noces. Je crois donc que 
\ai Siphia ?nagnirostris niche dans les parties montagneuses et boisées de 
l'intérieur de la Cochinchine. M. le D' Harmand a inscrit sur ses 
étiquettes : « œil brun-noir ou brun, bec noir, tarses gris ou gris jau- 
nâtre », indications qui concordent parfaitement avec celles qui ont été 
données par Jerdon. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 39 

M. le D' G. Tirant ne mentionne pas cette espèce dans son Catalogue 
des Oiseaux de la Basse-Cochinchine, mais cite, en revanche (1), le 
Cyornis (ou Srphia) ruheculoides (2) dont on lui a rapporté, dit-il, la 
dépouille d'un spécimen àXày-ninh ; mais il ajoute que cet Oiseau avait 
« la tète et la gorge d un bleu-cobalt avec la poitrine et le dos marron ». 
C'est là certainement une erreur, car la Siphia ruheculoides a le manteau 
bleu comme la plupart de ses congénères. La présence de cette espèce 
en Basse-Cochinchine n'aurait d'ailleurs rien d'extraordinaire puisqu'elle 
est très commune en hiver dans la Birmanie britannique (3). 

HIRONDELLES OU HIRUNDINJDÉS. 

140. HIRUNDO RUSïICÂ, var. GUTTURALIS. 

L'Hirondelle d'Antigue Sonnerat, Voyage à la Nouvelle-Guinée, 1776, p. 118 et 
pL LXXVL — L'Hirondelle d'Antigue â gorge couleur de rouille Guéneaude Mont- 
béliard, in Bullon, lli^t. nat. Oiseaux, 1779, t. VI, p. G07. — Hirundo gutturalis 
Scopoli, Del. Flor. et Faun. InsuL, 1786, t. II, p. 96. — Hirundo rustica Jerdon, 
Binls ofindia, 1862, t. I, p. 157, n° 8-2 (part.) ; Anderson, Zool. liesults Exped. to W. 
Yunnan, 1878, t. I, Avcs, p. 649, n° 1-48 (part.); Oates, Handb. Binls Brit. Bunnah, 
1883, t. I, p. 302, 11° 286. — Hirundo gutturalis G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Co- 
chinchine, op. cit., 1879, p. 116, n" loO ; R. B. Sliarpe, Cal. Binls Brit. Muséum, 1885, 
t. X, p. 134; Oustalet, 7V'o?<y, Arch. du 3Iuséum d'IIist. nat., 1886, 2^" série, t. YIII, 
2^fasc., p. 268, n° 6. 

Noms locaux : Con En (annam.) ; Trachiéh Kârii (cambodg.) [d'après 
M. G. Tirant]. 

VHirundo (jutturalis constitue une variété à peine distincte de 
VHwundo rustica, ou Hirondelle de cheminée ordinaire, qu'elle repré- 
sente en Asie. De même que nos Hirondelles émigrent régulièrement à 
l'automne de l'Europe en Afrique, les Hirondelles de la variété gutturalis 
qui ont niché dans le nord-est de l'Asie vont passer l'hiver dans la Chine 
méridionale, la péninsule et les îles malaises et ITndo-Chine. Quelques- 
unes poussent même leurs migrations jusque dans les Moluqueset le nord 
de l'Australie. 

(1) Op. cit., p. 116, n<'40. 

(2) Phœnicura rubeadoUes ViGons, Proceed. ZooL Soc. Lond., 1831, p. 3:;. — Siphia ruheculoides 
R. B. SiiARPE, Cat. Birds Brit. Muséum, 1879, t. IV, p. 44:;. 

(3) Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, t. I, p. 288. 



60 E. OUSTALKT. 

De nombreux spécimens de cette variété ont été obtenus par 
M. R. Germain, par M. le D' Jullien et par M. le D' Harmand, aux 
environs de Saigon, dans la province de Chaudoc, au mois de septembre 
1875, et sur d'autres points delà Basse-Cochinchine; par M. le D' Harmand, 
également aux environs de Melou-Prey (Laos), au mois de janvier 1876; 
par M. le D' Philip, aux environs de Hué (Annam), le li mars 1883; par 
le prince Henri d'Orléans, le 30 mars 1892, à Ban-Muong-Sen, sur la 
rive gauche de la Nam-Ou ou Nàm-Mô (Tonkin), et par M. Bocourt, aux 
environs de Bangkok (Siam). 

141. HIRUNDO DAURICA, var. NIPALENSIS. 

Hirundo nipalensis Hodgson, Icon. ined. in Brit. Muséum, Passeres, pi. 6, n° 329; 
Gates, Haiulb. Birds Brit. Burmoh, 1883, t. I, p. 30G, n" 290. — Hirundo daurica 
Gray, Cat. Fissir. Brit. Muséum, 18i8, p. 23 (nec Pallas.) ; Jerdon, Birds of India, 18G2, 
t. I, p. 100, n° 85 (part.). — Cecropis daurica David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 
1877, p. 135, 11° 194. — Cecropis nipalensis G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochin- 
chine, op. cit., 1879, p. 117, n" 15-4. — Cecropis arctivitta Swinhoe, Proceed. Zool. 
Soc. Lond., 1871, p. 346. — Hirundo arctivitta Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 
1883, t. I, p. 307, n°291. — Hirundo daurica var. nipalensis R. B. Sliarpe, Cat. 
Birds Brit. Muséum, 1885, t. X, p. 160. — Hirundo daurica Oustalet, Bull, du Mu 
se«wî,1898, n" 1, p. 16, n"38. 

Suivant l'opinion du W B. B. Sharpe, j'attribue à une race particu- 
lière de V Hirundo daurica., race qui a été figurée par M. Hodgson sous le 
nom à' Hirundo ?iipa/e?2sis, les Hirondelles à joues et à croupion roux et 
à poitrine striée, qui nichent dans la Chine septentrionale et dans 
l'Himalaya et qui vont hiverner dans la Chine méridionale, dans les 
plaines de l'Inde, dans la Birmanie anglaise, où elles sont très communes 
à cette saison, et dans une partie de l'Indo-Chine française, où divers 
spécimens ont été recueillis par M. le D' Harmand dans les rizières, 
dans les grandes clairières des forêts et sur le plateau d'Attopeu, au mois 
de janvier 1 877, par M. le colonel Rabier à Dong-Lau ou à Tuyen-Quang, 
(Tonkin), et par M. le marquis de Barthélémy sur la Nam-Mô, au mois de 
février 1897. Quanta l'individu que M. le D' G. Tirant a tué à Tra-sang 
(Basse-Cochinchine) et qu'il a cité, avec un point de doute, sous le nom 
de Cecropis Jiipalensis, il m'est impossible de dire s'il appartient à cette 
variété ou à la suivante. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE:, DU LAOS, ETC. 61 

142. HIRUNDO DAURICA, var. JAPONICA. 

Hirundo alpestris japonica Temminck et Schlegcl, Fauna Japonica, Avcs, 1850, 
p. 33 et pi. 11. — Hiruudo japonica Ch.-L. Bonaparte, Consp. Âviion, 1850, t. I, 
p. 340. — Cecropis japonica Cassin, Cat. Ilirund. Mus. Philad. Acad., 1853, p. 4; 
David et Oiistalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 127, n° 195. — Hirundo japonica 
Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 305, n" 289. — Hirundo danrica 
var. japonica R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum. 1885, t. X, p. 163. 

Chose curieuse, au milieu des tlirondelles recueillies par M. le 
D' Harmand dans le Laos, se trouve un individu pris à Bassac et qui 
n'appartient pas à la même variété de VHirimdo daurica que les exem- 
plaires dont je parlais tout à l'heure. Cet Oiseau, par ses dimensions plus 
fortes, par la longueur de ses ailes, par la teinte rousse très intense de 
sa croupe, par la netteté et la longueur des stries qui marquent toutes les 
parties inférieures de son corps, se rapporte à la variété àiie japonica qui 
du Japon et de la Chine septentrionale s'avance jusque dans la Chine 
méridionale, sur l'ile de Formose, dans la Birmanie anglaise et dans 
rindo-Chine française. Outre le spécimen que je viens de citer et un 
autre individu tué par M. le D' Harmand au-dessus de la plaine aride de 
Sambôr (Laos), en 1876, j'ai eu sous les yeux deux exemplaires rapportés 
de la Cochinchine par l'expédition de la Bonite, en 1838 ; mais celte 
variété de VHirimdo daurica paraît être moins commune que l'autre en 
Indo-Chine. En effet, M. le D' Harmand nous apprend que l'individu qu'il 
a tué à Sambôr volait presque isolé (1), et M. E. W. Oates déclare qu'il 
n'a jamais vu qu'un seul individu d' Hirundo Japonica tué sur les monts 
Karin à l'est de Tonghoo (Birmanie) par M. le capitaine Wardlaw Ramsay. 

143. COTYLE SIlNENSlS. 

Hirundo chinensis.I. E. Gray, in liardwick, Illusl. Ind. ZuoL, 1830-32, 1. 1, pi. 35, fig. 3. 

— Cotyle sinensis Gray, Cat. Fissir. Brit. Muséum, 1848, p. 30; Blyth et Walden, 
Birds Burmah, 1873, p. 12 ; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 128, 
n" 198; Anderson, Zool. Results Exped to W. Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. 651, n° 151 ; 
G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Coc/iinchine, op. cil.. 1879, p. 116, n" 153. — Cotile 
sinensis Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 309, u° 294. — Cotile pa- 
ludicola subsp. sinensis R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1885, t. X, p. 104. 

— Cotyle sinensis Oustalet, Cat. Oiseaux, in Henri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 
1894, Appetniice, p. 628. 

(1) Note manuscrite. 



62 E. OUSTALET. 

Nom local : Con En bien (annam.) [d'après M. G. Tirant]. 

M. l'abbé A. David, qui a rencontré cette Hirondelle de rivage dans le 
nord du Chensi, immédiatement après la fonte des neiges, suppose 
qu'elle doit hiverner dans les parties chaudes du Céleste-Empire. Elle 
niche probablement dans le nord ou le centre de la Chine, ainsi que dans 
certaines provinces de l'Inde, et, selon M. E. W. Oates, se rencontre en 
toutes saisons sur une grande partie de la Birmanie anglaise, où elle 
commence à creuser l'excavation destinée à recevoir ses œufs dès le mois 
de novembre. D'après M. le D' Tirant elle est commune sur le bord des 
grandes rivières de la Basse-Cochinchine, d'où M. le D' Jullien en a 
rapporté trois individus au Muséum. Une femelle de la même espèce a été 
tuée par le prince Henri d'Orléans, le 23 février 1892, à Pa-Mou 
(Tonkin). 

M. le D' G. Tirant cite encore comme se trouvant en Basse-Cochinchine 
VHirundo j avanie a {{), que M. R. Germain mentionne également dans 
ses notes manuscrites, et YHirundo Tytleri (2) qui, d'après M. E. \V. 
Oates (3) est très commune en hiver dans la Birmanie anglaise, mais je 
n'ai entre les mains aucun spécimen de l'une ou l'autre de ces espèces 
venant du Cambodge, du Laos, de l' Annam ou du Tonkin. 

EUBYLAIMIDÉS. 

144. PSARISOMUS DALHOUSI^E. 

EurylaimusDalhousise Jameson,£'rf/?i6.i'y.P////osojt)//. ,/o?/?v;., 183d, t. XVin,p. 389. 
— Psarisomus Dalhousise Jerdon, Birds of hidia, 1862, t. I. p. 236. n° 138; Blyth, 
Birds Buriuah, p. 126 ; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I. p. 423, n" 393; 
J. Goiild, Birds of Asia, t. I, pi. 64; Pli. L. Selater, Cat. Birds Brit. Muséum, 1888, 
t. XIV, p. 458; Oustalet, Cat. Oiseaux, in Henri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonlcin, 
1894, Appendice, p. 623. 

Cette magnifique espèce d'Eurylaime, au plumage teint de couleurs 
brillantes, est répandue depuis l'Himalaya oriental, à travers le Sikkim, 
l'Assam, le Cachar, l'Arrakan, le Pégou et le Ténassérim et sans doute 

(1) Sparr.man, Mu?. Caris., 1789, t. II, pi. 100; K. D. Siiarpe, Ca<. Birds Brit. Muséum, t. X, p. 142. 

(2) Jerdon, [iirJs of India, 1846, 1. 111, Append., p. 870. llirundo rustica, var. Tytleri R. B. SuAr.PE 
Cat. Birds Brit. Muséum, t. X, p. 140. 

(3) liaiidb. Birds Brit. Burmali, 1883, t. I, p. 304, n° 288. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 63 

aussi à travers le royaume de Siam, jusque dans le Laos où plusieurs 
individus mâles et femelles ont été tués par M. le D' Harmand aux 
environs de Bassac et sur les plateaux des Bolovens, en 1877, et par le 
prince Henri d'Orléans à Pak-Laï (Laos), le 21 avril 1892. Je ne crois pas, 
en revanche, que le Psarisoinus Dalliousiœ ait été jamais rencontré en 
Basse-Cochinchine. 

145. SERILOPHUS LUNÂTUS. 

Eurylaimus lujiatus J. Gould, Procecd. Zool. Soc, 1833, p. 133, et Trans. Zool. Soc. 
Lond., t. I, p. 176, pL 2o. — Serllophus lunatus Swainson, Class. of Birds, t. II, 
p. 262; Oates, Handb. Birds Drit. Burmah, 1883, t. I, p. 424, n°394: Ph. L. Selater, 
Cat. Birds Bril. Muséum. 1888, t. XIV, p. 460; Oustalet, Cat. Oiseaux, in Ilenri-Ph. 
d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894, Appendice, p. 623. 

Le Serllophus lunatus que l'on considérait jusqu'à ces derniers temps 
comme une espèce spéciale à la Birmanie anglaise, se trouve aussi au 
Tonkin où le prince Henri d'Orléans en a tué un individu (mâle) à Lai- 
Chau, au mois de mars de l'année 1892. 

J i6. CORYDON SUMATRANUS. 

Coracias sumatranus Ualtlcs, Trans. Linn. Soc, 1822, t. Xlll, p. 303. — Eurylaimus 
corydon ïemminck, Planches color., n" 297.— Corydon sumatranus Strickland, 
Annals Jat. Ilist., 18U, t. VI, p. 417; J. Gould, Birds ofAsia, t. I, pi. 61 ; Oatcs. 
Hcuidb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 430, n°400; Ph. L. Selater, Cat. Birds Brit. 
Muséum, 1888, t. XIV, p. 466. 

En dehors des îles de Sumatra et de Bornéo, le Corydon sumatranus^ 
facilement reconnaissable à son bec énorme, avait déjà été rencontré sur 
divers points de la péninsule malaise, et notamment dans le Ténas- 
sérim. J'ai maintenant la preuve qu'il s'avance jusque dans le Cambodge, 
M. le \y Harmand ayant tué, au mois de juillet 1875, un individu de cette 
espèce auprès des fameuses ruines d'Angkor. 11 se trouve probablement 
aussi dans le royaume de Siam. 

147. CYMBORHYiNCHUS MACRORHYNCHUS. 

Todus macrorhynchus Gmelin, Sijst. Nat., 1788, t. I, p. 446. — Todus platyrhyn- 
chus Desmarest, Ilist. nat. des Tanrjaras, 1805, pi. 72. — Cymborhynchus macro- 
rhynchus G. R. Gvày,'Gen.of Birds, 1844-1849,1. I, p. 66; Blyth, Birds Burmah, 
p. 126: Oates, ffaiidt). Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 428, n»398; Ph. L. Selater^ 



•54 1']. OUSTALET. 

Cal. Birds Brlt. Muséum, 1888, t. XIV, p. 468. — Cymbirhynchus macrorhynchus 
G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 103, n° 97. 

Nom local : Con TIkuj chùa h'ia (annam.) [d'après M. G. Tirant]. 

Outre les îles de Bornéo et de Sumatra, le CymbirhijncJms macro- 
rhynchus habite la péninsule malaise où il s'avance jusque dans le 
Ténassérim, le royaume de Siam et une partie de Tlndo-Chine française. 
D'après M. le D"" Tirant, il est commun en Basse-Gochinchine, où il se 
lient dans les forêts étendues et épaisses, tandis que, selon M. Davison, 
cité par M. E. W. Oates, dans le Ténassérim il fréquente surtout les 
vergers et les jardins. Tous les exemplaires que j'ai eu sous les yeux 
viennent de la Cochinchine proprement dite, où ils ont été recueillis par 
M. B. Germain et par M. le D' Harmand, mais comme un des spécimens 
envoyés par ce dernier voyageur a été obtenu sur les montagnes de 
Chaudoc, sur les limites de la Cochinchine et du Cambodge, je suis porté 
à croire que le Ci/itthirh}j7ichus niacrorliynchus se trouve aussi dans cette 
dernière contrée, et c'est ce qui m'a fait le comprendre dans ma liste. 

BBÈVES ou PITTIDÉS. 

148. PITTÂ CYANOPTERA. 

Turdus moluccensis P. L. S. Millier, Natursijst., SuppL, 1776, p. lii. — Pitta cya- 
noptera Temminck. Planches color., 1823, pi. 218. — Brachyurus cyanopterus 
Blylh, Journ. Asiat. Soc. Beiupil. lSi7, I. XVI, p. 133; D. G. EUiot, iMonog. of the 
Piltid:r, 1863, pi. IV. — Pitta moluccensis David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 
1877, p. 144, n" 22.'5 ; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 121, 
n° 172 ; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah,i. I, p. 415, n" 386. — Pitta cyanoptera 
Ph. L. Selater, Cal. Birds Brit. Muséum, 1877, t. XIV, p. 420. 

Cette espèce à laquelle il vaut mieux appliquer, comme l'a fait le 
D' Ph. L. Selater, le nom de Pitta cyanoptera que le nom de Pitta moluc- 
censis^ puisqu'elle ne se trouve pas sur les îles Moluques, habite Bornéo, 
la péninsule malaise, la Birmanie, le Siam, une partie de l'Indo-Chine, et 
s'égare parfois dans les provinces méridionales de la Chine et même, 
a-t-on dit, jusqu'en Corée. D'après le nombre des spécimens qui ont été 
recueillis parM. B. Germain et par M. Pierre, elle paraît être aussicommiine 
en Basse-Cochinchine que dans le Pégou, le Ténassérim et l'Arrakan où 



LliS OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 65 

M. Davison et M. E. W. Oates en ont obtenu de nombreux exemplaires. 
La Pitta cyanoptera existe aussi au Cambodge, car M. le D' Harmand a 
tué plusieurs individus, soit sur les bords du Mékong (1 ) au mois de juin 
de l'année 1876, soit sur les montagnes de Compong-Chenang au mois de 
juillet 1875, et où a été recueilli un spécimen de la collection du British 
Muséum ; mais jusqu'ici je n'ai aucun indice de sa présence dans le Laos, 
l'Annam et le Tonkin. 

Je dois faire remarquer que deux des Oiseaux remis au Muséum par 
M. le D' Harmand, et entre autres celui qui vient des montagnes de 
Compong-Chenang, sont des jeunes qui n'ont pas encore les grandes 
pennes des ailes complètement développées, ce qui nous indique que les 
Brèves à ailes bleues se reproduisent dans le Cambodge, sinon en Basse- 
Cochinchine. 

149. PITTA CUCULLÂTA. 

Pitta cucullata Hartlaub, Rev. sooL, 1843, p. 65; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Co- 
chlnchlne, op. cit., 1879, p. 1^2, n° 174; J. Gould, Birds of Asla, t. V, pi. 82 ; Oates, 
Handb. Birds Brlt. Burmah, 1883, t. I, p. 414, n" 383; Ph. L. Sclater, Cat. Birds 
Brlt. Muséum, 1888, t. XIV, p. 442. — Brachyurus cucuUatus Ch. L. Bonaparte, 
Consp. avium, 1850, 1. 1, p. 255 ; D. G. Elliot, Monogr. of the Plttldx, 1863, pi. XXVIII. 

La Pitta cucullata a été signalée sur la presqu'île malaise, l'Annam, le 
Sikkim et le Népaul, mais sur divers points de la Birmanie anglaise où 
elle niche elle n'est probablement pas sédentaire, car M. E. W. Oates et 
M. Davison ne l'y ont trouvée que d'avril à juillet. D'après M. le D' Tirant, 
qui en a obtenu des spécimens à Tra-sang et à Dông-làch, elle doit être 
rare dans les forets de la Cochinchine, et, pour ma part, je n'en ai jamais vu 
que deux individus originaires de l' Indo-Chine, deux Oiseaux adultes 
remis au Muséum par M. le D"" Harmand, en 1877, et ne portant aucune 
indication précise de la localité. Comme ces Oiseaux se trouvaient avec une 
série de spécimens venant les uns de la province de Chaudoc, les autres 
de pays situés plus au nord, je ne puis savoir s'ils ont été tués en Basse- 
Cochinchine, sur les frontières du Cambodge ou dans le Cambodge même. 

(1) Je ne suis pas absolument certain que les individus tués sur les bords du Mékong aient élé 
obtenus dans les limites du Cambodge, peut-être ont-ils été pris un peu plus au sud, dans la 
partie du fleuve qui traverse la province de Chaudoc. 

Nouvelles Akchives du .Muséum, 4e série. — V. -^ 



fi6 E. OUSTALIiT. 

loO. PITTA ELLIOTI. 

PittaEllioti Oustalet, Bull, de la Soc. philomalhlque de Paris, 1874, 6° série, t. XI, p. 59 
et lYouc. Aj'chives du Muséum d'Hist. nat., 1876, t. X, Bull., p. 101 et pi. II, et Bull, de 
la Soc. philomathique de Paris, 1877-1878, 7^ série, t. II, p. 206 ; J. Gould, Birds o/" 
Asia, t. V, pi. 66; Ph. L. Sclater, Cat. Birds Sri t. Muséum, 1888, t. XIV, p. 448. — 
G. Tirant, Oiseaux de la Basse- Cochinchine, op. cit., 1879, p. 122, n° 173. — Bra- 
chyurus Ellioti J. Gould, Monogr. of the Pittidse, 1880, pi. 6. — Eucichla Ellioti 
Ph. L. Sclater, Cat. Birds Brit. 3Iuseum, 1888, t. XIV, p. 448. 

Cette espèce de Brève, que j'ai signalée en 1874 et dont j'ai donné, en 
1876, une description détaillée accompagnée d'une figure de l'adulte, 
complétée bientôt après par une description du jeune, n'est encore repré- 
sentée dans les collections que par deux individus qui tous deux appar- 
tiennent au Muséum d'Histoire naturelle. J'avais d'abord cru qu'elle était 
originaire de la Basse-Gochinchine, ce qui m'étonnait un peu, il est vrai, 
car, dans ce cas, je ne comprenais pas qu'elle n'eût pas été rencontrée plus 
tôt par M. B. Germain, M. Pierre, M. le D' Tirant ou M. le D' Jullien qui 
ont successivement exploré ce pays et qui y ont fait de très nombreuses 
collections ; mais plus tard j 'ai été amené à la conviction qu'elle provenait 
d'une contrée située plus au nord et probablement du Laos. En effet, 
M. le D"" Harmand a remis, en 1877, au Muséum un second individu de 
Pitta Ellioti., plus jeune que le premier, et si la localité où a été tué ce 
deuxième Oiseau n'est pas non plus indiquée exactement, on peut être à 
peu près certain qu'il vient du Laos, car il se trouvait avec une série de 
spécimens recueillis aux environs de Bassac et d'Attopeu. En tout cas, 
l'espèce doit être extrêmement localisée. Elle présente d'autant plus 
d'intérêt pour le naturaliste qu'elle appartient, comme la Pitta Gurnegi[{ ) 
du Ténassérim, à la section des Brèves à plumage rayé transversalement, 
qui vivent, pour la plupart, dans la presqu'île de Malacca, à Java, à 
Sumatra et à Bornéo, et qu'elle se rapproche particulièrement de deux 
espèces de cette dernière île, les Pitta Baudi et Schwaneri. Sa découverte 
apporte une preuve à l'appui de l'idée émise par Wallace que la pénin- 

(1) Pitta Gurneyi Hume, Slray Feathers, l. III, p. 296 et pi. III, et t. VIII, p. 94 ; J. Gould, Birds 
ofAsia, t. V, pi. LXXIII. — Eucichla Gurneyi J. Gould, Monogr. of Pittidœ, 1880, pl.V ; 0.\tes, Handb. 
Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 418, n» 389 ; Ph. L. Sclater, Cat. Birds Brit. Muséum, 1888, t. XI\',. 
p. 448. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 67 

suie malaise, et certainement aussi l'Indo-Chine, formaient jadis avec 
Sumatra, Bornéo et quelques îles voisines, un vaste continent sur lequel 
a pris naissance le groupe des Pittidés. 

La Pitta Ellioti n'est du reste pas le seul Oiseau de l'intérieur de 
l'fndo-Ghine qui se rapproche d'Oiseaux de Bornéo. Le Carpococcyx 
Renauldi dont j'ai parlé précédemment est exactement dans le 
même cas. 

loi. PITTA (HYDRORNIS) ANNAMENSIS (PL V). 
Pitta annamensis Oustalet, Bull, du Muséum d'Hist. mit., 1896, n° 7, p. 315. 

La Pitta annamensis appartient au même groupe de Brèves que la Pitta 
nipalensis Hodgs. (1) et la P. Oatesi Hume (2), c'est-à-dire avec sous-genre 
Hijdrornis\ mais, comme je Tai fait remarquer dans la description que 
j'ai donnée en 1898, elle se distingue de ces deux espèces par ses 
dimensions et par la coloration du sommet de sa tète et de son croupion 
qui sont d'unrose-lilas. Du rose vineux s'étend aussi sur sa gorge et passe 
graduellement au roux vers la poitrine ; les sourcils et les joues sont 
fauves, le dessous du corps est roux comme chez la Pitta Oatesi., le 
manteau d'un brun glacé de cendre verte ; les ailes ont leurs pennes 
alaires et caudales d'un brun légèrement glacé de vert sombre ; enfin le 
bec et les pattes sont d'un brun de corne sur le spécimen desséché, mais 
devaient être d'une teinte rouge différente sur TOiseau vivant ; cependant 
les tarses ne paraissent pas avoir été jamais d'une nuance aussi claire 
que chez X Hydrornis Oatesi. 

Les dimensions, comme je le disais tout à l'heure, ne concordent 
d'ailleurs absolument ni avec celles de V Hydrortiis nipalensis, ni avec 
celles de VH. Oatesi., comme le montre le tableau suivant : 



(1) Paludicola nipalensis Roxidio^, Journ. Asial.Soc. Bcngal, t.VL p- 103. — Brachyurus nipalensis 
D. G. Elliot, Monogr. oflhe PlUidsp,\)l. III. — Hijdrornis nipalensis: .\EnDos, Birds of India, 1862, t. L 
p. 502, n° 344; Gates, Handb. Bir Is Brit. Burm ih, 1883, t. I, P- 412, n» 388. — Pitta (Hydrornis) 
nipalensis Pu. L. Sclater, Cat. Birds Brit. Miissuni, 1888, t. XIV. p. 414. 

(2) Hydrornis Oatesi Hume, Stray Feathers, t. 1, p. 477 ; Gates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, 
t. I, p. 411, n° 382. — Pitta (Hydrornis) Oatesi Pu. L. Sclater, Cnt. Birds Brit. Muséum, t. XIV 
p. 416. 



68 E. OUSTALET. 

LONGUEUR LONGUEUR LONGUEUR LONGUEUR 

TOTALE. DE l'aILE. DE LA QUEUE. DU TARSE. 

Pitta{Hydrornis)nipalensis. 0"", 23^2 à O'", 232 0'",117à0'°,120 0™, 052 à 0"°, 067 0°^,053 

_ _ Oatesi 0",2oO 0'°,120 0™,068 0'°,053 

— — assamensis. 0'",205 0"",123 0'",045 0'",040 

La PitUi annamensis ne peut pas davantage être identifiée à la Pitta 
fioror (1) décrite par M. \Yardla^Y Ramsay d'après un jeune Oiseau, de la 
collection Tweeddale, indiqué probablement, pour ne pas dire certaine- 
ment, à tort, comme venant de Saigon. Ce dernier Oiseau a, en effet, le 
dessus de la tète vert et la nuque bleue et non pas rose comme chez la 
Pitta annamensis. 

La description que j'ai donnée de la Pitta aiinamensis a été prise 
d'après une Brève qui ne parait pas avoir encore complètement revêtu 
sa livrée d'adulte, et qui a été obtenue par le H. P. Renauld dans la pro- 
vince de Kuang-tri ou Ouang-tri, au nord-ouest de Hué, dans l'Annam. 
C'est le seul individu de cette espèce que j'ai eu jusqu'ici sous les yeux. 

TIMÉLIIDÉS. 

152. iEGITHINA TIPHIA. 

The Green Indian Flycatcher Edwards, Nat. Hist. Birds, 1743-17.51, t. II, p. 79 et 
pi. 79. — Le Figuier du Bengale Brisson, Ornifh., 1760, t. III, p. 481. — Motacilla 
tiphia Linné, Si/st. Nat., 176(), t. I, p. 331. — Le Figuier vert et jaune Buffon, 
Hist. Nat. Oiseaux, t. V, p. 278. — lora typhia Sykes, Proceed. Zool. Soc. Lond., 
1832, p. 89; Jerdon, Birds oflndia, 1863, t. II, p. 103, n" 468; Blyth et Walden, Birds 
BurmaJi, p. 137 ; Andersen, Zool. Results Exped. lo W. Yunnan, 1878, t. I, Aves, 
p. 660, n° 1(19; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Coc/iinchine, op. cit., 1879, p. 119, n° 161. 
— lora zeyloniea, llartiaub, Mag. de Zool., 184.5, texte de pi. 60; Jerdon, Birds of 
ladia, 1863, t. II, p. 101, n° 467. — iEgithina tiphia R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. 
Muséum, 1881, t. VI, p. 7; Oates, Ilandb. Birds Brit. Burma/i, 1883, t. I, p. 202, 
n" 198; Oustalet, Cat. Oiseaux, in Ilenri-Ph. d'Orléans, Autour du To7itcin, 1894, 
Appendice, p. 6211. 

Nom local : Coti cinm i'y^/?e''(annam,) [d'après M. G. Tirant]. 
Cette espèce à livrée verte et jaune, variée de noir, surtout chez les 
mâles, paraît être très commune et sédentaire en Basse-Cochinchine, où 

(1) Vltta {Hydrornis) .<ioror Wardlaw Ramsay, Ibis, 1881, n" 496; Pu. L. Sclater, Cat. Birds lirit. 
Muséum, 1888, t. XIV, p. 415. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 69 

M. R. Germain et M. le D' Harmand ont recueilli une nombreuse série 
d'individus, tués à diverses époques de l'année, et même des nids (1), 
soit aux environs de Saigon, soit dans les montagnes de la province de 
Cliaudoc. Elle n'est pas rare non plus dans le Cambodge et dans le Laos 
où d'autres spécimens ont été obtenus par M. le D' Harmand dans le 
pays de Kouys et aux environs de Bassac, dans le Tonkin où plusieurs 
individus mâles et femelles ont été tués le 3 mars et le 3 avril 1892 à Lai- 
Chau et à Luang-Prabang par le prince Henri d'Orléans et dans l'Annam 
où a été pris, à Vinh-Phuoc, un autre exemplaire donné au Muséum en 
1890 par M. le capitaine Noël. 

\J yEgithina tiphia est très répandue aussi dans le Siam, dans la Haute- 
Birmanie, l'Arrakan, le Pégou, le Ténassérim et le reste de la péninsule 
malaise, dans toute la péninsule indienne et sur l'île de Ceylan, et est 
représentée sur les îles de la Sonde et aux Philippines par des races 
particulières. 

153. iEGITHINA PHILIPL 

.ffigithina Philipi Oustalet, Nouvelles Archives du Muséum d'Hist. nat., 1886, 2<' série, 
t. VIII, ± lasc, p. 285, n» 18. 

Nom LOCAL : Coh chim chien cliim (annam.) [d'après M. Philip]. 

Le Muséum d'Histoire naturelle ne possède toujours qu'un seul et 
unique individu de cette espèce, celui qui a servi de type à la description 
que j'ai donnée en 1886 et que je crois inutile de reproduire ici. Je me 
bornerai à quelques observations que me suggère un nouvel examen de 
l'Oiseau. Je dirai tout d'abord qu'il ne faut peut-être pas attacher trop 
d'importance à la coloration grise qui, comme je l'ai indiqué, s'étend sur 
la tête, la nuque et la gorge ; car il est possible que cette coloration ait 
été appelée à disparaître chez l'Oiseau en plumage de noces. Ce qui 
tendrait à le faire supposer, c'est que la teinte grise n'est pas uniforme, 
elle est recoupée d'un côté, sur une des joues, par une plaque jaune- 
citron dont on n'apcrçoitqu'untrès léger vestige de l'autre côté, au-dessus 
de l'œil. D'autre part, cette même teinte grise descend plus bas à droite 

(1) D'après une note manuscrite de M. B. Geiimain, les nids à\£githina tiphia, en forme de 
coupe, sont placés sur es Palétuviers, au bord des cours d'eau. 



10 E. OUSTALET. 

qu'à gauche, où remonte davantage la teinte jaune de l'abdomen. Cepen- 
dant je ne sache pas que l'on ait constaté jusqu'ici chez les jligithma un 
premier plumage gris qui, par un phénomène de métachromatisme, 
passerait au costume vert et jaune de l'adulte. 

Par leur mode de coloration et surtout par la présence de deux bandes 
transversales blanches, les ailes de WEgithina Philipi ressemblent 
beaucoup à celles de V JEgith'ma tiphia^ et la queue, dont les deux 
pennes médianes sont déjà en grande partie noires, serait devenue entiè- 
rement de cette couleur, comme chez les mâles de VyEgithina tiphia^ mais 
les proportions des pennes alaires et caudales ne sont pas exactement les 
mêmes que dans cette espèce. Enfin comme je l'ai indiqué, et c'est là un 
caractère important, le bec, sans être aussi robuste que chez les /Etho- 
rhynchus^ est plus fort et plus large à la base que chez les jEgithina. Je 
crois donc devoir maintenir, comme espèce distincte, WEgithma 
Philipi qui, jusqu'à présent, paraît être confinée dans l'Annam, où 
M. Philip a tué, le 2o avril 1883, l'individu dont il a donné la dépouille au 
Muséum. 

154. iETHORHYNCHUS XANTHOTIS. 

^thorhynchus xanthotis R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 15; 
Oiistalet, Nouvelles Archives du 3Iuséum d^Hist. nat., 1886, 2^ série, t. VIII, 2" fasc, 
p. 287. 

A cette espèce que mon ami R. B. Sharpe a fait connaître d'après un 
individu femelle rapporté du Cambodge par le voyageur Mouhot et faisant 
actuellement partie des collections du British Muséum, je crois devoir 
rapporter, comme je l'ai dil incidemment dans ma description de WEgi- 
thina Philipi^ un Oiseau tué par M. le D*" Harmand sur les montagnes de 
la province de Chaudoc, en 1897. 

Cet Oiseau a, en effet, la livrée que Sharpe a décrite chez \ JEtliorlujn- 
chus xanthotis et qui, il ne faut pas l'oublier, est le costume d'une 
femelle ; toutefois, comme ses dimensions concordent avec celles d'un 
mâle à\Etho7^hynchus Lafresnayi venant de Malacca, je me demande si 
l'examen d'une série de spécimens d'âges et de sexes différents n'amè- 
nera pas les naturalistes à reconnaître l'identité des deux espèces. Il ne 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 71 

serait, du reste, pas étonnant que WEthorhynchus Lafresnayi[\)^ qui a été 
observé dans le Ténassérim et dans l'Arrakan pénétrât dans le Cambodge 
et la partie occidentale de la Cochinchine. 

Peut-être trouvera-t-on aussi quelque jour dans le Laos ou le {l^dcca- 
hodge V jEgithma vwidissima (2), que M. le D' G. Tirant dit avoir rencontrée 
fréquemment en Basse-Cochinchine (3), mais qui, je dois le faire remar- 
quer, n'est point représentée dans les très nombreuses collections 
d'Oiseaux de cette dernière contrée que j'ai eues entre les mains. 

153. CHLOROPSIS HARDWICKL 

Chloropsis Hardwickii Jardine et Selby, ///. Ornith., 1825-1843, t. II, Append., p. 1: 
R. B. Sharpe, Cal. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 18; Oates, Handb. Birds Brit. 
Burmah, 1883, t. I, p. 205, n° 201. — Phyllornis Hardwickii Blytli, Journ. Asiat. 
Soc. Bengal, t. XIII, p. 392; Jerdon, Birds of Indla, 18t)3, t. II, p. 100, n° 406; 
J. Gould, Birds of Asia, part. XIII, pL — Chloropsis Hardwicki Oustalet, Cat. 
Oiseaux, in Henri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894, Appendice, p. 025, et Bull, 
du Muséum d'Hist. nal., 1898, n" 1, p. 14, n° 29. 

Le Chloropsis Hardwicki., qui est très répandu dans l'Himalaya, à une 
altitude de 700 à 1 400 mètres, a été rencontré, à la même altitude, sur 
les monts Kareen ou Garin, dans la Birmanie anglaise, par M. le capitaine 
Wardlaw Ramsay. 11 a été obtenu également sur les monts Mooleyit, dans 
le Ténassérim, par M. Davison, et sur les hauteurs de l'Arrakan et de 
l'Annam par d'autres voyageurs anglais. C'est donc plutôt une espèce 
montagnarde qu'une espèce de plaine, et il est à noter qu'elle a été 
également trouvée par le prince Henri d'Orléans dans une région très 
accidentée du Tonkin, à Ban-Maï, et dans d'autres localités situées sur 
les bords de la rivière Noire, du 10 au 19 février 1892. Un exemplaire de 
Chloropsis Hardwicki a été pris aussi aux environs de Luang-Prabang 
(Laos) à la fin de mars 1897 par M. le marquis de Barthélémy, qui a vu 
fréquemment des Oiseaux de cette espèce sur les hautes branches des 
arbres, entre Vinh (Annam) et Savounakek (Laos). 

(1) lova Lafresnayi G. Hartl.vuu, Rev. zooL, 1844, p. 401, et Mag. de Zool., 184b, Oiseaux, pi. 60. 
— Mlhorhynchus Lafresnayi R. B. Siiarpe, Cut. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 14 ; Oates, Handb. 
Birds Brit. Burmah, 1883, t. l, p. 204, n» 199. 

■ {-2) lora viridissima {Temminck) Gii.-L. Bonapaute, Com^p. Avium, 1850, 1. 1, p. 307; R. B. Sharpe, 
Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 6. 

(3) Oiseaux de la liafse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 119, n" 162. 



72 E. OUSTALET. 

156. CHLOROPSIS AURIFRONS. 

Phyllornis aurifrons Temminck, Planches coloriées, 1820-1839, n° 484, fig. 1 ; Jerdon, 
Birds of India, 1863, t. II, p. 99, n" 46o ; Anderson, Zool. Results Exped. ta W. 
Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. 660, n° 168 ; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine , 
op. cit., 1879, p. 118, n° 158. — Chloropsis aurifrons R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. 
Muséum, 1881, t. VI, p. 20; Oates, Handb. Birds Brit. Burinali, 1883, t. I, p. 205, 
n° 200; Oustalet, Cat. Oiseaux, in Henri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894, 
Appendice, p. 622, et Bull, du Muséum d'Hist. nat., 1898, n" 1, p. 14, xi° 31. 

Cette espèce qui, d'après M. le D"" G. Tirant, est commune dans les 
forêts du nord de la Cochinchine et dont le Muséum possède trois individus 
pris aux environs de Saigon et sur d'autres points de la Cochinchine par 
M. R. Germain et M. le D'JuUien, et dans la province de Chaudoc par 
M. le D' Harmand, se trouve aussi dans le Laos, où M. Harmand en a tué 
également un individu sur le plateau d'Attopeu, en 1877, et où, aune 
date plus récente, d'autres spécimens ont été obtenus par le prince Henri 
d'Orléans le t avril 1892, aux environs de Luang-Prabang, et en 1897, 
dans la même localité et sur les bords de la Nam-Mô ou Nam-Ou par 
M. le marquis de Barthélémy. 

Le Phyllornis aurifrons a été signalé aussi dans le Bengale, le Népaul, 
le Sikkim, l'Arrakan, le Ténassérim et la Haute-Birmanie par M. R. B. 
Sharpe et par M. E. W. Oates, d'après les observations de Davison, 
d'Anderson et des capitaines Bingham et Wardlaw Ramsay. 

157. CHLOROPSIS CHLOROCEPHALA. 

Phyllornis chlorocephalus Walden, Ann. Nat. Flist., 1871, 4'= série, t. VII, p. 241 ; 
Blyth et Walden, Birds Burmah, p. 137; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, 
op. cit., 1879, p. 118, n" 160. — Chloropsis chlorocephala R. B. Sharpe, Cat. Birds 
Brit. Aluseum, 1881, t. VI, p. 28; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, 
p. 208, n° 203 ; Oustalet, Bull, du Muséum d'Hist. nat., 1898, n° 1, p. 14, n° 30. 

Cinq individus de Chloropsis à tête verte ont été tués, en 1876, sur l'ile 
Phu-Quoc par M. le D' Harmand qui a obtenu d'autres exemplaires de la 
même espèce, au mois d'octobre 1875, dans les forêts des bords du 
Mékong, au Cambodge et aux environs de Melou-Prey (Laos) au mois 
de janvier 1876. D'autres individus, au nombre de huit, ont été tués les 
12, 13, 16, 17 et 20 février et le 3 mars 1892 à Van-Bou, Muong-Chum, 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 73 

Nam-Xong et Lai-Chau (Tonkin) par le prince Henri d'Orléans et sur les 
bords de la Nam-Mô au mois de février 1897. Enfin M. le D' G. Tirant dit 
avoir rencontré à Tay-Ninh (Basse-Cochinchine) des Chloropsis de cette 
même espèce qui, par conséquent, parait être aijssi répandue dans l'Indo- 
Ghine française que dans l'Indo-Ghine anglaise où, d'après M. E. W. Dates, 
elle fréquente, dans le Pégou, les forêts d'arbres verts, et remonte sur les 
monts Karennee jusqu'à 500 mètres d'altitude. 

D'après M. le marquis de Barthélémy, les Chloropsis à tête verte vivent 
en bandes et ont les mœurs des Mésanges. Pendant la journée ils se 
tiennent au sommet des arbres et vers le soir ils descendent sur les 
branches basses et sur les arbrisseaux, au bord des fleuves. 

M. le D' G. Tirant rapporte qu'il a trouvé àTay-jNinh (Basse-Cochinchine) 
des spécimens de Chloropsis chlorocephala et de Ch. icterocephala (J) et 
des exemplaires intermédiaires. J'ai remarqué, de mon côté, que parmi 
les sujets de la Basse-Cochinchine, du Cambodge et du Tonkin, auxquels 
j'ai fait allusion tout à l'heure, il y en avait chez lesquels le front, le 
ventre et la nuque étaient presque aussi fortement teintés de jaune d'or 
que chez des Chloropsis icterocephala typiques de Malacca, desquels ils 
auraient pu peut-être être aussi convenablement rapprochés que des 
Chloropsis chlorocephala de la Birmanie anglaise (2). Je me demande 
même si les deux espèces sont aussi distinctes que le pensait lord Walden 
(depuis marquis de Tweeddale). 

158. HYPSIPETES CONCOLOR. 

Hypsipetes concolor Blytli, Journ. Asiat. Soc. Bengal, t. XVIII, p. 816; Bljih et 
Walden, Birds Burma/t, p. 132; R. B. Shaipe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, 
p. 38; Gates, TIandb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 174, n" 160. — Hypsipetes 
yunnamensis Anderson, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1871, p. 213; David et Ouslalet, 
Oiseaux de la Chine, 1877, p. 137, n° 212; Anderson, Zoo/. BesuUs Exped. to W. 
Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. 656, n° 161 et pi. 50. — Hypsipetes concolor Oustalet, 
Cat. Oiseaux, in Henri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1891, Appendice, p. 626. 

(1) Verd'in ictérocéphale ïemminck, Planches color., n° 512, fig. 2. — Phyllurnis ictwocephalus 
Lesson, Rev. zool., 1840, p. 164. — Chloropsis icterocephala R. B. Siiarpe, Cat. Birds Brit. Musevm, 
1881, t. VI, p. 30. 

(2) C'est au Chloropsis chlorocephala que R. B. Siiarpe a rapporté un niàle et une femelle obtenus 
aux environs de Saigon par M. Pierre qui a remis au Muséum d'Histoire naturelle deux autres 
spécimens de même provenance. 

Nouvelles Archives du Muséum, i' série. — V. 10 



74 E. OUSTALEÏ. 

A l'époque où M. Oates écrivait son beau livre sur les Oiseaux de la 
Birmanie britannique, V Hypsipetes concolor n'aYSiït été rencontré que dans 
ce pays et dans le Yunnam occidental ; mais depuis lors le. Muséum a reçu 
du prince Henri d'Orléans trois individus de cette espèce, tués le 16 et 
le 19 février 1892 à Muong-Chum et à Ban-i\Iaï (Tonkin). Il faut donc 
étendre du côté du nord-est l'aire d'habitat de VHypsipetes concolor qui n'a 
jamais été observé jusqu'ici dans le centre et lé sud de l'Indo-Chine 
française. 

139. HEMIXUS DÂVISONI. 

Hemixus Davisoni Hume, Sti^ay Feathers, 1877, p. 111 ; Hume et Davison, Stray 
Feathers, 1878, p. 299; Hume, Stray Feathers, 1879, p. 98; R. B. Sharpe, Cat. Birds 
Brit. Muséum, 1881, t. YI, p. 51; Oates, Handb. Birds Brit. Bunnah, 1883, t. I, 
p. 176, n» 169. 

Je crois pouvoir rapporter à cette espèce un Timéliidé qui a été tué, 
en 1877, par M. le D"^ Harmand sur le plateau des Bolovens (Laos), et 
auquel convient assez bien la description donnée par MM. Hume, Davison 
et R. B. Sharpe ; mais, pour être complètement fixé à cet égard, il 
faudrait comparer l'Oiseau du Laos au type de l'espèce, obtenu par 
M. Davison à Thoungya Saka, dans le centre du Ténassérim, ou tout au 
moins à des exemplaires semblables à ce type et de même provenance. 
Malheureusement V Hemixus Davisoni est encore très rare dans la collec- 
tion ; jusqu'à ces dernières années il n'en existait pas même de spécimen 
au British Muséum, et M. Oates, comme le D' Sharpe, avait dû se 
borner à reproduire les descriptions de Hume et de Davison. 

Deux autres espèces à' Hemixus^ V Hemixus HildebrancUi Hume (1), 
que je ne connais également que par les descriptions de MM. Sharpe et 
Oates, et VH. flavala Hodgson (2), dont le Muséum d'Histoire naturelle 
possède, en revanche, plusieurs exemplaires, pourront aussi être 

(1) Hume, Str.^y Feathers, 1874, p. 508 ; Walden, in Blytii, Birds Bwmah, p. 133; R. B. Sharpe, 
Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. YI, p. 50; Gates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. 1, p. 176, 
n° 168 {H. Hildebrandi); T. Salvadori, Viaggio di L. Fea in Birmania, Uc-elli racc.nlti nei monti Carin, 
Ann. Mus. Civic. di Storin Naturale di Genova, 2« série, t. YH, 1889, p. 32, n° 78. 

(2) Hodgson, Icon. ined. in Brit. Muséum, Passeres, pi. 190 et 191, fig. 2; Jerdon, Birds of India, 
1863, t. II, p. 80, n° 448 ; Blytii, Birds Burmuh, p. 133 ; Anderson, Zoo/. Results Exped. to 
W. Yunnan, 1878, t. I ; Aves, p. 637, n" 162; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, 
p. 49 ; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, 1. 1, p. 175, n» 167. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 75 

rencontrés quelque jour dans le centre ou le sud de l'Indo-Ghine fran- 
çaise. La première, en effet, a été découverte dans le nord du Ténas- 
sérim et la seconde, plus largement répandue, s'avance du Népaul, de 
Boutan et de l'Assam jusque dans la Birmanie anglaise. Mais je ne crois 
pas qu'aucune de ces espèces descende jusque dans la Basse-Cochinchine 
où M. le D' Gilbert Tirant signale la présence d'un autre Timéliidé du 
même genre, VHemixus malaccensis [\) qu'il appelle Hypsipetes malac- 
censis, et dont il n'a vu qu'un seul exemplaire aux environs de Tày-ninh. 

1()0. CRLNIGER GUTTURÂLIS. 

Trichophorus gutturalis Ch.-L; Bonaparte, Consp. Avium, 1850, t. I, p. 262 (ex 
Millier ms.j. — Criniger gutturalis Ph. L. Sclater, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1863, 
p. 21G; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 80; Oates, Handb. 
Birds Brit. Burma/i, 1883, t. I, p. 185, n" 179. 

Un Timéliidé tué par M. le D' Harmand, en 1876, dans le pays des Kouys 
(Laos), me parait devoir être attribué au Crinigei^ gutturalis Bp., espèce 
qui n'habite pas seulement les forêts des îles de Sumatra, de Bornéo et 
de la presqu'île de Malacca, mais qui remonte dans le Ténassérim 
jusqu'à la hauteur de Mergui, et qui est même répandu dans cette 
dernière contrée, où toutefois il reste cantonné également dans les bois 
d'arbres verts. Il n'est donc pas étonnant de le voir s'avancer, à travers 
le Siam, jusque dans le Laos. 

L'Oiseau obtenu par M. Harmand correspond bien, par ses dimensions 
et les couleurs de son plumage, à la description donnée par Sharpe du 
Criniger gutturalis ; mais il a les parties inférieures du corps plus fortement 
lavées de jaune que deux individus du Ténassérim et de Bornéo qui font 
partie des collections du Muséum, et qui ont la poitrine et l'abdomen de 
la teinte indiquée par M. E. W. Oates, c'est-à-dire d'un fauve brunâtre, 
tirant au gris sur le milieu du ventre. Ces différences de coloration 
dépendent probablement de la saison. 

(1) Hypsipetes rnalaccensis Blyth, .Tourn. .\slat. Soc. Bengal, L XIV, p. 574; et t. XV, p. 51. — 
Hemixus malaccensis R. B. Siiarpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881. t. VI, p. 32 ; Gates, Handb. 
Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 177, n° 170. 



"6 E- OUSTALET. 



161. CRINIGER HEiNRICI. 



Criniger sp. Oustalet, Cat. Oiseaux, in Ilenri-Pli. crOrléans, Aiitonr du Tonkin, 1894, 
Ajjpendice, p. 626 et 627. — Criniger Henriei Oustalet, Bull, du Muséum d'Hist. 
nat., 1896, p. 183 et 1898, p. 15, n» 33. 

Cette espèce, que j'ai décrite en 1896, remplace dans le Tonkin et le 
sud du Yunnan le Criniger gidtwalis, dont il se distingue par sa taille plus 
i'orte, par les proportions difïerentes de ses grandes pennes alaires et par 
la teinte des parties inférieures de son corps, qui est irrégulièrement 
nuancé de gris olivâtre et de jaune et qui passe au roux pâle sur les 
sous-cauclales. 

La longueur totale du Criniger Henriei est de 0",250 environ ; l'aile 
mesure 0",100 à 0'",115; la queue 0",110; le bec (culmen) 0",018; le 
tarse 0", 021. 

J'ai eu entre les mains un assez grand nombre d'individus mâles et 
femelles de cette espèce. Les premiers ont été tués par le prince Henri 
d'Orléans d'abord à Nam-Xong, à Ban-Mai|bt à Ilat-Hoa (Tonkin), les 17, 
19 et 25 février 1892, ensuite entre Manhao ou Mang-hao et Se-Mao 
(Yunnan), sur les bords de la rivière Noire, le 25 mars 1895; les autres 
ont été obtenus en 1897 par M. le marquis de Barthélémy dans la région 
de Xieng-Khouang (Laos), habitée parles Méos, à 1 500 mètres d'altitude. 
Le Criniger Henriei paraît donc être commun dans le nord de l'Indo-Chine 
française et dans la partie adjacente du Yunnan, mais il ne descend 
probablement pas dans le Bas-Laos et le Cambodge et manque à plus forte 
raison dans la Basse-Cochinchine. 

162. CRINIGER PROPINQUUS n. sp. 

Sous ce nom, je propose de désigner une autre espèce de Criniger qui 
a des affinités avec la précédente, mais qui en diffère: 1° par sa taille 
beaucoup plus faible ; 2" par la teinte vert-olive nuancée de jaunâtre 
qui s'étend sur les parties inférieures de son corps, et remonte en s'éclair- 
cissant légèrement jusque sous le menton, de telle façon que la gorge 
n'est pas blanche comme chez le Criniger giittiiralis et chez le C. Henriei. 
Les sous-caudales sont du reste lavées de roux, la queue est brune, le 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 77 

dos d'un brun verdàtre et les ailes offrent la même couleur que le dos, 
avec des bordures d'une teinte saumonée sur la marge interne des 
rémiges, comme chez le Criniger Henrlci. 

Je n'ai malheureusement sous les yeux qu'un seul spécimen de cette 
forme que je crois nouvelle, un mâle tué le 23 février 1892 à Pa-Mou 
(Tonkin) par le prince Henri d'Orléans. 

163. PYCNONOTUS ATRICAPILLUS. 

Le Gobe-Mouche à tête noire de la Chine Sonnerat, Voyage aux Indes orient.^ 
1782, t. II, p. 197. — Muscicapa atricapilla Vieillot, Nouv. Dict. d'Hist. nat., 
L XXI, p. 489. — Haematornis chrysorrhoides De Lafresnaye, Rev. zooL, 1845, 
p. 367. — Ixus chrysorrhoides Swinhoe, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1863, p. 278, 
et 1871, p. 370; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 142, n" 220 et pi. 46. 
— Pycnonotus atricapillus Walden, in Blyth, Birds Bunnah, p. 136; R. B. Sharpe, 
Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 127; Oates, Handb. Birds Brit. Burrnah, 
1883, t. I, p. 190, n" 184; Oustalet, Cat. Oiseaux, in Henri-Ph. d'Orléans, Autour du 
Tonkin, 1894, Appendice, p. 626. 

Le Pycnonotus ou Boulboul à tête noire, qui est très répandu dans la 
Chine méridionale et dans les parties montagneuses et boisées du Ténas- 
sérim, au nord du 13' degré de latitude, se rencontre aussi au Tonkin où 
le prince Henri d'Orléans en a tué un individu à Cho-Bo, sur la rivière 
Noire, le 26 janvier 1892. 

164. PYCNONOTUS GERMAINI. 

Ixus Germaini Oustalet, Bull, de la Soc. philomathique, 1877-1878, 7'' série, t. II, 
p. 54; (1. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cocliinchine, op. cit., 1879, p. 120, n" 166. — 
Pycnonotus Germaini R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 138. 

Le Muséum d'Histoire naturelle a reçu un assez grand nombre d'indi- 
vidus, de'sexes différents, de cette espèce que j'ai fait connaître il y a plus 
de vingt-cinq ans et qui n'est pas spéciale aux montagnes du Laos, 
comme le dit Sharpe, mais qui se trouve aussi communément en Basse- 
Cochinchine, où elle se reproduit. M. R. Germain a recueilli, en effet, 
dans cette dernière contrée, en 1864 et 1866, des mâles et des femelles 
en plumage de noces et des œufs du Pycnonotus qui porte son nom, et, à 
une date plus récente, en 1876 et 1877, M. le D' Harmand a recueilli à 



18 . E. OUSTALET. 

Khong, dans le pays des Kouys, dans la province de Koukhône (Laos) et 
àSambôr (Cambodge) d'autres exemplaires (i) semblables aux précédents 
et offrant également, par conséquent, des différences notables avec les 
Timéliidés de Java connus sous le nom de Pycnonotus aurigaster (2). Ces 
différences résident : IVlans lacoloration dumanteauqui est plus uniforme 
dans l'espèce indo-chinoise que dans l'espèce javanaise, par suite de la 
disparition presque complète, au moins chez l'adulte, des taches noires 
qui chez le P. aurigaster occupent le centre des plumes dorsales ; t° dans 
l'étendue de la tache noire qui occupe le menton et la partie inférieure 
des joues, cette tache étant plus réduite chez le P. Germaini que chez le 
P. aurigaster ; 3° dans la nuance des sous-caudales, jaune-citron chez le 
P. Germaini^ jaune-orange chez le P. aurigaster; 4° dans les dimensions, 
constamment plus faibles dans la première espèce que dans la dernière. 
En effet, tandis que chez un spécimen de P. aurigaster que j'ai sous les 
yeux, la longueur totale est de 0'",230 (ou 8 pouces), la longueur de l'aile 
et celle de la queue de O'°,090 (3 pouces 1/2), celle du bec (culmen) de 
0",018 et celle du tarse de 0°',020 ; chez les P. Germaini, la longueur du 
corps est, en moyenne, de O^jlSO, la longueur de l'aile et celle de la 
queue de 0'",085, celle du bec de 0'",015 et celle du tarse de 0^,01 7. 

Le Pycnonotus Germaini se distingue facilement aussi du P. xanthor- 
rhous (3) qui a la gorge blanche, sans tache noire sur le menton, et les 
sous-caudales d'un jaune intense tirant à l'orangé ; mais il peut être 
considéré comme le représentant, dans l'Indo-Chine française, de cette 
dernière espèce qui vit sur les montagnes de la Chine méridionale et 
occidentale et sur les hauteurs qui séparent le Yunnan de la Birmanie. 

163. PYCNONOTUS FINLAYSONI. 

Pycnonotus Finlaysoni Horsf. ms., Strickland, Ann. Nat. Hist., 1844, t. XIII, p. 411. 
— Ixus Finlaysoni Blyth et Walden, Birds Burmah, p. 134; G. Tirant, Oiseaux de 

(1) D'après M. G. Tirant, le D'' Morice aurait tué également un Pycnonotus Germuiiii, à Qui-nhon 
dans l'Annam. 

(2) Le Cudor Levaillant, Oiseaux d'Afrique, 1799-1808, t. 111, p. 46 et pi. 107, 11g. 2. — Turdus auri- 
gaster Vieillot, Nouv. Dict. d'hist. nat , t. XX, p. 258. — Pycnnnotus aurigaster Grav, Gen. of Birds, 
1844-1849, t. I, p. 2.37 ; R. B. Siiarpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p: 137. 

(3) Anderson, Proc. As. Soc. Beng., 1869, p. 263, et Proceed. Zool. Soc. Lond., 1871, p. 214; Blyth 
et Walden, Birds Burmah, p. 13S, note ; Anderson, Zool. Results Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I ; 
Aves, p. 658, n" 165 et pi. 51. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 79 

la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 121, n» 169. — Pycnonotus Finlaysoni 
R. B. Sharpe, Cat. Bh'ds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 144; Oates, Handb. Birds Brit. 
Burmah, 1883, t. I, p. 193, n° 188. 

Ce Boulboul, facilement reconnaissable à la teinte jaune d'or qui 
couvre ses plumes sous-caudales, borde ses ailes et colore le milieu des 
plumes de sa gorge, de ses joues et de son front, est très commun en 
Basse-Cochinchine où M. R. Germain et M. le D' Harmand ont recueilli 
de nombreux exemplaires, tant sur le continent que sur les îles de Phu- 
Quoc et de Poulo-Condore et où, d'après M. R. Germain, il niche au mois 
de mai. Il a été rencontré également à Seng-treng (Laos) par M. le 
D' Harmand en décembre 1875, et sur les bords de la Nam-Mô, ainsi 
qu'à Luang-Prabang, le 31 mars et le 4 avril 1872, par le prince Henri 
d'Orléans qui a remis au Muséum plusieurs exemplaires de Pycnonotus 
FinlaysofîL Les dates auxquelles ces Oiseaux ont été tués indiquent que 
l'espèce doit se reproduire dans le centre comme dans le sud de l'Indo- 
Chine. 

Le Pycnonotus Finlaysoni avait été rencontré d'abord dans le Siam et 
ensuite dans le sud de la péninsule malaise, dans le Ténassérim et dans la 
partie du Pégou située à Test de la rivière Sittang. Nous pouvons désor- 
mais reculer beaucoup du côté du nord-est les limites de son aire 
d'habitat. 

1G6. PYCNONOTUS HAINANUS. 

Ixus hainanus Swinhoe,/^/*', 1870, p. 253, et Procceed. Zool. Soc. Lond., 1871, p. 369: 
David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 141, n" 218. — Pycnonotus hai- 
nanus R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. YI, p. 150; Oustalet, Cat. 
Oiseaux, in Henri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894, Appendice, p. 626. 

Le Pycnonotus hainanus qui a été décrit d'après des exemplaires 
provenant des îles chinoises de Hainan et de Naochow, a été retrouvé 
plus tard dans le royaume de Siam par M. Finlayson, et plus récemment 
au Tonkin par le prince Henri d'Orléans, qui a tué les 25, 28 et 31 jan- 
vier 1892 trois individus de cette espèce à Cho-Bo. Déjà, en 1887, le 
Muséum avait reçu de M. le professeur Heckel un exemplaire de 
P. hainanus provenant des bords de la haie d'Along (Tonkin), et quoique 
je n'aie pas encore eu entre les mains de spécimens venant du Laos ou 



80 E. OUSTALET. 

du Cambodge, je crois que l'on peut considérer désormais comme 
exacte l'hypothèse émise par le D' R. B. Sharpe qui supposait que l'aire 
d'habitat de cette espèce devait se prolonger des îles de la Chine méri- 
dionale au Siam à travers l'Indo-Chine française ; mais du côté de l'ouest, 
le Pycnonotus hainanus ne doit pas s'avancer jusqu'en Birmanie. Du côté 
de l'est, d'autre part, il est remplacé par une espèce voisine, à nuque 
blanche, le Pycnonotus sinensis (1) qui habite l'île de Formose et la Chine 
méridionale. 

167. OTOCOMPSA JOCOSA. 

Le petit Merle huppé de la Chine Brisson, Ornithologie, 1760, t. II, p. 255 et pi. XXI, 
fig. 2. — Lanius jocosus Linné, Syst. lYat., 1766, t. I, p. 138. — Ixus jocosus 
David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 142, n° 221; G. Tirant, Oiseaux de la 
Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 120, n" 165. — Otocompsa monticola, Blyth et 
Walden, Biî^ds Bu7'mah, p. 135. — Otocompsa emeria Andeison, Zool. Besults 
Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. 657, n° 163 (nec Linné). — Otocompsa 
jocosa R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 157; Oates, Handb. 
Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 198, n° 194; Oustalet, Nouv. Arch. du Muséum 
d'Hist. nat., 1886, 2<= série, t. VIII, 1" fasc, p. 283, n° 17; Cat. Oiseaux, in Ilenri- 
Ph. d'Orléans, ^w^ow?' du Tonkin, iS9i, Appendice, p. 626, et Bull, du Muséum d'Hist. 
nat., 1898, n° 1, p. 16, n° 32. 

Noms locaux : Con chim mao (annam.) [d'après M. le D' Philip]; Con 
choc mào ou Chàc mào (annam.) et Sat Bal amhok (cambodg.) 
[d'après M. le D^ Tirant]. 

V Otocompsa jocosa ou Boulboulà oreilles rouges, est très répandu en 
Basse-Cochinchine, dans les régions boisées, et M. R. Germain en a 
envoyé plusieurs spécimens au Muséum provenant surtout de la province 
de Baria. L'espèce peut être également commune dans le Laos, où M. le 
D' Harmand a tué plusieurs individus, en 1877, à Attopeu, sur le plateau 
des Bolovens et sur les bords du Sé-Kong, dans l'Annam où M. le 
D"" Philip en a obtenu deux spécimens à Vinh-Phuoc et au Tonkin où le 
prince Henri d'Orléans a recueilli deux autres exemplaires à Cho-Bo et 
Cao-Phong sur les bords de la rivière Noire, le 23 et le 26 janvier 1892. 

(1) Le Gobe-Mouches verddtre de la Chine Sonnerai, Voy. aux Indes orient., 1782, l. Il, p. 197. — 
Turdus occipitalis Lerson, Traité d'Ornith., 1831, p. 410; Eydoux et Gervais, Voy. de la Fevosite, 
Zool., p. 36 et pi. 14. — Ixus sinensis Cn.-L. Bonaparte, Consp. Avium, 1850, t. 1, p. 266; David et 
Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, p. 140, n" 217. — Pycnonotus sinensis R. B. Sharpe, Cat. Birds 
Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 149. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 81 

De son côté, M. le marquis de Barthélémy a observé fréquemment VOlo- 
compsa j'ocosa sur les bords de la Nam-Mô et aux environs de Luang- 
Prabang (Laos septentrional), où il a tué, à la fin de mars 1897, deux 
individus qu'il a remis au Muséum. 

VOtocompsa jocosa se rencontre aussi communément, en toutes 
saisons, dans la Chine méridionale, dans la Birmanie anglaise, sur une 
grande partie de la péninsule malaise et dans l'Inde septentrionale, et 
doit, par conséquent, étendre son aire d'habitat depuis la région hima- 
layenne, à travers l'Indo-Chine, y compris le Siam, jusque dans le sud 
du Céleste-Empire. 

168. OTOCOMPSA FLAVIVENTRIS. 

Vanga flaviventris Tickell, Jouni. Asiat. Soc. Bengal, t. II, p. 573. — Brachypus 
melanocephalus Gray et Ilardwicke, Illustr. Ind. Zool., 1830-1834, t. II, pi. 33, 
fig. 1. — Rubigula flaviventris Jerdon, Birds of India, 1863, t. II, p. 88, n" 4oG; 
Blyth et Walden, Bi/'ds Burma/i, p. 136; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochlnchine, 
op. cit., 1879. p. 121, n" 171. — Otocompsa flaviventris R. B. Sliaipe, Cat. Birds 
Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 161; Gates, liandb. Birds Bril. Burmah, 1883, t. I, 
p. 199, n» 19.5; Oustalet, Bull, du Muséum d'Hist. nat., 1896, n° 5, p. 184, n° 37. 

Les Boulbouls à capuchon noir et à ventre jaune ne sont pas rares en 
Basse-Cochinchine (1), et beaucoup plus communs au Laos où M. le 
D' Harmand a tué plusieurs individus, dans les mois de décembre 1875 et 
de janvier 1876, à Seng-treng, à Khong et à Melou-Prey, sur des arbres 
élevés, autour des villages. Deux mâles et une femelle de la même 
espèce ont été tués, à des dates plus récentes, en 1 892 et en 1 894, à Van- 
Bou et à Lai-Chau (ïonkin) et entre Mienning et Yun-Chou (Yunnan) par 
le prince Henri d'Orléans. 

Comme d'autre part VOtocompsa flaviventris est répandue dans le 
Pégou, dans le Ténassérim, dans l'Arrakan, dans le Népaul et dans les 
forets de l'Inde centrale, il est certain qu'elle se rencontre aussi dans le 
Siam. 

Dans son Catalogue des Oiseaux de la Basse-Cochinchine, M. le 
D' Gilbert Tirant signale encore la présence dans ce pays de trois autres 

(i) Plusieurs de ces Boulbouls ont été pris sur le continent de la Basse-Cochinchine par 
M. P». Germain et par M. Pierre, et sur Pile Phu-Qoc par M. le D'' Harmavp. 

Nouvelles Archives du Muséum, 4"^ série. — V. '■'■ 



82 E. OUSTALET. 

espèces de Timéliidés, savoir : Pycnonotus analis (1) qu'il appelle /iCM5 
analis, Pycnonotus plumosus (2) qu'il appelle Ixus plumosus et lole 
olivacea[d)\ mais aucune de ces trois espèces n'a été rencontrée jusqu'ici 
dans la région que j'étudie dans ce travail, c'est-à-dire dans le Cambodge, 
le Laos, l'Annam et le Tonkin. M. le D' Tirant n'est du reste pas abso- 
lument certain qu'un Oiseau qu'il a tué à Thù-dàu-môt doive être 
rapporté à Viole olivacea (4), espèce propre aux îles de la Sonde et à la 
presqu'île malaise, et selon moi ce pourrait être aussi bien un spécimen 
à'Iole viridescens^ espèce qui de l'Arrakan s'avance jusque dans la 
Birmanie anglaise. Les Oiseaux que le même naturaliste désigne sous le 
nom du Pycnonotus plumosus doivent plus certainement encore être 
attribués au Pycnonotus Blanfordi (5) qui se rapproche beaucoup du 
P. plumosus^ mais qui a les plumes des joues plus distinctement rayées 
de blanc, le manteau d'une autre nuance, etc. ?]n effet, toute une série de 
spécimens pris par M, R. Germain sur divers points de la Basse-Gochin- 
chine, et dénommés par lui Pycnonotus inornatus^ sont incontestable- 
ment des P. Blanfordi. J'en dirai autant d'un Oiseau tué sur les bords 
du Mékong, probablement dans la province de Chaudoc, par M. le 
D' Harmand, et d'un spécimen recueilli à Sarabouri, dans le royaume de 
Siam, par M. Bocourt. Il est du reste encore plus naturel de rencontrer 
dans le sud de l'Indo-Chine française le P. Blanfoi^di qui est très commun 
dans le Pégou, que le P. plumosus qui habite plutôt les îles de Bornéo et 
de Sumatra et la péninsule malaise et qui ne dépasse guère le sud de 
Ténassérim. 

Quant à la troisième espèce citée par M. le D' Tirant, elle a été correc- 
tement déterminée Pycnonotus (ou Ixus) analis ; tous les Timéliidés de 

(1) Turdus aJia/î's IloRSFiELD, Trans.Linn. Soc, t. XIII, p. 147. — Pycnonotus analis Ph. L. Sclater, 
Procecd. Zool. Soc. Loml., iB&3, p. 216. — P.. B. Siiarpe, Cat.Birds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 140. 

(2) Blanford, Journ. Asiat. Soc. Bengal, t. XIV, p. 507; Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, 
t. VI, p. 132 ; Uates, Handb. BirdsBrit. Burmah, 1883, l. I, p. 196, n» 191. 

(3) Bi.YTii, Journ. Asiat. Soc. Bengal, t. XIII, p. 386 ; R. B. Siiarpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, 
t. VI, p. 5"j ; T. Salvadori, Ann. del Museo civico di Storia naturale di Genova, 1889, 2*^ série, 
t. VII, p. 32, n° 80. 

(4) Blyth, Journ. Asiat. Soc. Bengal., t. XIV, p. 573 ; R. B. Siiarpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1881, 
t. VI, p. 56 ; Oates, Ilandb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 177, n» 171. 

(b) Jerdon", Ibis, 1862, p. 20; R. B. Siiarpe, Cat. Bii'ds Brit. Muséum, 1881, t. VI, p. 151 ; Oates, 
Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 195, n° 190. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 83 

ce type que j'ai eus sous les yeux venant de la Basse-Cochinchine où ils 
ont été recueillis par M.R. Germain ont, en effet, les plumes auriculaires 
d'un brun grisâtre très pâle et se distinguent par ce caractère et par 
d'autres particularités des Ixus goiover des Philippines dont M. Germain 
les avait rapprochés. Le Pycnonoius analis^ d'ailleurs, ne se rencontre 
pas seulement sur les îles de la Sonde, mais sur toute la péninsule 
malaise et est très répandu dans le Ténassérim ; il n'est donc pas 
étonnant qu'il se trouve dans la Basse-Cochinchine qui a tant d'espèces 
communes, soit avec la presqu'île de Malacca et les îles malaises, soit 
avec la Birmanie anglaise. Peut-être même sera-t-il signalé prochai- 
nement dans le Laos et le Cambodge. 

169. POMATORIII^US OCIIRACEICEPS. 

Pomatorhinus ochraineceps Walden, Ann. and Mag. Nat. Hist., 1873, A" série, 
t. XII, p. 187, et Blijlh'a Birds Burmah, 1873, p. 113; Gates, Ilandb. Birds Brit. Bur- 
mah, 1883, t. I, p. 73, n° 75; R. B. Sliarpe, Cat. Brids Brit. Muséum. 1883, t. YII, 
p. il7; T. Salvadori, Ann. del Museo Civico di Storia nat. di Genova, 1889, 2" série, 
t. VII, p. 43, 11° 108. 

M. Le D' Harmand a tué, en 1877, sur le plateau entre Attopeu et 
Bassac (Laos) un Oiseau de cette espèce dont le type a été envoyé à lord 
Walden par feu le colonel Lloyd qui l'avait pris sur les monts Kareen 
(ou Carin) dans la Birmanie anglaise. Plus tard, le Pomatrhoinus ochracei- 
c^yo.^f a été retrouvé sur les mêmes montagnes par M. Leonardo Fea,dansle 
Kareni(ou Karennee), aune altitude de 800 mètres environ, par le capi- 
taine Wardlaw Ramsayet sur lemont Mooleyit, dans le Ténassérim, aune 
altitude de 1 000 mètres, par M. Davison. Ce sont les seules localités où, 
à ma connaissance, on ait signalé, jusqu'ici \q Pomathorhinus ochraceiceps 
qui paraît être une espèce propre à la zone moyenne de l'Indo-Chine et 
qui, comme tous les Pomathorinus, se tient sur les montagnes boisées. 

170. POMATORHINUS RUFICOLLIS. 

Pomatorhinus ruflcollis Hodgson, Asiat. Besearches, 1836, t. XIX, p. 182; Jerdon, 
Bi7^ds of India, 1803, t. II, p. 29, n" 400; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877. 
p. 186, n« 280; Anderson, Zool. Besulls Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I, Ares, p. 633, 
11° 118; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VII, p. 426; Oustalet, Cat. 
Oiseaux, in Henri-Pli. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894. Appendice, p. 627. 



84 E. OUSTALET. 

Feu le prince Henri d'Orléans a tué le 3 février 1872 à Kui-Duc 
(Tonkin) un mâle de cette espèce dont il a remis la dépouille au Muséum. 
Le Pomatorhhms ruficoUis , découvert dans le Népaul par Hodgson, a été 
rencontré plus tard dans le Sikkim, dans le Boutan, dans le Yunnan occi- 
dental et sur les montagnes boisées de la Chine méridionale jusqu'au 
Hoang-ho ; mais il n'a pas signalé jusqu'à présent dans le centre et le 
sud de la Birmanie anglaise et je n'en ai vu aucun spécimen venant du 
Laos, du Cambodge, de l'Annam ou de la Basse-Cochinchine. Son aire 
d'habitat s'étend plus au nord de l'Himalaya oriental aux montagnes du 
Setchuan et de Fokien, à travers la Haute-Birmanie, le Yunnan et le 
Tonkin. 

Le Muséum a reçu en 1867, de M. Pierre, directeur du Jardin bota- 
nique de Saigon, un exemplaire d'une autre espèce de Pomatorhinus^ le 
P. hyjjoleucus (1) qui a été découvert dans l'Arrakan, où il paraît être 
assez rare et qui a été retrouvé sur les monts Khasi et dans le Cachar. 

171. GARRULAX BELANGER!. 

Garrulax Belangeri Lesson, Traité d^Ornith., 1831, p. 048; Bélanger, Voi/. aux 
Indes orient., 1834, Oiseaux, p. 258 et pi. IV; Blyth et \\'i\\den,Birds Burmah, 1875, 
p. 187; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 124, n" 182 (?); 
Oates, Handb Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 33, n° 33; R. B. Sharpe, Cat. Birds 

.. Brit. Muséum, 1883, t. VII, p. 438. 

Deux individus de cette espèce ont été tués par M. le D' Harmand, 
en 1876, dans une localité du Cambodge qui n'a malheureusement pas 
été indiquée exactement. 

Le Garrulax Belangeri est très commun dans les régions boisées du 
Pégou et c'est de là que le type de l'espèce a été rapporté au Muséum 
par Bélanger, en 1828 ; il se trouve aussi dans une partie du Ténassérim. 
D'après M. le D' Gilbert Tirant il serait aussi extrêmement répandu dans 
toutes les forêts de la Basse-Cochinchine; mais je suis porté à croire, 
avec M. E. W. Oates, qu'il a été fait confusion avec le Garrulax Diardi L., 

(1) Orthorhiniis hypolcuciis Blyth, Journ. Asial. Soc. Bengal, l. XIII, p. 371. — Pomatorhinus hypo- 
leucus Blyth, Journ. Asiat. Soc. Bengal, t. XIV, p. 597, et Birds Burmah, p. )13; Oates, Handb. 
Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 75, n» 79; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VII, 
p. 498. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 85 

que M. Tirant ne cite pas dans son Catalogue, et qui a été rencontré 
aux environs de Saigon par M. Pierre. 

172. GARRULAX DIARDL 

Turdus Diardi Lesson, Traité d'Ornith., 1831, p. -408; Pucheran, Noiw. Arch. du 
Muséum d'IIist. nat., 1855, t. VII, p. 376. — Garrulax leucogaster Walden, Proceed. 
Zool. Soc. London, 186(), p. 549. ■ — Garrulax Diardi Gray, Handlist Gen. and 
Spec. of Birds, 1869, t. I, p. 281, n° 4151 ; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, 
t. I, p. 34, n" 35 ; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. iVuseum, 1883, t. VII, p. 437 ; Oustalet, 
Cat. Oiseaux, in Ilenri-Ph. d'Orléans, Autour du Tonkin, 1894, Appendice, p. 604, et 
Bull, du Muséum d'Hist. nat., 1878, n° 1, p. 15, n° 34. — Garrulax Belangeri 
G. Tirant, Oiseaux delà Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 124, n° 182 (?). 

Cette espèce, qui ne diffère guère du Garrulax Belangeri que par la 
couleur blanche de la région postérieure de son abdomen et la teinte 
grise de sa nuque, a été rencontré sur les collines qui se trouvent à la 
limite du Ténassérim et du Siam, puis dans le royaume de Siam et en 
Basse-Gochinclîine et enfin dans le Cambodge, le Laos et le Tonkin. Le 
Muséum en a reçu, en effet, de M. Bocourt deux spécimens provenant 
de Bang-Pla-Soï et de Sarabouri (Siam) ; de M. le D' Harmand, trois 
autres exemplaires, recueillis, en 1876, à Siâm-réap, dans le pays des 
Kouys et dans le nord de la province de Compang-Soai (Cambodge) ; du 
prince Henri d'Orléans, deux individus tués à Van-Bou (Tonkin) et à 
Sop-Nao (Laos), le 21 février et le 26 mars 1892, et du marquis de Bar- 
thélémy, un autre individu tué à Sop-Vi (Laos). 

D'après M. le D' riarmand(l), les Garrulax de Diard sont très communs 
dans certains endroits boisés et montagneux de la Cochinchine et du 
Cambodge, mais se trouvent toujours très localisés. Ils aiment à fré- 
quenter les fourrés épais, croissent sur un sol humide, au pied des mon- 
tagnes, où ils se montrent en bandes de cinq, quinze ou vingt individus, 
menant grand tapage. M. le marquis de Barthélémy les a observés très 
fréquemment de son côté, et également en petites troupes, dans la région 
de Luang-Prabang (Laos). 

M. le D' Harmand indique le bec noir, les tarses d'un gris noirâtre et 
l'iris fauve chez l'Oiseau vivant. 

(1) Note manuscrite sur une étiquette. 



86 E. OUSTALET. 

173. GARRULAX MONILIGER. 

Cinclosoma moniliger Hodgson,^5m?. Mesearc/ies, 1836. t. XIX, p. 147. — Garrulax 
moniliger Blyth, Journ. Asiat. Soc. Bengal, 1843, t. XII, p. 949, et 1845, t. XIV, 
p. 598; Jerdon, Birds of India, 1863, t. II, p. 40, n» 413; Blyth et Walden, Birds Bur- 
ma/i, 1875, p. 108 ; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 35, n° 36; R. B. 
Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VII, p. 442. 

Le Garrulax moniliger a été trouvé dans l'Assam, dans le Sikkim, 
dans une grande partie de la Birmanie anglaise, dans le Pégou, dans 
IWrrakan, dans le Ténassérim et sur les monts Karen ou Carin par divers 
naturalistes anglais. M. le D' Harmand en a obtenu, de son côté, un 
spécimen dans la région qui s'étend au nord-nord-est d'Attopeu (Laos), 
en 1877. 

Cette espèce n'est pour ainsi dire qu'une réduction du Garrulax pec- 
toralis (1) qui habite, dans l'Inde et la Birmanie, les mêmes districts et 
dont le prince Henri d'Orléans a tué un spécimen à Muang-la, dans le 
Yunnan, en 1895. 

174. DRYONASTES CHINENSIS. 

Le petit Geay de Chine Sonnerai, Voy. aux Indes orientales, 1782, t. II, p. 188 et 
pi. 107. — Lanius chinensis Scopoli, Délie. F/or. et Faun., 1786, t. II, 
p. 86. — Garrulax chinensis Blyth, Journ. Asiat. Soc. Bengal, 1845, t, XIV, p. 598; 
Blyth et Walden, Birds Burmah, 1875, p. 107; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 
1877, p. 191, n° 285; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, t. I, p. 38, n» 38; R. B. 
Sharpe, Cat. Birds Brit. Museian, i883, t. VII, p. 455. 

Le Dryonastes chinensis a pour patrie les provinces méridionales de la 
Chine et s'avance, à travers le Tonkin, jusque clans le Pégou et dans le 
Ténassérim où il n'est pas très répandu. Outre le type du Petit Geay de 
la Chine de Sonnerat, les collections du Muséum renferment des exem- 
plaires de cette espèce pris dans le Setchuan occidental par M. l'abbé 
David, et au Tonkin par M. le colonel Babier. 

175. DRYONASTES LUGENS (PI. 6, fig. 2). 

Dryonastes chinensis var. lugens Oustalet, Bull. de]la Soc. philomathique , 1878- 
1879, 7"= série, t. III, p. 221, et Cat. Oiseaux, in Henri-Ph. dOrléans, Autour du Ton- 

(1) limthucincla pecloralis J. Gould, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1833, p. 186. — Garrulax pectoralis 
Jerdon, Birds of India, 1863, t. II, p. 39, n° 412 ; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, p. 36, 
n" 37 ; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VU, p. 441 ; Oustalet, Bull, du Muséum 
d'Hist. nat., 1876, n°b, p. 184, n" 31. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 87 

kin, \.S9Â:, Appendice, Tp. 629. — Dryonastes lugens Oustalet, Bull, de la Soc. sool. 
de France, 1890, t. XV, n" 7, p. 155. 

Dans la première série de nos Notes d'' Ornithologie, publiées dans le 
Bulletin de la Société philomathique de Paris., en 1878-1879, j'ai signalé la 
présence, dans une collection envoyée du Laos par M. le D' Harmand, 
en 1877, d'un Dryonastes différent du D. cliinensis par l'absence totale 
de plaque blanche sur les joues et les oreilles qui sont d'une teinte 
brun très foncée, tirant au noirâtre et se fondant intérieurement dans la 
teinte noire du rabat qui couvre le menton et la gorge. J'ai retrouvé 
exactement les mêmes caractères chez trois Oiseaux qui ont été tués 
par le prince Henri d'Orléans le 28 janvier, le 17 février et en mars 1892 
à Cho-Bo, à Nam-Xong et à Lai-Ghau (Tonkin). Comme le type même 
de l'espèce, ces Oiseaux ont aussi la tache noire du menton et de la 
partie antérieure du cou plus étendue que chez les Dryonates chinensis, 
cette tache, très large, descendant jusque sur le haut de la poitrine; ils 
ont en revanche les lisérés externes des rémiges un peu moins 
marqués et l'abdomen d'une nuance olivâtre un peu plus accusée. La 
constance de ces particularités sur des individus pris dans diverses loca- 
lités et à différentes époques me paraît indiquer qu'il ne s'agit pas ici 
de caractères transitoires, inhérents à telle ou telle livrée, mais bien des 
signes dislinctifs d'une race ou même d'une espèce dont Taire d'habitat 
se prolongerait du Tonkin, où elle se trouverait dans le voisinage du 
Dryonastes chinensis, jusque dans le Laos. 

176. DRYONASTES MAESI (PI. 6, fig. 1). 

Dryonastes Maesi Oustalet, Bull, de la Soc. cool. de France, 1890, t. XV, n» 7, p. 155; 
Bull, du Muséum d'IIist.nat., 1898, n° 6, p. 255,11° 2; Nouv. Arc/i. du Muséum d'Hist. 
nat., 1901, 4= série, t. III, p. 280. 

Les collections du Muséum d'Histoire naturelle se sont enrichies, en 
1896, 1898 et 1901, de plusieurs exemplaires de cette espèce que j'ai 
fait connaître en 1890, d'après un spécimen qui a été donné au même 
établissement par mon ami M. Albert Maës et qui faisait partie d'une 
série d'Oiseaux provenant du Tonkin. J ai pu vérifier ainsi la constance 



88 E. OUSTALET. 

des caractères distinctifs que j'avais assignés au Dryonastes Maësi, carac- 
tères qui résident dans une taille plus forte que celle du B. chinensis, 
dans la coloration différente des parties supérieures du corps, la nuque 
et le menton étant d'un gris cendré, dans l'absence de rabat noir sur la 
gorge qui est couverte d'un plastron brun et dans l'ampleur de la tache 
blanche des côtés de la tète, qui va rejoindre, par une raie sourcillière 
blanche très étroite, le bandeau frontal blanc, plus large que chez le 
D. chineiîsis. D'un autre côté, comme les exemplaires qui sont parvenus 
au Muséum de 1896 à 1901 avaient été recueiUispar les missionnaires de 
Tatsien-lou ou leurs élèves dans les environs de cette localité du 
Setchuan occidental, il faut étendre jusque dans cette région l'aire 
d'habitat du Dryonastes Maesi qui doit se trouver aussi dans le nord du 
Yunnan. 

177. DMONASTES PERSPICILLATUS. 

Le Merle de la Chine Daubenton, Planches enl., 1770-1886, t. IV, pi. 604; BufFon, 
Hist. nat. Oiseaux, t. III, p. 308. — Turdus perspicillatus Gmelin, Sijst. A'at., 
1788, t. I, p. 030. — Garrulax perspicillatus Blyth, Jauni. Asiat. Soc. Bengal, 
1843, t. XII, p. 948 et 1845, t. XIV, p. 598; David et Oustalet, Oiseaux de la Chine, 1877, 
p. 191, n°28G et pi. 52; G. Tirant, Oiseaux de la Basse-Cochinchine , op. cit. 1879, p. 124, 
n" 181. — Dryonastes perspicillatus R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883 
t. VII, p. 458. 

Nom local : Co?î Bà chdo (annam.) [d'après M. G. Tirant]. 

Cette grande espèce de Garrulax est répandue dans la Chine méri- 
dionale et particulièrement dans le sud du Chcnsi, où elle est sédentaire 
et où M. l'abbé David l'a observée fréquemment sur les deux rives du 
Hoang-ho. Elle a été rencontrée également dans le Siam par Finlayson, 
dans le Laos par M. le D' Harmand, qui en a envoyé un exemplaire au 
Muséum, en 1877, et dans la Basse-Cochinchine par M. le D' Gilbert 
Tirant et par M. le D' Morice; mais elle paraît être peu commune dans 
ITndo-Chine française. 

178. TIMELIA PILEATA. 

Timalia pileata Horsfield, Trans. Litin. Soc, 1820, t. XIII, p. 151, et Zool. Resea?'ches 
Java, 1824, pi. 43, fîg. 1; Jerdon, Birds of India, 1863, t. II, p. 24, n" 396; Anderson, 
Zool. Results Exped. to W. Yunnani, 1878, t. I, Aves, p. 634, ti" 120. — Timalia 
Jerdoni Walden, Ann. and. Mag. JSat. Hist., 1872, 4" série, t. X, p. 01; Blyth et 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 89 

Walden, Birds Biirmah, 1875, p. 11 i. — Timalia Jerdoni G. Tirant, Oiseaux de la 
Basse-Cochinchine, op. cit. 1879, p. 123, n° 184. — Timelia pileata, Oates, Handb. 
Birds Brit. Bunna/i, 1883, t. L p. ii, n" 46, R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 
1883, t. VII, p. 507. — Timelia pileata Oustalet, Caf. Oiseaux, in Henri-Pli. d'Orléans, 
Autour du Tonhin, 1894, Appendice, p. 623. 

La Timelia pileata est assez répandue dans Tlndo-Chine française. 
M. R. Germain en a remis au Muséum plusieurs spécimens pris en Basse- 
(]ochinchine ; d'autres ont été obtenus dans la même contrée par M. le 
D' G. Tirant et par M. Pierre; d'autres enfin ont été tués par M. le 
D' Ilarmand, en 1876 et au commencement de 1877, dans le pays des 
Kouys, sur les frontières du Cambodge et du Laos, à Bassaç et sur les 
bords du Sé-Dône (Laos) et par le prince Henri d'Orléans, le 6 février, 
le 8 et le 20 mars 1892, sur la rive gauche du fleuve Rouge, au delà de 
Van-Bou, à Lang-Ma et à Muong-Theng (Tonkin). 

En dehors de l'Indo-Ghine française la môme espèce a été rencontrée 
par M. le D' Anderson à Bhamô sur les frontières de la Haute-Birmanie 
et du Yunnan, dans le Pégou, dans le Ténassérim, dans le Cachar, dans 
les plaines du Bengale oriental, sur les collines du Népaul et du Sikkim, 
dans le sud de la péninsule malaise, où elle est moins répandue, et sur 
l'île de Java. 

179. PELLORNEUM SUBROCHRACEUM. 

Pellorneum subroehraceum Swinlioe, Ann. and Mag. Nat. Hist , 1871, 4= série, t. YII, 
p. 257; Twedtlalc, Ibis, 1877, p. 386 et 452, et pi. X; G. Tirant, Oiseaux de la Basse- 
Cochinchine, op. cit., 1879, p. 120, n» 189; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883. 
t. I, p. 66, n" 68; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VII, p. 521. — Pel- 
lorneum minor Hume, Stray Feathers, 1873, p. 298; Blyth et Walden, Birds Bur- 
mah, 1875, p. 114. 

M. le D' Harmand a tué, à la fin de 187(5 et en 1877, dans la province 
de Chaudoc (Cochinchine) et dans le Laos, deux individus de cette 
espèce qui est commune dans le Pégou et le Ténassérim et qui s'avance 
sur une partie de la péninsule malaise. 

180. STACHYRIS iMGRICEPS. 

Stachyris nigrieeps Hodgson, Icon. iited. in Brit. Muséum, Passeres, Append., pi. 89, 
et Grai/s Zool. Misccll., 184't, p. 83; Jerdon, Birds of India, 1863, t. II, p. 21, n° 391 ; 
Blyth et Walden, Birds^Burmah, 1875, p. 116; Anderson, Zool. Bcsults Exped. ta W. 
Yunnan, 1878, t. I, Aves, p. 636, n" 123; Oates, Handb. Birds Brit. Burmah, 1883, 
t. I, p. 48, n" 49; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VII, p. .533. 
Nouvelles Archives nu Moséom 4"= série. — V. 12 



90 E. OUSTALET. 

Le prince Henri d'Orléans a remis au Muséum, en 1892, un individu 
de cette espèce qu'il avait tué à Lai-Chau (Tonkin) au mois de mars de 
la même année. 

Le Stachyris nigriceps avait été rencontré précédemment à Ponsee. 
sur les limites de la Haute-Birmanie et du Yunnan par le D' J. Anderson, 
dans les forêts d'arbres verts qui couvrent les collines du Pégou sur 
M. E. W. Oates, dans le Ténassérim jusqu'à la ville de ce nom par 
M. Davison, dans l'Arrakan par Blyth, dans leBoutan, le Sikkim et le 
Népaul par B. H. Hodgson et d'autres naturalistes anglais; mais dans 
plusieurs des pays que je viens de citer il ne paraît pas être commun, 
H doit en être de même dans l'Indo-Ghine française où peut-être il ne 
descend pas jusque dans le Laos. 

181. MALACOPTERUM RUFIFRONS. 

Fourmilier à calotte rousse Hombron et Jacquinot, Voy. au pôle Sud, Zool. Atlas, 
pi. 19, fig. 1. — Malaeopteron rufifrons Cabanis, Muséum Hein., 1830, part. I, p. 65. 
— ? Timalia ruficapilla Jacquinut et Pucheian, Voy. au pôle Sud, Oiseaux, 1853, 
t. III, p. 89. — Macronus lepidocephalus Giay, Handlist Gen.and Spec. of Birds, 
1869, t. I, p. 318, n" 4767. — Malacopterum lepidocephalum R. B. Sharpe, Cat. 
Birds Brit. Muséum, 1883, t. VII, p. 567. 

Je rapporte avec quelque hésitation à cette espèce (1), qui habite plutôt 
les îles de la Sonde que le sud du continent asiatique, un Oiseau qui a 
été tué à Bassac (Laos) par M. le D' Harmand, en 1877. 

18^2. MIXORNIS GULARIS. 

Motacilla gularis Raffles, Trans. Linn. Soc, 1820, t. XIII, p. 312. — Mixornis 
gularis Blyth, Cat. Birds Mus. Asiat. Soc., 18i9, p. 149; G. Tirant, Oiseaux de lu 
BasseCochinchine, op. cit., 1879, p. 125, n° 187; Oate?,, Handb. Birds Brit. Burmah, 
1883. t. I, p. 51, n''52; R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VII, p. 576. — 
Mixornis sumatrana Ch.-L. Bonaparte, Consp. Av., 1830, t. I, p. 217. 

Nom local : Thidp-thoimg-wàn (cambodg.) [d'après M, le D' Harmand]. 
A en juger par le nombre d'exemplaires qui ont été recueillis en 

(l)Au nom Ae Mahicofiteruin kfiidocephalum adopté par R. B. Sharpe, d'après Gn.w, j'ai cru 
devoir substituer celui de M. rufifrons qui a incontestablement la priorité Quant à décider s'il 
faut rapporter à cette espèce le Fourmilier à calotte rousse de Hombron et .Iacquinot ou Timalia rufi- 
capilla de Jacquinot et Pucheran, je ne me hasarderai pas à le faire, n'étant pas absolument cer- 
tain qu'un Oiseau qui fait partie des collections du Muséum doive être considéré comme le type de 
la description et de la figure publiées par ces auteurs. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 91 

Basse-Cochinchine par M. R. Germain, cette espèce doit être plus com- 
mune dans ce pays que ne le dit M. le D' G. Tirant. Elle doit être éga- 
lement répandue dans le Cambodge où M. le D'' Harmand en a tué 
plusieurs individus, notamment dans la province de Pursât, au mois de 
juin de l'année 1875. M. E. W, Oates et leD' Sharpe l'indiquent comme 
étant commune dans le Ténassérim et sur toute la presqu'île du Malacca 
où M. Rolland et M. Rùck ont recueilli plusieurs exemplaires qu'ils ont 
donnés au Muséum' et qui ne diffèrent de ceux de la Cochinchine que 
par des dimensions légèrement plus faibles et par lesteintesun peu plus 
vives de leurvertex et des parties supérieures de leur corps, fortement 
nuancées de brun rougeâtre. La Mixornis gularis a été également ren- 
contrée dans l'île de Sumatra par M. A. R. Wallace. 

R. B. Sharpe a indiqué, d'après R. G. Wardlaw Ramsay, le bec comme 
étant d'un gris ardoisé tirant au bleuâtre, les pattes verdàtres et l'iris 
brun chez la Mixor7iis gularis '^ M. le D' Harmand a noté des couleurs 
un peu différentes pour le bec et les pattes, du gris jaunâtre pour les 
tarses et du jaune-orange pour l'iris. 

183. MLXORNIS RUBRICAPILLA. 

Motacllla rubricapilla Tickell, Journ. Asiat. Soc. Be7igal, IS33. p. 576. — Jora 
chloris Blyth, Journ. Asiat. Soc. Bengal, 18-42, t. XI, p. 794. — Mixornis rubrica- 
pilla Horsfielcl et Moore, Cal. Birds Muséum E. I. Co, t. I, p. 229. — Mixornis 
rubricapillus Jerdon, Birds of India, 1863, t. II, p. 23, n" 395. — Mixornis rubri- 
capilla Anderson, Zool. Resulls Exped. to W. Yunnan, 1878, t. I, A ves, p. 635, n° 121 ; 
Oates, Ifa7idb. Birds Brit. Burmaft, 1883, t. I, p. 50, n" 51 ; R. B. Sharpe, Cat. Birds 
Brit. Muséum, 1883, t. VII, p. 578. — Mixornis rubricapillus G. Tirant, Oiseaux de 
la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 125, n° 187. 

Je n'ai trouvé aucun spécimen de Mixor7iis rubricapilla dans les collec- 
tions venant de la Basse-Cochinchine que j'ai eues entre les mains; tous 
les Mixornis originaires de ce pays que j'ai pu étudier étaient des Mixornis 
gularis (1), ce qui ne concorde pas avec ce que dit M. le D' Gilbert 
Tirant qui donne la Mixornis rubricapilla comme se trouvant dans les 
mêmes localités de la Basse-Cochinchine que la M. gularis et comme 

(1) R. B. Sharpe cite cependant, parmi les exemplaires de Mixornis rubricapilla qui figui'ent dans 
les collections du British Muséum, un spécimen pris en Cochinchine par M. Pierre. 



92 ' E. OUSTALET. 

étant plus commune que celle-ci. En revanche, j'ai pu examiner toute 
une série de /)/. rubricapilla^ des deux sexes, tués par le prince Henri 
d'Orléans à Bai-Cuon sur la rive gauche de la rivière Noire, puis au delà 
de Takoa et de Van-Bou et enfin à Lai-Chau (Tonkin) du 3 février au 
10 mars 1892. Tous ces Oiseaux répondent bien à la description que 
B. B. Sharpe adonnée àQ\diMiœo7'nis rubricapilla ; ils sont de plus petite 
taille que les Mixornis gularis de la Basse-Cochinchine (1) et ils ont les 
stries de la gorge moins marquées. 

J'attribue à la même espèce deux Oiseaux qui ont été envoyés du 
Siam : l'un, il y a une quarantaine d'années, par M. Bocourt, et Tautre, 
en 1882, par M. le D^ Harmand. 

h2i Mixor7ïis riib7^icopilIa habite aussi le Népaul, le Sikkim, le Boutan, 
l'Assam, le Cachar, le Pégou etâ été rencontrée près des frontières de la 
Haute-Birmanie et du Yunnan parle D'J. Anderson. 

184. ALCIPPE PHAYREI. 

Alcippe Phayrii Blyth, Journ. Asiat. Soc. Bcngo/, IS'iS, t. XIV, p. 601; Blyih, Birds 
Bur/ua/i, 1875, p. 115; Oates, Handb. Birds Brit. Bvrma/t, 1883, t. I, p. 69, n" 71 
R. B. Shaipe, Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. YII, p. 623. — Alcippe Phayrii 
Anderson, Zool . Results Expcd. to W. Yunnan, 1878, t. I, Aves,-ç. 635, n° 122 et 
pi. XLVIII. — Timaliasp., Oiistalet, Cat. Oiseaux, in Henri-Ph. d'Orléans, Autour du 
Tonkin, 189-4, Appendice, p. 627. 

Trois Alcippe tuées parle prince Henri d'Orléans à Takoa, sur la rive 
droite de la rivière Noire, à Muong-Chum et à Seh-Lang (Tonkin) les 8 
et 16 février et le 15 mars 1892, appartiennent à cette espèce, qui des 
collines du nord-est du Bengale s'avance ainsi à travers la Haute-Bir- 
manie jusque dans le Tonkin et qui est répandue d'autre part dans 
l'Arrakan, dans le Pégou et le Ténassérim. 

185. MESIA ARGENTAURIS. 

Mesia argentauris Ilodgson, Indian Revicio, 1838, t. II, p. 88; Oates, Handb. Birds 
Brit. Burmah, 1883, t. I, p. I'i3, n» 139; R. B. Sharpe, Cal. Birds Brit. Muséum, 1883, 
t. YII, p. 6-42. — Leiothrix argentauris Gray, Gen. of Birds, 18-46, t. I, p. 269; 

(1) Ce doit être par suile d'un lapsus calami que M. E. W. Oates indique la. Mixornis gularis 
comme étant un peu plus petite que la M. rubricapilla. 



LES OISEAUX DU CAMBODGE, DU LAOS, ETC. 93 

J. GouU, Birds ofAsia, part. m,])l.; 3erdon, Birds of India, 1863, t. O, p. 2ol,n°615 ; 
Blyth et V^'alden, Birds Burmah, 1875, p. 109; Anderson, Zool. Results Exped. to W. 
Yunnan, 1878, 1. 1, Aves, p. 630, \v> 109. 

M. le D' Harmand a envoyé au Muséum, en 1877, un mâle adulte et 
un plumage complet de cette belle espèce qu'il avait tué sur le plateau 
des Bolovens, dans le Laos. La Mesia argentauris avait été rencontrée 
précédemment dans le Népaul, le Sikkim, sur les monts Khasia, sur les 
montagnes de Tonghoo et de Karen-nee, à une altitude de 500 à 
1 330 mètres, sur le mont Mooleyit, dans leTénassérim, et sur les limites 
de la Haute-Birmanie et du Yunnan. 

Deux autres espèces de Timéliidés que M. le D' Gilbert Tirant cite dans 
son Catalogue, savoir : Timelia (ou Mixornis) erythroptera (1) et Mala- 
copteron (ou mieux Turdinus) magnirostris (2) ne sont pas représentées 
dans les collections de la Basse-Cochinchine ou d'autres contrées de 
rindo-Chine que j'ai eues sous les yeux. 

En revanche, l'examen rapide que je viens de faire, durant l'impres- 
sion de cette partie de mon mémoire, de deux collections d'Oiseaux de 
l'Annam remises au Muséum, l'une en 1900, par M. le marquis de Bar- 
thélémy, l'autre en 1901, par M. Alexandre Godefroy, me permet 
d'ajouter, pour quelques-unes des espèces de Timéliidés ci-dessus men- 
tionnées, de nouveaux renseignements, principalement d'ordre géogra- 
phique (3). 

Ainsi un spécimen à^ Hypsipetes concolor (n" 158) a été obtenu par 
M. de Barthélémy, en 1899, à Phan-Bang (Annam) où l'espèce est 
connue sous le nom d'A/o«. 

Le Pycnonotus Germaini (n° 164) se trouve non seulement au Cam- 
bodge et dans le Laos, mais dans l'Annam, car un individu de cette 

(1) Timelia erythroptera Blytii, Journ. Asiat. Suc. Bengal, 1842, t. XI, p. 794; G. Tin.v>T, Cat. 
Oiseaux de lu Basse-Cochinchirte, op. cit., 1879, p. 125, n" 18o. — Mixornis erijthroptera R. B. Sharpe, 
Cat. Birds Brit. Muséum, 1883, t. VU, p. ;380. 

(2) Akippe maynirostris Moore, Proceed. Zool. Soc. Lond., 1834, p. 277. — Malacopleron magni- 
rostris, Gr.vy, Handlist Gen. and Spec. of Birds, 1869, t. I, p. 317, n° 4744 ; G. Tirant, Oiseaux de 
la Basse-Cochinchine, op. cit., 1879, p. 126, n" 188. — Malacopterum magnirostris, Gates, Handb. 
Birds Brit. Burmah, 1883, t. 1, p. b6, n" 38. — Turdinus magnirostris, R. B. Sharpe, Cat. Birds Brit. 
Muséum, 1883, t. Vil, p. 547. 

(3) Les numéros indiqués entre parenthèses sont ceux que les espèces portent dans le texte. 



94 E. OUSTALET. 

espèce, provenant de Nha-trang, figure dans la collection donnée au 
Muséum, par M. Godefroy, en 1901. 

Un s\)écimen. d'Otocotnpsa jocosa (n° 167) a été pris par M. de Barthé- 
lémy, dans la région du haut Song-Tha-Guk, à l'altitude de 1 500 mètres. 
L'espèce est connue des Annamites sous le nom de Tak-lud. 

M. le marquis de Barthélémy, qui avait déjà rencontré dans le Laos le 
Garrulax D'iardi (n° 172), en a tué un individu à Phan-Bang (Annam) où 
l'espèce serait désignée par les Annamites sous le même nom [Aiod) 
que V Hypsipetes concolor^ auquel le Garndax Diardi ne ressemble pour- 
tant sous aucun rapport. 

Enfin aux contrées de l'Indo-Chine que j'ai signalées comme étant 
habitées par le Garrulax moniliger (n" 173), il faut ajouter désormais 
l'Annam, un exemplaire de cette espèce, pris à Nha-trang se trouvant 
dans la collection de M. Godefroy. 

(A suivre.) 



REVISION DES CIRRHIPEDES 

APPARTENANT A LA COLLECTION DU MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



PAR 



A. GRUVEL 

MAÎTRE DE CONFÉRENCES A LA FACULTÉ DES SCIENCES (UNIVERSITÉ DE BORDEAUX) (i) 



OPERCULÉS 

I. — PARTIE SYSTÉMATIQUE 

Dans notre mémoire sur les Cirrhipèdes du « Travailleur » et du 
« Talisman », nous avons établi une nouvelle classification de ce groupe 
intéressant. Nous avons divisé les cirrhipèdes operculés en deux tribus : les 
Asymétriques (Asymetrica) et les Symétriques (Symetrica) pour distinguer 
ceux chez lesquels les plaques operculaires sont symétriques par rapport 
au plan sagittal de l'animal, de ceux chez lesquels il y a, non seulement 
dissymétrie complète entre ces formations, mais encore oùTun des côtés 
est devenu immobile et a servi à former une partie de la muraille. Ces 
deux tribus sont représentées dans la collection du Muséum. 

A. — Asymétriques. 

Les Operculés asymétriques, tels que nous venons de les caractériser 
en quelques mots, se réduisent encore actuellement au seul genre Verruca, 
formant la famille des Verrucidœ. 

(1) Voy. t. IV, p. 215 de cette même série. 



96 



A. GRUVEL. 




Fig. 1. — 1, VeiTUca très 'jeune. 
- II, VeiTuca adulte (diagrammes) 



J'ai démontré très nettement, par l'étude du développement de Vemica 
striata^ A. Gruv, que primitivement, c'est-à-dire au moment où la larve 
Cypris va prendre la forme Verruca, le jeune est parfaitement symé- 
trique dans toutes ses parties. 

La muraille se compose de deux pièces : l'une antérieure, l'autre pos- 
térieure, correspondant, d'après Darwin, la première au rostre, la 
seconde à la carène. 

Ces deux pièces, d'abord absolument symétriques, ne tardent pas à 

s'accroître beaucoup plus d'un côté que 
de l'autre, tantôt à droite, tantôt à 
gauche (fig. 1). Les plaques opercu- 
laires restent encore symétriques pen- 
dant quelque temps et également mo- 
biles, mais bientôt une soudure se 
produit entre ces pièces et les parties 
latérales de la carène et du rostre, du 
côté ou l'atrophie s'est, tout d'abord, 
manifestée ; de sorte que, finalement, l'un des côtés est entièrement 
fixé et la soudure entre les pièces operculaires, la carène et le rostre 
est devenue complète, tandis que l'autre reste mobile et le volet scuto- 
tergal, ainsi formé, s'articule avec le bord supérieur de la carène et du 

rostre, du côté correspondant. 

Les pièces operculaires, devenues fixes, peu- 
vent se développer plus ou moins et déterminer 
ainsi deux types différents. Si le développement 
de ces pièces est considérable, comme celui des 
parties latérales du rostre et de la carène, du 
_ v„p ri„ p-tp côté opposé, est toujours faible, il en résulte 
6, vue du côté mo- q^^^e le tcst prend une forme droite et que le p/a>i 
scHto-lergal est très sensiblement 'perpendiculaire 
à celui (le la base (fig. 2). L'animal lui-même, situé dans ce plan médian, 
conserve à peu près la position qu'il présente chez la larve et la 
forme très jeune, encore symétrique, bien que le test soit ici nettement 
asymétrique. 




l"ig. 2. — Verruca erecta, A 
Gruve 
fixe. - 
bile. 



REVISION DES GIRRHIPÈDES. 



97 




Vk 



a b 

3. — Verruca trisulcata, TA. Gruvel. — a, vue du côté 
mobile. — 6, vue du côté fixe. 



Dans d'autres cas, les pièces operculaires fixes s'accroissent très peu, 
leur hauteur ne dépasse pas celle des parties latérales opposées du rostre 
et de la carène ; alors, \e plan scuio-tergal est sensiblement parallèle à celui 
de la base (fig. 3), et l'animal lui-même suit le mouvement d'inclinaison 
et se trouve placé à près 
de 90° de sa position ini- 
tiale et morphologique. 

Ce sont là, rapidement 
définis, deux types bien 
distincts de Verruca. Nous 
utiliserons cette remarque 
pour établir notre tableau 
de classification. 

Si nous ne considérons que l'anatomie des Ve?Tucidœ, nous voyons 
que c'est un groupe d'êtres ne ressemblant ni aux Pédoncules, ni aux 
Operculés symétriques, mais présentant, cependant, des caractères 
communs aux deux. L'absence de branchies, la réduction considérable 
de leur test et le développement ordinairement grand de leurs appendices 
terminaux, les rapprochent des premiers, tandis que l'absence de pédon- 
cule, le plan scuto-tergal mobile articulé sur le rostre et la carène, 
sont autant de caractères qui rapprochent ce groupe de celui des 
Operculés symétriques. 

En réalité donc, les Verrucidœ sont intermédiaires entre les Pédon- 
cules et les Operculés symétriques, sans que, toutefois, ils constituent 
entre eux un lien, un terme de passage. C'est, comme je l'ai déjà dit, 
une forme qui s'est détachée de bonne heure de la souche commune 
pour prendre une voie qui n'a été suivie ni par les Pédoncules, ni par 
les Operculés symétriques. 

Il est admis partons ceux qui se sont occupés de ce groupe que les 
Operculés dérivent nettement des Pédoncules et je crois avoir démontré 
dans un précédent travail que la muraille des Operculés symétriques ou 
Balanides, comme les appelle Darwin, est constituée par les écailles 
pédonculaires du type ancestral, soudées suivant chaque série longitu- 
dinale pour former autant de pièces, articulées ensemble, de façon à 

Nouvelles Archives du Muskum, 4^ série. — V. 13 



98 A. GRUVEL. 

constituer un tout complet, de forme plus ou moins cylindrique, et dont 
l'ouverture supérieure s'est trouvée fermée par les pièces operculaires, 
tandis que l'ouverture inférieure l'a été parla base. 

Comment devons-nous, morphologiquement, concevoir la muraille des 
Operculés asymétriques ? Devons-nous regarder les deux pièces, 
antérieure et postérieure, comme représentant simplement un rostre 
et une carène, ainsi que le fait Darwin, ou bien les considérer comme 
résultant de la soudure d'un certain nombre de pièces de la muraille du 
type ancestral, le rostre correspondant, par exemple, à la réunion du 
rostre primitif des pièces rostro-latérales et des pièces latérales, 
tandis que la carène résulterait de la soudure de la carène primitive 
et des pièces caréno-latérales ? 

C'est évidemment là un problème difficile à résoudre dans l'état actuel 
de la science. Seeley a bien décrit un type de Cirrhipède, basé sur l'étude 
d'un scutum et d'un tergum ressemblant par leur forme à ceux des Bala- 
nides, mais se rapprochant aussi par le scutum des Verrucidœ^ à cause 
de l'absence d'impression musculaire. Ce type désigné sous le nom de 
Zoocapsa dolichoramp/iia^ est, peut-être, intermédiaire entre les Balanidœ 
et les Ve/Tucidœ, mais il ne nous donne aucun renseignement sur la 
constitution de la muraille elle-même. 

Si les Verrucidœ dérivaient des Balanidœ^ la dernière hypothèse 
précédemment indiquée s'imposerait ; mais comme les Verrucidœ 
représentent un type spécial dérivé directement de la souche pri- 
mitive, plutôt même que les Balanidœ et que, ainsi que nous l'avons 
vu par le développement, le nombre des pièces n'est jamais plus grand 
à aucun moment de l'évolution ontogénique, il en résulte que la réduc- 
tion considérable de ces pièces, en dimensions et en nombre, est primi- 
tive et déterminée, de très bonne heure, par une raison biologique 
difficile à saisir. 

On sait de plus, bien que ce ne soit pas là une preuve absolue, que 
le genre Verruca est, parmi les Operculés, un des plus anciennement 
connus, puisqu'on le rencontre dans le calcaire de Maëstricht. 



REVISION DES C1RRHIPÈDES. 99 

Genre Verrticn, Schumacher, 1817. 

Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit dans mon travail sur les Cirrhi- 
pèdes du « Talisman », au sujet du genre Ve^nnœa. 

Je rappelle seulement que le nombre des espèces vivantes, connues 
à ce moment était de dix-sept. J'ai décrit, dans ce mémoire, huit espèces 
nouvelles : V. longicarinata^ F. erecta^ V. 7'adiata, V. trisulcata, V. striata, 
V. imbricata^ V. linearis et V. magna^ ce qui porte à vingt-cinq le 
nombre des espèces vivantes actuellement connues. 

La collection du Muséum n'est pas très riche, en ce qui concerne ce 
genre, mais il est venu s'y ajouter quelques échantillons provenant des 
expéditions du « Travailleur » et du « Talisman » et qui ont été retrouvés 
depuis la publication de mon travail. 

Dans l'ensemble des échantillons, quatre espèces seulement sont 
représentées, toutes connues. 

1° Verruca radiata^ A. Gruvel. — Dans le lot qui se rapporte à cette 
espèce, j'ai trouvé des échantillons adultes, de grande taille, relative- 
ment, et des formes jeunes, beaucoup plus petites. Chez ces dernières, 
on a quelque peine, au premier abord, à distinguer les quatre côtes 
articulaires du scutum et du tergum mobiles, caractéristiques de l'espèce, 
parfois même on ne peut les voir. Mais dans les échantillons adultes, 
ils se présentent toujours avec la plus grande netteté. 

Habitat. — Expédition du « Travailleur», 1882. Côtes d'Espagne, 
dragage n° 3 ^uv Liothyrina sphenoidea. 

2" Verrucalœvigata.G. B.Sowerby (fig. 10, pi. I). — Cette espèce n'est 
représentée que par un seul échantillon. Elle est, comme on sait, extrê- 
mement voisine de F. stromia^ 0. Mùller. Il semble cependant que le test 
de la première soit toujours lisse, ce qui est plutôt rare chez la seconde. 
Or comme F. stromia présente aussi, parfois, un test absolument lisse, 
ce caractère est tout à fait insuffisant pour distinguer les deux espèces. 
Mais un caractère difïerentiel très net se trouve dans les dimensions réci- 
proques des arêtes articulaires moyenne et supérieure du scutum. 
Tandis, en effet, que chez Vernica stromia la largeur de l'arête moyenne 



100 A. GRUVEL. 

du scutum mobile est environ la moitié de l'arête supérieure et dans tous 
les cas n'est jamais aussi considérable, chez V. lœvigata, au contraire, 
la largeur de l'arête moyenne est environ le double de celle de l'arête 
supérieure. 

Habitat. — Détroit de Magellan (commandant Ser). La région du cap 
Horn et de la Terre de Feu semble être l'habitat de prédilection de 
cette espèce. 

3° Verrucn stromia^ 0. Mû) 1er, — Cette espèce semble être la variété 
septentrionale de la précédente, ou, si l'on veut, F. lœvigata semble être 
la forme australe de F, stromia. Leur ressemblance est telle, ainsi que 
je viens de le dire, qu'elles ont été souvent confondues. 

Les divers exemplaires de F. stromia sont, du reste, parfois très diffé- 
rents, en apparence du moins, les uns des autres. Les uns atfectent une 
forme étroite, allongée, le nombre des côtes longitudinales articulaires 
de la carène et du rostre est alors assez élevé, de huit à dix et même 
davantage; d'autres, au contraire, sont à peu près d'égales dimensions 
dans tous les diamètres, elles prennent alors un aspect patelliforme et le 
nombre des côtes articulaires diminue considérablement, jusqu'à se 
réduire à six, cinq, quelquefois même, rarement cependant, à quatre. 

Habitat. — Presque tous les échantillons proviennent de la mission de 
la Manche (1892) (Patrix Fjord), ils sont fixés sur des exemplaires de 
Balanus porcatus., Da Costa ; Rey Riawick, également fixés sur les mêmes 
Balanes. D'autres proviennent de la mission Pouchet (1896) : Vadso, 
Fin mark. 

4° Verruca imbricata, A. Gruvel. — Sur quelques échantillons, toutes 
les côtes articulaires (au nombre de cinq, comme on le sait) des tergum 
et scutum mobiles ne sont pas très nettement distinctes, même à un égal 
degré de développemenL II y a là de très légères variations, mais, 
cependant, on retrouve toujours la trace de toutes ces côtes. Sur le 
scutum et le tergum fixes, il se produit aussi quelques variations portant 
sur la présence ou l'absence de côtes longitudinales partant de l'apex. 
En général, ces côtes sont absentes, cependant, on les rencontre parfois, 
au nombre de deux, peu accentuées, il est vrai. 

Habitat. — Expédition du « Travailleur », 31 juillet 188J, dragage 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. 101 

n° 30 par 1205 mètres de fond sur Borocidaris papillata et Expédition du 
(( Talisman » : Côtes du Maroc, ^ur Neptunia sinistrorsa par 1084 mètres 
de profondeur. 

Le tableau suivant résume la classification de ce genre, uniquement 
basée, malheureusement, sur les caractères extérieurs, puisque, dans 
beaucoup d'espèces, ce sont les seuls qui soient connus et auxquels, par 
conséquent, il soit encore possible de se rapporter (Voy. /a^/^^?/,/». 10^2). 



B. — Symétriques. 

Les Operculés symétriques , désignés par Darwin sous le nom de Bala- 
7iidœ (le genre Balanus pouvant être pris comme type de cette grande 
tribu), sont suffisamment caractérisés en disant que ce sont des Cirrhi- 
pèdes thoraciques dépourvus de pédoncule, dont les pièces operculaires 
forment deux volets également mobiles, placés à l'intérieur d'une enve- 
loppe calcaire constituant la muraille et dont toutes les parties sont 
symétriques^ pendant toute la durée de leur existence. 

Dans la classification que nous avons adoptée, nous avons divisé les 
Symétriques en trois familles : les Octomeridœ^ les Hexameridœ et les 
Tetrameridœ^ caractérisées par ce fait que la muraille est respectivement 
constituée de huit, six ou quatre pièces, au moins dans le jeune âge. 
Certaines de ces pièces peuvent se souder plus 
tard, de façon à en réduire le nombre, mais ce 

; .' /rayons 

ne sont là que des phénomènes, a posteriori^ 
dont nous ne devons pas tenir compte pour éta- 
blir la place des différents genres dans cette 
classification. 

Nous avons également montré (mémoire du 
« Talisman » , p . 21 ) comment était constitué le test ^"■^'^ 

. . . , Fig. 4. — Ba/a»ius vu deprofil, 

des Symétriques et indique la dénomination des montrantiensembiedespar- 

diverses parties dont il se compose (fis- 4 et 5). ties avec les noms des pièces. 

^ _ 1 \ tj / _ p. op, pièces operculaires. 

A un autre point de vue, nous avons pu établir 




-paroi 



comment, en partant du genre fossile Turrilepas, Woodw . on arrivait 



102 



A. GRUVEL. 


















8 






J5. 









& 



o 

-C5 



S 



ce 



co 



^ a;> 



J^ ri p 



< 




g 


C 


u 




~ 




es 




Q^ 


(/) 


os 




c/: 


<u 


UJ 




O 


-O 


l> 




CJ 


o 


4) 




re 


-a 


b 




^^ 


es 


fl 




t/j 


0) 






^ 


bO 




. 


V3 


5 




c 


OJ 


•0 




es 


c 






^5 


C3 












es 


f^ 






o 


es 


o. 






C 

S ■ 


(0 




,D 


CQ 




es 


(U 




oj 


(/) 


■« 






'3 






o 


IL. 


0) 




^w 


O 









O 


W 




X 


es 








T3 


A 




^ 




O 








a 


~— 


-'^" 


^''■' — " 


>> 


CJ 




r 


{» 


-a 




f 


03 


o 
S 


Cl 


cï 


01 

Xi 


£ 


« 


-o _eS 
es 3 


a 


te 




., '^ 


H 


<v 








H 




^ 



fcfj 

o 



= 3 
o o 



a ^ 



E "S 

"S o 



î- c es 
O 



5 "î 5 S — ' 



o 
o 




C 


aj 


a> 




<u 


-ri 


»_( 


(U 




£ 


o 


3 
ri 




> 
es 






^ 



es 

a. 



OJ 



— f- t??' 



^ o 



te .-s 

^ o 



ï 3 -o S iO 



1^ i. 

<B es 

C- O 

< es 



C X! 
es <v 



i3 2 fcjD 



O 

£ 



M 



« 

es 

.£ £ 

■a 3 



fi C/3 Î3 

5 OJ 3 

bi) 'O fcc 

t. o ^ 



S ® S 

C« (V) 

-O c 

•es feb 



es <« w 

^ 3 ^ 

.-: fciD 3 

s o !=^ 



:- -es 






X 
« 



OJ -^ .: <u , 
-e ^ c 3 



te 






(« 


-n 


c 


« 




o* 


1 


o 


-1 




« 


-t^ 


■"■ 


CT 


OJ 


ca 


hr 


-M 

'O 


t/1 

eu 

S. 


3 

es 
e) 


£ 


c 
o 


OJ 


eu 


es 


ô 


t« 


3 


•^^ 


^^ 


•n 


r 


3 
r- 


C 

ci 


3 




'y: 






o ïï 

es ^ 



t/3 — 

eS § 



a — — .^ "^ f 

— » — :" ^ "3 (D 

r- O CO -3 5 -= 

OC t/3 t- O a -aj 






i: "5, 



ce 



r S ;2 



wî 



o O 

^ '5) 



o 



bJD 



es "5 
^ o 



«3 


B 


•^ 








£ 


O 


es 
> 


3 


X 


r: 


hn 


a> 




;- 


O. 


C 


(U 


r^ 


o 


H 


-es 





C 




<o 


• -^ F-^ 


.<a 


ri 


o 


bD es 


s« 






C C 


es 




«3 


O •"■ 


O 


a;> 


C 

es 


" "5 



S" 1= 

i-. 

U2 CS 



0^ "3 
ai .2 



.CD 

3 



- r3 <a 
■S ai 
fi *^ 

£^ 



3 -= 

tu 



p 
S- 



O 



bJD 



3 en 

^ C 



C ce 

:2 -S 



3 O 

fcc > 

^ cS 

fi 

3 -O 
— . es 

WD « 

'2. ^ 

^ -eu -g 

QJ fi 3 



E. 3 



e. os 

es ,, 



O O 

£ ^ 

►- es 



£ £ 

rt en 
S O 






-a 
fi 
o 



:S 3 



J2 

o 



3 fl 

O) ^^ 

-^ &, 

OJ tn 

£ g 



es es 
— I o 

fi *^ 



3 3 3 

"w es "O 

=; s es 

j< "5 >;^ Qi 3 

« tn aJ T3 r-. 

fi- fil- 



eu T^ OJ) 

.3 rr^ ^ 



'O 



o 

es 



S «. 






pfi 




lU 


o 






f= 


o 






OJ 


cS 


3 


t> 




— 


es 


«c 


LJ 






faC 




O 



-fi CS 



o 


en 


en 


'A 


O aj 


aj 




(U -w 


;m 


£ 


^1 


co 








S 


h 




o 

m 







-fi 
o 



e/5 en 



•sajd nad b no asBq b[ b ajiB[noipuadj9d 'a|tqoiu {BS.i9|-o^nos ubjj 



> 
t-l 

a 

•2 
"S 



3 
< 



^ 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 



>-i 




, 




A 


> 


>■ 


• 


s-, 




c 


> 


o 


«S 


o 


o 


m 


•^ 


< 


■< 


"S 




.^ 


c 


.5^ 


s; 








o 

s. 



103 









U 



es 



3 <B 
6C " 



S r 



ft s."- 



ic t: 






3 »3 ~ 1= 

~i <a - - 



3 '^ 



«3 






t/5 OJ 






CJ — 



O 



-a .3 

S 9 



ic :S TS 






£ 


! S 


cj 


<B 


. ai 


ôc <u 






'O 

o 



t- ;^ "3 



3 - "^ 



<u ï, . 



3 OJ — 



S a; 



«<u o 



'5 -^ ^ 



■^ ^ 3 









S 



'u 



îo o 



es 

S 



3 

03 






> ^ t 



« 2 " « 

o s 03 2 

s- s ?- -^^ 

es ^ ci 'O 



I 'Si § 2 

s c 3 3 
H H 



p 


-o 


es 


3 


a; 


o 


•T3 


s 


0) 


r/1 


;_3 




C 


3 


+-> 


3 


.O) 


«S 


hn 


a> 


Ci 

es 


c/) 


c 
o 





5= « 13 



ÛH 3 

Oj 3 



— ^ ;« 



- .« ^ 



'^ ^- ai 

ai • ~ 

S i^ -O 

-ai ."tî o 






.r "3 



5? 3 t, 

= o 3 

^ o 

"3 Ci HJ 

ai ^ « 
S 

3 

<u „ 

>, -^ _C3 ^ 

S3 3 t^ es 

ai 3 ■ — 

-M — o rt 



3 es 3 



ai s 

r2 oi 

-^ "C 

o -ai 

3 G- 



3 -ai fî 



ai 



Ci 



o ^ ai 

-a ■- s 



-a 

o 



ai ai .tj 

En •— ^ 



3 
es 
ai «3 
te ai 

■a 



3. ■ — 
.r. O 

■S £ 



c/3 ^ ai 



y 3 '-i 



CE ai ?^ 
^ §■ ^ ai :^ 



o 

c 
o 



ai 

3 

.O ai 

i 'P 

es ^ 

— . 5j 



P îf « -31 .Ëf 



3 P 



t. O S 



o 

es 



Cfi 



O ■- •- 



-o >^ 
ai -3 

--;■—' es ^ 

Q. — • O 

3 ai 3 c 

t« « o .- 

5 2^^ 



3 .b ,5 



ës 

s- '3 

ai ^ 



% t 



ai ^ 
5 



C/3 •— 



-3 ai es 

3 

oa 



s o 

es 



I ai u5 
3 T3 3 



^ es 
ai "^ C 
C ci 2 

i: <^ 'E 

'^ ^ 3 

O es Ci 
3 fcJO 
-. -ai 



o ai 



-ai 

'3 
S 



'5 



-ai 



es 5 



es -xi 

3 ^ Ec 

s es § 






«I 



ai ai 3 t/3 



- -Ci 

ai — 

■r es 

-3 " 

c. es 
^ ai 



cS 

-a 



3 O 

3 ai 

o c 

^ es 



- - -r *" 



ai 

'O 



ai 
■a 



es 



' ai -, 

Cai 'p *^ 

o es es o 

— C " =- 



-O -S - 



tiD S S 
c ^ 

es ^^ 



- P S 1^ 

^ i = 1 1 

3 3 S •- S 



3 O 






3 2 



3 
Ci _b 



C ai 

O 



2 «* 



"S ^ -3 ^ £ 



o 

3 M 



-3 

3 



1« =£ 

O 3 

•-« p 

3 -a 



> 

s 

ai 

O 



"2 "3 £ t; 



u 



e^ 


-o 


fS 


o 


vî 




ai 




3 


3 


-^ 


^ 


• ^ 


"" 


ai 


ai 




■3 


^ 




ai 


■n 


3 


O 


J2 


p 


O 

ai 




3 


£ 

o 




> 


3 


3 


■ ^ 


es 


O 


Sl- 





C «5 ai 

"c 

4i 



es 



o 


es 


^ 






E/3 


ai 


Ci 








es 


es 


3 


Cl, 


-3 




-! 


■™J 




ri 




es 


bo 


c 


S 


bO 


^ 


ai 


(/} 




Oi 


es 


<o 




t> 








en 


w 


ai 


ai 


-c 


'^ 


ai 






o 


;* 


£ 








/— 


« 


e 


ai 


3 


r^ 


tiD 


• 



ai Oi 

*-> X! 

C3 

« £ 

£ = 

3 &C 

3 S 



Ch 


-s 


3 


o 


a> 


en 






fcH 


(n 


■ai 


ai 


C-T3 


3 

«3 


3 


■3 


Oi 


O 


^ 


oq 





_ c3 



C 




ai 


ai 


ai 


•'ii 




■" 


ai 




-3 

3 


£ 


>- 
es 


es 

e^i 






1, 


Ci 










3 




« 


<4-^ 


Ci 




5^ 





-3 3 es 
O o t/î 

£ 2 .2 



3 £ 



3 ai 

t- es 



CI 


13 


3 


tn 
ai 


ri 




<-; 


Ci 






f 


£ 




;. 


'» 


3 




Ci 


es 


3 
Ci 


3 
Ci 


£ 


Ci 

ai 


<> 
S 


i/3 


te 
ai 


> 
es 


^ 


« 



•sojd nad i; no aseq \i\ v. d\d\[e.md 'aiiqoui [eS.ia^-o^nos ub^j 



•VOiiyHHA Ja-^39 



104 



A. GRUVEL. 



très facilement au genre Loricida, Sow. et comment de celui-ci par sou- 
dure des plaques rostrales et carénales d'une part, puis des plaques 
caréno-latérales et latérales de l'autre, on obtenait exactement le dia- 
gramme du genre Balanus^ l'un plus anciennement représenté dans les 
époques géologiques (fig. 6, 7 et 8). 

Mais nous n'avons fait qu'indiquer en passant cette évolution et nous 



ar. art 





si.art .... 
b.sc 



ar. ad ' c. m. dép 
b. bas 




cr.m.dép 



Fig. 5. — A, une des pièces de la muraille de laBalane, avec la partie centrale ou paroi, le rayon 
d'un côté et l'aile de l'autre. — B, scutum du même (vue intérieure). — 6. ani, bord antérieur ou 
occluseur; b.t, bord tergal; b.bas, bord basai ; c.m.ad, cavité du muscle adducteur; c.m.dép, ca- 
vité du muscle dépresseur; a)". ad, arête de l'adducteur ; ar.art, arête articulaire; C, tergum 
du même (vue intérieure). — 6.sc, bord scutal; 6.6as, bord basai; b.c, bord carénai; cr.m.dép, 
crêtes du muscle dépresseur; si.art, sillon articulaire; ep, éperon. 

devons y revenir ici d'une façon plus approfondie, pour faire comprendre 
de quelle façon ce même type loriculien a pu donner naissance à 

c 

1 + 2 c 




f > () " "O 



V A 




R 
Fig. 0. — Diagramme de Lori- 
cula pulchella, montrant le 
mode d'imbrication des 
écailles. 



R 

Fig. 7. — Type idéal, dérivant Fig. 8. — Diagramme du genre 
du précédent par la soudure Balanus, dérivant du précè- 

des pièces carénales et ros- dent par soudure des pièces 

traies en une seule. latérales avec les caréno- 

latérales. 



deux formes différentes actuellement vivantes représentées, par exemple, 
par le genre Balanm et le genre Chthamalus. 



REVISION DES GIRRHIPEDES. 



105 




Fig. 9. — Loricida pulchella, Sow. montrant 
le mode d'imbrication des écailles pédon- 
culaires. — G, écailles carénales; G.L, 
écailles caréno-latérales ; L, écailles laté- 
rales; R.L, écailles rostro-latérales; R, 
écailles rostrales. 



Reprenons donc Tétude du genre Loricula représenté actuellement 
par, au moins, trois formes connues, en nous rapportant à l'espèce 
qu'il nous a été possible d'étudier au 
British Muséum, c'est-à-dire L. pul- 
chella, Sow. (fig. 9), 

Les caractères de cette espèce, 
donnés par Darwin, ont du reste pu 
être contrôlés et reconnus exacts par 
Dames, dans une espèce plus petite, 
mais beaucoup mieux conservée, L. 
syriaca. 

Si l'on examine, dans ce genre, le 
mode d'imbrication des plaques, en 
particulier des latérales et de celles 
qui les touchent, c'est-à-dire les 
caréno-latérales en arrière, les rostro-latérales en avant, on voit que les 
plaques latérales sont recouvertes par rapport à la rangée inférieure des 
plaques adjacentes et recouvrantes au contraire si Ton considère la 
rangée supérieure de ces mêmes plaques. 

Il en résulte donc, très nettement, que suivant qu'après la soudure 
de la rangée linéaire des plaques latérales en une seule pièce, celle-ci 
sera recouverte ou recouvrante, nous obtiendrons deux types bien dis- 
tincts, ainsi que nous allons le voir. 

Supposons donc, en premier lieu, que les plaques latérales soient 
recouvertes, c'est-à-dire que la pièce devenue unique qui en provient de 
chaque côté ne présente que des ailes et pas de rayons (fig. 10, I). 

Si nous admettons, en même temps, qu'il se produise une soudure 
entre les pièces caréno-latérales, et les pièces latérales, chacune suivant 
sa série linéaire, nous obtenons, immédiatement, une forme héxamé- 
rique qui correspond exactement au genre Balanus et, avec lui, aux 
autres genres : Acasta^ Coronula^ Platylepas et Tuhicinella^ par exemple 
(fig. 10, II). 

Si maintenant nous supposons une soudure entre les pièces caréno- 
latérales et les pièces latérales, le rostre et les rostro-latérales, toutes 

Nouvelles Archives do Muséum, 4« série. — V. 1^ 



106 



A. GRUVEL. 



les pièces latérales en un mot, il ne reste plus que quatre pièces, une 
carène, un rostre et deux pièces latérales, nous obtenons ainsi le 
diagramme des genres Elminius^ Tetraclita qI Creusia (fig. 10, 111). 
Enfin, si la soudure s'exagère, les quatre pièces peuvent n'en plus 



( ): O 




CL+i 




Fig. 10. — Diagrammes montrant comment, en partant du même type Loriciila, on peut constituer 
deux séries linéaires correspondant à des formes difTérenles, actuellement vivantes. — I, lori- 
cula; r, Loricula ; 11, Balanus; 11', Chthamalus ; III, Elminius; IIl', Chamœsipho; IV, Pyrgoma. 

former qu'une et nous obtenons alors le diagramme du genre Pyrgoma 
(fig. 10, IV). 

Quant au genre Xenohalanus (fig. 11), on peut le considérer comme 

dérivé directement du genre Balanus, avec cette différence que les 

pièces de la muraille existent seules et que ces 

/l^^Jj pièces, au lieu de présenter les parois saillantes en 

dehors, c'est-à-dire convexes extérieurement, sont au 

contraire concaves, ce qui ne les empêche pas, du 

reste, de présenter des rayons et des ailes parfaite- 

Fig. 11. — Xenohalanus ment nets. 

(diagramme). Examinons maintenant la seconde hypothèse, c'est- 

à-dire le cas où les pièces latérales, au lieu d'être recouvertes sont 
recouvrantes (fig. 10, 1'). 

II peut se produire une soudure entre le rostre et les pièces rostro- 



43^ 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 107 

latérales et nous obtenons ainsi, directement, le diagramme du genre 
Chthamalus (fig. 10, If). 

Si cette soudure se complète par celle des pièces caréno-latérales et des 
pièces latérales, c'est le diagramme du genre Chwnœsipho (fig. 10,111'), 
que nous réalisons, d'où par soudure des parois nous obtenons enfin le 
type monomérique correspondant au genre Pyrgoma (fig. 10, IV). 

Ce sont là- les deux séries linéaires que l'on peut obtenir en partant 
du genre Loricula tel que nous l'avons étudié et décrit. 

Est-ce à dire que l'arrangement des pièces soit identique dans toutes 
les formes loriculiennes ou dans des formes voisines? Je ne le crois pas! 




I IL M 

Fig. 12. — Diagrammes du genre Pachylasma, montrant les modifications actuelles de la consitu- 

lion de la muraille, par soudure des pièces. 

Ces phénomènes de soudure entre les pièces de la muraille, compre- 
nant tout ou partie de ces pièces, ne doivent pas nous paraître extraordi- 
naires, puisqu'il nous est permis de l'observer sur des formes actuelle- 
ment vivantes, telles, par exemple, que le genre Pachylasma. 

Dans ce genre, en elfet, les formes très jeunes de P. giganteum, Phi- 
lippi, présentent Aw2V pièces (fig. 12, I), les adultes n'en présentent que 
six (fig. 12, II), obtenues par la soudure du rostre et des pièces rostro- 
latérales, comme nous l'avons vu en partant du genre Lo?'icula dans 
notre deuxième série, ce type correspond aux genres Ba/a?u(s, 
Acasta, etc. Enfin, si la soudure s'accentue encore davantage, comme 
cela se rencontre dans la forme adulte de Pachylasma aurantiacum, 
Darwin, par la fusion des caréno-latérales et des latérales, nous arri- 
vons alors à un type tétramérique, par soudure de la carène et des 
pièces caréno-latérales, en plus de celles que nous avons déjà signalées. 
Ce type correspond aux genres Elmifnus, Tetraclita^ etc. (fig. 12, III). 




108 A. GRUVEL. 

En résumé donc, les phénomènes de soudure que nous avons signalés 
se résument à deux : ou bien soudure du rostre avec les pièces rostro- 
latérales ou bien soudure des pièces caréno-latérales avec les latérales. 
Ces deux seuls modes nous permettent d'obtenir tous les diagrammes 
correspondant aux genres actuellement vivants. 

Le genre Catophragmus seul semble faire exception à cette règle, en ce 
sons seulement que, outre les huit pièces normales, il en existe plusieurs 
rangées externes disposées avec une certaine symétrie, aux points d'arti- 
culations des rangées internes des pièces (fîg. 13). 

Nous verrons, en étudiant ce genre spécial, ce qu'il faut penser de ces 
formations externes (Voy. p. 111). Doit-on les 
considérer comme des pièces surajoutées ou comme 
l'équivalent des plaques capitulaires basilaires que 
l'on trouve dans le genre Pollicipes et qui seraient 
venues se grouper autour des pièces principales, 
ainsi que le supposait Darwin? 
Fig. 13. — JJiagianimu Disous tout de suite que, si l'on accepte notre 

du genre Catophraynais. 

théorie au point de vue de la formation de la mu- 
raille des Balamclœ, on doit, de prime abord, abandonner celle do Darwin 
et que, par conséquent, on doit admettre que ces formations spéciales 
de la muraille de Catophragmus font partie intégrale de la pièce. 

En ce qui concerne les Cirrhipèdes symétriques, la Collection du Muséum 
comprend d'assez nombreux échantillons dans l'alcool, dont beaucoup 
sont en assez bon état de conservation et des échantillons secs, en 
nombre bien plus considérable. C'est dans cette collection sèche que se 
rencontrent un certain nombre de types de Lamarck, de Bruguière, de 
Chenu, etc. et quelques rares individus donnés par Darwin. J'ai fait mon 
possible pour retrouver ces types, mais cela n'a malheureusement pas 
toujours été bien facile, pour des raisons que je n'ai pas à faire connaître 
ici. 

Pour la plupart des échantillons secs, les pièces operculaires ont dis- 
paru ou n'ont jamais existé, ce qui a rendu le travail beaucoup plus long 
et difficile, pour un certain nombre même, tout à fait impossible, 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. 109 

puisque, ainsi qu'on le verra plus loin, la plupart des caractères spéci- 
fiques sont tirées, précisément, de ces pièces operculaires. 

En ce qui concerne les localités, il a été, malgré toutes les recherches, 
absolument impossible d'être fixé pour un grand nombre d'échantillons. 

La liste des localités, aussi complète que possible sera publiée dans 
le Bulletin du Muséum quand le travail de revision sera complètement 
terminé. 

A. — FAMILLE DES OCTOMÉRIDÉS. 
l. — Genre Octomeris^ G. B. Sowerby, 1825. 

Le genre Octomeris a été créé par Sowerby pour des Balanides qui 
présentent constamment huit pièces à la muraille et dont la base est 
toujours membraneuse. 

La collection du Muséum ne contient qu'une seule espèce, 0. angu- 
losa^ G. B. Sowerby : 

Localités : Gap de Bonne-Espérance (Verreaux) ; Afrique du Sud 
(Holub, 1894), Afrique du Sud : Algoa-Bay (Mil ne-Edwards). 

J'ai eu, tout récemment, l'occasion d'examiner quelques échantillons 
cVO. hrunnea, Darw. qui m'ont été communiqués par le Bristish Muséum. 
Sur l'un des exemplaires reçus se remarque une particularité assez inté- 
ressante. Le rostre, au lieu d'être simple, est double, c'est-à-dire qu'il 
est constitué par deux pièces qui ne se sont pas entièrement soudées et 
présentent le long de leurs surfaces en contact des denticulations qui 
s'engrènent, comme les autres pièces. Cette particularité, qui n'a, en elle 
même, qu'une très faible importance, montre peut-être cependant que, 
dans ce genre ou ses ascendants, le nombre des pièces a été primiti- 
vement plus considérable qu'il ne l'est actuellement — et que ce n'est que 
postérieurement que les difTérentes pièces se sont soudées les unes aux 
autres. 

Ces échantillons à" Octomeris provenaient de Mascatte. 



110 A. GRUVEL. 

Tableau synoptique des espèces du genre OCTOMERIS, G. B. Sowerby 

Parois de la muraille fortement, mais irré- 
gulièrement découpées. Orifice large. 

Test très épais 0. anguloso, G. B. Sowerby. 

Genre 
OCTOMERIS. ] Parois de la muraille plissées longitudi- 
.nalement et régulièrement. Pièces arti- 
culées par de nombreuses denticulations. 
Orifice assez étroit. Test mince 0. brunnea, Darw. 



II. — Genre Calophragmus^ G. B. Sowerby, 1827. 

Le genre Catophragmus représente évidemment l'un des types les plus 
intéressants parmi les Cirrhipèdes operculés. Il faut se le représenter 
comme un Octomeris autour duquel plusieurs séries de plaques plus 
petites seraient venues s'ajouter, dans un ordre à peu près régulier. En 
effet, outre les huit plaques caractéristiques du genre Oc/o?72em, on trouve 
sept ou huit séries concentriques de plaques de plus en plus petites 

qui sont placées extérieurement, aux points de 
suture des premières. La deuxième série externe 
aux points de suture de la plus interne, la troisième 
aux points de rencontre de la deuxième avec la 
première, ainsi de suite, ou à peu près, jusqu'à la fin. 
lien résulte un ensemble assez régulierde plaques 
Fig. 14. — Diagramme qui^ comme le dit Darwin, ressemblent aux écailles 

du genre Catophragmus. 

du genre Pollicipes, en supposant un raccourcisse- 
ment du capitulum, de façon à placer toutes les bases sur un môme plan. 
C'est là une simple vue de Tesprit qui pouvait encore se soutenir au 
temps où Darwin écrivait sa monographie, quand on ne connaissait pas 
encore la forme la plus ancestrale de Cirrhipèdes. D'après la théorie que 
nous avons déjà exposée, il est impossible de considérer ces formations 
externes comme morphologiquement homologues aux plaques capi- 
tulaires des Pollicrpes. Nous devons les considérer simplement comme 
des formations analogues aux rangées de tubes que l'on observe dans 
le genre Tetraclita^ Schum. par exemple, mais qui, au lieu de se 




REVISION DES CIRRHIPÈDES. 111 

poursuivre toutes jusqu'au sommet de la pièce ou à peu près, ont 
augmenté graduellement de longueur, au fur et à mesure qu'elles se 
rapprochaient du centre, ce qui s'explique facilement puisque les plus 
courtes sont les premières formées et les plus externes. Du reste, dans le 
genre Tetraclita^ les tubes sont d'autant plus courts et plus étroits 
qu'ils sont plus externes, ils ne difierent de ceux de Catophragmus qu'en 
ce qu'ils font entièrement corps avec la pièce, au lieu de former de petites 
écailles qui, au premier abord, et si l'on ne considère que leur partie 
supérieure, semblent distinctes. En sorte que ce genre qui, à première 
vue, parait considérablement éloigné des autres, rentre, très facilement, 
comme on le voit, dans le cadre normal. Nous parlerons de la structure 
et de l'accroissement de ces plaques, dans la partie anatomique de ce 
travail. 

Une seule espèce est représentée dans la collection du Muséum, c'est 
C. polymerus^ Darw. 

Localités: Nouvelle-Galles du Sud : Twofold Bay (Milne-Edwards). 

Tableau synoptique des espèces du genre CATOPHRAGMUS, G. B.Sowerby. 

' Base membraneuse. Pas d'appen- 
dices terminaux C. polymerus, Darw. 

Base calcaire. Appendices terminaux 
présents C. imbricatus, G. B. Sowerby. 



Genre 
CATOPHRAGMUS. 



m. — Genre Pachylasma^ Darwin, 1833. 

Le genre Pachijlasma a été créé par Darwin pour des Operculés qui 
sont parfois très difficiles à distinguer du genre Balanus, car, si dans le 
jeune âge la paroi est nettement constituée par huit pièces, dans les 
formes adultes, on n'en trouve plus que six, les rostro-latérales s'étant 
soudées avec le rostre. C'est à peine si, parfois, on aperçoit encore une 
légère ligne de suture marquant la trace de la division primitive, souvent 
môme on ne trouve plus rien, de sorte que la constitution du test est 
alors exactement semblable à celle du genre Balanus. 

J'ai trouvé dans la collection quelques exemplaires secs et en très 
mauvais état d'un Pachylasma que je crois pouvoir rapporter à P. gigan- 



112 A. GRUVEL. 

teum^ — bien que cependant il y ait, entre ces exemplaires et la descrip- 
tion qu'en donne Darwin, de sérieuses différences. — Mais, étant donné 
dans le mauvais état dans lequel ils se trouvent, je ne crois pas devoir 
en faire une espèce nouvelle. 

Les caractères de la muraille et des terga peuvent à la rigueur 
s'appliquer à ces échantillons, mais ceux des scuta sont sensiblement 
différents. Tandis, en effet, que chez P. giganteum, la crête articulaire 
est peu saillante, la dépression pour le muscle adducteur peu accentuée 
et celle du muscle dépresseur nulle, ici, au contraire, la crête articulaire 
est très saillante, la dépression du muscle adducteur et surtout celle du 
muscle dépresseur ti^ès accentuées. 

La localité d'où proviennent ces exemplaires est inconnue. 

Tableau synoptique des espèces du genre PACHYLASMA, Darwin. 

/ Pièces caréno-latérales et latérales sépa- 
rées extérieurement par des ailes bien 
développées P. giganteiun, Philippi. 



Genre 
PACHYLASMA 



Pièces caréno-latérales et latérales sépa- 
rées extérieurement par une simple 
fissure peu distincte P. aurantiacum^ Darwin. 



B. — FAMILLE DES HEXAMÉRIDÉS. 

a. — Sous-famille des chthamalinés. 

Genre Chthamalus^ Ranzani, 1820. 

Le genre Chthamalus est, avec le genre Balanus^i le plus généralement 
répandu sur tout le globe et dans à peu près toutes les mers. — Sur nos 
côtes abonde le C. stellatus^ Ranzani mêlé ou non au Balanus balanoides^ 
Linné, auquel il ressemble tellement que beaucoup les confondent. Comme 
cette dernière espèce, il se présente souvent sous la forme aplatie, c'est 
lorsque les individus sont isolés, qu'ils ont, par conséquent, tout l'espace 
nécessaire pour s'accroître ; c'est, en un mot, la forme normale, ou on les 
trouve encore souvent sous la forme extrêmement allongée, cylindrique. 



REVISION DRS CIRRHIPÈDES. 113 

Dans ce cas, les individus sont très nombreux, pressés les uns contre 
les autres et, ne pouvant se développer normalement en largeur, ils 
croissent en hauteur; c'est une forme palhologique, si je puis m'expri- 
mer ainsi. 

H est cependant très facile de distinguer ces deux genres l'un de l'autre 
par la présence ou l'absence de rayons au rostre. 

Sur les neuf espèces actuellement connues, la collection du Muséu::i 
en possède six : 

Localités : C. slellatus, Ranzani, en nombre considérable. 

C. stellatns^ xdLV. comyniiii'^^ côtes d'Angleterre; Vera-Cruz (Seurat) ; 
Mascatte (Maindron) ; Sidi-Ferruch (Lesne). 

C. stellatus, var. fragilis, habitat inconnu. 

C. stellatus, var. depressus, Méditerranée : Banyuls-s.-Mer(Weiss, 1902). 

C. cirratus^ Darw. Chili (Milne-Edwards); mission du capTTorn; Chili 
(Martines). 

C. fîssus, Darw. Pérou (Milne-Edwards). 

C . antennatus ^ Darw. Nouvelle-Galles du Sud (Milne-Edwards); f. de 
laGalite (Roux, 1880). 

C. dentatus, Krauss, Afrique méridionale (Milne-Edwards). 

Id. , sur la coque d'un navire venant de l'Afrique du 

Sud. 

C. scobrosus, Darw. Amérique méridionale, (Milne-Edwards). 

C. Challenge?^!, Ilœk, assez nombreux échantillons sur un morceau 
d'écorce. Rasse-CaliFornie : baie de la Paz (L. Diguet, 1901) (PI. 4, 
fig. 1). 



Nouvelles Ahchives du Muséum, 4' série. — V. io 



114 



A. GIIUVEL. 



c 




cS 




c 


^ 


c3 




-rj 


C3 




Q 








'^ 






c 


^ 





'g 


8 


c/: 




3 




«1 




Q 


^^ 


05 








L4 


é- 


=c 


^ 


W 


u 


s 


ij 




CS 


■^i 


toi 


«C 


a 






'4^ 


ïC 


s 




C 


s 


■4) 


"e 




ce 






s 

-« 



r3 

es 

C 
O 



es 



s 


-o 


■SJ 


«M 


!>i 


O 


►S 


se 



Q 



O 



O 



■;j 



05 



W2 






< 



bC 

■O 
U) 

<o 
u 

■01 

d) 
co 

O) 

•d 

s 

4.3 

o< 
o 

co 

s 

0) 



'2 
'3h 



C 



4) cw 



o 



£ 



S .i 

o «i 

« oc 

n5 ai 



SE es 



O 



-o 









C3 ci 




O -ai 
^ C 

o ^ 



c/î 



m 



iC 



o 

3 



CQ 





O 


C/3 


c« 


c 
ai 


5 


OS 


•4^ 

"o 


c 

es 


fa 
ai 


3 




b 




c« 


</J 


aj 


■o 




«3 



fcX) 



Qi 
O 

C3 






cS 


r/; 


-ai 




O 


aj 


D 


es 


ri 














O 


13 


O 
C 



c 
o 



' — I t.. 



c/:- 



QJ 



c 


es 


ai 






«3 


L. 








a; 




ra 


:S 








-M 


X 






S 
co 


Qi 






"~^ — 


^ 


■* 


C 






4) 








« 



es , g 

s «3 ♦* ai 

M ^ es su 

ai r'^ 



o 

C/3 



Si 

p 
o 



■o 
c 

a 

p 



es O- 
bc:ai 

S-l "O 
ai 



-o es -^ a- 



3 - ii 



O 

O. 
Oi 

'o 



«3 ai 3 c 

T3 o 



^ Oi -H 



I 

3 
- O 
X m '^ 

ai g -3 



?» 


es 


es 




es 


03 


bJ3 


-3 






ai 




^1 


O 




Sh 


' 


es 




o< 




•SmYWVHXHOaaf^^O 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. H5 

b. — SoUS-FAMlLLE DES BaLANINÉS. 

1. — Genre Chelonohia ., Leach, 1817. 

Le genre Chelonohia diffère sensiblement des formes que nous venons 
d'étudier, par l'épaisseur des parois de sa muraille et aussi, ce qui lui 
donne un aspect assez caractérislique, qu'il partage, du reste, avec le 
genre Platylepas^ le genre Coronula^ etc., c'est que les pièces operculaires 
ne remplissent pas, de beaucoup, l'orifice de la coquille. 

Les espèces qui composent ce genre s'attachent toutes sur des êtres 
vivants : tortues, crustacés, mollusques et même des cétacés. 

Les trois espèces actuellement connues sont représentées dans la 
collection, particulièrement Ch. testudinaria^ Linné, par de nombreux 
échantillons secs et par un certain nombre, bien conservés dans l'alcool. 
Beaucoup ne portent pas d'indication de localités. 

Localités : Ch. testudinaria^ Linné (PL 3, fig. 12) : Seychelles : rade 
de Mahé (M. Eydoux, septembre 1832); campagne de 1' >< Astrolabe » ; 
expédition du capitaine Baudin ; Pérou (M. Lesueur) ; 

Palerme, 1836; 

Sur la carapace de tortues franches (Delalande, 1817) ; 

Sur la carapace de tortues franches, Alexandrie; 

Mallicolo; 

Obok (M. Maindron, 1893); 

Iles Sandwich (1877); 

Afrique du Sud (D'' Holub). 

Ch. patula, Banzani (PI. 4, fig. 10) : Bio de Janeiro (M. Delalande, 
M. Milne-Edwards). 

Iles Sandwich (M. Bailleu, 1875), sur Lapa. 

Ch. careita^ Spengler : cap de Bonne-Espérance (M. Dussu- 
mier, 1836). 

Saigon : (jeunes échantillons (M. Capus, 1898). 

J'ai rencontré, dans la collection du Muséum, une espèce de Chelono- 



116 A. GRUVEL. 

bia qui ne répond à la description d'aucune des trois espèces actuelle- 
ment connues, tant par son habitat que par son organisation. 

Je propose pour cette espèce nouvelle le nom de Chelonobia manati 
pour rappeler qu'elle était fixée en grand nombre sur la peau d'un 
Manatus senegalensis , provenant des côtes du Congo et offert à la Manima- 
logie par M. Dybowski en 1896. 

Chelonobia manati, n. sp. (PL 2, fig. 14, 17 et 18, et PI. 4, fig. 15 et 16). 
Diagnose : Test de forme conique, peu déprimé. Orifice assez large. 
Pièces de la muraille épaisses, avec rayons bien développés, lisses et 
présentant des côtes longitudinales saillantes, se divisant à leur base 
en plusieurs autres côtes, plus petites. Rostre environ deux fois aussi 
large que la carène. Pièces latérales de largeur égale entre elles. 

Base membraneuse. Scuta et terga peu élevés, larges et articulés entre 
eux, ne remplissant pas l'orifice de la muraille. 

Distribution : Fixés en grand nombre sur la peau d'un Manatus senega- 
lensis (côtes du (^ongo), M. Dybowski, 1896. 

Description : La seule présence des côtes longitudinales, très accentuées 
et divisées à leur base, suffirait pour différencier cette espèce des trois 
autres qui toutes présentent un test lisse ou tout au moins finement 
strié. La forme générale du test est intermédiaire entre celle de 
Cil. testudinaria et celle de Ch. patiila, plus élevée que la première, 
moins conique que la seconde. L'orifice du test est, proportionnelle- 
ment, aussi large que celui de Ch. testudinaria, moins grand, par consé- 
quent, que celui de Ch. patula. 

L'animal est légèrement enfoncé dans la peau de son hôte, qui se 
relève sur ses parois latérales de deux ou trois millimètres en moyenne, 
sans que ce revêtement de la peau soit absolument égal sur toute la 
périphérie. 

La base, membraneuse, fait corps avec la peau du Manatus et il est 
assez difficile de les séparer pour l'étude. 

La carène est étroite et présente en général, extérieurement, trois 
côtes longitudinales saillantes, deux latérales qui suivent le bord 
articulaire de la pièce et une, plus large, médiane, qui, rapidement, 
se divise en deux branches divergentes, lesquelles, à leur tour, se 



REVISION DES GIRRHIPÈDES. H7 

séparent en deux autres, très courtes, presque à la base de la pièce. 
Le rostre est environ deux fois aussi large que la carène; il présente, 
en général, cinq côtes longitudinales saillantes : une médiane large, 
qui, à quatre ou cinq millimètres de la base se divise en quatre côtes 
plus étroites et deux latérales, de chaque côté, l'une qui suit, à peu 
près, le bord articulaire et une autre à égale distance de cette dernière 
et de la côte médiane. Les quatre côtes latérales se divisent, elles- 
mêmes, près de leur base, chacune en deux ou trois autres, irrégu- 
lièrement. Le rostre présente rarement la trace de soudure des trois 
pièces primitives. 

Quant aux pièces latérales (caréno-latérales et latérales), elles sont de 
même largeur et présentent, ainsi du reste que le rostre, des rayons 
bien développés, larges et absolument lisses. Chacune de ces quatre 
pièces porte, en moyenne, trois côtes longitudinales qui se divisent 
souvent en deux, et parfois même se subdivisent en deux ou trois autres, 
vers la base. 

Vue du côté basai, la muraille présente un aspect extrêmement 
découpé par la série des prolongements des côtes longitudinales qui 
débordent de beaucoup le niveau des cloisons des pièces. Ces prolonge- 
ments arrondis à leur bord libre sont les uns tout à fait externes, 
tandis que d'autres, peu nombreux, un ou deux par pièce, environ, se 
dirigent du côté interne et forment ainsi des sortes de crampons calcaires 
analogues à ceux de P/ati//epas qui, en pénétrant dans la peau, permettent 
une fixation très énergique de l'animal sur son hôte. 

Les trois pièces primitives qui forment le rostre et qui ne se distinguent 
que peu ou point sur la face externe de la pièce, sont, au contraire, 
toujours très nettes du côté interne. 

Les ailes sont aussi développées que les rayons. 

Chaque pièce présente, dans son épaisseur, une seule rangée de 
canaux longitudinaux séparés par une cloison calcaire qui va, sans se 
bifurquer, directement de la paroi interne à la paroi externe. 

Entre ces cloisons, qu'on pourrait appeler principales, se trouvent, 
parfois, des dissépiments de la paroi externe, plus ou moins saillants 
dans l'intérieur du canal, mais n'atteignant jamais, de beaucoup, la paroi 



H8 A. GRUVEL. 

interne de la muraille. Ces dissépiments se rencontrent vers la base et 
ne se prolongent guère au-dessus du niveau de la paroi interne, moins 
élevée que la paroi externe. 

Pièces operculnires . — Les pièces operculaires (terga et scuta) sont 
allongées horizontalement et peu élevées. Elles ne remplissent pas, à 
beaucoup près, l'orifice du test auquel elles sont rattachées par une 
membrane chitineuse assez résistante. 

Extérieurement, ces pièces ne présentent que des stries d'accroisse- 
ment très légères et des côtes longitudinales partant de l'apex, à peine 
indiquées. 

Le bord occluseur des5cw/« est infléchi vers l'intérieur et presque droit; 
le long de ce bord court une arête arrondie qui vient se confondre avec 
lui à l'angle antérieur. La dépression du muscle adducteur qui se trouve 
au-dessous est très profonde et on ne trouve ni saillie, ni cavités pour 
les autres muscles. Un peu en avant du bord tergal, on remarque une 
crête articulaire saillante, placée sur l'arête articulaire. 

Les terga sont, eux aussi, allongés horizontalement et peu élevés. L'apex 
est mousse. Près du bord scutal se trouve une petite cavité, articulaire, 
limitée en avant par une très légère arête mousse, qui porte, du côté 
apical de la pièce, une légère saillie. A l'angle basai et antérieur vient 
aboutir une légère crête, qui, partant du bord occluseur, vient s'y ter- 
miner obliquement, en formant une petite arête incurvée. 

Bouche. — Le labre (PL II, fig. 14) n'est pas très saillant en avant; il 
est formé de deux parties latérales qui viennent se rejoindre sur la ligne 
médiane antérieure en formant un angle rentrant très net. Le bord 
libre est armé de dents chitineuses dont les plus développées sont, de 
chaque côté, celles de la région moyenne. Sur les parties latérales, 
internes, on trouve seulement de courtes soies, assez peu nombreuses. 
Les paipes de la lèvre supérieure sont aplatis, allongés et garnis sur leur 
bord libre et aussi sur une partie de leurs faces latérales d'un grand 
nombre de soies longues, flexibles et fortement pectinées. Les mandi- 
bules (PI. II, fig. 17) présentent quatre dents fortes, la supérieure est la 
plus robuste et la distance qui la sépare de la seconde est à peu près 
égale à celle qui sépare cette dernière de la quatrième. L'angle basai est 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. 119 

large et formé de plusieurs denticulations inégales. Cette pièce porte des 
soies, très courtes sur le bord dorsal et d'autres, courtes également et 
raides, sur les parties latérales, particulièrement du côté interne. Les 
mâchoires (fig. 18) sont, comme c'est la règle, moins fortes que les man- 
dibules. Leur bord libre est absolument droit et porte des épines chiti- 
neuses qui, fortes et rigides dans la région supérieure, vont en diminuant 
(le plus en plus vers l'angle basai où elles deviennent courtes et très 
nombreuses ; on trouve aussi quelques soies sur une partie du bord 
dorsal et quelques autres, rares, sur les faces latérales. Quant aux palpes 
delà lèvre inférieure, ils sont plats, assez courts, à bord libre arrondi 
et couvert de soies très nombreuses, longues, flexibles et barbelées 
comme celles des palpes de la lèvre supérieure. 

Cirrhes. — D'une façon générale, les cirrhes sont de moyenne longueur, 
trapus, à articles courts et nombreux. La première paire est peu 
éloignée de la seconde et porte un nombre considérable de soies longues, 
grêles et finement barbelées sur les trois quarts de leur longueur à 
partir de la pointe. 

La sixième paire, par exemple, présente environ une soixantaine 
d'articles courts et larges, très peu saillants et portant sur chaque rame 
et antérieurement, deux paires de soies longues, grêles et très finement 
barbelées vers leur extrémité libre. Entre chaque paire de ces longues 
soies, sur la ligne médiane et antérieure de la rame, se trouve une 
touffe de dix ou quinze épines beaucoup plus courtes. Sur le côté 
dorsal et à la partie supérieure de chaque article, se rencontrent des 
soies semblables, mais en nombre plus réduit, cinq ou six seule- 
ment. 

Les appendices terminaux n'existent pour ainsi dire pas et sont réduits 
à de simples lames très courtes, aplaties, situées à la base de la sixième 
paire de cirrhes et garnies à leur extrémité d'une petite touffe de soies 
courtes. 

Le pénis est très long (19 millimètres dans l'un des échantillons) ; il 
dépasse l'extrémité de la sixième paire de cirrhes, d'un cinquième 
environ de leur propre longueur. 

Il est formé de nombreux anneaux très étroits et porte des 



i20 A. GRUVEL. 

bouquets de soies courtes, irrégulièrement disposées. Son extrémité 
libre est couronnée par une petite touffe de soies. 

Les branchies consistent simplement en deux replis du manteau, placés 
à droite et à gauche du corps, vers la base. Ces replis sont épais et 
semblent simples, c'est-à-dire sans replis secondaires, du moins d'après 
ce que j'ai pu voir sur des échantillons très racornis par leur séjour dans 
l'alcool. 

Appareil cémentaire. — Cet appareil est constitué^, comme en général 
chez les Chelonobia^ par une série concentrique de canaux principaux 
portant les renflements glandulaires d'où partent, dans le même plan, 
des canaux secondaires d'un diamètre inférieur aux premiers. 

Ceux-ci se ramifient à leur tour et envoient dans la membrane basale 
les extrémités des canaux par où s'évacue le cément. 

Le tableau suivant résume la classification actuelle de ce genre inté- 
ressant. 

Tableau synoptique des espèces du genre CIIELONOBIÂ, Leach. 

Espèces. 
' Encoches plus ou moins profondes sur les rayons 
I et les ailes. Muraille lisse ou flaement striée. . . Ch. testadinaria, L- 

Rayons \ Pas I Muraille ornée de côtes longitudi- 
^ I bien d'encoches 1 nales saillantes plus ou moins di- 



m [ développés, j sur } visées à leur base. Orifice moyen- 



Z \ f les rayons \ uement large Cli.manatl^ A. Gruvel. 

o 



j ; \ ni sur f Muraille très lisse, sans côtes; orifice 

'"^ ^ \ les ailes. large Ch. patula, Ranzani. 

u 

g I Rayons I Muraille massive, très lourde, avec des sillons 
O \ très étroits l étroits plus ou moins accentués, surtout vers 

ou nuls. ( la base Ch.caretta,S\)eng\ev 



2. — Genre Acasta, Leach, 1817. 

Six espèces appartenant à ce genre sur les dix actuellement connues 
sont représentées dans la collection du Muséum ; il y en a même onze si 
l'on y comprend A. striata^ A. Gruv. rapportée par le « Talisman >>. 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. 121 

C'est d'abord A. cyathus, Darw., provenant de Madère, puis un très bel 
échantillon sec d'A. cjlans, Lamarck, de la Nouvelle-Galles du Sud(Milne- 
Edwards) ; quelques échantillons, également secs, d'A. lœvigata 
J.-E. Gray, de la mer Rouge (Milne-Edwards) ; A.purpurata, Darw. ; 
quelques exemplaires enfermés dans une éponge et offerts au Muséum 
par Darwin; A. sulcata, Lamarck, de la Nouvelle-Galles du Sud (Milne- 
Edwards), et enfin des fragments secs d'A. spongites, Poli, des côtes 
de la Grande-Bretagne. En outre de ces fragments secs se trouvent des 
exemplaires de cette même espèce bien conservés dans l'alcool, rap- 
portés par M. Dollfus (1901), les uns de Hendaye et les autres de Saint- 
Jean de Luz où ils ont été recueillis dans des éponges fixées sous des 

pierres. 

Ces échantillons présentent, très nettement, les caractères indiqués par 
Darwin et sont remarquables par la grande perforation de la base qui res- 
semble à un véritable crible, comme chez certaines formes étudiées par 
ce savant et provenant du cap de Bonne-Espérance. Ces orifices, qui se 
trouvent ainsi en grande quantité sur toute la surface de la base, ont 
une forme assez irrégulière, généralement allongée ou arrondie. Leurs 
dimensions sont assez variables, mais toujours extrêmement réduites, 
ils sont disposés en séries parallèles au bord supérieur de la base, 
jusqu'au fond de la coupe basale et là, deviennent extrêmement irrégu- 
liers comme position. 

La forme de la base varie sensiblement dans cette espèce. Tantôt elle 
est très réduite comme hauteur, atteignant à peine un tiers de celle de la 
muraille, tantôt, au contraire, elle est presque de hauteur égale à celle 
des parois, mais toujours, elle se présente sous la forme d'une coupe, 
plus ou moins profonde. 

Les parois internes de la muraille sont tantôt presque lisses, tantôt au 
contraire avec des sillons assez saillants, mais qui n'atteignent jamais le 
relief que Ton observe dans l'espèce voisine, A. sulcata. 

Le tableau suivant résume les caractères difterenliels les plus saillants 
des espèces appartenant à ce genre intéressant. 

16 

Nouvelles Archives du Muséum, 4" série. — V. 



122 



A. GRUVKL. 



a 



-i 


> 


c5 


a 


P" 


.'^ 


Q 


, 


' ' 




^ 


c<i 


^ 


C/-. 


*.i 


S 










"^ 




*^i 


« 


*^ 


s 



çS 






O 


^ 


^ 




;-i 




H 


G 




^5 


B 


e 




■<^ 




e 


C 


« 


■^^ 


S» 


s^ 


ÎS 




S 


.ti 


2 


f^ 


s> 


s 


J, 


55 


.«J 


s 


^~- 


a, 



o 

CL 



î=5 



O 






S 



H 

< 

< 

u 

bu 

:i 
-d 

O) 

o 

-0» 

p* 

(U 

ta 

(U 

•d 

■w 
P< 
O 

a 

X 
(U 

3 

ai 



5 



ci 

vu 



syo 



a. 



ta 

5 



:D 



iD 



'H 




5 



ci 



CD 
O 



iC 



iXD 

C 
O 



co 





fi 


£h 




— 


^ 


. 




o 


O 


Oj 


-^ 


2 








<u 


O 




11) 


■ 




o 


hfl 


-o 


^ 


c() 


o 




vil; 


5 


C- 


o 


es 


o 






















.V 








a; 


O 


C5 


ej 




es 


cS 


a c 


- 


o 


<u 


c 
o 


a 




"cï 


C 


o 




'O 


o 



iC 



U: 



1-1 c/3 






P3 



o ;r 



- o 



bb ^ .-2 

i I I 
= h 5 






ce 



O -S = " 



CD - _, 



S 


'/j 


'o 




fi 
o 
o 


'3 




.5 


o 


■y. 


^ 




« 


fi 




<D 


Gj 


• O' 


•^ 




T3 


<u 


2 


'-H^ 


~ 


±2 


y: 




« 


fi- 


es 


<v 




ca 




v: 


S 


fv 


£ 


£ 


C 




r 


• OJ 


- 




■- 


^ 


-+-J 




_s 


-fj 


c/: 




c 


pC 








s 


o 




c 
o 


3 


'<u 




fi 


fi 
fcfj 


"es 




c 


3 


r'* 




o 


s 


fcJD 




-y: 


"3 


^ 




t« 


-i) 




es 


■j: 




o 


C3 


. — 








OJ 
iC 




■^ 


<u 


c/; 








t. 








cS 








_CS 


o 




'« 










o 


fi 

aj 


o 

'a. 


3 
fi 


Ci 












^ 


-2 


-es 








ô 




Oi 











" S o o 

c fi o.. I — 



g 

eu 

-S 



c fi _— 



!D — ^ ^ 

,ij CJ (U ^! 

fi C Cl- -ai 






c 

s 


& 3 


y 


— -73 






= -^ J 

^ fi -a^ 

5 ® "S 

fi '-^^ es 






fi a; -a 



fi V- Ih 



C fi *i 

p &c fi S 

s-( t, r^ ce 

S S fi ~ 





aj 


-w 


^^ 


-1 




o 


eu 


_r 


o 


o 


o 


•y: 


•ri 




«J 




-o 




■/) 












o 


o 


^^ 













o 


a; 










TZ 


-^ 


es 








t» 












es 




-n 








0-i 


fi 

ai 












-fi 








^ 










e« 


j^ 








O 
C 


tu 

"crt 


cS ai 
fi ^ 

.2f ^ 








■a; 


-?j 












^ _( 








o 


es 


-1^ es 









^-^ 


ai 


' 1 


tA 


-i> 


CS 


Ch ^ 






r/1 


es 




^~^ 


ai 


01 


^3 


-fi 



O. jO S 



ai ^ 



•VISVOV 3a'^3{) 



REVISION DES GIRRHIPÈDES. 123 

3. — Genre Baianus-, da Costa, 1778. 

De tous les genres ^^ Operculés ^ c'est incontestablement le genre Bala- 
nus qui contient le plus grand nombre d'espèces et qui se trouve dissé- 
miné en plus grande abondance dans toutes les mers du globe, aussi 
bien dans les mers froides que dans les mers tropicales, sur les rochers 
des côtes comme dans les grandes profondeurs. C'est aussi celui dont 
l'étude systématique est la plus compliquée et la plus difficile, étant 
donnés les caractères différentiels, si peu accentués, qui distinguent 
parfois les espèces les unes des autres. 

Pour se reconnaître dans cette multitude de formes, Darwin a divisé ce 
genre en six sections correspondant, chacune, à des caractères déterminés 
et qui, malheureusement, ne sont pas toujours faciles à bien mettre en 
évidence. Hoek a ajouté une section nouvelle pour deux espèces rappor- 
tées parle « Challenger » et j'ai dû en créer, moi-même, une huitième 
pour une espèce nouvelle de la collection qui ne trouve sa place dans 
aucune des sept autres. 

A côté du grand nombre d'espèces qui constituent ce genre, viennent 
se placer un nombre respectable de variétés, qui est de onze, par exemple, 
pour le seul B. tintinnabiilum. C'est, il est vrai, l'espèce qui en ren- 
ferme le plus. 

J'ai essayé d'établir, pour le genre Balanus^ des tableaux synoptiques 
de classification, un pour chaque section, et si les autres m'ont déjà 
donné beaucoup de peine à constituer, on doit s'imaginer facilement ce 
qu'il en a été pour ceux-ci. Dans bien des cas, j'ai dû m'appuyer sur les 
caractères des pièces operculaires pour différencier les espèces et tous 
ceux qui ont eu des échantillons secs de Balanes entre les mains, savent 
avec quelle extrême facilité ces pièces se détachent de la coquille, s'éga- 
rent et combien il est difficile ensuite de pouvoir déterminer les espèces 
ainsi mutilées. 

Malheureusement ces faits se sont produits pour beaucoup d'échantil- 
lons de la collection du Muséum et j'ai dû, pour un certain nombre, 
renoncer à les classer, n'ayant à ma disposition que des murailles, 



124 . A. GUUVEL. 

souvent même en mauvais état de conservation. Il faut dire que c'est le 
petit nombre. 

Le nombre des espèces déterminables représentées est, cependant, 
très considérable et beaucoup le sont par de nombreux échantillons, 
pour la plupart à l'état sec, quelques-uns avec les localités, beaucoup 
sans aucune espèce d'indications de cette nature. 

Le genre Balanus se subdivise donc en huit sections : 
1° Section A. — Parois, base et rayons percés de pores. Base calcaire à 
peu près régulièrement circulaire. 

2° Section B. — Parois et base percées, quelquefois, de pores, quelque- 
fois non. Rayons jamais percés de pores. — Base calcaire, plus ou 
moins en forme de carène de bateau, allongée suivant l'axe rostro- 
carénal. Fixés sur les Gorgones et sur les Madrépores. 

3° Section C. — Parois et base percées de pores. — Rayons non percés 
de pores. — Base calcaire, à peu près régulièrement circulaire. 

4° Section D. — Parois percées de pores. — Base calcaire et rayons non 
percés de pores. 

5" Section E . — Parois percées de pores ou non. — Base membra- 
neuse. 

6° Section F. — Parois et rayons non percés de pores. Base calcaire, 
quelquefois percée de pores, quelquefois non, excessivement mince et 
difficile à distinguer. 

1° Section G . — Parois non percées de pores. — Pas de rayons. — 
Base membraneuse. 

8° Section H. — Parois et base percées de pores. — Pas de rayons. 
— Base calcaire. 



J'ai cherché à" établir pour ces différentes sections un tableau qui per- 
mettra, je l'espère, étant donné un échantillon, de se rendre compte très 
rapidement de la section à laquelle il appartient. 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. 125 

Tableau des diverses sections du genre BALA.NUS. 

Sections. 
Rayons poreux. | Base poreuse A 

IBase très allongée dans le sens rostro-carénal. . . B 

, r> ■ ( Base poreuse G 
Base / P^ï'ois ) 
calcaire, i non poreux, j . ■ l poreuses. ) 

i / <i ijy" pics ] ( Base non poreuse. . D 

I I régulièrement i 

\ aironaie . i^ Parois non poreuses F 

' Pas de rayons. Parois et base poreuses H 

Base / Rayons présents E 

membra- | 
neuse. f Pas de rayons G 

Section A. — Toutes les espèces appartenant à cette section se trou- 
vent représentées par un nombre variable, parfois très grand, d'échan- 
tillons secs ou dans l'alcool, excepté une seule : U. vhiaceus, Darwin. 

B. tintinnabulum^ L. — Tous les auteurs qui se sont occupés de la sys- 
tématique des Operculés ont pu remarquer quelle difficulté il y a à re- 
connaître cette espèce, à cause de la variété considérable des formes 
qu'elle présente et aussi de la quantité innombrable, on peut dire, des 
échantillons divers, distribués sur toute la surface du globe. 

Les dix variétés décrites par Darwin ne sont que des sortes de points 
de repère, à peu près fixes, de toutes les étapes successives par lesquelles 
est passée cette espèce, suivant les conditions de milieu où elle s'est 
trouvée ; mais, quand on a examiné comme j'ai dû le faire, un très grand 
nombre d'échantillons, on s'aperçoit que, pour certaines variétés tout 
au moins, il existe des formes intermédiaires plus ou moins nombreuses, 
qui permettent toujours de les ramener au type initial. 

B. tintinnahulum ^ L., var. communis^ Darwin. — Échantillons assez 
nombreux à sec et dans l'alcool. 

Distribution : \° à sec : Saint-Lorenzo ; Ile-de-France; Gorée (Robert, 
1836); Congo; Sette-Cama(Pobéguin, 1891); 2°en alcool: sur lacarèned'un 
bateau venant de Madagascar et recueillis à Cherbourg (Gravier, 1902) ; 



126 A. GRUVEL. 

Gabon (Aubry le Comte, 1853] ; Kotonou (de Cuverville, 1891); Pon- 
dichéry (Chaper, 1883); la Rochelle (d'Orbigny, 1796). 

Var. validus^ Darwin : un seul échantillon sec, sans habitat. 

Var. zébra, Darwin : quelques exemplaires secs, sans origine. 

Var. crif^potvs, Schrôter : tous à sec. La Rochelle (probablement 
recueilli sur la carène d'un bateau) ; Sénégal ; sur la carène d'un bateau 
venant des Indes (Olivier). 

Var. spinosu^, Gmelin: rares exemplaires secs, sans habitat. 

Var. coccopoma, Darwin : un exemplaire sec (Milne-Edwards) et d'au- 
tres de Californie (Diguet). 

Var. concinnus, Darwin : échantillons à sec sur B. psittacus, du détroit 
de Magellan, d'autres provenant d'Aden (D' Jousseaume) et d'autres 
enfin du Congo français: Rata (Pobéguin). 

Var. d'Orbignyi, Chenu : à sec (Milne-Edwards). 

B. ajax, Darwin. — Cette espèce est fort difficile à distinguer de la 
précédente, en particulier de la variété coccopoma, par sa forme exté- 
rieure. Comme elle, en effet, elle présente un orifice étroit, dû à ce que 
les pièces de la muraille sont fortement arquées à la partie supérieure ; 
mais l'ensemble du test est plus robuste, les parois plus épaisses et la 
forme plus allongée dans le sens antéro-postérieur. Comme dans la variété 
occator de B. tintinnabulum, la surface externe des scuta est extrêmement 
rugueuse et ornée de saillies denticulées en séries parallèles, mais, dans 
cette espèce, les denticulations sont peut-être plus saillantes que dans la 
variété occator. De plus, et c'est là un caractère différentiel important, 
les terga présentent dans cette espèce, et sur leur moitié scutale seule- 
ment, les mêmes denticulations que sur les scuta ; elles n'existent pas sur 
ces pièces dans la variété occator; enfin l'orifice de la coquille, denté dans 
cette dernière variété ne l'est pas dans B. ajax. 

Un seul exemplaire à sec, dépourvu des pièces operculaires. 

Balanus decorus, Darwin. — Parmi les quelques échantillons qui exis- 
tent de cette espèce, quelques-uns sont dans l'alcool et m'ont permis 
d'étudier le corps encore inconnu de l'animal. Les caractères du test et 
des pièces operculaires, concordent exactement avec ceux donnés par 
Darwin, à quelques très légères différences près. 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 127 

Je ne ferai donc qu'indiquer ici les caractères de l'animal propre- 
ment dit. 

Bouche. — Le mamelon buccal est, relativement, très élevé et les pal- 
pes de la lèvre inférieure dépassent le bord supérieur des autres pièces, 
d'au moins un tiers de la hauteur de ces dernières. 

Le labï^e, assez saillant en avant, est formé de deux parties latérales 
séparées par une encoche profonde, de chaque côté de laquelle on ne 
trouve pas de dents chitineuses véritables, mais seulement de très nom- 
breuses soies courtes et raides en forme d'épines; ]es palpes, fixés laté- 
ralement, viennent reposer sur le bord libre du labre et portent sur leur 
périphérie de longues soies flexibles. Les majidihules (PI. II, fig. 16) por- 
tent quatre dents dont la supérieure est la plus forte. La distance qui sépare 
la première de la seconde égale celle qui sépare la seconde de la quatrième, 
qui est la plus courte ; l'angle basai est large et comme tronqué. Le bord 
dorsal, le bord basai et les parties latéro-antérieures sont couverts de 
soies fines, plus courtes sur les côtés et aussi plus robustes. Les mâ- 
choires ne présentent rien de particulier; leur bord antérieur est légè- 
rement encoche et porte des soies raides et nombreuses. Les palpes de la 
lèvre inférieure sont allongés, à bord régulièrement arrondi et couvert 
de longues soies flexibles, non barbelées et en très grand nombre. 

Cirrhes. — D'une façon générale, les cirrhes sont longs et grêles, avec 
des segments courts et très nombreux. La première paire est située près de 
la deuxième, elle est formée de deux rames courtes, inégales, à segments 
extrêmement saillants et couverts de très nombreuses soies ; la deuxième 
et la troisième paires sont encore assez courtes, à segments très saillants 
surtout du côté antérieur et couverts de longues soies. Enfin les trois 
dernières paires sont longues, grêles, à très nombreux segments portant 
en moyenne, à la partie antérieure, cinq paires de soies, dont les deux 
supérieures sont très longues et grêles, les trois inférieures étant beau- 
coup plus courtes. Dorsalement, à la limite supérieure de chaque article,, 
on ne trouve qu'un petit bouquet de trois ou quatre soies courtes. 

Pénis. — Le pénis est long, très grêle, recouvert par une cuticule 
mince, à annulation très serrée, mais très nette, portant de distance en 
distance, mais irrégulièrement, de petites touffes de quelques poils 



128 A. GRUVEL. 

courts. L'extrémité libre, comme tronquée, présente deux bouquets laté- 
raux de ces petites soies. 

Je n'ai pas pu voir d'appendices terminaux. 

Branchies. — Il existe une paire de branchies simples bien dévelop- 
pées et formées par une quantité considérable de replis. 

Distribution. — Darwin n'indique comme habitat de cette espèce que 
la Nouvelle-Zélande. Parmi les échantillons que j'ai pu examiner, les uns 
proviennent effectivement de la Nouvelle-Zélande (musée d'Otago) et ont 
été rapportés par Filhol en l87o, d'autres, du détroit de Gook (Filhol 
également); quelques-uns de Madagascar : rochers de Nossy-Komba 
(D' Joly), et enfin d'autres de la colonie du Cap (Holub, 1894). — Ceux 
provenant du Cap sont beaucoup plus petits que les autres et d'une cou- 
leur rosée beaucoup plus pâle, avec, non pas un sillon véritable à la sur- 
face externe des terga, mais une légère dépression. Ils correspondent 
cependant à cette espèce par l'ensemble de leurs autres caractères. 

Balanus CampbeUi, Filhol. — Cette espèce n'est malheureusement 
représentée dans la collection que par les pièces operculaires. Filhol en a 
donné une description trop diffuse pour permettre de lui assigner une 
place précise dans la classification. Il ne donne, en effet, aucun des carac- 
tères de la paroi, ni des rayons, ni de la base, caractères qui, comme on l'a 
vu plus haut, sont absolument indispensables à connaître pour détermi- 
ner même la section à laquelle appartient l'animal. L'examen très attentif 
que j'ai pu faire des pièces operculaires m'a cependant conduit à penser 
que cette espèce semble venir se placer près de B. décoras. Je ne répéterai 
pas ici la description qui en a été faite par Filhol, mais je crois que, bien 
que très semblables au fond par leurs différents caractères, cette espèce 
et la précédente sont distinctes, à cause de la saillie beaucoup plus con- 
sidérable de la crête articulaire et delà crête de l'adducteur, qui viennent 
presque au contact l'une de l'autre et limitent entre elles une profonde 
cavité. De plus, le bord inférieur est très nettement convexe, tandis qu'il 
est plutôt légèrement concave chez ^. clecorus (PL I, fig. 18 et 16). 

Il me reste cependant un doute que l'examen seul de la muraille et de la 
base pourrait lever. 

Balanus tulipiformis, Ellis. — Seulement des exemplaires secs 



NOUVELLES ARCHIVES 

DU MUSÉUM 



D'HISTOIRE NATURELLE 



P U B L 1 lî E s 



PAR MM. LES PROFESSEURS-ADMINISTRATEURS 

DE CET ÉTABLISSEMENT 



QUATRIÈME SÉRIE 



TOMii: cinquième: 



SECOND FASCICULE 



MÉMOIRES 

C.IRRIIII'ÈDES DE LA COLLECTION DL^ MUSÉUM (.^uilc . 

par M. A. Giu-vel. 

MATÉRL\UX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR M/iV,- . 

pai' M. A. Lacroix. 

BULLETIN 

V. V. DEHÉRAIN. —NOTICE NÉCROLOGIQUE, par M. L. M.vyuKNNK. 

LISTE DES OUVRAGES ET MÉMOIRES PUBLIÉS 



Feuilles l" à 'M cl a ;i (/. — Planches V à XIV. 



PARIS 

MASSON ET a\ ÉDITEURS 

LIBRAIRES DE L' ACADÉMIE DE MÉDECINE 

120, Boulevard Saiiil-Germaiii, en face de l'École de Ulédeciiie 



^\\isonia 



1903 



REVISION DES GIRllHIPEDES. 129 

(Eydoux, 1832; Milnc-Edwards ; deuxième voyage de Caron en Sicile, 
1830). 

Balanus psittacus^ Molina. — C'est là une des espèces les mieux repré- 
sentées dans la Collection, mais beaucoup de très beaux échantillons, à 
sec, manquent d'indications d'origine (PI. III, fig. 14). 

Quelques exemplaires, en parfait état de conservation, m'ont été confiés 
par le professeur Ludwig Plate et serviront à une étude anatomique qui 
sera prochainement publiée dans sa « Fauna Chilensis ». 

Ceux du Muséum dont les habitats sont connus proviennent du Chili, 
de l'Amérique du Sud (collection Michelin, 1868); d'autres, dans 
l'alcool, du cap Ilorn (Roussout, 1891); détroit de Magellan, et enfin de 
l'Expédition de la « Bonite ». 

Balanus capensis^ Ellis. — C'est une très jolie espèce qui, suivant 
Darwin, représenterait, au sud de l'Afrique, le B. psittacus^ sud-améri- 
ctiin. Effectivement, à part sa taille qui reste toujours bien moins 
grande que celle de cette dernière espèce, et quelques caractères diffé- 
rentiels peu importants, cette espèce se rapproche beaucoup de B. pnt- 
tacus. Le test est plutôt rose vif et le bord antérieur de l'éperon desterga 
est placé à une distance au moins égale à sa propre largeur^ de l'angle 
basi-scutal. Elle se fixe fréquemment sur les objets flottants et la collec- 
tion en contient un grand nombre d'exemplaires fixés sur une tige de 
laminaire qu'ils entourent complètement (PI. IV, fig. 5). 

Distribution. — Cap de Bonne-Espérance. 

Faisons remarquer, en passant, que certaines espèces semblent assez 
localisées dans cette région. Nous avons vu, dans le Mémoire des Pédon- 
cules, que LeiMS testudinata., Auriv. semble aussi très spécialisé dans cette 
région sud-africaine et se trouve presque toujours fixé, également, sur 
des tiges de Laminaires. 

Balanus nigrescens., Lamarck. — Cette espèce se reconnaît assez faci- 
lement à son aspect extérieur. Le test est, en effet, d'une couleur viola- 
cée assez sombre et les parois de la muraille sont marquées de côtes 
longitudinales parallèles, très étroites et très serrées. De plus, les 
rayons présentent des stries transversales nombreuses et très accusées. 
Elle se rapproche beaucoup, par ces derniers caractères, de B. psitlacus 

Nouvelles Archives du Muséum, k'^ série. — V. 17 




130 A. GRUVEL. 

dont elle ne diffère que parla couleur du test et la forme interne des 
scuta. 

Quelques échantillons secs, très beaux, mais dépourvus de pièces 
operculaires proviennent de la Nouvelle-Hollande (collection Roissi, 1 847) 
et de la Nouvelle-Galles du Sud (Milne-Edwards). Deux échantil- 
lons en alcool ont été rapportés de la Côte d'Ivoire (San Pedro) par 
M. Thoiré. 

Le tableau suivant indique les principaux caractères distinctifs de 
ces diverses espèces. 

(Von^ le tableau, page 131 .) 



Section B. — Cette section ne renferme que des espèces fixées sur des 
Gorgones, des Millepores ou des Antipathes, et cet habitat commun leur 
donne un caractère à peu près uniforme, c'est-à-dire que la muraille prend 
une forme allongée dans le sens antéro-postérieur et que la base est en 
forme de carène de bateau. Nous avons déjà vu un phénomène analogue 
se produire pour une espèce appartenant à la section précédente, 
B. ajax, très voisine de^. tintinnahulum par ses autres caractères^ et qui, 
grâce à son habitat sur les Millepores, prend un aspect allongé et 
constitue ainsi une forme de passage avec les espèces de la section B. 

Trois espèces sont représentées et seulement par quelques échan- 
tillons secs. 

Balanus calceolm, Darwin. — (Milne-Edwards), sans habitat. 

Balanus galeatus (L.?), Darwin. — Caroline du Sud (Smith). 

Bakmus navicula, Darwin. — (Milne-Edwards), sans habitat. 

(Voir le tableau, page 13'2.J 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 



131 



w 






■S» 



"« 



fe 



I 






ci 




a 






a 


SZ 


c/5 


es 


o 




J 


^^ 


S 


ce" 






«43 


ÎC 




^ 


S 


^ÎC 




o 


s 


ce 


C 


SS 


s 


**^ 


lU 


s. 


"^ 


S^ 


&5 



cfi 



« 

u 

a 
a) 

S! 

-a 

CQ 

o 

•O) 

eu 

CQ 

v 

co 
<u 

-a 

v 
;3 
S" 
-(J 

Pi 
o 

(0 



câ 

I— 1 



•- S « 

p _ ^ .:: 

o <D — 

es t; 5 

-a 3 .ï: 



aj -^ ~?^ K 
-o C - 5^ 



bC cS Ci _ 

^ C S. ^ 



cO 


^ 


-O 






(X 






-M 


3 
o 


es 






-cS 




O 


^■■^ 


c 




s- 


es 




CJ 




o 


a. 


^ 


— • 


'r> 




-d 


fl 




o 




53 


'^ 


Ti 


o 










■\ NOI103S 



132 A. GRUVEL. 

Tableau synoptique des espèces du genre BALANUS, L. (Section B) 

Espèces. 

Bord basai des scuta fortement 

saillant au milieu. Largeur de 

l'éperon égale environ le quart 

^ . , de celle des terga B. stultus. Darwin. 

Parois 

I ' ■ i Bord basai des scuta à peine saillant 

I [ en son milieu. Largeur de l'éperon 

Base ' égale presque la moitié de celle 

poreuse, i \ des terga B. calceolus, Ellis. 



z 
o 



1 Parois non poreuses. Bord carénai des terga 

\ coudé en angle droit B. galeatus (L.?\ Darwin. 

/ Bords scutal et carénai des terga, droits; terga 
Parois i très larges, éperon très large à peine saillant. B. ci/mbifoî'fnis, Barw'm. 
et base \ 

non j Bord scutal des terga concave, bord carénai ré- 
poreuses, f gulièrementconvexe; terga assez étroits avec 

\ l'éperon large et saillant B. navicula, Darwin. 

Section C. — Depuis la monographie de Darwin, une seule espèce 
nouvelle a été ajoutée à cette section, c'est B. armatus^ Fr. Mûller. 

La collection du Muséum contient un assez grand nombre d'espèces 
dont quelques-unes sont représentées par de très nombreux échantil- 
lons, telle B. lœvis, par exemple. 

Parmi les échantillons qui m'ont été envoyés à examiner par le 
British Muséum, j'ai trouvé une très intéressante espèce qui ne répond à 
aucune de celles déjà connues. Je prends la liberté de la décrire dans 
ce mémoire, bien qu'elle ne fasse pas partie de la collection du Muséum 
de Paris, ne croyant pas devoir, pour cette unique espèce, écrire 
un mémoire spécial. Je suis persuadé que mon excellent collègue, 
M. Jeffrey Bell, ne m'en voudra pas pour cette petite entorse donnée à 
nos conventions ordinaires. 

Par sa base et ses parois poreuses et ses rayons non percés de pores, 
cette espèce vient très nettement se placer dans la section C. Je propose 
de lui donner le nom de B. violaceus^ à cause de la teinte générale, vio- 
lacée, de ses parois. 



REVISION DES GIRRHIPEDES. 133 

Balanus violaceus^ n. sp. — Diagnose. — Parois et base poreuses. Rayons 
bien développés, non percés de pores. Test de couleur générale violacée, 
avec des côtes longitudinales étroites et nombreuses, de couleur gris 
violet clair. Base entièrement poreuse. Scuta avec la crête articulaire très 
saillante, la crête de l'adducteur faiblement développée et située un peu 
plus près du bord rostral que du bord tergal; cavité pour le muscle 
adducteur, profonde; cavité pour le muscle dépresseur latéral, également 
profonde. Terga avec l'arête et le sillon articulaires très nettement 
marqués; éperon saillant, à extrémité inférieure arrondie et placé à une 
distance de l'angle basi-sculal un peu inférieure à sa propre largeur; 
crêtes pour le muscle dépresseur très nettes et saillantes; pas de sillon 
longitudinal externe, mais, au contraire, une côte longitudinale; apex 
légèrement saillant, terminé en pointe mousse (PI. I, fig. 11 à 14; 
PI. IV, fig. 12). 

Dimensions : Diamètre de la base 16 millimètres. 

Hauteur verticale 11 — 

Habitat inconnu. Collection du British Muséum. 

Description. — L'ensemble du test est de forme conique, avec la base 
à peu près régulièrement circulaire; l'orifice externe est fortement 
denté (PI. IV, fig. 12). Les rayons et les ailes sont bien développés et 
leur bord supérieur oblique. Les pièces caréno-latérales sont étroites. 
Les parois, peu épaisses, sont percées par une seule rangée de pores 
qui vont jusqu'au sommet et dont les dissépiments sont denticulés laté- 
ralement et, plus spécialement, vers la partie inférieure. Elles sont mai- 
quées de cannelures internes accentuées. Les rayons sont pleins et 
denticulés sur leur bord articulaire. La base est entièrement percée de 
pores, correspondant à ceux des parois et se dirigeant tous vers un point 
à peu près central qui porte les antennes larvaires. Elle est entièrement 
calcifiée et, bien que très fragile, d'une épaisseur appréciable, surtout 
vers la périphérie. 

Les pièces operculaires, qui remplissent complètement l'orifice 
externe, ont leurs apex légèrement écartés, surtout ceux des terga 
qui sont faiblement recourbés du côté externe, c'est-à-dire, en dehors 



134 A. GRUVEL. 

(lu plan saggital. Ces pièces sont lisses extérieurement, avec des 
stries d'accroissement nettement, quoique très faiblement marquées 
et seulement à la partie inférieure. Leur couleur est d'un gris vio- 
lacé, avec des bandes longitudinales plus blanchâtres que le reste des 
pièces. 

Du côté interne, les sciita (PI. I, fig. 11 et 12) montrent une crête arti- 
culaire très saillante, qui dépasse le bord tergal de la pièce et un sillon 
articulaire profond pour recevoir le bord scutal des terga qui est proé- 
minent. La crête pour l'adducteur est faiblement, quoique nettement 
développée et délimitée avec la partie interne du bord rosirai, une cavité 
profonde, séparée, en partie, en deux, par une petite crête saillante et 
qui est destinée à recevoir le muscle adducteur des scuta. 

Au-dessous du bord inférieur de la crête articulaire, et séparée d'elle 
par un rebord saillant, se trouve une petite cavité demi-circulaire, pro- 
fonde, pour l'insertion du muscle dépresseur latéral. 

Les terga (Pi. I, fig. 13 et 14) présentent, extérieurement, une série 
de plissements longitudinaux plus ou moins profonds, dont l'un, plus 
accentué que les autres, sépare le bord scutal du bord antérieur de 
l'éperon. Ce dernier est fortement saillant au-dessous du bord basai; 
il présente dans toute sa longueur et sur la surface externe de la plaque, 
non pas un sillon longitudinal, comme c'est le cas normal, mais, au 
contraire, une côte saillante et arrondie. Le bord basai des terga forme, 
en arrière de l'éperon, une ligne d'abord droite sur sa moitié anté- 
rieure, puis légèrement convexe inférieurement dans sa moitié posté- 
rieure. Le bord antérieur de l'éperon va s'unir au bord basai antérieur 
suivant un arc de cercle très ouvert et l'arête scutale s'avance en pointe 
inférieurement jusqu'environ au niveau de la moitié de l'éperon. 

Du côté interne, la crête articulaire et le sillon articulaire sont bien 
marqués, mais la première peu saillante. Le bord basai, en arrière de 
l'éperon, est denticulé, surtout vers sa partie postérieure où les denticu- 
lations correspondent aux crêtes pour l'insertion du muscle dépresseur. 

Les terga comme les scuta présentent du côté interne des taches vio- 
lacées. 

Bouche. — Le mamelon buccal est élevé sur le reste du prosoma et 



REVISION DES GIURHIPÈDES. 135 

les palpes de la lèvre inférieure légèrement saillants au-dessus des autres 
pièces masticatrices. 

Les deux bords supérieurs et latérauK du labre, séparés par une 
encoche médiane, présentent, non pas des dents chitineuses, mais de 
simples poils fins et courts qui se retrouvent plus longs et plus raides sur 
les parois internes de la pièce médiane chitineuse et triangulaire qui 
garnit toujours cette partie de la bouche. 

Les palpes labiaux sont aplatis, assez courts, à bords supérieur et 
inférieur parallèles et à bord libre régulièrement arrondi, portant des 
soies longues, flexibles et finement barbelées, plus courtes sur le bord 
inférieur. 

Les mandibules sont semblables à ce qui se voit communément. Le 
bord libre porte quatre dents chitineuses fortes, la première et la 
seconde à pointe aiguë, la troisième plus courte à pointe mousse et la 
quatrième très petite. L'angle basai est assez large et tronqué. Il présente 
quelques pointes chitineuses fortes. Le bord supérieur et le bord 
inférieur présentent dans la région antérieure des soies courtes qui se 
retrouvent sur les parties latérales, plus courtes et plus raides. 

Les mâchoires présentent sur leur bord libre une légère encoche qui 
sépare la partie supérieure large et droite de l'angle basai saillant et 
arrondi. Ce bord libre porte dans la partie supérieure, rectiligne, 
six paires d'épines longues, à la base desquelles se trouvent des soies 
très courtes. L'angle basai présente aussi deux paires de pointes chiti- 
neuses, plus développées que les supérieures, avec des soies courtes, à 
leur base. Ces soies se retrouvent plus longues sur les bords supérieur 
et inférieur et les parties latérales. 

Enfin, les palpes de la lèvre inférieure sont longs, peu aplatis et leur 
bord libre arrondi est couvert de longues soies fines et flexibles qui se 
retrouvent, mais plus courtes sur les parties latérales. 

Cirrhes. — Les cirrhes ne présentent rien de particulier. La première 
paire est rapprochée de la deuxième et ces deux paires sont courtes et 
trapues, avec les segments courts et saillants. Les quatre autres paires 
sont longues et à nombreux articles. 

Pénis. — Le pénis, extrêmement long (environ trois fois la longueur 



136 A. GRUVEL. 

de la sixième paire de cirrhes), est recouvert d'une cuticule très nette- 
ment annelée et portant des soies éparses qui forment un bouquet à son 
extrémité libre. 11 va en se rétrécissant régulièrement de sa base vers 
son sommet. 

Affinités. — Par l'ensemble des caractères que je viens d'indiquer, 
cette espèce se rapproche de B. nubilus^ Darwin. Elle s'en distingue 
facilement, par la couleur de son test, sa base parfaitement poreuse, la 
crête articulaire, très développée, de ses terga, la forme de ces 
pièces, etc. 

Les autres espèces appartenant à la collection se répartissent de la 
façon suivante : 

Balamis irigonns., Darwin (PL IV, fig. 0) : Échantillons secs (Milne- 
Edwards) : sur Tetraclita porosa ; localités : Atlantique Nord (Cavalier de 
Cuverville, 1891); Mascate (Maindron, 1896); Californie (Diguet, 190O); 
sur radioles de Dorocidaris : Loango (Nobre). 

Balanus spongicola, Darwin: Méditerranée (Milne-Edwards), à sec. 

Balanus iœvis, Cruguière, var. nitidiis, Darwin (PL IV, fig. 7) : 
mission du cap Horn : Puntas-Arenas, port de Magellan, Terre de 
Feu, Malouines; Patagonie (Lebrun) ; New- York Sound; golfe de Géorgie 
(Agassiz); Chili (Ch. Darwin); Valparaiso (Gay, 1833) ; Amérique du Sud 
(Milne-Edwards); Rio de Janeiro (Delalande, 1817); Tahiti, sur Balanus 
/y6?V/«cz/^ (amiral Clouet, 1871). 

Balanus per for atus., Bruguière, var. angustus, Gmelin (PL IV, fig. 4) : 
sur les rochers de Barfleur (Gruvel, 1902); Naples (Dollfus, 1901); 
Noirmoutiers (Dollfus, 1901); Cette (Dollfus, 1901); Kirkeness (Pasteur 
Sandberg ; Pouchet, 1896) et de nombreux exemplaires secs, sans 
habitat. 

Balanus improvisus, Darwin : Luc-sur-Mer (Bouvier, 1900) ; au 
large de Tatihou; baie de Cadix (« Talisman »); côtes du sud de l'An- 
gleterre. 

Balanus impr. var. assimilis, Darwin : Cette (Dollfus, 1901); Antilles 
^Milne-Edwards) (PL IV, fig. 18). 

Balanus concavus, Brown : côtes de France (?); Rio de Janeiro (Dela- 
lande, 1817). 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. 137 

Balanus amphitrite, Darwin : très nombreux échantillons de diverses 
variétés. 

Balanus amph. var. niveus^ Darwin : cap Horn; canal du Beagle 
(1883); D^Jousseaume (J891). 

Balanus amph, var. commimis^ Darwin : Le Cap (Holub, 1894) ; Guyane 
(Geay, 1900); Pondichéry (Maindron) ; Diego Suarez (Alluaud, 1892); 
Kurrachee (Maindron, 1896). 

Balanus amph. yRv.venustus, Darwin : golfe de Cadix (« Talisman ») sur 
Pagurus arrosor par 00 mètres. 

Balanus amph. var. pallidus^ Darwin : Contesté brésilien (Guyane) : 
Embouchure du Carsevenne (Geay, 1898) ; golfe de Tadjourah 
(Faurot). 

Balanus amph. \-àr. obscurus., Darwin: Djibouti iCoutière, 1897] et 
d'autres sans habitat. 

Balanus amph. var. cirratus, Darwin : voyage de la « Bonite » : Poulo- 
Pinang (Gaudichaud, 1837). 

Balanus ehurneus , A. Gould : États-Unis (Milne-Edwards), à sec. 

( Voir le tableau., page i38.) 



Sec/io?î D. — Aux quatre espèces placées par Darwin dans cette sec- 
tion, Ilœk en a ajouté une cinquième : B. rostratus. 

Trois epèces seulement sont représentées dans la Collection : 

Balanus porcatu^, Da Costa : nombreux échantillons à sec et en 
alcool. 

Habitat inconnu (commandant Beau); Angleterre; Musée d'His- 
toire naturelle de Toscane (Polucci, 1869); Mission Pouchet (1896); 
Cattégat, Vadso, Finmark ; Mission de la Manche fBienaimé, 1893); 

Nouvelles Akcuives nu Mcséum, 4"^ série. — V. 1^ 



138 



A. GRUVEL. 



M 



o 



cq 



Eh 
03 








^^ 






'ï 


c 




c 


. 


"3 


C 
^ 




't 




CD 




'3 




p 




2 
"3 


g 


p 


^ 




"3 


'^ 




03 


o 


03 


o 






& 


S 


^ 


bC 


Cîj 




■vT 


CQ 


Qj 


< 


S 

53 


o 
o 


•S 

o 




o 


p 

S 


Q 

s 






5 


1> 



ûq 



cq ûq 



oq 



ûq aq 



05 



oq 



05 



05 



05 



05 




tu 
XI 



eu 


.03 


o 




<-J 










o 




<Cj 


c/î 


C/3 


O 


-^ 




OJ 


(/) 


O-' 


'O 


'^ 






O 


c 





r-' 


•c« 


t/; 


^ 


l'i 


^ 




^ 
cA 


^ 



c« es 



5S s a:i 



03 



03 

a. 



2 '^ 

« ~ 

o S 

■^ a- 



•^ CJ 



&c 



es 



bD 



Cl. 
03 



C 



i: =^ ;:= 



<u tu 
O o 






-■53 g g 



c 



î2 






o 

Cl. 



s ^ 



g c 

>< .03 

^ s 

1 I 

'5b 
o 



es ::: 

C/3 ( — l 

^ 'S 

cS '^ 



^ Oi 



^ ô ^ 

tri c3 

C 3 i5 

o; :t ^ 

'^ 2 -^ 

<D o CD 

Ti -^-^ 

s «^ • ' 

cS "îCi q; 

g .-s s 

1 1? g 



«u ^ 



N 






g = 



i^ P„ ê 



3 ï 

o 






<Z) 









5 tH 






a. 

.03 






t: > 

03 



OJ 






-^ J 



^ , I 



3 s '■■« 

0^ 2 "^ 

_ ^^ ryi 

o '^ '■" 

.3 f- —; 

> -1.^ es 

S ^ S 

« 03 "-3 



03 
45 



O 






O g c« 

^ ^ (U 



p. :2 i^ Sd -S 



■^3 0)?* 



bD 






tS 



g.- 



biD <B bJD 

tn . ^ i- 

03 es CD 



« fl 



cS 



03 

CS 


cS 
3 


in 
c: 


s 





cS ^ 

C/3 .-^ 



"bJD 5 



C 


. 


m 


OJ 


73 


T3 


vT> 









. .^ 





.^^ 


E.^ 


Ti 


& 


c 







,Ç9 






t3 es 
CD O- 

.'2 cT 
3 2 

bD ai 

t- s(D 

cS ""^ 
bp o 
â3 ^ 

% •§ 

-3 H 



vqj OJ ."t: 



O 



CL 
3 



es S 

bD <D 

(D es 

« 3 



sg o 



es 
bD 



xn 



o 



.2 -^ 



3 *- _s .*^ 

^ ^^ Z t ^ 

-S « 3 

T3 P 



Jii bD 



es — ' -Oi S cr* o *^ 

^ o « fl P 

■P P TJ 



tA. CS 

es bD 

-Q - fi 



O 

m 



-:. ^o 



:-z z 






IS es c -aj £ = 
^' bD 03 ^ .03 g 
•^ S S g H ^ 

-g ^ ^ 2 3 -g- 

o en oj o - I — 1 



?„ t« fi ^ -; 

?D ^ O -^ 03 
Z es = Î=C « 



■9 NOU03S 



ts P fi 3 _: 

bD o .ti Is 

5;3 " = ^0 C 



03 03 

cS 



REVISION DES GIRRHIPÈDES. 13'J 

Islande : Keykiawick ; Islande (Quoy et Gaimard) ; Patrix-fjord. 

Bata?2us patellaris, Spengler : Bengale (à sec). 

Balanus crenatus, Bruguière : Rio-Grande (Arsène Isabelle, du Havre, 
1835); île King (Collection Olivier); Pérou; Angleterre : Devonshire ; 
Charente-Inférieure (D'Orbigny, 1819); sur bâtiments venant de Terre- 
Neuve : Granville. 

Tableau synoptique des espèces du genre BALANUS, L. (Section D). 



^ 



Espèces. 

r, i Parois avec une seule rangée de tubes à section 

Rayons \ , , , , ® ^ ; ^ , 

, < carrée. Apex des terga pourpre et éperon très 

' ( rapproché de l'angle basi-scutal B. porcatus, Da Costa. 



/ Scuta avec 
une arête 
pour 
l'adducteur. 



Rayons 
étroits. 



Test très déprimé. Sti'ies du test paral- 
lèles à la base; orifice rliomboïdal. B. patellaris, Spengler. 

j Test rugueux à côtes lon- 
gitudinales saillantes ; 

Parois avec des pores 

très petits, imparfaits, 
Test non j quelquefois absents. . 
déprimé . ] Test lisse ; pièces caréno- 

latérales très étroites; 

rostre large ; stries 

longitudinales peu 

marquées B. roslratus, Hœk. 



B. g/andula, Darwin. 



Scuta 



.. 1 Rayons plutôt étroits, parfois pres- 
sans arête f '^ f . , , . , ,. 

que nuls, a bord supérieur oblique ; 
pour \ , „ 

,, , , , ' test blanc B. cvenatus, Bruguiere. 

1 adducteur. ° 



Section E . — Cette section, comprenant les formes à base uniquement 
membraneuse, ne contient que trois espèces, dont deux sont représentées 
dans la Collection. 

Balanus balanoides, L. — Cette espèce est extrêmement commune et 
répandue sur les rochers, les coquilles vides, etc., à la limite des basses 
mers. 

On la trouve dans les mers tempérées et froides, jusqu'aux rivages 
polaires. 



140 A. GRUVIÎL. 

Très souvent elle est mêlée h Chthamalus stellatus et comme, dans 
cette espèce, la base est également membraneuse, il en est souvent 
résulté des confusions dans les Musées. Malgré sa très grande extension, 
peut-être à cause de cela même, cette espèce n'est que peu repré- 
sentée dans la collection, souvent par des échantillons secs, sans 
habitat. 

Saint- Vaast-la-Hougue, Tatihou (Gruvel, 1902); Barlleur (Gruvel, 
1902); Mission de la Manche : Islande (amiral Bienaimé) ; Islande 
(Robert) ; Anticosti (Schmitt, 1896) ; Expédition de la « Recherche x : 
Islande, Scarboro (commandant Beau); (Michaux, 1826); Royan, sur 
les rochers de Craie; Gerville; côtes de France (?); île King. 

Balanus bal. var. elo?igatu^., A. Gould : mers du nord de l'Europe 
(Lamouroux de Castres); Trouville, sur les Roches Noires; Nez de 
Jobourg (Gruvel, 1902) (PI. IV, lîg. 20). 

Cette variété était considérée par Gould comme une espèce; en réalité, 
elle est identique à la forme ordinaire, mais comme dans certains cas le 
nombre de ces animaux fixés à côté les uns des autres est extrêmement 
considérable, il en résulte que, ne pouvant pas s'étaler en largeur, leur 
accroissement se fait uniquement en hauteur; d'où la forme parfois très 
allongée qu'ils présentent. 

Balanus cariosns., Pallas. — Cette espèce est très voisine de B. hala- 
noides^ particulièrement de la variété a de Darwin, mais elle atteint en 
général des dimensions beaucoup plus grandes et sa paroi est percée, 
non pas d'une seule rangée de pores, mais de plusieurs rangées irrégu- 
lières. Les tubes les plus larges sont, le plus souvent, les plus internes. 
Les parois sont extrêmement rugueuses et ornées de côtes saillantes, 
nombreuses et étroites (PI. IV, fig. 13). 

Les échantillons de la collection proviennent du golfe de Géorgie 
[Amérique (Agassiz)] et de Cochinchine. 



REVISION DES GIRRHIPEDES. 141 

Tableau synoptique des espèces du genre BALANUS, L. (Section E). 

/ Parois non poreuses ou avec une seule 

\ rangée de tubes B. Oala/ioidcs, L. 



^ . , , / Parois non poreuses ou avec une seule 

/ Rostre a peu près ' 



l de même longueur 

w \ que la carène. i r, • , • - i + i d • nu 

g. ] \ Parois avec plusieurs rangées de tubes. . . B. canosus, P&llas. 

o / 

H \ 

^ i Rostre de longueur \ 

I à peu près double [ Parois non poreuses B. declivis, Darwin. 

de celle de la carène. ' 



Section F. — Cette section, composée cependant de dix espèces, est 
fort mal représentée dans la collection du Muséum, puisqu'elle n'en pos- 
sède que quatre seulement : B. hameri^ Ascanius; B. quadrivittatus ^ 

Darwin; B. amaryllis, Darwin, et B . flosculus , Darwin. 

Balanus hameri, Ascanius : Ecosse (Milne-Kdwards). 

Balanus qiiaclrivittaius, Darwin : Échantillons secs, sans habitat (Milne- 
Edwards). 

Balanus amaryllis^ Darwin : Echantillons à sec (Milne-Edwards) ; île 
Oummak (Pinart, 1871). 

B. amaryllis var. a [roseus), Darwin : Nouvelle-Hollande ; voyage de 
Bodin ; île Saint-Pierre-Saint-François; baie du Géographe. 

Balanvs floscidus, Darwin, y ni\ sordidns, Darwin : Échantillons secs de 
de la Terre de Feu (Milne-Edwards) (PI. IV, fig. I 7). 

(Voir le lahleau, P^'il^ 14'-2.) 

Secti(m G. — Cette section à été créée par Ilœk pour deux espèces 
nouvelles ramenées par les dragages du « Challenger » : B. corulliformis 
et B. hirsutus. 

Aucune de ces deux espèces n'est représentée dans la collection du 
Muséum ; mais j'ai eu, dernièrement, l'occasion d'examiner quelques 



142 



A. GRUVEL. 



m 



oq 



3 
Q 

o 

ai 



oq 



t-i 



05 






es 
s 

=5 






Q 






05 



G 
'$ 

Q 






û:i 



C3 



e 
?. 



«3 



05 



m 



D 
< 

fl 
(P 
&j) 

•« 
o 

-03 

a< 

CO 

•d 

d 

O 
S 
>> 

n 

a 
câ 

0} 

I— I 
A 
câ 




t« 


0> 


. 




c 




c« 


T3 


<-> 




CB 




03 




S 


=2 


L^ 


^ 


ILh 


o 






;«! 


a 



ce ?: -^ 



a.) 



OJ 



^ 



> 

O 



I '?i ^ 3 



C/2 C 

ce -^ 

.s ./: 

C S- 

O ^ 



ci 



O 



(/3 



<1> i^ 
'- ^ Qi 

2^^ 



05 


ctf 5 


tH c 


"^ 


« o 


cti 


H o 


C/D 


c 



03 



G 
O 



o 



su, 

3 
ai 

'S - 

^ 2 

-M 



o 3 

;^ O 

-ai r- 

« 9 

S S 



co 

CD 



3 



« g 

S ^ 

Q- O 

-aj S 
. ^ -Oi 

03 5= 



03 QJ 

■73 .-H 

3 (=^ 

.■S es 

bC — 

C <!;) 

O -^ 

"fi i^ 

."3 '^ 

a;) "O 



g. O 
. S 

iS 03 



fi ■ 

o 



a3 



O ^ 

-^ c 



C i3 



c '^ 

oj 3 

•^ o 

o P-i 

fi -<u 

CO fi 

> ^ 

o co 

^ c 



•aj 



bC 
3 
O 



fi 

aj o 
cfi 3^ 

•-« c« 



m 



(» 


c/: 


3 




<i) 


03 




n- 


O 


-aj 


o. 




c 


0) 


o 


r/> 


c 


ce 



ai oj 



es 



p fi 

o S lï^ 





03 


o3 


a 




'OJ 


11 


u 


C/3 


-»-» 


e« 


X 


cq 


(D 



■j Noiioag 



REVISION DES GIRRHIPÈDES. 143 

échantillons de B. hirsufus, qui m'avaient été envoyés par le professeur 
J. Bell du British Muséum (PI. IV, fig. i\). Ces échantillons ont été 
recueillis sur un cable près de Ténériffe, aune profondeur de 1 000 mètres 
environ, ce qui est la profondeur maxima à laquelle, jusqu'ici, on ait 
rencontré des représentants de ce genre. 



Tableau synoptique des espèces du genre BÂLANUS, L. (Section G). 

Orifice du lest plus large que la base. Bord basai des terga 
concave et beaucoup plus long que le bord carénai; éperon 
^ \ des terga saillant B. coroUiformis, Hœk. 



Orifice du test plus étroit que la base. Bord basai des terga 
droit et à peu près égal au bord carénai. Éperon des terga 
à peine saillant B. hirsufi/s, Hœk. 



Section H. — Cette section a dû être créée pour une seule espèce de 
Balane qui n'entre, par l'ensemble de ses caractères, dans aucune des 
autres sections, c'est D. Dyhowskii^ n. sp. rapportée du Congo par 
M. Dybowski, en 1895. Cette espèce est fixée sur une coquille de gasté- 
ropode dont je n'ai eu entre les mains que des fragments, mais qui 
ressemble à un Cerithium. 

Balanus Dyhoivskii^ n. sp. (PI. I, fig. 1 à 9). 

Diagnose. — Parois et base poreuses. Pas de rayons. Test d'une couleur 
blanc jaunâtre sale, absolument lisse, avec sa partie supérieure forte- 
ment corrodée. Base mince avec des canaux radiaires allant du centre à 
la périphérie et bien développés. Scuta avec la crête articulaire saillante 
et dépassant le bord tergal. Crête de l'adducteur également saillante et 
située à peu près suivant la ligne qui unirait l'apex au milieu du bord 
basai. Cavités pour le muscle adducteur et le muscle dépresseur latéral 
peu profondes. Surface externe à peu près lisse, avec des stries d'accrois- 
sement finement marquées dans la moitié inférieure, la moitié supérieure 



144 A. (3RUVEL. 

étant fortement corrodée. Terga de forme irrégulière, avec la partie supé- 
rieure fortement usée. Sillon longitudinal large et peu profond, s'élar- 
gissant vers la base de l'éperon qui est très saillant, arrondi à son 
extrémité et situé à une distance de l'angle basi-scutal inférieure à sa 
propre largeur. Bord basai, en arrière de l'éperon, venant se confondre 
insensiblement avec le bord postérieur de celui-ci, portant dans sa 
partie moyenne, échancrée, une dent saillante et en arrière d'elle une 
série de denticulations se continuant du côté interne avec des crêtes 
saillantes pour l'insertion du muscle dépresseur. Dacôté interne, le sillon 
et l'arête articulaires faiblement développés. Bord dorsal des terga courbé 
presque en angle droit vers son milieu, formant ainsi un bord carénai et 
un bord supérieur à peu près égaux. 

Dimensions : Diamètre de base millimètres. 

îlauteur verticale 4 — 

Habitat. — Congo (collection du Muséum). 

Desc7-'iption. — Le test, dans son ensemble, est régulièrement cylindro- 
conique, presque cylindrique, le diamètre de base n'étant guère supé- 
rieur à celui pris au niveau de l'orifice. Le diamètre antéro-postérieur est 
un peu plus grand que le diamètre transversal. La surface externe, de 
couleur gris jaunâtre due à la cuticule qui la recouvre, est absolument 
lisse, mais la partie supérieure est fortement corrodée, ce qui fait que 
l'orifice n'est pas denté. La carène et les pièces caréno-latérales sont 
étroites. Le rostre et les pièces latérales sont, au contraire, bien déve- 
loppés. Les rayons n'existent sur aucune des pièces, c'est la paroi elle- 
même qui les remplace et recouvre ainsi la partie articulaire des pièces 
voisines. 

Les parois sont peu épaisses et percées de pores à section à peu près 
régulièrement carrée, disposées sur un seul rang, un peu semblables à ce 
qu'on observe chez B. porcatm. Les dissépiments, très étroits ilans 
toute la partie moyenne de la paroi, s'épaississent un peu du côté interne 
et forment une légère saillie qui se poursuit à l'intérieur de la muraille 
et dans toute sa hauteur, d'où formation de sillons peu accentués. 

La base est calcaire, peu épaisse et les canaux de la paroi s'y 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. 145 

continuent jusqu'au point d'origine plus ou moins excentrique. 

Les pièces operculaires remplissent entièrement l'orifice externe et 
sont à peu près horizontales, c'est-à-dire qu'elles ne sont guère plus 
élevées du côté carénai que du côté rostral. Les scuta, en particulier, 
sont placés absolument à plat et occupent à eux seuls plus des trois 
quarts de la surface de l'orifice. La partie supérieure des pièces opercu- 
laires est fortement corrodée, comme celle des parois. 

Les terga (PI. I, fig. 2) présentent du côté externe deux surfaces, l'une, 
grande, lisse, portant l'éperon, et une autre plus restreinte, placée à la 
partie supérieure de la première et formant avec elle un angle d'envi- 
ron 135°. 

Cette surface est celle qui contribue à fermer l'orifice du test. 
Elle est fortement échancrée du côté scutal pour pouvoir s'articuler 
avec le scutum correspondant qui envoie son angle supérieur dans 
l'échancrure dutergum. 

Les terga, si l'on fait abstraction de l'éperon, ont à peu près la forme 
d'un quadrilatère irrégulier dont la base serait formée par le bord basai. 
Le bord carénai est courbé en angle net, de façon à délimiter un bord 
carénai proprement dit et un bord supérieur, faisant avec le premier un 
angle d'environ 130° et à sommet arrondi. La largeur de l'éperon prise 
sur la ligne qui unit les deux extrémités inférieures du bord basai, 
représente un peu plus du quart de la longueur de ce bord. Il dépasse 
intérieurement le bord basai d'une longueur qui est presque le tiers de 
celle du bord basai. En avant de l'éperon, le bord basai, qui n'atteint pas 
la largeur do l'éperon lui-même, est droit et va, par une courbe peu 
accentuée, se confondre avec le bord antérieur de l'éperon. En arrière, 
au contraire, la courbe, à grand rayon, est plus accentuée et va insensi- 
blement se confondre avec le bord postérieur de l'éperon. Immédiate- 
ment en arrière et au point où celte courbe vient se confondre avec le 
bord basai, se trouve une dent saillante, puis une petite échancrure et 
enfm une série de dents plus courtes, correspondant aux crêtes saillantes 
int<>rnes pour l'insertion du muscle dépresseur. Le sillon, placé exté- 
rieurement sur l'éperon, est large, peu profond et s'arrête à la ligne qui 
sépare la surface corrodée supérieure de l'autre. Le sillon articulaire est 

Nouvelles Auciiives du Muséum, 4" série. — V. '-^ 



i^6 A. GRUVEL. 

peu profond et l'arête qui le limite en arrière peu saillante; elle vient 
rejoindre le bord postérieur de l'éperon. 

Les scuta (PL L fig- 3 et 4) présentent aussi, extérieurement, une 
surface inférieure lisse, avec des stries d'accroissement nettes, mais non 
saillantes et une partie supérieure allant jusqu'à l'apex, correspondant 
à la partie absolument horizontale et qui est fortement corrodée. La 
crête articulaire fait saillie en dehors du bord tergal qui est droit. Le 
bord rostral est également droit, et le bord basai faiblement convexe. 
Le sillon articulaire est profond et limité antérieurement par une crête 
bien développée descendant un peu au-dessous du milieu du bord tergal 
et se terminant là en angle droit. Les cavités pour le muscle adducteur 
et pour le muscle dépresseur latéral sont très faiblement indiquées. La 
première est limitée du côté rostral par une crête longitudinale assez 
nette (crête de l'adducteur) placé à peu près suivant la ligne qui unirait 
l'apex au milieu du bord basai. 

Bouche. — Le mamelon buccal fait une saillie assez accentuée sur le 
reste du prosoma, étant donné la petitesse relative de l'animal. Le labre 
est très légèrement saillant en avant et se trouve couronné en arrière par 
les deux palpes de la lèvre inférieure bien développées. 

Le lahre (fîg. 5) est peu saillant. Son bord libre est orné de fortes dents 
chitineuses; j'en ai compté trois d'un côté et deux seulement de l'autre. 

he'è palpes (fig. 6) viennent s'appliquer sur le labre, ils sont aplatis 
à bord libre arrondi et couvert de longues soies. 

Les mandibules (fig. 8) présentent quatre dents chitineuses bien déve- 
loppées ; la distance entre les sommets de la première et de la deuxième 
étant à peu près égale à celle qui sépare ceux de la deuxième et de la 
quatrième. 

L'angle basai porte d'abord une dent moins saillante que les autres 
puis, au-dessous, une partie tronquée et pectinée. 

Les mâchoires (fîg. 9) ont le bord libre, droit, sans trace d'encoche. Ce 
bord porte deux fortes épines chitineuses à la partie supérieure. Les 
autres sont plus fines, moins rigides et à peu près toutes d'égale longueur. 

Enfin, les palpes de la lèvre inférieure (fig. 7) sont saillants au-dessus 
du mamelon buccal ; ils ont un peu une forme en faucille. 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 147 

Le bord libre est tronqué à peu près carrément avec les angles 
arrondis et le bord antérieur concave, parallèle au bord postérieur, qui 
lui, au contraire est convexe. Les soies qui ornent ces pièces sont lon- 
gues surtout dorsalement, plus courtes du côté antérieur et extrêmement 
réduites en nombre comme en dimensions sur le bord libre. 

Cirrhes. — La première paire de cirrhes est peu éloignée de la seconde. 
Les deux rames sont inégales, bien que présentant le même nombre 
d'articles qui est de onze, mais ces articles, au moins les basilaires sont 
beaucoup plus étroits dans la rame postérieure que dans la rame anté- 
rieure. Ils sont garnis de soies nombreuses, mais extrêmement courtes. 

Dans la deuxième paire, les rames sont, aussi, inégales, les articles 
saillants, surtout antérieurement et les soies beaucoup plus longues que 
dans la première. Quant aux autres rames, il est difficile de parler de 
leur longueur, car elles sont toutes brisées ou coupées, mais les articles 
sont plus longs. 

Ces segments ne portent que quelques soies très flexibles et très 
courtes sur le côté antérieur et, dorsalement, une ou deux, quelquefois 
pas du tout, de beaucoup plus courtes encore à la limite supérieure de 
chaque article. 

Pénis. — Le pénis est très long et doit dépasser, de beaucoup, l'extré- 
mité de la sixième paire de cirrhes. 11 est nettement annelé sur sa cuticule 
externe, qui présente quelques très rares soies disséminées sur toute la 
surface, tandis qu'à l'extrémité libre, elles forment une légère couronne. 

Observations et affinités. — Par sa base calcaire et poreuse et ses 
parois également poreuses, cette espèce pourrait, à la rigueur, entrer 
dans la section A du genre, d'autant plus que, dans quelques espèces, 
ou variétés de cette section les rayons sont quelquefois très étroits ; 
cependant, ils existent toujours et par le fait que l'espèce en question en 
est totalement dépourvue, elle ne saurait entrer dans la section A sans en 
rompre l'homogénéité d'autant plus que les caractères si particuliers ae 
ses pièces operculaires, qui, ainsi que nous venons de le voir, rappel- 
lent un peu ceux de /?. eburneus de la section C, ne concordent pas le 
moins du monde avec ceux des espèces contenues dans la section A. Ce 
sont ces différentes raisons qui m'ont poussé à créer pour cette intéres- 



1^8 A. GRUVEL. 

santé espèce une section spéciale avec les caractères généraux indiqués 
précédemment. 

C. SoUS-FAMir.LE DES CoROiNULlNÉS. 

1. — ÇjQnYQ Tubicinella^ Lamarck, 1802. 

La seule espèce qui compose ce genre est représentée dans la collec- 
tion par quelques échantillons, les uns isolés, les autres encore enfoncés 
dans la peau de l'hôte ; tous, malheureusement, secs. 

Ces échantillons de Tuhicinella trachealis^ Shaw. proviennent tous des 
mers du nord (M. Lefrançois, 1841). 

Je n'ai rien de personnel à dire, pour le moment, sur cette très 
curieuse espèce, mais je désirerais attirer l'attention sur une jiote 
récemment publiée par M. Marloth (1), au sujet du mode d'accroissement 
et surtout d'enfoncement de l'animal dans la peau de son hôte 
qui est, comme on le sait, les grands Cétacés et en particulier les 
Baleines. 

M. Marloth a eu la bonne fortune de pouvoir étudier des Tuhicinella 
vivantes, capturées sur la peau de Balœna australis. 

D'après Darwin, l'accroissement de la muraille se ferait, en largeur, au 
niveau des sutures des pièces et, en hauteur, à la base de ces mêmes 
pièces. Au fur et à mesure que l'animal s'accroit en hauteur,; il s!enfon- 
cerait de plus en plus dans la paroi du corps de son hôte jusqu'à prendre 
toute l'épaisseur de l'épiderme et ne laisser au-dessus de la peau qu'une 
touîe petite portion de muraille de 2 à 4 millimètres environ. Sans 
parler ici de l'accroissement en diamètre sur lequel nous reviendrons 
à propos de la structure de la paroi dans la Partie analomique de ce tra- 
vail, nous croyons intéressant de rapporter ici les idées de M. Marloth au 
sujet de l'enfoncement progressif de l'animal dans les tissus de son hôte. 

Après avoir retiré des Tuhicinella bien vivantes de la peau de la 
Baleine, M. Marloth les a placées, dans leur position normale, sur de 
l'albumine. Au bout de vingt-quatre heures, il étudiait l'albumine qui 

(l) Marloth, Note sur le mode de croissance de Tuhicinella trachealis {Trans. Sud-x\frican Soc, 
XI, 1 p. à 6). 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. 149 

était ainsi restée en contact avec la base de l'animal et il obtenait la 
réaction caractéristique des peptones. L'expérience, répétée plusieurs 
fois, lui a toujours donné les mêmes résultats. 

De ses expériences, M. Marloth conclut que les jeunes Tubicinella 
sécrètent un ferment peptonisant qui se diffuse à travers la base membra- 
neuse. Les peptones, ainsi formées aux dépens des matières albumi- 
noïdes de la peau de la Baleine, seraient absorbées par les animaux, et 
il en résulterait, par conséquent, une digestion lente, mais continue qui 
permettrait ainsi à l'animal de s'enfoncer toujours plus avant dans l'épi- 
derme; de cette façon, la base des Tubicinella finirait par atteindre les 
couches profondes de l'épi derme, qui ne laisserait apparaître au-dessus 
de sa surface qu'une très petite quantité de muraille. A ce moment 
seulement, la sécrétion de ferment peptonisant cesserait et l'animal 
prendrait alors sa position définitive, ayant atteint son entière croissance. 
C'est là, évidemment, une théorie extrêmement séduisante et qui permet 
de se rendre très nettement compte de ce phénomène curieux de l'enfon- 
cement du Cirrhipède dans la peau de la Baleine. 

11 n'y a pas de raison pour que ces faits intéressants, qui se passent 
chez la Tubicinella ne se retrouvent pas chez les espèces d'un genre 
voisin, le genre Coronida^ par exemple, qui s'enfoncent de la même 
manière dans la peau des Baleines. Il serait très curieux de reprendre 
les expériences de M. Marloth avec ces derniers aniaiaux! 

2. — Genre Stephanolepas, P. Fischer, 1886. 

Le genre Stephanolepas[?\. II, fig. 1 à 3) a été créé par P. Fischer pour 
des Girrhipèdes extrêmement curieux qu'il a rencontrés sur des frag- 
ments de téguments de Chelonia imbricata^ L., fragments qui lui avaient 
été communiqués par le D' Souverbie, alors Directeur du Musée zoolo- 
gique de Bordeaux, où se trouvent encore les types. 

Par l'élévation des pièces qui forment la muraille et par la présence 
de pièces operculaires non articulées entre elles, ce genre se rapproche 
beaucoup du précédent. 

Les échantillons du Muséum proviennent de Gochinchine (Poulo- 



150 A. GRUVEL. 

Condor) et ont dû être offerts au Muséum par P. Fischer lui- 
même. 

Ils sont, malheureusement, desséchés et ne renferment même plus 
trace des animaux qui étaient enfermés dans la muraille. 

Ces petits êtres sont enfoncés dans la peau et c'est à peine si leur 
présence est révélée par un tout petit monticule à la surface de l'écaillé. 
La base est beaucoup plus étroite que l'orifice de la coquille, de sorte 
que, sur des échantillons secs, on serait facilement tenté de considérer 
l'orifice externe comme étant la base et réciproquement. Cette base est 
membraneuse et l'on est à se demander si l'enfoncement de ces animaux 
dans les téguments des Tortues, ne se fait pas par le même procédé 
que nous avons décrit, d'après Marloth, pour les Tuhicinella. 

11 semble que les larves choisissent pour s'y fixer, les intersections 
des plaques épidermiques de leur hôte, car on ne les rencontre qu'en 
ces points, réunis par groupes plus ou moins nombreux, six à dix et 
même davantage. En réalité, les larves, ne doivent pas choisir pour leur 
fixation ces endroits précis. Elles s'attachent, probablement, un peu 
partout sur la carapace, mais là, seulement, où les tissus sont assez 
mous, les animaux peuvent s'accroître et, par conséquent, arriver à leur 
complet développement. Partout ailleurs, ils végètent pendant un temps 
plus ou moins long, puis ne pouvant pas s'enfoncer dans les tissus et 
s'accroître, ils doivent finir par mourir et finalement disparaître. 

Leurs dimensions demeurent toujours assez restreintes. La hauteur 
de la muraille est d'environ 7 à 8 millimètres. 

La largeur de l'orifice externe est plus considérable dans le sens 
antéro-postérieur (4 à 5 millimètres) que dans le sens transversal (3°"°,5 
à 4 millimètres). La forme de l'orifice interne qui limite la périphérie de 
la base est à peu près régulièrement hexagonale, un peu plus longue que 
large, cependant (l"°,5 X 1 millimètre environ). 

Les pièces operculaires (PI. II, fig. 3) remplissent presque l'orifice 
externe dans sa longueur, mais non dans le sens de la largeur. Elles sont 
au nombre de quatre, à peu près semblables, les terga étant cependant 
un peu plus élevés et un peu moins larges que les scuta. Les terga 
chevauchent très légèrement sur le bord tergal des scuta. Ces pièces ne 



REVISION DES CIllRHIPEDES. loi 

présentent du côté interne ni saillie développée, ni cavités d'aucune 
sorte pour les insertions des muscles dépresseurs. 

L'imbrication des pièces de la muraille, quoique souvent peu distincte, 
peut cependant être étudiée et correspond exactement à celle du genre 
Balanus et, par conséquent, du genre Tubicinella, dont ces animaux 
semblent se rapprocher le plus. Le rostre et la carène ont leurs parois à 
peu près de même largeur; les rayons du premier sont aussi larges que 
les ailes de la seconde pièce. Ils sont bien développés partout et aussi 
larges que la paroi elle-même. 

La seule espèce connue Q^i Stephanolepas muricata^ P. Fisher. 

3. — Genre Platijlepas, J.-E. Gray, 1825. 

Le genre Plalylepas (PI. III, fig. 13) se rapproche tellement du genre 
Cornula qu'il a été confondu avec lui par quelques auteurs et, en parti- 
culier, par Valenciennes. Darwin en a fait, avec raison, un genre spécial, 
qui vient se placer entre le genre récent Stephanolepas et le genre 
Coronula. 

Des deux espèces actuellement connues, une seule est représentée 
dans la collection, c'est P. bisexlobata, de Blainville, dont les échan- 
tillons ont été rapportés du voyage de Caron en Sicile (1830) et décrits 
sous le nom de Coronula concentrica , Val. 

Tableau synoptique des espèces du genre PLATYLEPAS, J.-E. Gray. 

i Parois percées de pores. Test orné de stries d'ac- 
croissement transversales très nettes P. blssexlobata, de 
Blainville. 
Parois non percées de pores. Pas de stries transver- 
versales, mais des sillons longitudinaux P. decorala, Darwin. 

4. — Genre Coronula^ Lamarck, 1802. 

Le genre Coronula (PI. III, fig, 1 à 9) est représenté dans la collection 
du Muséum par toutes les espèces actuellement connues, plus spéciale- 
ment r. balœ?iaris et C. diadema^ par des échantillons secs pour la 
plupart, mais aussi par d'autres dans l'alcool. 



152 A. GRUVEL. 

Je n'ai rien de particulier à dire, au point de vue spécifique, sur les 
trois espèces décrites par Darwin. Quand on possède des animaux com- 
plets, rien n'est plus facile que la détermination des différentes espèces; 
mais il n'en est peut-être pas tout à fait de même, si Ton n'a à sa dispo- 
sition que les pièces calcaires sèches. Dans ces conditions, les pièces 
operculaires ayant disparu ne peuvent plus servir pour la diagnose. 
J'indiquerai ici un moyen, peu scientifique, si l'on veut, mais qui peut, 
dans certains cas, avoir son utilité, pour différencier les trois espèces en 
question. 

On place le test dans sa position normale, c'est-à-dire sur sa base et 
on regarde l'orifice externe perpendiculairement au plan sur lequel repose 
l'animal, suivant une ligne droite passant par le centre de l'orifice. Si, de 
cette façon, on n'aperçoit pas par l'orifice externe les bords internes et 
inférieurs de la muraille, on a affaire à C halœnaris^ car dans cette 
espèce la base est beaucoup plus large que l'orifice externe. Si, au con- 
traire, on aperçoit les bords internes et inférieurs de la paroi, on peut se 
trouver en présence, soit de C. reginse^ soit de C. diadema. Si les parois 
externes des pièces sont convexes transversalement, c'est C. diadema\ si 
elles sont aplaties, c'est C. reginœ. Bien entendu, ce moyen pratique, que 
j'indique ici. n'exclut pas l'examen attentif des autres caractères, mais, 
je le répète, il peut quelquefois être utile. 

Distribution. — C. balœnaris^ Gmelin: mission Pouchet, côtes de Nor- 
vège, 1883; « Astrolabe »: mers du Brésil (sec); Coquimbo (M. Gaudi- 
chaud, 1833) (sec) (PI. 111, fig. 8). 

C. diadema^ L. : Antilles, sur Mégaptère; (M. Scliraum, 1869) (sec); 
mission Pouchet, 1883: côtes de Norvèg(V, cap de Bonne-Espérance 
(M. Delalande) (sec); Morée (sec); Coquimbo (M. Gaudichaud, sep- 
tembre 1833) (sec) (PL 111, fig. 1 à 7). 

C. reginœ^ Darwin : un seul échantillon sec (Archipel Chonos) (PI. Ilî, 
fig. 9). 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 133 

Tableau synoptique des espèces du genre CORONULA, Lamarck. 

Espèces. 

p, / Scuta et terga présents. Rayons très épais; 

., ,. , l parois légèrement striées ou lisses C. balœnaris, Gmelin. 

. oneitudinales \ 

-^. \ des parois, j ^ ^ i ■ t d 

O ] , ,• 1 Scuta seuls présents. Rayons minces ; parois 

\ nettement striées ou granuleuses C. reginse, Darwin. 



Côtes longitudinales des parois, convexes transversalement et 

fortement striées longitudinalement C. diadema^ L. 



5. — Genre Cryplolepas^ Dali, 1872. 

Le genre Cryptolepas (PI. II, fîg. 4 à 10, et PI. III, fig. 10 et 11) fut créé 
en 1872 par Dali pour des sortes de Coronules, vivant également sur des 
Baleines et qu'il a distinguées du genre Coronula. 

Deux ans après (1874), Scammon signala de nouveau ce genre et en 
donna même une description rapide. D'après la description et les 
ligures publiées par cet auteur, Weltner suppose que cette forme se place 
parmi les Goronulidés, avec cette particularité que la muraille semble 
beaucoup plus profondément sillonnée, longitudinalement, que dans les 
autres genres. 

Après une étude attentive et complète de la seule espèce, appartenant 
encore à ce genre : C. rachianectis^ Dali, je dois dire que la distinction 
avec le genre Coronula doit être maintenue, car la structure de la muraille, 
en particulier, diffère très notablement de celle des autres Goronulinés, 
et le nom même de Cryptolepas me semble très bien choisi, car, effective- 
ment, l'animal est tellement enchâssé dans la peau de son hôte, qui le 
recouvre presque entièrement, qu'il est, assurément, difficile de s'aper- 
cevoir de sa présence, lorsque la peau des Baleines est recouverte par 
tous les corps variés, mucus ou autres, qui existent, ordinairement à sa 
surface. 

Le nombre des échantillons de cette espèce étant assez grand, il m'a 
été possible d'en faire une étude approfondie qui complétera, heureuse- 
ment, je l'espère, celle donnée par Scammon, en particulier. 

Les individus observés par Dali et par Scammon étaient fixés sur des 

Nouvelles A ncHivEs duMcséum, 4"^ série. — V. 20 



loi A. GRUVEL. 

Rachianectes glaucus^ Cope. J'ignore, n'ayant pas d'indications précises à 
ce sujet, si les échantillons qui font l'objet de cette étude proviennent 
de la même espèce. Ils ont été recueillis aux îles Sandwich par M. Ballieu 
en 1876, et sans être dans un parfait état de conservation, ils sont 
cependant dans des conditions sulfisamment bonnes pour permettre une 
description à peu près complète. 

Fixation. Extérieur. — De même que les Coronules-, par exemple, les 
Cryptolepas se trouvent fixés par groupes plus ou moins considérables 
sur leur hôte. 

Mais, tandis que les Coronules font une saillie, parfois très élevée, sur 
la peau des Baleines, les Cryptolepas^ au contraire, sont profondément 
enfoncés dans l'épiderme, à la facondes Tubicinella ou encore desStepha- 
nolepas logés dans les téguments des Tortues (PL III, fig. 10). 

La façon dont le Cryptolepas s'enfonce ou plutôt s'entoure de l'épi- 
derme du Cétacé est tout à fait différente de celle que l'on connaît chez 
les autres Coronulinés. 

Ainsi que l'a montré Weltner à propos de Coronules fixées sur la peau 
du Megaptera boojjs, on sait que l'épiderme prolifère et pénètre jusqu'au 
sommet dans les canaux longitudinaux triangulaires de chacune des 
six pièces de. la muraille; il en résulte une fixation extrêmement éner- 
gique de l'animal sur son hôte, mais la paroi externe de la muraille 
reste extérieure par rapport à l'épiderme. Nous avons vu que pour la 
Tubicinelle, les choses se passent d'une façon toute différente. L'animal 
s'enfonce peu à peu dans l'épiderme, en digérant la partie qui se trouve 
en contact avec sa base, en même temps que les téguments de l'hôte 
s'accroissent autour de la muraille, ne laissant plus au-dessus de leur 
surface libre qu'une toute petite hauteur de paroi calcaire ; mais les tissus 
de l'hôte ne pénètrent jamais dans l'épaisseur de la muraille du 
Girrhipède. Il en est de même pour les Stephanolepas. Je ne sais s'il se 
produit aussi un phénomène chimique au contact de la base, mais l'ani- 
mal se trouve enchâssé dans les téguments où il est retenu par les 
saillies calcaires qui ornent la surface externe des pièces de la mu- 
raille. 

Le système employé par les Cryptolepas pour leur fixation énergique 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 155 

sur les Baleines, procède de l'ensemble de ces procédés divers, sans 
cependant ressembler à aucun d'eux. 

En effet, les parois de la muraille sont relativement minces et man- 
quent totalement de ces canaux larges que l'on trouve chez les Coronules. 
L'épiderme ne peut donc pas pénétrer dans l'épaisseur des parois, tout 
comme chez les Tubicinelles ; mais ici, la paroi externe du test, au 
lieu d'être à peu près lisse comme dans ce dernier genre, présente au 
contraire des expansions calcaires, sous forme de lames étroites, placées 
comme des sortes de rayons, au nombre de six en moyenne par pièce de 
la muraille (PI. III, fig. 11). Ces lames verticales et rayonnantes ont, 
chacune, environ un millimètre d'épaisseur, et sont séparées l'une de 
l'autre par un intervalle libre, d'une largeur à peu près égale. La 
saillie de ces formations Jamelleuses en dehors de la pièce, est variable 
suivant l'àge des individus examinés, mais atteint, dans sa partie la plus 
large, environ 5 millimètres. Il résulte de cette constitution, la formation, 
tout autour de la muraille, de sillons longitudinaux, profonds et nom- 
breux, dans lesquels la partie superficielle des téguments de l'hôte 
s'enfonce, soit par prolifération de l'épiderme, soit par l'enfoncement 
graduel de l'animal dans la peau, probablement par les deux moyens à 
la fois. Quoi qu'il en soit, non seulement l'épiderme remplit toute la 
cavité de ces sortes de gouttières, mais encore il les déborde à la partie 
supérieure et latéralement, et masque ainsi, en grande partie, le test du 
Cryptolepas^ dont on n'aperçoit plus, à la partie supérieure, que les 
lames très étroites, ainsi que je viens de le montrer (PI. III, fig. 10). 

Le mode d'imbrication des pièces de la muraille est identique à celui 
des autres genres de la sous-famille. 

L'orifice du test est très large, bien plus que chez les Coronules. Dans 
un des plus grands échantillons examinés, il mesure 20 millimètres 
dans son grand diamètre antéro-postérieur, 20 seulement dans le dia- 
mètre perpendiculaire à celui-ci . Les parois sont, du côté interne, presque 
verticales, en sorte que la base mesure, intérieurement, une largeur 
presque égale à celle de l'orifice externe, un peu moins grande, cepen- 
dant. La surface externe, périphérique, est convexe dans le sens de la 
hauteur, quand l'animal est isolé, mais quand deux murailles se trouvent 



lo6 A. GRUVEL. 

en contact, la surface externe devient alors presque droite par pression 
réciproque des parois. 

La base est entièrement membraneuse et possède un appareil cémen- 
taire, assez compliqué, comme nous le verrons plus loin. 

En résumé, en ce qui concerne le test de cet animal, on peut le com- 
prendre très facilement en le comparant à celui des Coronules et en sup- 
posant : r que le nombre des canaux de la paroi soit environ doublé; 
%" que tous les canaux soient simples, non dédoublés, et enfin 3° que la 
paroi, tout à fait externe, qui les sépare de l'extérieur, ait disparu. 

Ces trois conditions étant satisfaites, le test de la Coronule et son 
mode de fixation deviennent identiques à ceux du Cryptolepas. 

Pièces opercidaires . — Les pièces operculaires sont très réduites par 
rapport aux dimensions de l'orifice externe que nous avons données 
précédemment. 

Les scuta (PI. II, îig. 4 et 5) seuls sont bien développés et toujours 
présents. Quant aux terga^ ou bien ils manquent complètement, ou ils 
sont réduits à deux petits nodules calcaires, très peu développés. Ces deux 
pièces ne sont pas articulées, mais unies l'une avec l'autre par une forte 
membrane chitineuse qui les déborde en avant et en arrière et qui prend 
une teinte jaunâtre, plus foncée que le reste de la cuticule. 

Les scuta ont la forme d'un cylindre allongé, oblique, dont le plan de 
base et le plan supérieur seraient parallèles, tous deux coupant obli- 
quement les parois du cylindre allongé qui forme la pièce. Ces plaques 
sont formées de lames calcaires minces, aplaties et superposées comme 
des pièces de monnaie empilées et qui peuvent même se séparer très 
facilement. 

La structure des terga, quand ils existent, est la même, mais en beau- 
coup plus petit. La dimension des scuta est, en moyenne, de B'^'^x S"",."! 
et celle des terga de 1"",5 x 0"°,75. Le grand axe des uns et des autres 
est toujours placé à peu près dans le sens antéro-postérieur. 

En avant des scuta^ la cuticule s'épanouit, en s'irradiant en éventail et 
présente des stries radiaires plus colorées que la masse générale de cette 
cuticule (PI. II, Iig. 4). 

Bouche. — L'ensemble de l'appareil buccal forme sur le prosoma une 



^ 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 157 

saillie assez élevée, mais peu proéminente du côté antérieur, c'est-à-dire 
que l'axe antéro-postérieur est, environ, moitié aussi grand que le 
diamètre transversal. 

Le labre (PI. II, fig. 7) est formé par une pièce médiane et impaire, 
à concavité interne, légèrement saillante extérieurement et dont le bord 
supérieur, libre, porte une série de nodules chitineux, représentant les 
dents. Les parties latérales, chitineuses également, sont garnies de 
soies courtes et raides sur toute leur face interne. Sur ces parties laté- 
rales vient se placer, de chaque côté, un pa/pe labial supériew^ assez 
court, aplati et à bord libre presque droit. Le bord supérieur, le bord 
libre et les faces latérales sont garnis de soies nombreuses, fortement 
barbelées, au moins sur leur moitié libre. 

Les mandUndes (PI. II, fîg. 9) sont fortes, armées de quatre puissantes 
dents chitineuses; les bords supérieurs de la troisième et de la quatrième 
présentent eux-mêmes deux denticulations, peu accentuées. L'angle 
inférieur est formé de nombreux piquants courts et robustes, au milieu 
desquels se placent des soies courtes, également, qui se continuent sui- 
les parties inféro-latérales et sur une partie du bord inférieur de la pièce. 
Des soies analogues se rencontrent aussi aux pieds de la première 
dent et sur le bord supérieur des mandibules. 

Les mâchoires (PI. II, fig. 8) présentent un bord libre avec deux encoches 
très peu accentuées limitant une région centrale, une supérieure et une 
inférieure. La région supérieure porte une forte dent chitineuse, en con- 
tinuation avec le bord dorsal et une plus petite au-dessous. La région 
moyenne porte des soies plus courtes et plus flexibles, en assez grand 
nombre. Enfin la région inférieure est, aussi, couverte de poils courts 
qui se continuent sur le bord inférieur. 

Enfin, les palpes de la lèvre inférieure (seconde mâchoire des auteurs), 
sont aplatis, à bord libre court et arrondi, à bord dorsal plus long et 
droit, couvert, ainsi qu'une partie des faces latérales, par des soies nom- 
breuses, assez longues et fortement barbelées. 

Cirrhes. — D'une façon générale, les cirrhes sont courts et trapus, à 
articles peu nombreux, d'une longueur plutôt restreinte etformant, cha- 
cun à sa limite supérieure, une saillie antérieure assez développée. 



1S8 A. GRUVEL. 

Les trois premières paires sont très courtes et à peu près égales, 
le nombre des articles des rames variant entre sept et dix, garnies, 
surtout du côté interne et sur le bord antérieur, de soies nombreuses et 
flexibles. 

Les trois autres paires ont des rames plus longues que les premières, 
mais, comme le pédicelle est plus court, il en résulte que la longueur du 
cirrhe tout entier n'est pas plus grande que celle de ceux des trois pre- 
mières paires. Les articles sont courts, saillants antérieurement et por- 
tant chacun quatre séries doubles de soies courtes et assez grêles, avec, à 
leur base et dans la région médiane, une touffe de soies très courtes, qui. 
se retrouvent, mais en moins grand nombre, du côté dorsal. Les deux 
ou trois articles qui terminent les rames ont des soies en moins grand 
nombre et formant comme des sortes de crochets. 

Les appendices terminaux manquent totalement. 

Le pé7iis est extrêmement développé en longueur et en diamètre. 

Sa longueur égale environ deux fois celle de la sixième paire de cirrhes 
(20 millimètres environ) et son diamètre moyen est de 1"",5. 11 est 
cylindrique et s'effile en pointe mousse à son extrémité libre. Il présente 
sur sa cuticule une annulation très nette, avec de très nombreux anneaux 
étroits, portant des soies courtes ou isolées, en touffes peu nom- 
breuses et sa pointe terminale est couronnée par une série circulaire de 
soies plus longues. 

Ainsi qu'on peut le voir par la description qui précède, ce genre se 
rapproche beaucoup par son anatomie interne du genre Coronula, mais il 
s'en distingue très nettement par la structure très spéciale de sa paroi 
calcaire, structure qui justifie parfaitement la création d'un genre 
nouveau. 

cl. — Sous-famille de XeiNObalaninés. 

Genre Xenobalanus^ Steenstrup, 1851. 

Ce genre est certainement l'un des plus curieux, parmi les Cirrhipèdes 
thoraciques. Au premier abord, c'est tout à fait un Pédoncule, que l'on 
placerait naturellement à côté du genre Conchoderma ou du genre Ane- 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 159 

lasma, par exemple, et c'est ainsi que Darwin fat d'abord tenté de le 
considérer; mais la présence d'une branchie double et symétrique et 
celle d'une muraille, très réduite, il est vrai, à la base du pédoncule, 
montrent nettement que c'est là une forme anormale à'Operculé dans 
laquelle les pièces de la muraille se sont extrêmement atrophiées en 
hauteur et en largeur et dont les pièces operculaires ont totalement 
disparu. 

11 existe dans la collection du Muséum trois échantillons de l'unique 
espèce de Xenohalanus {X. globicipitis^ Steenstrup), mais aucune d'elle ne 
porte trace de son lieu d'origine. 

C. — FAMILLE DES TÉTRAMÉRIDÉS. 

d. — Sous-famille des Chamoesiphonés. 
Genre Chamœsipho, Darwin, 1853. 

Le genre Chamœsipho ne comprend actuellement que deux espèces : 
C.columna, Spengler, et C. scutelliformis^ Darwin. Les deux espèces sont 
maintenant représentées dans la collection du Muséum. La première, par 
de nombreux petits individus secs, fixés 'àuv E hniiiius plicaliis , J.-L. Gray 
(Nouvelle-Zélande, M. Milne-Edwards). J'ai récolté les exemplaires de la 
seconde sur des échantillons de Pollicipes mitella, L., qui m'ont été 
rapportés des mers de Chine. 

C'est une espèce, d'-ailleurs bien décrite par Darwin, extrêmement 
curieuse par sa petite taille et par les cavités arrondies qui se trouvent 
situées : deux, en général, sur la carène, et une sur chaque pièce latérale 
(PI. 11, fig. 13). La seule pièce qui n'en présente pas, du moinS;, d'aussi 
régulières, est le rostre qui est très étroit relativement aux trois autres 
pièces delà muraille. Outre ces quatre perforations que l'onpeutappeler 
fixes, on trouve sur le test des cavités, de dimensions variables et pla- 
cées très irrégulièrement d'un échantillon à l'autre. Ces orifices se ren- 
contrent, non seulement sur les trois pièces qui portent les perforations 
fixes, mais aussi sur le rostre ; tandis que les premières traversent la 



160 A. GRUVEL. 

paroi et sont, par conséquent manifestes du côté interne, les secondes 
sont seulement superficielles. 

Les bords de la muraille sont extrêmement découpés, et cela d'une 
façon tout à fait variable. 

La base est membraneuse, très mince et transparente, laissant aperce- 
voir, avec la plus grande facilité, l'animal enfermé dans la coquille et 
Tovaire, placé dans le manteau très réduit, à droite et à gauche du 
corps proprement dit de l'animal. 

Je n'ai pas pu trouver trace de branchies, d'où je conclus qu'elles sont 
absentes dans cette espèce, étant déjà très réduites chez C. columna. 

Le genre Chamœsipho se rapproche beaucoup de Tetradita jmrpuras- 
rens, qui présente aussi une base membraneuse. 

Tableau synoptique des espèces du genre CIIÂMOESIPIIO, Darw . 



Genre 
CIIAMŒSIPIIO. 



Rostre très étroit. Deux orifices sur la carène, 

un sur chaque pièce latérale C. sculelliformis, Darwin. 

Rostre large. Pas d'orifices sur les pièces 
de la muraille C. columna, Spengler. 



b. — Sous-familledesTétiuclitlnés. 
J. — Genre Tetradita, Schumacher, 1817. 

Le genre Tetradita est, avec le genre Bala7ius, un des plus répandus 
dans les mers et aussi des mieux représentés dans la collection, parmi les 
Operculés. A côté de nombreux échantillons secs, se trouvent beaucoup 
d'exemplaires dans l'alcool. 

Six espèces, sur les huit actuellement connues, sont représentées, ce 
sont: T. purpurascens, Wood; T. rosea, Krauss ; T. porosa^ Gmelin; 
T . serrata, Darwin ; T. vitiata, Darwin, et T. radiata, de Blainville. 

Tetradita purpurascens^ Wood. — Cette espèce est surtout représentée 
par des échantillons secs, la plupart sans indication d'origine. 

La forme à parois granuleuses est en nombre aussi considérable que la 
variété à parois sillonnées. 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. 161 

Habitat : Nouvelle-Galles du Sud (A. Milne-Edwards), sec. 
Iles du Salut (Puigi, 1882) ) var. rayonnée ; 
Madagascar (Douillot, 1892) ) dans l'alcool. 
T. rosea^ Krauss. — Deux échantillons secs. 
Habitat: Nouvelle-Galles du Sud (A. Milne-Edwards) ; 

Une autre : habitat inconnu. 
T. porosa, Gmelin. — En nombre considérable, secs et dans l'alcool. 
Quatre variétés sont présentes : communis ; rubescens ; nigrescens et 
patellaris, Darvv^. (PI. IV, fig. 9). 

Habitat : Amérique du Sud (M. Fontaine) 

Rio de Janeiro (de Gastelnau, 1897) 

« Astrolabe » (Quoy et Gaimard, 1829) 

Nouvelle-Hollande (Pérou) 

Embouchure de la Gambie (M. Radelou, 1835) [ à sec. 

Mer Rouge 

Port Jackson 

Obok (M.Maindron, 1893) 

Nouvelle-Bretagne 

Panama (M. Geay, 1887) 

L'Union; océan Pacifique (M. Bocourt, 1896) 

Mascate (M. Maindron, 1896) 

Tonkin (M. Lichtenfelder, 1897) 

Darien : Colombie (M. Geay, 1899) [ en 

Mahé (M. Alluaud, 1892) ( alcool 

Manille (M. Marche, 1884) 

Madagascar: Fort-Dauphin (M. Ferlus, 1901 

Chine (M. Harmand, 1876) 

Madagascar (M. Douillot, 1892) 

Mascate (M. Maindron, 1896) : var : patellaris I 
T. serrata^ Darwin. — Très peu d'échantillons. 

Habitat: Cap de Bonne-Espérance (M. Milne-Edwards), à sec. Table 
baie (M. Holub, 1894), en alcool. 

T. vitiata^ Darwin. — Un seul échantillon sec, sans habitat. 

T. radiata, de Blainville. — Un seul échantillon sec. Habitat inconnu. 

Nouvelles Archives du Muséum, 4° série. — V. 21 



162 



A. GRUVEL. 



o 



W 







Ci 


oc 




^ 




as 




es 


Q 


5^ 






S 


^ 


e 


«s 


e 


5S 


sC 




«^ 









o 



o 



es 



% 

es 
Q 






CI, 



CQ 



H 

<1> 
^4 

fl 
<D 

hH 

S 

-d 

co 

<u 
o 

<u 
w 

s 
.5* 

o 
te 

s 

ci 
a> 

ce 






-tu 



es 



=> 

cr 



C/3 



p 



" es 

«5 —H 

<1J _^ 



o. 






ai 


y; 






r^H 


-;-j 


ai 


C 




cS 


^ 








bL 

a 

O 



rH aJ -f^ 



« S <B 



S 3 15 C ::3 



O « ._^ 



v: 



O 



C 

pi * S 

3 5 ^ 

^ ^ S 

o . c« 

t/! en 

-< S c« 

^ O -iJ 

rt^ es 






;:: -13 es o 



eS o 



."^ es 



es OJ 
bJD -73 



'i> -tJ •— I 
'-' '^ o-, 



■ -OU 

2 = 

01 o 



.r:; Cl- 



^ o ^ 



CO ^ ^ TO -^ '— I ^ 






"2 -J 5- 



s s 

3 «V 

es 



cS So ^ -ai 



oi -s Sh -tu 



S 3 



aJ -es 



es . 

o r 

es 



■-3 -2 J 
.ti o 

CD fi 2 

c - fi 



c 
o 

cS 



.2 .ïS -^ 3 t/î S- 

t-< r- ^ es o ^ 
es £ ^ ;_ ;> .= 



fi 
o 
>-, ■ 

a ■ 



i: o s 



Qj U-» 



O 


Ui 


g 


-cS 


'-^ 


OJ 


t« 


-^2 


T^ 


O 


bC 


a 


es 


^ 


o 


eu 


O 


c 



<D ^ r* 



fi S ^ 
■O es ^ 

^ « -S 



■O t-i -tu 



-es 
eu 

'o 



fi 


1h 


-2 




es 


•4^ 


rr-, 




^ 


S 






jG 


1 


.^j 






—3 


n 




3 


3 


rt 




OJ 


o 






Ci- 


in 


cfl 


t^ 


SJ 


^ 


^o 


3 


Ci; 


-c) 


O 


C/3 


(D 




O 




•-4 






bO 


'es 


<D 


2 




3 


•- 





-o 

OJ 



"C ^ s 



s o es es 



es eu ^ Cu 
fi 



_2 x3 p -« 



« 








. - 


m 




en 


r-j 


t« 


a> 


fi 


c 


bO 


1-1 


L- 


f 


i>~s 

er: 


es 


!-^ 


-N-- 


-S 


d) 






es 



O) 



xri (V y} 
fi bJD--; 
O s- 5 
>L es a 
^^ -eu 



-OJ tn 



es "^ 



es 



,^ 


-fj 


o 


« 






t-, 


c 


p- 




<i> 


en 


Q- 




es 


3 


v^ 


03 


'<U 


■^ 




lU 


bJD 
fi 

es 


rP 




3 

o 


tn 

■© 


en 
03 


3 


(Ji 


o 


?H 


fi 




O 


iv 




es 


3 






&-H 


— 


Gh 








i 
es 








43 •-, 


ai 










t« ,^ 


en 










«S fi 


3 










■u 








f 



> 
es 


!-, 


en 
03 


en 


03 


-tu 


rQ 


en 




bO 


'I 


p 


en 
fi 


C 

es 


m 



es c -" -— 



•vinovyiaxa^î^ao 



REVISION DES CIRRHIPÈDES. 163 

t. — Genre Elminius^ Leach, 1825. 

Un genre qui se rapproche aussi beaucoup du genre Tetraclita, par 
son unique espèce à base membraneuse : T. purpurascens, c'est le genre 
Elminius\ mais ici la paroi ne présente pas de pores. 

Darwin ne signale que quatre espèces à'Ebninius. Depuis cette époque, 
deux espèces nouvelles ont été décrites par I-Iutton(l), ce sont : E.sinua- 
tus et E. rugosus. 

Ces deux nouvelles espèces seules ne sont pas représentées dans la 
collection. 

Les autres le sont par des échantillons secs, pour la plupart : 

E.plicatus, J.-E. Gray. — Nouvelle-Zélande (M. Eydoux, 1822); d'au- 
tres exemplaires sans habitat connu (PI. IV, fîg. 19). 

Dans l'un des échantillons de cette espèce, les côtes longitudinales 
saillantes, généralement localisées dans la moitié inférieure du test, se 
continuent presque jusqu'à la partie supérieure des pièces, c'est là un 
cas exceptionnel, qu'il est bon, par conséquent de signaler; mais l'es- 
pèce est toujours facile à reconnaître aux denticulations des bords libres 
des rayons, denticulations toujours visibles, au moins sur l'un des quatre. 

E. simplex^ Darwin. — Nouvelle-Galles du Sud (M. Milne-Edwards). 

E.modestus^ Darwin. — Australie méridionale. Don de Darwin. 

E . Kingi^ J.-E. Gray. — Les seuls qui soient en alcool (PI. IV, fîg. 2). 

Habitat: Cap Horn (M. Roussout, 1891). 

Pontes-Arenas (M. Lebrun, 1880). 
Mission du cap Horn : baie Orange (1896). 

Le tableau suivant indique les principaux caractères permettant de 
différencier les diverses espèces. 

(Voir le tableau^ page 164.) 

(I) Ik'TTON, Trans. New Zeland Instit., vol. XI, 1872, p. 328. 



164 



A. GRUVEL. 



Tableau synoptique des espèces du genre ELMINIUS, Leach. 






J 

a 



z 



Scuta 
sans 
arête 
pour 
l'adduc- 
teur. 



Éperon 

du tergum 

saillant 

séparé 

de l'angle 

basi-scutal. 



Éperon 

du tergum 

non saillant, 

confluent 
avec l'angle 
basi-scutal. 



Scuta avec une arête 
pour l'adducteur. 

Rayons très étroits 
ou nuls. 



Espèces. 



Test lisse ou à côtes longitudinales 
très peu accentuées E. Kingi, J.-E. Gray, 



Test lisse avec deux larges plis ar- 
rondis sur chaque pièce et stria- 
tions transversales peu accen- 
tuées E. siîiuatus, Hutton. 

Test à côtes longitudinales saillan- 
tes, au nombre de plus de deux 
sur chaque pièce E. modestus, Darwin. 

Test très plissé dans sa moitié infé- 
rieure, à peu près lisse dans sa 
moitié supérieure. Bords des 
rayons sinueux ou faiblement 
denticulés. Éperon du tergum 
saillant, mais d'une façon varia- 
Lie. Arête articulaire des terga 
courbe E. plicatus, J.-E. Gray. 

Test extrêmement plissé dans toute 
sa hauteur, très rugueux. Éperon 
court et large. Arête articulaire 
des terga droite E. imgosus, Hutton. 

Test non rugueux avec des plis 
peu profonds dans toute sa 
hauteur. Bords des rayons lisses. 
Éperon plutôt long et étroit. ... E. sùnp/ex, Darwin. 



3. — Genre Creusia, Leach, 1817. 



Toutes les espèces décrites par différents auteurs sous le nom de 
Creusia ont été ramenées à une seule par Darwin sous le nom de 
C. spinulosa^ Leach, avec onze variétés, les unes avec les terga et 
les scuta articulés entre eux, les autres avec ces mêmes pièces souciées 
ensemble. 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 165 

Cette espèce est représentée par quatre variétés dans la collection 
(var. 1 ; var. 2 ; var. 4 et var. 6). La variété 4 seulement porte Tindica- 
tion de l'habitat: mer des Indes; les autres sont sans aucune indication. 

4. — Genre Pyrgoma^ Leach, 1817. 

Le genre Pyrgoma est surtout représenté dans la collection par des 
échantillons secs et, malheureusement, sans indications d'origine. Les 
seuls échantillons dans l'alcool sont des exemplaires de P. anglicum ; 
r sur Cœnocyaihus ant/ioph y lli tes [Algérie, 1842); 2" sur Dendrophyllie 
(expédition du « Travailleur », 29 juillet, dragage n" 34, par 102 mètres 
defondj; eniin 3° sur I)e?îdrophy II ia cofmigera. Dans les exemplaires secs, 
nous trouvons : P. anglicum, G. B. Sowerby ; P. Stockesi, Darwin ; P. can- 
cellatum, Leach (donné par Darwin) ; P. crenatum,Ç%. B. Sowerby ; P . mil- 
leporse, Darwin; P. grande, G. B. Sowerby junior, et enfin P. monticu- 
larise, J.-E. Gray : tous sans habitat connu. 

On sait que, dans ce genre, le test est formé par une pièce unique. 
Darwin suppose seulement, vu les affinités étroites qui relient ce genre 
au genre Creusia dans lequel le test est formé par quatre pièces très 
nettes, que la pièce unique des Pyrgoma est le résultat de la soudure des 
quatre pièces, primitivement distinctes. Dans les échantillons adultes, il 
est impossible de trouver trace de suture, pas plus à l'extérieur que du 
côté interne de la muraille. C'est tout au plus, dit le célèbre naturaliste, 
si chez de très jeunes échantillons de P. anglicum et de P. conjugatum, 
il est possible de voir la trace de deux sutures, mais deux seulement, du 
côté de la carène. En réalité, comme on le voit, la soudure des quatre 
pièces primitives pour former le test dans le genre Pyrgoma était une 
simple supposition de l'éminent naturaliste anglais. 

J'ai été assez heureux pour trouver un échantillon extrêmement jeune 
de P. anglicum sur lequel il m'a été possible de voir très nettement les 
quatre pièces primitives qui n'étaient pas encore soudées. Cette simple 
observation confirme pleinement l'hypothèse de Darwin sur la formation 
de la pièce unique. Les quatre pièces primitives sont, à peu près, de 
même largeur, cependant il semble que les pièces latérales soient un 



16G A. GRUVEL. 

peu plus étroites que la carène et le rostre. Chacune d'elles se trouve 
constituée par une partie interne, mince et transparente, avec des stries 
d'accroissement parallèles entre elles et au bord basai. Extérieurement 
par rapport à cette partie interne, se trouvent des côtes longitudinales, 
larges, plus ou moins régulières et plus ou moins dichotomisées, qui 
semblent fixées sur la première et qui ne sont pas soudées entre elles. 
Ces côtes étant également très minces, on aperçoit au travers les stries 
parallèles de la couche sous-jacente. Enfin la couche calcaire interne, 
débordant les côtes externes, sert à l'articulation des pièces les unes 
avec les autres (PI. II, fig. 11). 

Les caractères principaux des différentes espèces sont résumés dans 
le tableau suivant : 

( Voir le tableau^ page 167.) 



REVISION DES CIRRHIPEDES. 



le: 



w 



S 

O 

Xfl 

d 



S 



o 















S 
o 

d 






a 









A 



Si 



O 

o 

CL, 
O) 

G 
O 



(U 

o 

.(D 

m 

<D 

-d 

a 

S 

.H* 

o 

«2 

13 
o3 
O) 

A 






C3 



fcD 






O 



-9 s 



o 

in 



ce .o -S 

S o. -S 






m fi 

fcJD ?3 
03 C 53 

CD O -:; 



Oj — 






o 



s. ^ 

s i 



ci 



o — , 



t/3 — 



O 
c3 

O 

!X! 



o '■'^ ^ 



<B ■— S 



es "S "3 

CD o- o 






_rt p 
C^ = 






CD p 

.5 '^ 

2 ô 



o 


; 










r-; 


a 


O 


— 


' 


o 






O 


^ 


z^ 


w 


CJ 


x 


il4 


o 


O 


bD 



;^ es 



CD = 

i- CS 

o 



cS 
CD 






-« 



2 ■'^ 

" CD 



U3 t« 

O -fi 



^ :/: O 



« ^ 



es -o 


^^ 


CD 3 


^ 


iT C. 


Cv 


Ci — 


-S 


X '^ 


,^ 


O û. 


:/: 



1- 1 



.Si c 

•t^ es 



-O -2 3 — ce 



3 
bD 



es h -- 
1h ~ o 



S •£ 



CD 



a a. 

p "— 

s s 

^ p 

o r; 






es O 
CD 



'5 S .2 

"^ o 
o 



tD 



s a> o ^^ 
(/3 ^ O 



es o 

es fcD s 

*^ s- C «1 

3 o t> •-; 

" -^ ^ S 



« 






[/3 



es 


es 




o 


CD 


<r. 


rù 


-i 


a? 




cS 


"S 




-3 


*^ 


c« 








o 




O 




TS 



Vl^OOa.W aa.v-30 



EXPLICATION DES PLANCHES 



PLANCHE I 



Fig. 1. — BaJanus Dybowskii, n. sp. Vue par la partie supérieure et un peu latéralement. 

Fig. 2. — La même. Tergum : a, vu du côté externe; 6, vu du côté interne. 

Fig. 3. — — Scutum, vu du côté interne. 

Fig. 4. — — Scutum, vu du côté externe. 

Fig. 5. — — Labre. 

Fig. G. — • — Palpe de la lèvre supérieure. 

Fig. 7. — — Palpe de la lèvre inférieure. 

Fig. 8. — — Mandibule droite. 

Fig. 9. — — Mâchoire droite. 

Fig. 10. — Verruca lœvigata, G. B. Sowerby. Vue du côté de l'opercule mobile. 

Fig. 11. — Balanus iiiolaceus, n. sp. Scutum, vu du côté interne. 

Fig. 12. — La même. Scutum, vu du côté externe. 

Fig. 13. — — Tergum, vu du côté interne. 

Fig. 14. — — Tergum, vu du côté externe. 

Fig. 15. — Octomeris brunnea, Darwin. Vu par la partie supérieure et montrant à droite 

un dédoublement accidentel du rostre. 
Fig. IG. — Octomeris angulosa, G. B. Sowerby. Vue d'une partie de la base de la muraille. 
Fig. 17. — La même. Pièces operculaires droites vues du côté interne. 
Fig. 18. — Balanus Campbelli, Filhol. Scutum : a, vu du côté externe; b, vu du côté 

interne. 
Fig. 19. — La même. Tergum : a, vu du côté externe; b, du côté interne. 

PLANCHE II 

Fig. 1. — Stephanolepas muricata, Fischer. Trois individus grossis, vus du côté de l'ori- 
fice operculaire. Les plaques operculaires n'existent pas. 

Fig. 2. — Le même. Deux pièces de la muraille vues du côté interne. 

Fig. 3. — Le même. Pièces operculaires vues par la partie supérieure. 

Fig. 4. — Cryptolepas rachianectis, Dali. Portion operculaire, montrant l'ouverture 
médiane avec les scuta et les terga, ces derniers très atrophiés. 

Fig. 3. — Le même. Scutum d'un côté isolé, avec la partie chitineuse, épaisse qui l'entoure 
et se poursuit sur le tergum correspondant, quand il existe. 

Fig. 6. — Le même. Appareil buccal complet, vu par la partie supérieure. 

Fig. 7. — — Labre vu du côté interne. 

Fig. 8. — — Mâchoire. 

Fig. 9. — — Mandibule. 

Fig. 10. — — Un œuf. 



EXPLICATION DES PLANCHES. 169 

Fig. 11. -7- Pyrgoma anglicum, G. B. Sowerby (très jeune). Pièce de la muraille. 
Fig. 12. — Acasta spongites, Poli. Fragment de la base montrant les perforations. 
Fig. 13. — Chamœsipho scutelliformis, Darwin. Vue superficielle. 
Fig. 14. — Chelonobia manati, n. sp. Labre, vu du côté interne. 
Fig. 15. — Acasta spongites, Poli. Tergum, vu du côté interne. 
Fig. 16. — Balanus decorus, Darwin. Mandibule. 
Fig. 17. — Chelonobia tnanati, n. sp. Mandibule. 
Fig. 18. — La même. Mâchoire. 

PLANCHE III 

Toutes les figures sont des reproductions de photographies et de grandeur naturelle. 

Fig. 1. — Coronula diadema, L. Coupe transversale pratiquée à la partie inférieure du 
test et montrant la répartition, dans les différentes parties du test, des parties de la peau 
de la baleine sur laquelle est fixé l'animal. iMur. muraille; sep., septa : zon.sut., zones 
de sutures; épid., épiderme coloré en noir; der. sup., derme superficiel coloré en jaune 
brun ; de)'., derme profond, formant une sorte de colonne centrale et coloré en jaune clair 

Fig. 2. — La même. Coupe transversale pratiquée à 8"™ environ au-dessus de la première. 
— Mêmes lettres que précédemment. 

Fig. 3. — La même. Coupe transversale pratiquée à 6™" au-dessus de la précédente. — Mêmes 
lettres que précédemment. Les loges ovariennes [ov] commencent à apparaître en dedans 
des zones de suture {son. sut.). 

Fig. 4. — La même. Coupe transversale passant à peu près au niveau de la moitié de la 
hauteur de la gaine de la muraille. — Mêmes lettres que précédemment : base; par. 
int., paroi interne de la muraille; ray., rayon; aile; ov., ovaire compris dans un repli 
du manteau situé entre la paroi interne et la paroi externe de la muraille. Les autres lettres 
comme précédemment. 

Fig. 5. — La même. Coupe longitudinale intéressant : d'un côté une région épidermique, de 
l'autre une région ovarienne; 6/'., branchies. — Les autres lettres comme précédemment. 

Fig. 6. — La même, vue entière et fixée sur la peau de la baleine. On aperçoit au centre la 
colonne dermique profonde. 

Fig. 7. — La même, vue par la partie supérieure. Les extrémités des canaux de la muraille 
sont ouvertes et laissent apparaître répiderme noir. 

Fig. 8. — Coronula baltenaris, Gmelin. Vue par la partie supérieure. 

Fig. 9. — Coronula reginx, Darw. Vue par la partie supérieure. 

Fig. 10. — Crijptolepas rachianectis, Dali. Six individus accolés et fixés sur un fragment 
de peau de baleine [crypt.). A côté se trouvent des crustacés parasites (par.). 

Fig. 11. — Le même. Coupe transversale pratiquée vers la moitié de la hauteur de la mu- 
raille pour montrer les rapports qui existent entre les septa {sep.) et Tépiderme de l'hôte 
{épid.) qui se trouve pincé entre eux. Au fond et au centre, on aperçoit la base {base). La 
loge occupée par l'animal est à peu près régulièrement cylindrique. 

Fig. 12. — Chelonobia testudinaria, L. Vue parla partie supérieure. 

Fig. 13. — Platglepas bissexlobata, de Blainville. Vue par la partie supérieure. 

Fig. 14. — Groupe de Balanus psittacus, Molina. 

PLANCHE IV 

Toutes ces figures sont des reproductions de photographies et de grandeur naturelle. 
Fig. 1. — Chthamalus Challengeri, Hœk. Vue d'un groupe sur un morceau d'écorce 
d'arbre. 

Nouvelles Ahcuives du Muséum, i" série. — V. 22 



170 EXPLICATION DES PLANCHES. 

Fig. 2. — Elminius Kingi, J.-E. Gray, sur une coquille de Mytilus. 

Fig. 3. — Octorneris angulosa, G. B. Sowerby. Aspect de deux échantillons encroûtés 

d'alques calcaires. 
Fig. 4. — Bal. perforatus, Brug. var. angustus, Gmelin, aspect des animaux réunis en 

groupe compact. 
Fig. 5. — Bal.capensis, Ellis. Portion d'un groupe fixé sur une tige de Laminaire. 
Fig. 6. — BaL trigonus, Darwin. Groupe fixé sur une valve de Pecten. 
Fig. 7. — Bal. /œiu's, Brug. var. nitidus., Darw. Groupe compact. 
Fig. 8. — Tetraclita purpurascens, Wood. Sous trois aspects différents. 
Fig. 9. — Tetraclita porosa, Gmelin, var. rubescens, Darw. 
Fig. 10. — Chelonobia patula, Ranzani. 
Fig. 11. — Bal. hirsutus, Hœk. 
Fig. 12. — Bal. violaceus, nov. sp. 
Fig. 13. — Bal. cariosus, PaUas. 
Fig. 14. — Bal. Bybowskii, nov. sp. 

Fig. 15. — Chelonohia manati, nov. sp. Vue par la partie supérieure. 
Fig. IB. — Le même, vu par la partie inférieure et vide. 
Fig. 17. — Bal. flosculus, Darw., var. soinlidus, Darw. ; un groupe. 
Fig. 18. — Bal. improvisas, Darw. var. assi/nilis, Darw., fivés sur une coquille de Car- 

dium edule. 
Fig. 19. — Elminius plicatus, J. E. Gray. 
Fig. 20. — Bal. balanoides, L., deux groupes, l'un vu par la partie supérieure, jl'autre de 

profil. 



MATERIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR 



LES ROCHES ALCALINES 

CARACTÉRISANT 

LA PROVINCE PÉTROGRAPHIQUE D'AMPASINDAVA 

(DEUXIÈME MÉMOIRE) 

PAR 

M. A. LACROIX 



Au mois de mai de l'an dernier, alors que se poursuivait l'impression 
du premier Mémoire (1) consacré à l'étude des roches alcalines de la 
province pétrographique d'Ampasindava, que j'ai pu faire connaître, 
grâce aux remarquables collections de M. Yilliaume, j'ai dû quitter 
brusquement Paris et prendre la direction de la mission scientifique 
envoyée à la Martinique par M. le ministre des Colonies, sous les auspices 
de l'Académie des sciences, pour étudier l'éruption volcanique, si désas- 
treuse pour notre colonie. 

Je me suis trouvé ainsi dans la nécessité d'abandonner l'étude d'inté- 
ressants matériaux nouveaux que M. Villiaume venait de m'adresser. 
Pendant mon séjour aux Antilles, cet officier a continué avec la même 
ardeur et le même succès ses explorations et ses récoltes sur le terrain; 
en possession des bonnes feuilles de mon Mémoire et de nombreux 
questionnaires que je lui avais adressés sur les incertitudes rencontrées 

(1) Nouv. Archiv. Muséum, 4'= série, t. IV, 1-214, pi. I à X. Tous les renvois bibliographiques du 
présent Mémoire ne consistant qu'en une indication de pages se rapportent à ce travail. 



172 A. LACROIX. 

au cours de mon étude, il a fait tous ses efforts pour recueillir des docu- 
ments et des observations de nature à élucider ces dernières. Aussi, 
lorsqu'à la fin du mois de mars de cette année je suis rentré des Antilles, 
ai-je trouvé à mon laboratoire de nouvelles collections, plus importantes 
peut-être que les précédentes. 

Bien que M. Villiaume poursuive ses recherches, j'ai pensé qu'il y 
avait avantage à publier dès à présent l'étude de tous les documents que 
j'ai en mains. Je donne au présent Mémoire un caractère purement 
descriptif, réservant pour un dernier travail la discussion de l'ensemble 
des questions que soulève la connaissance de cette nouvelle province 
pétrographique, l'une des plus intéressantes de celles qui soient actuel- 
lement connues. 

J'adresse à nouveau tous mes remerciements à M. Villiaume pour l'en- 
train et le zèle infatigable avec lequel il a réuni ses belles collections, 
dans un pays où la nature tropicale a accumulé ces difficultés d'obser- 
vation sur le terrain, dont mon récent séjour aux Antilles m'a mis à 
même d'apprécier l'importance. 

Dans mon premier mémoire, j'ai montré que les roches étudiées per- 
mettent d'assurer que la province pétrographique d'Ampasindava com- 
prend les îles de Nosy bé, de Nosy Komba et la partie de Madagascar, 
limitée par le 46' degré de longitude Sud, toutes les vraisemblances étant 
pour que son extension vers l'Est et le Sud soit beaucoup plus grande. Je me 
suis attaché surtout à décrire en détail les roches de Nosy Komba et celles 
d'un certain nombre de points isolés de la Grande-Terre, situés, soit sur 
le bord de la baie d'Ampasindava, soit dans l'intérieur des terres au 
voisinage d'Ankaramy. Grâce à l'obligeance de M. le R. Baron, j'ai pu en 
outre donner alors un aperçu sommaire de la constitution de quelques 
roches signalées par lui dans le massif de Bezavona, situé au Sud de la 
presqu'île d'Ambavatoby, au voisinage du golfe de Port-Radama. 

Les explorations récentes de M. Villiaume ont particulièrement porté 
sur ce massif de Bezavona qui a une importance pétrographique capitale 
et sur un certain nombre de petits massifs ou de gisements isolés dans 
la région d'x4nkaramy. Je passerai successivement en revue dans les 
pages qui suivent: 



MATERIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 173 

Chapitre premier. — Le massif de Bezavona. 

Chapitre II. — Quelques gisements situés à l'Est et au Sud-Est du 
précédent, dans la région d'Ankaramy. 
Chapitre IIl. — Les granités alcalins d'Ampasibitika. 
Les analyses données plus loin ont été faites par M. Pisani. 



CHAPITRE PREMIER 
MASSIF DE BEZAVONA 

§ I. — Aperçu g-éog-raphîque et g-éolog'ique. 

Le massif de Bezavona est situé à l'extrême Sud de la presqu'île d'Am- 
bavatoby, à l'Ouest-Nord-Ouest d'Ankaramy. Il est compris entre 
i:r55' et 14° de longitude Est et 44°43' et 45''40' de latitude Sud. L'en- 
semble des roches éruptives qui le composent a la forme d'un trapèze 
d'environ 4 kilomètres carrés compris entre la rivière Sahabé, au Nord- 
Ouest, et la rivière Berondra, au Sud-Est. 

Le côté Nord du trapèze est orienté Ouest-Nord-Ouest, il est constitué 
par des éminences atteignant 350 mètres d'altitude et réunissant le 
chaînon du mont Bezavona, parallèle à la Sahabé, à la montagne, en forme 
de cône surbaissé. d'Andevenanaomby, qui domine la Berondra. Le mont 
Andevenanaomby (300 mètres) se continue vers le Sud-Ouest par un 
chaînon (renfermant des pitons de 250 et de 300 mètres d'altitude) qui 
longe la Berondra. 

Quant au chaînon de Bezavona, il présente comme altitude maxima 
700 mètres au mont Bezavona (Berahoda des cartes), puis s'abaisse à 
l'altitude de 400 mètres qu'il conserve jusqu'à son point de jonction avec 
l'arête limitant au Sud le massif: celle-ci va de la Sahabé à la Berondra, 
et présente à ses deux extrémités deux pitons de 500 mètres, l'un, celui 
d'Anlsohanina, du côté de la Sahabé, l'autre, celui d'Ampiambisany, au 
voisinage de la Berondra. 

De nombreux torrents descendent de ces montagnes dans les deux 
rivières indiquées plus haut; je les désignerai par les noms des pitons dont 



m A. LACROIX- 

ils proviennent; les torrents Nord et Ouest de Bezavona, et le torrent 
d'Antsohanina sont des affluents de la Sahabé, ils recueillent les eaux des 
versants Nord et Ouest de la chaîne de Bezavona, tandis que les eaux 
provenant de toutes les autres parties du massif sont drainées parles tor- 
rents d'Andevenanaomby et d'Ampiambisany, tributaires de la Berondra. 

Le massif de Bezavona, dans la constitution duquel les roches érup- 
tives jouent un rôle prédominant, 'est plus élevé que toute la région 
avoisinante, constituée par des terrains sédimentaires. Du côté du Nord- 
Ouest, dans la direction d'Anorontsangana, se développent des vallons, 
limités par deshauteurs ne dépassant pas TiO mètres d'altitude ; les collines 
de la rive gauche de la Berondra atteignent 200 mètres de hauteur 
au-dessus du niveau de la mer. Au Nord, s'étend, jusqu'au massif des 
Deux-Sœurs (Ambohimirahavavy), à 18 kilomètres de là, une plaine 
vallonnée d'une altitude moyenne de 50 mètres ; enfin, au Sud-Est, le 
massif de Bezavona est séparé de la mer par une presqu'île basse, maré- 
cageuse, couverte de palétuviers. 

Les formations sédimentaires de cette région sont constituées à la base 
par des schistes argileux, renfermant à leur partie supérieure des 
empreintes à'Equisehnn 'Johji^ et des niveaux charbonneux; ils sont sur- 
montés par des couches de grès calcaires, dont la puissance atteint 
jusqu'à 400 mètres. Dans le massif de Bezavona, et d'une façon plus 
générale, dans la vallée de la Berondra, il existe en outre des couches 
calcaires qui paraissent être le prolongement de celles de Jangoa, au 
Nord-Est, dont il a été question dans mon précédent mémoire ; ces 
calcaires se terminent en lentilles vers l'Est, aux environs d'Ankaramy, 
où M. Villiaume les a observés ; ils sont intercalés dans les schistes 
charbonneux. 

Ce sont ces calcaires et ces grès qui seuls ont de l'intérêt pour le sujet 
traité dans ce mémoire; ce sont eux en effet que l'on observe en contact 
avec nos roches éruptives qui les ont profondément métamorphisés. 

Les données géologiques sur l'âge de cette série éruptive sont donc les 
mêmes que pour celle de Nosy Komba. Les roches qui les constituent 
sont post-liasiques ; aucune formation sédimentaire plus récente ne 
permet d'apporter plus de précision. 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 173 

Le massif de Bezavona est assez compliqué au point de vue pétrogra- 
phique; on peut y distinguer trois groupes de roches : 

1" Le chaînon de Bezavona, l'arête qui le relie au mont Andevena- 
naomby, celui-ci et son prolongement vers le Sud-Ouest, sont essentiel- 
lement constitués par des syénites alcalines, dépourvues de néphéline, 
par des laurvlk'ites . Ces roches sont homogènes sur de grandes surfaces; 
aucune enclave, aucun filon n'ont été observés au milieu d'elles. Des 
nordmarkites s'observent à l'Ouest du chaînon de Bezavona. 

2° Des syénites néphéliniques , de types variés, abondent dans le Sud 
du massif, où elles constituent essentiellement le chaînon x4ntsohanina- 
Ampiambisany ; elles forment aussi en grande partie la région comprise 
entre cette dernière montagne et le contrefort Sud-Ouest d'Andeve- 
nanaomby. 

Ces roches ne manquent pas d'ailleurs complètement dans la partie 
Nord du massif; il en existe au moins deux gisements sur les flancs exté- 
rieurs de celui-ci, l'un sur la rive gauche de la Berondra, à l'Est du mont 
Andevenanaomby, l'autre à Andranomody sur le flanc occidental du mont 
Bezavona, mais dans celui-ci, ces roches n'ont pas été recueillies en 
place. 

Ces syénites néphéliniques constituent des massifs, des dykes épais et 
des filons minces; à l'inverse des syénites alcalines, elles sont souvent 
riches en enclaves et traversées par un cortège nombreux et compliqué de 
filons minces, comprenant des microsyénites (microfoyaites, aplites néphé- 
liniques), des tinguaites^ des monchiquiles , des camptonites ^i ^Xi^w àiQ% 
boslonites. Des filons des mêmes roches traversent les sédiments méta- 
morphisés par ces syénites. 

3° Des monzonites néphéliniques sont intimement associées à quelques- 
unes de ces syénites néphéliniques, notamment au voisinage de la 
Berondra ; mais pas plus qu'à Nosy Komba, il ne m'est possible de dire 
si elles constituent des faciès de variation de ces dernières ou si elles 
forment des massifs à mise en place distincte ; il est certain, dans tous 
les cas, qu'elles occupent de grandes surfaces. 

4° Enfin, un dernier groupe de roches éruptives a été rencontré en 
contact avec les calcaires de la périphérie du massif ; ce sont les proté- 



176 A. LACIIOJX. 

robasL's du lorreiit J'Aiitsohaiiina et des bords de la Berondra, à l'Est 
d'Andevenanaomby. 

Ancune coupe n'a pu être relevée, qui permette d'établir l'âge relatif 
des syénites alcalines, des syénites néphéliniques et des protérobases ; 
les affleurements de toutes ces roches apparaissent isolés les uns des 
autres et comme noyés dans la luxuriante végétation tropicale. Ce n'est 
souvent qu'aux prix des plus grandes difficultés que M. Villiaume a pu 
les échantillonner d'une façon convenable. La présence d'enclaves de mon- 
zonites néphéliniques dans les syénites néphéliniques montre leur anté- 
riorité par rapport à ces roches, dans le cas où elles n'en constitueraient 
pas simplement un faciès de variation. Sur le versant Nord du chaînon 
oriental du massif de Bezavona, il existe des brèches à éléments de tinguaite 
ou de trachyte phonolitique malheureusement très altérées, qui sont 
traversées par des filonnets de syénite néphélinique, elle-même décom- 
posée ; mais d'autre part, sur les flancs d'un des contreforts Sud-Est du mont 
Bezavona se trouve une brèche constituée par des blocs et des débris de 
laurvikite réunis par une tinguaite ; il existe donc certainement des roches 
à néphéline postérieures aux laurvikites ; je ne puis rien dire de plus. 

Tous les phénomènes de contact qui seront étudiés plus loin sont dus 
à l'action des syénites néphéliniques. 

Je passerai en revue dans des paragraphes distincts-: 

1' Les syénites sans néphéline ; 

T Les syénites néphéliniques; 

3° Les roches filoniennes du cortège des syénites néphéliniques ; 

4° Les phénomènes de contact des syénites néphéliniques; 

5° Les protérobases. 

La seule indication bibliographique à signaler au sujet du massif de 
Bezavona consiste dans la mention d'une foyaite faite dans celui-ci par 
M. Baron (i). Ce savant ayant bien voulu me communiquer les échan- 
tillons recueillis par lui dans cette région, j'en ai donné (2) une brève 
description; ils comprennent des syénites à comparer aux types d'Andeve- 
nanaomby décrits plus loin, des types mésocrates (covite et monzonite 

(1) Quaterlj J. gcoL Suc. LonJon, Ll, 08, 1893. 

(2) P. 149. 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 177 

néphélinique) provenant sans doute de la Berondra. J'ai fait remarquer 
alors, que si cette collection ne renfermait pas de véritable foyaite, il 
était vraisemblable que l'exploration de ces régions en ferait découvrir. 
On voit que cette prévision s'est réalisée au delà de toute espérance. 
Le massif de Bezavona forme un ensemble pétrographique plus complet 
encore que celui de Nosy Komba. 

§ II. — Syénîtcs sans néphélîne. 

Les roches syénitiques dépourvues de néphéline jouent un rôle impor- 
tant dans la constitution du massif éruptif de Bezavona et en forment 
notamment toute la partie septentrionale. On peut y distinguer deux 
types principaux, des syénites assez quartzifères, très leucocrates, des 
nordmarkites et des syénites, peu ou pas quartzifères assez riches en 
minéraux ferromagnésiens, des laurvikites. 

l" Nordmarkites. 

Le seul gisement de cette roche se trouve sur le flanc occidental de 
l'extrémité Sud du chaînon de Bezavona, entre les hauts ravins du torrent 
Ouest de Bezavona et de celui d'Antsohanina. La roche ne se voit pas net- 
tement en place, mais forme des accumulations de blocs énormes, sor- 
tant du sol herbeux et alignés sensiblement Nord-Sud. 

Cette nordmarkite Q%i d'un gris jaune ou rougeâtre; elle est âpre au 
toucher, miarolitique. On y distingue deux variétés macroscopiques, 
l'une uniformément grenue, l'autre porphyrique. Des phénocristaux 
feldspathiques, d'un blanc jaune, sont aplatis suivant^* (010) et présen- 
tent les formes p (001), «'/% (201) et de petites facettes 7n (HO). 
L'examen microscopique montre que ce feldspath est de l'orthose, 
faculée d'anorthose; les vides miarolitiques que laissent entre eux 
ses cristaux sont remplis en partie par du quartz et cà et là par de la 
calcite et de la limonite secondaire, ce dernier minéral paraît s'être formé 
aux dépens d'éléments ferrugineux qui n'existent plus à l'état intact. 

L'absence actuelle de métasilicates est la seule différence que la 

Nouvelles Archives du Muséum, 4^ série. — V. 23 



178 A. LACROIX. 

nordmarkite de ce gisement présente avec celle de Maromiandry (1) 
décrite dans mon précédent mémoire; comme dans cette dernière localité, 
les types porphyriques [inicroriordmarkite) ont une pâte constituée 
par de très gros microlites feldspathiques. 

Des blocs d'une nordmarkite, identique à la précédente ont été rencon- 
trés, non en place, dans un des ravins descendant vers le Nord de l'arête 
Ouest-Nord-Ouest qui relie le mont Bezavona au mont Andevenanaomby. 

2° Syénites a pyroxène. 

A. — Laurvikite. 
a. — Laurvikite normale. 

Le mont Bezavona (700 mètres) et le chaînon qui s'en détache pour 
se diriger vers le Sud sont constitués, jusqu'au piton de 400 mètres, 
par une laurvikite, offrant la plus grande analogie avec le type II des laur- 
vikites d'Ambaliha (2). C'est une roche à grands éléments feldspathiques, 
d'un gris-perle, englobant de petites taches noires, dans lesquelles on 
reconnaît à l'œil nu de la biotiteetun pyroxène; l'analogie est fort grande 
avec les types de laurvikite de Norvège, dont le feldspath n'est pas 
chatoyant. 

Cette roche est très homogène; elle forme de grandes masses dépour- 
vues d'enclaves et n'est traversée par aucun filon. Le feldspath est 
essentiellement constitué par de l'orthose sodique, souvent faculée 
d'anorLhose ; dans quelques échantillons seulement j'ai trouvé, au centre 
de certains cristaux de feldspaths, un plagioclase du groupe de l'andésine. 

Les macles de Carlsbad sont fréquentes. Ce feldspath est franchement 
grenu, isométrique. 

Les minéraux ferrugineux ^oni \m péridot ivh's, ferrifère {fay alite), iaii- 
nâtre en lames minces (souvent transformé en une substance verte ou 
jaune, colloïde), un. pyroxène (incolore, légèrement violacé ou verdâtre 
en lames minces, suivant les échantillons), se transformant parfois en 

(1) P. 94. Dans ce Mémoire, il s'est glissé une faute typographique, Maromandia a été mis pour 
Maromiandry. 

(2) P. 103. 



MAÏÉIUAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 179 

angite segyrmique et plus rarement en œgyriîie^ enfin une biotlte^ d'un 
brun foncé, quelquefois verdie par actions secondaires. 

Il existe parfois en outre une amphibole brune barkévicitique. La tita- 
nomagnétite, en cristaux nets ou en grains, Tapatite en prismes hexa- 
gonaux parfois terminés par la pyramide è' (1011) sont fréquents comme 
éléments accessoires. 

Les minéraux ferromagnésiens se groupent volontiers en petits nids ; 
le péridot et la titanomagnétite sont presque toujours entourés par des 
lames de biotite. 

Les feldspaths sont en grande partie postérieurs aux minéraux ferru- 
gineux qu'ils englobent; toutefois, une partie du pyroxène et surtout de 
l'amphibole est, dans certains échantillons, postérieure aux feldspaths. 

Enfin, j'ai observé, çà et là, entre les grains de feldspath, de petites 
plages d'une pseudomorphose en paillettes de muscovite d'un minéral 
qui a dû être probablement de la néphéline. 

Au Sud du chaînon, se rencontrent des syénites, dans lesquelles les 
feldspaths sont plus ou moins aplatis; ils donnent à la roche une tendance 
à la structure miarolilique; le seul minéral ferrugineux est de l'augite 
violacée, plus ou moins complètement transformée en augite a^gyrinique 
et en œgyrine ; les intervalles miarolitiquessont remplis presque toujours 
par des pseudomorphoses micacées; il semble que ce soit là un passage 
de la laurvikite à la syénite néphélinique. 

On verra décrite plus loin une tinguaite rendue bréchiforme par 
l'abondance des blocs de laurvikite qu'elle englobe : elle provient d'un 
contrefort Sud-Est du mont Bezavona. L'augite de cette laurvikite est 
transformée en augite segyrinique, et de la véritable œgyrine, en grains 
ou en cristaux distincts, se développe au voisinage de la tinguaite. 

b. — Laurvikite quartzifère. 

Ce type de laurvikite constitue la grande masse des pitons d'Ande- 
venanaomby; elle est particulièrement visible sur son flanc Ouest, où elle 
est dénudée : elle forme aussi les deux sommets de 350 mètres du chaînon 
qui se dirige vers le mont Bezavona; elle est parcourue de diaclases, cons- 



180 A. LACROIX. 

tituant des plans ondulés, dont la surface est généralement riche en pyrite. 

Cette syénite est à moins grands éléments que la laurvikite normale^, 
elle est assez altérée, ses feldspaths sont d'un blanc verdâtre, ses élé- 
ments ferromagnésiens sont ternes. 

Les minéraux ferrugineux sont moins nombreux que dans le type 
normal; parmi eux, l'augite domine, elle est presque entièrement trans- 
formée en augite segyrinique ; il n'existe qu'une petite quantité de péridot; 
la biotite et Tamphibole (bleuâtre) sont rares ou absentes. Il existe un 
peu de sphène et beaucoup plus de titanomagnétite et d'apatite. 

Les feldspaths sont plus ou moins automorphes, leurs vides miaroli- 
tiques sont remplis par du quartz et de la micropegmatite d'anorthose et 
de quartz. 

Les laurvikites d'Ampasibitika et d'Ambaliha que j'ai précédemment 
décrites ( 1 ) n'avaient pas été trouvées en place ; par suite il n'avait pas été 
possible d'apprécier l'importance de leur gisement. Il n'en est plus de 
même pour celles étudiées ici ; elles occupent une surface importante et 
cela est digne de remarque puisque ce type pétrographique constitue 
jusqu'à présent une rareté pétrographique ; pendant longtemps, le gise- 
ment de la région de Brevig, décrit par M. Brogger, a été le seul connu ; 
le second exemple qui en a été signalé est celui des Apaches Mountains 
(Texas), dans lequel M. Osann (2) a trouvé une laurvikite porphyrique. 

B. — Microsyénites à pyroxène. 
(Microlaurvikites.) 

M. Villiaume a recueilli d^ns un ravin des blocs de microsyénites 
qui présentent une certaine analogie avec celle des environs de la 
Jangoa que j'ai décrite (3) sous le nom de micromonzonite à pyroxène et 
barkévicite. L'une d'elles est très riche en gros crislaux d'orthose, 
faculée d'anorthose, ou d'anorthose finement maclée, pressés les uns 
contre les autres et réunis par de gros microlites enchevêtrés d'orthose; 

(1) P. 103. 

(2) Tscherm. min. Mittheil., XV, 1896. 

(3) P. 106. 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 181 

ceux-ci sont associés à des cristaux d'augite, à des paillettes de biotite 
et à des grains de titanomagnétite. L'augite se transforme sur les bords 
en œgyrine; elle est parfois groupée ophitiquement avec les rnicrolites 
de feldspath, la même structure s'observant entre ceux-ci et la biotite; 
l'apatite et le sphène sont abondants. Dans quelques échantillons, 
certains cristaux des feldspaths alcalins ont un noyau de plagioclase 
(andésine basique). 

Un second type comprend des roches plus riches en grands cristaux 
de feldspaths, qui, par contre, ne sont accompagnés que d'une très petite 
quantité d'augite et d'apatite. Ces phénocristaux sont disséminés dans 
un magma, composé par de fins microlites d'orthose, criblés de grains 
microscopiques de magnétite et d'augite. 

Ces roches sont, par rapport aux laurvikites, ce que sont, vis-à-vis des 
syénites néphéliniques, les microsyéniles qui seront décrites plus loin. 
Pas plus que pour celles-là, il n'est possible de savoir, en l'absence de 
documents stratigraphiques, si elles constituent une forme de bordure 
des laurvikites ou si au contraire elles ne forment pas plutôt des filons 
distincts au milieu de celles-ci ou des sédiments voisins. 



§ III. — Syénites néphéliniques. 

Dans mon précédent Mémoire, j'ai divisé les syénites néphéliniques, 
d'après leur structure, en ditroites et en foyaites ; cette distinction concor- 
dait bien avec le mode de gisement de ces roches à Nosy Komba. Dans le 
massif de Bezavona, cette distinction n'est plus aussi nette, ou tout au 
moins je n'ai pas les éléments suffisants pour en apprécier avec 
certitude la signification. Beaucoup des types filoniens présentent bien 
la structure caractéristique de la foyaite, mais celle-ci s'observe aussi 
dans d'autres types constituant vraisemblablement des amas et les 
roches qui la présentent passent insensiblement à des types grenus. 
Aussi je n'ai pas cru devoir pratiquement dans ce massif distinguer 
des ditroites et des foyaites. C'est par la seule considération de la compo- 
sition minéralogique que j'ai établi ici deux groupes de syéniles néphé- 
liniques : ils sont respectivement caractérisés, l'un par la présence de 



182 A. LACROIX. 

l'augite et généralement de la barkévicite, l'autre par celle de l'œgyrine. 
Toutes ces roches sont en général assez fraîches : quelques-unes cependant 
présentent des altérations de la néphéline qui, suivant les échantillons, 
esLtransformée, soiten muscovile, soit enzéolites(analcime etmésotype). 

1° SyÉNITES NÉPHÉLINIQUES a AUGITE et BARKÉVICITE. 

La caractéristique commune à toutes ces syénites, c'est d'avoir pour 
feldspaths, soit de l'orthose homogène, soit de l'orthose finement faculée 
d'anorthose ; suivant les cas, ces feldspaths sont plus ou moins aplatis sui- 
vant^', et enchevêtrés, donnant ainsi naissance à la structure de la foyaite, 
alors que, dans d'autres, ils sont grenus comme dans la ditroite. Dans le 
premier cas, la plus grande partie de la néphéline (avec un peu de sodalite) 
est xénomorphe et remplit des intervalles intersertaux des feldspaths ; 
dans le second au contraire, elle est le plus généralement automorphe et 
englobée dans les feldspaths. Je distingue deux types dans ces syénites. 

Type 1. — Les roches qui constituent ce type n'ont été observées en 
place que sur la rive gauche du cours inférieur du torrent d'Andevena- 
naomby; de très nombreux blocs éboulés, parfois extrêmement riches 
en enclaves, ont été trouvés dans le torrent d'Ampiambisany et surtout 
dans celui d'Antsohanina ; ces derniers sont particulièrement riches en 
enclaves basiques. 

Ces roches présentent une grande variété d'aspect extérieur; elles sont 
généralement à grains fins, grises, d'un gris verdâtre, rougeâtres ou 
brunâtres. Elles présentent fréquemment des irrégularités de couleur et 
de composition, plus apparentes que réelles, des traces de rubanement; 
ces particularités semblent plutôt dues à des irrégularités d'altération 
qu'à de véritables différences originelles. 

La caractéristique de ce type réside dans la nature des métasilicates; 
le pyroxène est de l'augite segyrinique, il se présente le plus souvent en 
cristaux ou en grains irréguliers, d'un vert foncé. Souvent, il est possible 
de constater que ces grains pyroxéniques constituent avec de la titano- 
magnétite des moules de résorption d'amphibole (PL 14, fig. 5). Ils sont 
généralement mélangés alors d'un peu de néphéline et de feldspath. 



MATÉRIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 1H3 

Dans beaucoup d'échantillons, il n'exisle plus trace d'amphibole, mais 
dans beaucoup d'autres, on observe au milieu de ces pseudomorphoses 
des restes de l'amphibole originelle qui est une barkévicite brune, 
englobant fréquemment des lamelles de biotite. La figure 2 de la 
planche 14 montre un exemple d'une transformation de ce genre. J'ai 
signalé déjà de semblables phénomènes des résorptions de Tamphibole 
danslesditroitesde Nosy Komba. Ce phénomène, peu fréquent d'ordinaire 
dans lessyénites néphéliniques, devient ici une véritable caractéristique 
des roches qui nous occupent. 

Ce type de syénite contient quelquefois un peu d'asgyrine secondaire, 
une petite quantité d'apatite, de sphène et de rinkiie, mais ces minéraux 
accessoires manquent fréquemment. 

Peut-être existe-t-il quelques relations entre ces syénites etla deuxième 
variété de foyaite à aegyrine qui sera décrite plus loin. Ces deux roches 
se trouvent (en blocs éboulés) associées dans le torrent d'Antsohanina, 
mais elles n'ont pas été trouvées en place. Dans le torrent d'Andevena- 
naomby, ce type a été recueilli en place à peu de distance du suivant, 
mais n'a pas été observé en contact immédiat avec lui. 

Type II. — Les syénites de ce type présentent deux variétés assez 
distinctes : l'une, franchement leucocrate, rappelle la ditroite normale 
de Nosy Komba, l'autre est mésocrate ; toutes deux renferment en enclaves 
des monzonites néphéliniques, leucocrates dans le premier cas, méso- 
crates dans le second. Elles sont essentiellement caractérisées par la 
barkévicite en baguettes allongées suivant l'axe vertical et no7i résorbée. 

Le pyroxène est de l'augite titanifère violacée, à formes géométriques 
nettes, qui contraste, grâce à cette particularité, avec le pyroxène du type 
précédent, même lorsqu'elle devient verte et se transforme en augite 
œgyrinique : le sphène est très abondant. La néphéline de ces syénites 
présente souvent des altérations en mésotype fibreuse. 

La variété leucocrate est blanche; dans la variété mésocrate, on 
distingue à l'œil nu des cristaux de néphéline, atteignant un centimètre. 
Ils sont abondants et uniformément répartis ; ils sont de couleur rosée, 
assez purs et entourés par le feldspath blanc, dans lequel sont concen- 
trées les aiguilles noires de barkévicite. 



184 A. LACROIX. 

Toutes ces syénites, mais particulièrement celles de la seconde variété, 
renferment presque toujours un peu de plagioclase basique du groupe 
du labrador, occupant le centre des cristaux de feldspaths alcalins. C'est 
par l'augmentation de ceux-ci que la roche passe aux monzonites néphé- 
liniques. On verra du reste combien ce type est voisin de ces roches au 
point de vue chimique. 

Quant à la structure, elle se rapproche beaucoup plus de la grenue 
(ditroite) que dans tous les autres types de la région. 

Le type leucocrate constitue la plus grande partie du chaînon Antso- 
hanina-Ampiambisany ; quant au type mésocrate, il est cantonné sur la 
rive droite du torrent d'Ampiambisany et constitue de nombreux poin- 
tements dans les collines de la rive droite de la partie basse du torrent 
d'Andevenanaomby. Entre ces deux gisements, se trouve l'importante 
masse de monsonite néphélinique qui va être décrite plus loin. C'est à 
la suite de la description de celle-ci que je m'occuperai des enclaves 
basiques des syénites néphéliniques. 

2° Syénites néphéliniques a gegyrine. 

Les syénites néphéliniques à segyrine sont tout à fait l'équivalent de 
celles qui s'observent dans la partie Nord-Est de Nosy Komba (1), mais 
elles paraissent beaucoup plus abondantes dans le massif de Bezavona 
que dans cette île. 

Type I. — Le type le plus remarquable de nos syénites néphéliniques 
se trouve sur la rive droite de la Berondra, à la base orientale du mont 
Andevenanaomby ; il constitue des rochers en place, émergeant du sol 
meuble, sans qu'il ait été possible de préciser la nature de leur gisement 
(amas ou filon), ni de voir leur contact avec les calcaires et la protérobase 
qui affleurent un peu plus au Sud, dans le lit même de la rivière. 

C'est une roche magnifique, à grands éléments, off'rantsur les surfaces 
altérées à l'air une structure rubanée, moins nette sur les cassures 
fraîches. 

La caractéristique de cette roche réside dans ce que la néphéline s'y 

11) P. 39. 



MATERIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 185 

présente surtout en cristaux aulomorphes, dont les sections hexagonales 
ou rectangulaires tranchent, dans les lames minces, sur le fond feldspa- 
thique ou sur l'a^gyrine qui les englobe pœcilitiquement (PI. 14, fîg. 4). 
Les feldspaths sont constitués par des microperthites d'anorthose (à 
macles moirées parfois extrêmement fines) et d'albite; la figure 13 de la 
planche 14 représente la photographie d'une de ces microperthites, 
dans laquelle les individus constituants ont été placés dans une des posi- 
tions d'éclairement commun, pour mettre en évidence les deux felds- 
paths composants et la macle de Carlsbad. La figure 6 de la planche 11 
montre un cas fréquent de grandes plages de ces microperthites renfer- 
mant de petites lames (pseudomicrolites) d'albite; dans une même plage, 
ce dernier feldspath se présente donc à la fois orienté sur l'anorthose 
(microperthite) et englobé pœcilitiquement par elle (par suite sans rela- 
tion géométrique avec elle). 

La néphéline (accompagnée d'un peu de sodalite) et les feldspaths 
alcalins constituent la majeure partie de la roche ; il existe en outre 
d'une façon constante de l'a^gyrine, en aiguilles ou en gros cristaux, 
presque toujours une amphibole arfvedsonitique d'un vert bleuâtre, avec 
quelques minéraux accessoires, mais presque constanis : ainlgmai'ile^ 
rinkiie, eudy alite (?), calapléite et plus rarement astrophyllite. 

L'amphibole forme des groupements dentelliformes, enveloppés par 
l'œgyrine d'un vert, souvent plus foncé sur les bords qu'au centre: ce 
dernier minéral se rencontre en cristaux prismatiques nets, en petites 
aiguilles dentelliformes (PI. 14, fig. 3) ou enfin en plage englobant pœci- 
litiquement les éléments blancs (PI. 14, fig. 4). 

L'ainigmatite constitue de gros cristaux, très pléochroïques, dans les 
teintes d'un brun rouge et noires, à extinction toujours oblique par 
rapport à des clivages très rectilignes ; sa haute réfringence, sa forte 
biréfringence et ses propriétés extérieures sont celles de l'ainigmatite 
du Groenland; elle englobe souvent l'œgyrine (PI. 14, fig. 12). 

Je rapporte à Veudyalite un minéral dépourvu de formes géométriques 
moulant toutes les autres substances de la roche ; il est très pléochroïque 
dans les teintes rose-carmin vif (suivant 71^), et jaune rosé ou presque 
incolore suivant n^. La couleur est irrégulièrement répartie suivant la 

Nouvelles Archives du Muséum, 1« série. — V. 24 



186 A. LACROIX. 

trace d'un clivage (perpendiculaire à n^) ou de cassures irrégulières; 
certaines parties du minéral étant incolores dans toutes les positions, 
alors que d'autres sont très colorées et pléochroïques. La réfringence est 
de beaucoup supérieure à celle des feldspaths, mais inférieure à celle de 
l'œgyrine. La biréfringence est extrêmement faible et atteint à peine 
0,002; elle est souvent presque nulle. Le minéral est assez dispersif, il 
est uniaxe et négatif. Il se rapproche donc par ses propriétés de Veu- 
dy alite et s'éloigne par suite du minéral de même couleur que j'ai trouvé 
dans les foyaites à œgyrine de Nosy Komba (i). 

Parfois ce minéral est associé intimement aune substance incolore en 
lames minces, se présentant en tablettes grossièrement hexagonales ; 
celles-ci sont groupées en grand nombre à axes parallèles, de telle sorte 
que leur plan de lamellisation coïncide avec le clivage de l'eudyalite, 
perpendiculaire à l'indice n,, de ce minéral. Sa biréfringence est élevée : 
n^n^=^ environ 0,03; il est incolore, uniaxe et optiquement positif. 
Ces propriétés coïncident avec celles de la catapléite. La figure 10 de la 
planche 14 représente un semblable groupement de catapléite et d'eu- 
dyalite englobant des cristaux d'segyrine. 

La figure 14 de la planche 14 montre un cristal d'un minéral à macles 
polysynthétiques (extinctions symétriques de 8° par rapport à la macle 
dans la section considérée), à allongement négatif; sa réfringence est 
plus faible, sa biréfringence plus forte que celle de la rinkite ; je n'ai 
pu le déterminer complètement, faute de sections suffisantes ; il parait 
cependant ne correspondre à aucune espèce connue. 

Eilfin, j'ai observé de petits cristaux de rinkite et à'asti'ophyllite offrant 
les propriétés normales de ces deux minéraux. 

La structure de cette roche est intermédiaire entre celle de la foyaite 
et celle de la ditroite ; les feldspaths sont, les uns aplatis, les autres 
grenus; ils englobent presque tous les minéraux colorés; ceux-ci sont 
souvent postérieurs à la néphéline avec laquelle ils forment une structure 
pœcilitique. 

Ty]3e II. — Aucune des roches de ce type n'a été recueillie en place ; 

(1) P. 41, 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 187 

elles abondent en blocs éboulés dans le torrent d'Antsohanina, dans 
ceux d'Ampiambisany et dans le cours inférieur de celui d'Andevena- 
naomby. D'après leur position, il semble qu'elles se trouvent exclusive- 
ment au pourtour des massifs de syénite néphélinique dépourvue 
d'œgyrine ; elles y forment vraisemblablement des filons. Elles consti- 
tuent certainement, en outre, des filons minces dans les calcaires modifiés 
par ces roches ; M. Villiaume m'a en effet envoyé de gros blocs de ces 
roches métamorphiques traversées par des filonnets de ce genre. La 
figure 4 de la planche 9 représente une cornéenne, traversée par deux 
variétés de syénites à œgyrine, les filons de l'une [d) coupant ceux [b et c) 
de l'autre ; la figure 2 de la planche 8 permet de voir également un 
filonnet (H) de syénite à segyrine, traversant une brèche de calcaire 
métamorphique. 

Les syénites néphéliniques de ce type laissent voir en général, à l'œil 
nu, la structure caractéristique des foyaites. Les feldspaths, d'un blanc 
laiteux, aplatis et enchevêtrés, limitent des cavités polyédriques que 
remplit la néphéline grise, verte ou d'un brun rouge. Celle-ci forme 
plus rarement des prismes hexagonaux distincts, rosés, englobés par les 
feldspaths. Ce type de foyaite est tout à fait analogue à celui du Nord- 
Ouest de Nosy Komba. 

L'examen microscopique montre qu'au point de vue des feldspaths, il 
y a lieu de distinguer deux variétés parmi ces roches ; dans les unes, ces 
minéraux sont microperthitiques et présentent toutes les particularités 
qui ont été décrites dans le type précédent; ce cas est particulièrement 
représenté par le filonnet H de la figure 4 de la planche 8 et par le 
filonnet vertical d de la planche 9. 

La seconde variété ne renferme, en fait de feldspath, que de l'orthose 
homogène ou finement faculée d'anorthose. 

L'œgyrine n'est pas toujours le seul pyroxène existant dans ce type de 
syénite néphélinique; on y trouve parfois en effet de l'augite eegyrinique, 
d'un vert foncé, se transformant sur les bords en segyrine et fréquemment 
aussi des pseudomorphoses plus ou moins complètes de barkévicite en 
augite eegyrinique et magnétite ; ces pseudomorphoses sont tout à fait 
semblables à celles qui ont été étudiées plus haut. Il n'existe plus aucun 



188 A. LACROIX. 

des minéraux rares du type T, à l'exception cependant de la rinkite, qui 
devient extraordinairement abondante dans quelques échantillons où elle 
est associée à du sphène, et de Veudiahjfe, que je n'ai rencontrée que 
dans un seul petit filonnet mince : un autre m'a fourni de la hlende 
jaune d'or transparente. 

II est très fréquent de voir ce type de foyaite devenir pegmatique, il 
est alors associé à des pseudo-filons à grains fins, plus riches en œgyrine. 
L'aplatissement des feldspaths est beaucoup plus marqué dans ces 
variétés à grains fins que dans les autres; les macles de Garlsbad y sont 
extrêmement abondantes. La proportion de néphéline est aussi plus con- 
sidérable; une partie de ce minéral est englobée dans les feldspaths. Par 
la petite taille de leurs éléments et l'aplatissement de leurs feldspaths, ces 
roches à grains fins passent aux micro foyaites\ beaucoup plus rarement, 
les feldspathsy sonttout à fait grenus et la roche devientune microditroite. 

Quelques-unes de ces roches à grains fins sont, elles aussi, très riches 
en rinkite, dont les cristaux incolores, ne dépassant gnère 0"'",2o, sont 
parfois enveloppés ophitiquement par l'a'gyrine. 

En terminant, je noterai une particularité assez fréquente; les inter- 
valles miarolitiques des feldspaths sont quelquefois remplis par une sub- 
stance d'un noir verdàtre, finement grenue : elle se résout au microscope 
en un agrégat de petiles aiguilles d'segyrine, de cristaux nets de néphé- 
line, d'orthose faculée d'albite, avec parfois des phénocristaux de néphé- 
line et des cristaux de rinkite englobant pœcilitiquement l'iegyrine. 
C'est là une véritable tinguaite^ riche en aîgyrine qui joue le même rôle 
que les grandes plages de néphéline de la roche normale. 

Les filons minces des blocs représentés par les planches citées plus 
haut montrent, quand on les étudie en lames minces, quelques intéres- 
santes particularités structurelles; la structure enchevêtrée des feldspaths 
y est souvent exagérée, ils sont souvent alors moulés par une amphibole 
barkévicitique ou arfvedsonitique; il existe quelquefois aussi un peu de 
biotite. 

D'une façon presque constante, la néphéline est décomposée et 
transformée en muscovite secondaire. L'automorphisme ou le xénomor- 
phisme de la néphéline apparaissent d'une façon remarquablement nette. 



MATÉRIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 189 

grâce à la présence de ces produits de décomposition, dont un exemple 
est représenté par la figure 1 1 de la planche 14. 

Quant aux filons très minces (H de la figure 2 de la planche 8 et d de 
la figure 4 de la planche 9), ils présentent une disposition particulière 
de Ta^gyrine ; celle-ci constitue des aiguilles de plusieurs millimètres 
de longueur, implantées perpendiculairement sur les parois du filon 
(PL H,fig. 3). 

Dans l'échantillon représenté par la figure 2 de la planche 9, il y a un 
contraste très net entre les deux syénites. Celle qui se trouve en b est très 
foyaitique, de grandes plages d'amphibole enveloppent pœcilitiquement 
ou ophitiquement les feldspaths et la néphéline; cette dernière, souvent 
automorphe, est complètement transformée en mica. Dans le petit filon 
mince représenté en </, au contraire, la néphéline est entièrement zéolitisée 
(mésotype). L'eegyrine est en grande partie antérieure aux feldspaths. 

Ce petit filon est la seule roche de la région dans laquelle j'ai observé 
des déformations structurelles, dues à des actions mécaniques. 

Les cristaux d'aegyrine y sont souvent brisés et leurs fragments ont 
subi de légers déplacements. 



§ ÏV. — Mouzonites néphéliniqiies et enclaves basiques 
des syénites néphéliniqiies. 

Avant d'aborder l'étude des monzonites néphéliniques, je donnerai 
quelques indications sur des roches basiques qui ne se trouvent que sous 
forme de traînées ou d'enclaves dans les syénites néphéliniques, à la 
façon des traînées microessexitiques de Nosy Ivomba (l). 

r Roches ne se trouvant que sous forme de traînées ou d'enclaves. 

Elles se trouvent exclusivement dans les divers types des syénites né- 
phéliniques à amphibole et augite. Elles sont comparables aux traînées des 
ditroites de Nosy Komba, sans cependant leur être tout à fait identiques. 

(1) P. 23. 



190 A. LACROIX. 

Ces roches, qui ne se rencontrent nulle part sous forme de masses ou de 
filons, sont inconstestablement des faciès de variation de la roche englo- 
bante; leurs contours sont souvent vagues. Les éléments blancs (néphé- 
line et feldspath s) présentent la même structure que dans celle-ci (c'est 
là un point distinctif avec les enclaves de Nosy Komba), mais la propor- 
tion des éléments ferromagaésiens (augite, barkévicite), du sphène et 
de la magnétite est beaucoup plus grande que dans la roche normale ; 
de plus, les métasilicates se présentent en cristaux plus petits, en 
baguettes automorphes, parfois minces, presque en microlites. Enfin, 
fort souvent, le pyroxène et la barkévicite ne sont pas mélangés et 
s'isolent en nids distincts. Le pyroxène prend fréquemment alors des 
formes contournées qui se distinguent nettement au milieu des grandes 
plages de feldspaths ou de néphéline qui les englobent pœcilitiquement. 

La distribution uniforme de ces éléments ferrugineux dans tous les 
éléments de la roche donne à celle-ci une coloration foncée (notamment 
dans le type II des syénites néphéliniques à augite) : celle-ci masque 
les cristaux de néphéline qui, dans la roche normale, par suite de 
leur manque d'inclusions d'amphibole et de pyroxène, apparaissent en 
ton clair sur un fond plus foncé. 

Il faut faire une mention spéciale pour des enclaves provenant, les 
unes du revers Sud de la chaîne Antsohanina-Ampiambisany, les autres du 
versant occidental du mont Bezavona : elles ont été recueillies au voisi- 
sinage des contacts. Les enclaves du premier gisement sont englobées 
dans une roche à structure franchement microsyénitique et il est fort 
possible qu'elle soit une fraction endomorphisée du magma (enclave 
endopolygèné). 

Toutes ces enclaves contiennent de Tolivine, offrant les diverses 
particularités que j'ai décrites dans les ditroites endomorphes de l'Ouest 
de Nosy Komba : les cristaux (atteignant 5 millimètres de diamètre) sont 
profondément corrodés et entourés par une double zone de pyroxène 
incolore, puis de biotite, mélangée à du pyroxène verdâtre. Les méta- 
silicates sont extrêmement abondants et distribués par paquets ; ils sont 
de petite taille, microlitiques; on observe au milieu d'eux de gros cristaux 
automorphes de barkévicite et d'augite, de néphéline et de labrador. 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 191 

2° MONZONITES NÉPHÉLLMQUES. 

J'ai montré (1) comment les ditroites de Nosy Komba renferment en 
grande abondance des enclaves de roches, riches en amphibole, qui for- 
ment aussi de grandes masses dans cette île, sans cependant qu'il m'ait 
été possible de savoir, à l'aide des renseignements stratigraphiques 
recueillis par M. Villiaume, si, dans ce cas, elles représentent de simples 
faciès de variation de la ditroite ou si, au contraire, elles constituent des 
unités géologiques distinctes, dont la mise en place serait antérieure à 
celle des syénites. 

Au point de vue minéralogique, ces roches oscillent entre une ditroite 
mésocrate [covité] et un gahbro néphélinique mélanocrate, par augmenta- 
tion progressive des métasilicates, apparition de feldspaths basiques, 
accompagnant d'abord, remplaçant ensuite les feldspaths alcalins. 

Dans le massif de Bezavona, se trouvent des roches présentant les 
mêmes variations de composition minéralogique ; mais parmi elles, 
existe un type moyen prédominant qui, à lui seul, doit être considéré 
comme caractéristique. 

C'est une monzonite néphélinique^ intermédiaire entre un type méso- 
crate et un type leucocrate ; cette roche occupe une vaste surface au con- 
fluent du torrent d'Andevenanaomby et de la Berondra, traverse cette 
dernière rivière dans laquelle elle forme des rochers émergeant des eaux 
d'où proviennent la plupart de mes échantillons; enfin, elle semble se 
continuer dans les collines qui bordent la rive gauche de cette rivière. 

La monzonite néphélinique est encadrée par les deux gisements de 
syénite néphéhnique du type II dont il a été question plus haut. On ne l'a 
pas vue en contact immédiat avec elle, mais cette syénite présente avec 
la monzonite néphélinique une analogie de composition chimique assez 
grande pour qu'il soit vraisemblable que toutes ces roches aient été 
mises en place en même temps et soient des faciès de variation d'un 
même magma. 

Quoiqu'il en soit, ce petit massif de monzonite néphélinique présente 

(1) P. 30. 



192 A. LACROIX. 

de grandes variétés pétrographiques, tenant surtout aux proportions 
relatives des éléments colorés et des minéraux blancs. 

Dans le type le plus fréquent, la barkévicite, régulièrement distribuée, 
forme des baguettes d'environ l'^^jS au milieu du feldspath et de la 
néphéline blanche. 11 est fréquent de voir cette roche passer à des types 
leucôcrates, dans lesquels cependant la proportion des plagioclases est la 
même et dans lesquels la néphéline apparaît nettement à l'œil nu, grâce 
à sa couleur rosée; ces variétés leucôcrates sont souvent pegmatoïdes et 
il n'est pas rare d'y trouver des cristaux de barkévicite atteignant la gros- 
seur du doigt. Elles constituent des traînées de peu d'importance. La 
figure 3 de la planche 7 représente une traînée de ce genre, coupée par 
un véritable filon de microditroile mésocrate. 

Dans d'autres cas, on observe des pseudo-filons blancs à grains fins, 
exclusivement constitués par des cristaux aplatis d'orthose, accompagnés 
de néphéline ; ce sont là des traînées de microfoyaite, comparables à celles 
qui se rencontrent dans les foyaites à grands éléments de Nosy Komba. 

Enfin, je dois signaler de volumineuses enclaves d'un type mélanocrate, 
d'essexites porphyriques à grains fins, dans lesquelles les grands cristaux 
de barkévicite, à peu près isométriques, sont distribués dans une pâte 
finement grenue, noire. 

11 me paraît inutile d'insister longuement sur la description minéra- 
logiquc de ces monzonites néphéliniques ; les minéraux (augite violacée 
el barkévicite, titanomagnétite, apatite, néphéline, plagioclases, labrador 
à bytownite anorthose) y sont les mêmes et possèdent les mêmes 
propriétés que dans celles de Nosy Komba. La seule particularité, sur 
laquelle il faille s'arrêter, consiste dans la fréquence et dans l'importance 
des phénomènes de résorption de la barkévicite qui, tantôt donne naissance 
à de gros cristaux d'augite violacée, à disposition chondritique, mélangée 
à de la titanomagnétite et tantôt au contraire se manifeste par la produc- 
tion de petites aiguilles d'un pyroxène incolore, dont un exemple est 
représenté par la figure 5 de la planche 1 1 . 

Ouant aux essexitcs porphyriques, leur structure à grains fins tient 
surtout aux petites dimensions de l'augite violacée, accompagnée de bar- 
kévicite , qui est disséminée dans les plages de feldspaths et de la néphéline ; 



MATÉRIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 193 

celles-ci sont de la grandeur de celles du type normal : une particularité 
de structure analogue a été signalée plus haut dans des enclaves syéni- 
tiques. Les cristaux porphyriques de barkévicite sont en partie de 
formation postérieure aux autres éléments qu'ils enveloppent pœcili- 
tiquement ou ophitiquement ; les plagioclases englobés par eux sont 
généralement automorphes. 

Dans un petit nombre d'échantillons, il existe en outre de l'olivine 
corrodée et entourée par une couronne de résorption pyroxénique. 

Enfin, dans un échantillon de microsyénite néphélinique, j'ai ren- 
contré une microessexite franchement microlitique, riche en phéno- 
cristaux d'augite et de labrador : elle accompagne une enclave de 
monzonite néphélinique du type moyen. 

Je citerai en terminant, comme exception, quelques types mélano- 
crates, qui conservent la structure et l'apparence extérieures du type 
moyen; l'examen microscopique seul permet de voir que, suivant les 
échantillons, la roche passe à la covite, à l'ijolite ou au gabbro néphéli- 
nique. Un échantillon même est dépourvu de néphéline; c'est un gabbro 
à olivine, un peu micacé; son aspect est assez différent de celui des 
autres roches. 

Je ne me suis occupéjusqu'à présent que des monzonitesnéphéliniques 
de la Berondra, il existe aussi des roches de ce groupe dans la chaîne 
Antsohanina-Ampiambisany; elles constituent nettement des faciès de 
variation du type II des syénites néphéliniques à barkévicite; c'est la 
forme leucocrate de cette intéressante famille pétrographique : elle peut 
être comparée à la roche du type d'Antananaomby à Nosy Komba. 

Les produits d'altération de la néphéline des monzonites néphéli- 
niques sont les mêmes que dans les syénites ; les transformations en 
zéolites sont cependant plus fréquentes que celles en muscovite. 

Je donne ci-contre quelques analyses de ces roches en leur comparant 
quatre de celles qui ont été données dans mon précédent mémoire. 

ANALYSES 

a. Syénite néphélinique mésocraie : la népliéline se transforme graduellement en 
mésotype. 

Nouvelles AnciiivES du Muséum, 4'' série. — V. 25 



194 A. LACROIX. 

b. Monzonite néphélinique (type moyen). 

c. Essexite mélanocrate enclavée dans b. 

Ces trois roches proviennent de la Berondra [b et c) ou des bords du torrent d'Andevena- 
naomby {a). 

d et e. Covites de Nosy Komba. 

f. Essexite diabasique de Jangoa. 

g. Gabbro néphélinique enclavé dans les ditroites de Nosy Komba. 







a 


b 


c 


d 


e 


f 


g 


SiO^ . . . . 




48.45 


46.40 


44.80 


51.10 


53.10 


48.50 


46.60 


TiO' 




0.90 

22.60 

1.90 


1.57 

21.60 

4.07 


2.60 

17.30 

4.90 


1.38 

21.10 

0.90 


1.41 

21.80 
1.15 


1.72 

21.30 

0.95 


2.98 


APO^ . . . 




18.20 


Fe^O' . . . 




\ 6.80 


FeO . . . . 




3.37 


4.95 


6.85 


5.58 


5.75 


5.49 


MgO . . . . 




1.68 


2.75 


5.72 


2.81 


3.05 


4.10 


5.97 


CaO . . . . 




7.23 


8.44 


11.70 


5.35 


5.84 


7.42 


13.40 


Na'^0.... 




8.60 


6.29 


4.03 


6.35 


5.65 


4.85 


4.42 


K^O 




3.87 
» 
2.25 


2.71 
0.26 
1.25 


2.08 
0.50 
0.35 


4.21 

» 
0.87 


2.56 

tr. 

0.62 


3.21 

» 
2.12 


1.45 


P^O' 




» 


Perte au 


feu . . . 


0.93 



100.85 100.28 100.83 99.65 100.93 99.66 100.75 



§ V. — Roches fllonîennes. 



A Nosy Komba, les roches filoniennes autres que les foyaites sont 
extrêmement rares et peu variées; dans le massif de Bezavona, au 
contraire, il existe un grand nombre de filons minces de roches chimi- 
quement et minéralogiquement différentes. Toutes celles qui vont être 
décrites ici n'ont pas été recueillies en place et plusieurs des échan- 
tillons étudiés n'ont été placés dans ce groupe que par analogie, ils 
constituent peut-être des formes de bordure de la syénite né(Dhélinique, 
plutôt que des filons distincts. 

{" MlCROSYÉNlTES. 

A. — Microsyénites à faciès aplitique. 

a. — Microsyénites néphéliniques. 

Les roches comprises dans ce paragraphe constituent des filons, soit 
dans les schistes, soit dans les syéniles néphéliniques. 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 19o 

L'un d'eux, observé à l'extrémité méridionale du chaînon de Bezavona, 
sur les crêtes qui dominent un des affluents de droite du torrent d'Antso- 
hanina a été observé à l'altitude de 300 mètres sur 20 mètres de longueur; 
d'autres filons se rencontrent dans le voisinage, au milieu de la forêt, 
malheureusement inextricable; enfin, plusieurs filons du même genre 
ont été observés sur les pentes qui dominent les torrents de Beza- 
vona (versant Nord). 

Ces roches offrent toutes un aspect caractéristique ; elles sont très 
finement grenues, dépourvues de phénocristaux de feldspath; dans 
quelquestypes seulement apparaissent, clairsemés, de rares phénocristaux 
pœcilitiques, arrondis, de barkévicite ; ceux qui en sont dépourvus sont 
souvent mouchetés de petites taches globulaires qui, sur le fond gris de 
la roche, apparaissent avec une teinte plus foncée. Quelques échantillons 
ont une teinte jaunâtre et ressemblent dans leur cassure à de la cire 
finement cristalline. 

Ces microsyénites sont extrêmement riches en néphéline ; elles font 
gelée aux acides avec la plus grande facilité. 

Les deux filons du Nord de Bezavona sont presque uniquement consti- 
tués par de l'orthose trouble et par de la néphéline finement grenue (qui 
se concentre surtout dans les parties plus foncées, où elle est accom- 
pagnée de ponctuations ou de grains de magnétite et de petites paillettes 
extrêmement fines de biotite). Cette néphéline est automorphe; ses 
prismes hexagonaux sont assez soi\vent plus allongés que de coutume; 
l'orthose est grenue ou aplatie ; par sa pauvreté en éléments ferrugineux, 
cette roche se rapproche des neplielinaplites àQ M. Rosenbusch. 

Plus souvent, on voit apparaître desgrainsd'augiteeegyriniqueoumême 
d'aigyrine, de magnétite ; ils sont d'ordinaire clairsemés. La roche 
off're alors la structure de celle qui est représentée par la figure 1 
de la planche 4 du mémoire de l'an dernier. Le pyroxène est beaucoup 
moins abondant dans les échantillons à phénocristaux de barkévicite. 
Ces dernières roches présentent toutes les particularités minéralogiques 
que j'ai décrites dans les roches de Nosy Komba, représentées par les 
figures 1 et 2 de la planche 3 et la figure 15 de la planche 10 du précédent 
mémoire : leur feldspath est notablement plus aplati que dans les types 



196 A. LACROIX. 

précédents et il est parfois aligné : la roche pourrait donc être appelée 
inicrofoyaite leucocrate, les autres types étant des microcUtroites leuco- 
crates. 

Il me reste à signaler quelques autres types exceptionnels. L'un forme 
un filon mince dans la monzonite néphélinique de la Berondra; il est 
représenté en a dans la figure 3 de la planche 7, dans laquelle on le voit 
couper une traînée syénitique leucocrate [b). Un autre constitue incon- 
testablement une forme de bordure, probablement endomorphisée, d'une 
microsyénite de la même région. 

Ces roches ont la même structure que les précédentes ; elles sont 
finement microgrenues, mais elles ont une couleur d'un vert noir foncé, 
due à la présence d'une grande quantité de grains d'augite a^gyrinique, 
de grains et de plages pœcilitiques d'une amphibole sodique d'un vert 
foncé, englobant des grains de néphéline et d'orthose. Le sphène est 
abondant. Ce sont des microditroites mésocrates. 
> 

b. — Microsyénites leucitiques (?). 

Je désigne sous ce nom un échantillon provenant de la chaîne de 
Bezavona, où il a été recueilli au voisinage des précédents, mais non en 
place ; c'est une roche mouchetée, dont l'unique métasilicate est constitué 
par la barkévicite en cristaux arrondis, rappelant par ses formes dis- 
coïdes la biotite microscopique des schistes micacés. Ce n'est que çà et 
là qu'il s'y mêle un peu de magnétite etdesnidsd'segyrine. Les feldspaths 
et le feldspathide se trouvent disséminés dans des parties de la roche 
complètement séparées. Le feldspathide est limpide^ alors que le 
feldspath (orthosc) est tout à fait trouble ; il forme des aires globuleuses, 
sur les bords desquelles on distingue des formes trapézoédriques, 
moulées soit par l'orthose, soit par l'amphibole. Quand on examine ces 
parties transparentes, qui sont monoréfringentes, on constate qu'elles 
sont constituées elles-mêmes par l'agglomération de formes globuleuses ; 
cette particularité me semble justifier le rattachement de ce minéral à la 
leucite, d'autant plus que le produit de l'attaque est riche en potasse, 
de même qu'en soude. 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 197 

L'analyse de cette microsyénite est donnée plus loin, dans le para- 
graphe des tinguaites, à cause de l'analogie qu'elle présente, au point de 
vue chimique, avec une de ces roches. 

B. — Microsyénites néphéliniques porphyriq'ues . 

Je désigne sous ce nom des roches qui présentent la caractéristique 
commune de renfermer une grande quantité de phénocristaux de 
feldspaths, atteignant parfois un centimètre de plus grande dimension, 
souvent associés à des phénocristaux macroscopiques de néphéline, de 
pyroxène et d'amphibole ; ces phénocristaux sont disséminés dans une 
pâte, plus ou moins cristalline. L'examen microscopique fait voir suivant 
les échantillons une grande variété de structure. 

J'ai examiné des spécimens de ces microsyénites provenant de toutes 
les parties du massif où se rencontrent des syénites néphéliniques, mais 
aucun d'entre eux n'a été trouvé en place (plusieurs de ceux-ci étaient 
traversés par des filons minces de tinguaite). Il est donc impossible de 
préciser les conditions de leur gisement; comme ils ont tous été recueillis 
dans les ravips descendant des massifs syénitiques et sur le bord de 
ceux-ci, ils peuvent aussi bien provenir de véritables filons indépen- 
dants, que constituer des formes de bordure des syénites néphéliniques 
(type à augite). 

Les différences individuelles qui séparent les échantillons que j'ai 
étudiés consistent dans la plus ou moins grande abondance des cristaux 
de feldspaths (orthose faculée d'anorthose ou anorthose), dans les pro- 
portions relatives de ceux-ci et de la néphéline, dont les phénocristaux 
sont toujours remarquablement automorphes. 

Assez rarement, on voit en outre apparaître quelques cristauxde labrador. 
Les métasilicates sont, soit de l'augite violacée, verdissant sur les bords, 
avec parfois en outre un peu de barkévicite, soit de l'augile segyrinique 
ou même de l'segyrine. L'apatite, le sphène et la titanomagnétite sont 
constants comme minéraux accessoires. 

La pâte comprend de l'orthose, de la néphéline ; celle-ci est quelquefois 
automorphe, surtout quand les feldspaths sont aplatis, sans être enche- 



198 A. LACROIX 

vêtrés; dans ce dernier cas, la néphéline, en effet, moule les feldspaths. 
Enfin, il existe presque toujours des grains ou des microlites d'augite, et 
ce n'est que dans quelques échantillons à structure enchevêtrée que cette 
augite est remplacée par de l'œgyrine. 

En résumé, les roches dont il s'agit ici sont des microsyénites néphé- 
liniques, plus ou moins riches en phénocristaux, avec une pâte dont la 
structure oscille entre la franchement microlitique, — la roche se 
rapproche alors des phonolites, — la microgrenue ou la micro-inter- 
sertale; il y a dans ce cas passage aux foyaites. 

C'est une roche de cette dernière variété, que j'ai observée, formant 
des traînées à grains très fins (avec phénocristaux rosés de néphéline 
atteignant 1""',5), au milieu d'une foyaite. Les phénocristaux de felds- 
path sont constitués par dos microperthites d'anorthose et d'albite, 
englobant de petits cristaux de ce même feldspath comme dans la 
figure 6 de la planche il. Le pyroxène est de l'œgyrine: il existe en 
outre une petite quantité d'astrophyllite et d'ainigmatite. 

Les produits d'altération sont assez fréquents dans ces syénites. Ils 
consistent surtout en zéoliles, parmi lesquelles prédomine l'analcime, 
qui tapisse de ses trapézoèdres limpides («^) des cavités souvent assez 
grandes : plus rarement, on observe de la stilbite en croûtes fibro- 
lamellaires d'un blanc de lait et de la calcite. 

Dans un échantillon très altéré provenant du ravin d'Antsohanina, les 
géodes d'analcime renferment en outre de petits rhombododécaèdres de 
grenat grossulaire , transparents. Ils sont d'un vert-olive, atteignent 
I à 2 millimètres d'arête et possèdent les propriétés biréfringentes du 
type pyrénéite. 

2° TiNGUAlTES. 

Les tinguaites n'existent pas sous forme de filons dans le massif syé- 
nitique de Nosy Komba; j'ai signalé seulement dans une foyaite de cette 
région des tramées tinguaitiques, accompagnées de traînées microsyéni- 
tiques et phonolitiques. La figure 3 de la planche 3 du précédent 
mémoire en représente un exemple. 

Le seul échantillon de tinguaite franche que j'avais eu l'occasion 



MATÉRIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 199 

d'étudier provenait d'un bloc roulant recueilli à Ampasimena, près 
Ambaliha ; je l'ai considéré comme provenant soit d'un filon mince, soit 
de la bordure d'un filon plus épais, à cause de la finesse de son grain et 
de sa structure à tendance sphérolitique. 

Le massif de Bezavona, au contraire, est extrêmement riche en filons 
tinguaitiques, de composition et de structure variées. Grâce aux échan- 
tillons nombreux et volumineux que j'ai étudiés, échantillons dans 
lesquels M. Villiaume a eu soin souvent de comprendre le contact de la 
roche filonienne et de la roche traversée, il m'est possible de montrer 
les variations de structure que présente un seul et môme filon. 

Par leurs caractères extérieurs, ces tinguaites peuvent être divisées en 
deux groupes reliés par de nombreux termes de passage. Les unes, en 
efTet, sont compactes, à cassure mate, elles ressemblent à un quartz prase 
dont la couleur oscille du vert foncé au vert grisâtre pâle, les phéno- 
cristaux feldspathiques sont totalement absents ou extrêmement peu 
nombreux. Les autres, généralement de couleur claire sont au contraire 
extrêmement riches en phénocristaux d'orthose ; elles correspondent aux 
linguaitpoiyhyres des auteurs allemands. 

L'étude de la composition minéralogique conduit à distinguer ces 
roches en tinguaites normales^ en tinguaites micacées et enfin en tiji- 
guaites leucitiques à plagioclases et hornblende, ces trois groupes pouvant 
ou non être riches en phénocristaux. 

Tous ces types de tinguaite présentent parfois un mode d'altération 
fort singulier. A l'état frais, la roche donne, par cassure, de larges 
surfaces régulières; parfois, au contraire, elle montre des faces de 
clivage, mesurant 1 ou 2 centimètres de diamètre et donnant à l'en- 
semble de la roche l'apparence d'un calcaire à grands éléments. 
L'examen de lames taillées parallèlement ou perpendiculairement à ces 
clivages ne met en lumière l'existence d'aucun minéral biréfringent 
spécial, la roche est seulement riche en une matière transparente, mono- 
réfringente, qui épigénise plus ou moins complètement, non seulement 
la néphéline, mais encore les feldspaths. 

Une goutte d'un acide tiède placée sur ces lames de clivage les attaque 
rapidement et met en évidence leur structure pœcililique; la liqueur 



200 A. LACROIX. 

d'attaque est riche en soude. Ces roches à facéties contiennent de 6 à 
8 p. 100 d'eau. 

La conclusion à tirer de ces essais est que le minerai déterminant la 
production de ces facettes est une zéolite et probablement de l'analcime, 
à clivage cubique. 

A. — Thiguaiies normales. 

Ces tinguaites, à pâte compacte d'un vert plus ou moins clair, sont très 
riches en cristaux et en aiguilles d'œgyrine; la néphélme du magma du 
second temps est très souvent automorphe ; la structure est celle qui est 
représentée par la figure 5 de la planche 7 de mon précédent mémoire. 
Dans les variétés porphyriques, les phénocristaux sont constitués par de 
l'orthose et par de la néphéline, dont les formes sont toujours extrême- 
ment nettes. Ils ont une certaine tendance à se grouper entre eux; les 
feldspaths s'entre-croisent, enveloppant quelques cristaux automorphes 
de néphéline et étant moulés par d'autres. Ces réunions de grands 
cristaux représentent donc, sur une petite surface, la structure des foyaites. 

Sur les contreforts Sud-Est du mont Bezavona, se trouve une brèche 
curieuse. Elle est constituée par des fragments rubéfiés de laurvikite, 
englobés par une tinguaite, elle-même colorée en rougeâtre; les éléments 
brisés de la brèche sont beaucoup plus abondants que le ciment éruptif 
qui les réunit. Cette tinguaite est remarquablement riche en œgyrine 
aciculaire, ses éléments blancs sont très grenus ; elle passe à une microsyé- 
nite. Au voisinage de la tinguaite, les blocs de laurvikite se chargent 
d'œgyrine aciculaire, l'augite de cette roche est épigénisée par le même 
minéral. 

Bien que les cavités des tinguaites soient souvent remplies par de 
l'analcime (biréfringente), le mode d'altération le plus fréquent de leur 
néphéline n'est pas la zéolitisation ; les grands cristaux automorphes 
de ce feldspathide sont en effet d'ordinaire transformés en muscovite. 

B. — Tinguaites micacées. 

Ce type pétrographique est l'un des plus remarquables que j'ai à décrire 
dans ce mémoire ; il présente deux variétés. 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 201 

Cette roche se trouve en gros blocs éboulés sur les pentes du mont 
Andevenanaomby; elle est d'un vert-poireau foncé, sa cassure est irré- 
gulière. Dans les lames minces, on constate qu'elle est en grande partie 
formée par une matière brunâtre, à aspect colloïdal, traversée par des 
fentes de retrait sinueuses et irrégulières, ne ressemblant en aucune 
façon aux cassures perlitiques des roches acides, mais rappelant plutôt 
l'apparence des cassures des serpentines colloïdes. Au milieu de cette 
matière, se trouvent des plages globuleuses limpides ou parfois de très 
larges surfaces irrégulières de même nature, remplies par des grou- 
pements en forme de rosettes, dont les figures 1 à 3 de la planche 13 
donnent la représentation. 

Ces rosettes sont constituées par une substance d'un vert d'herbe, 
que l'on pourrait prendre au premier abord pour de l'eegyrine aciculaire, 
d'autant plus qu'il s'y mêle fréquemment des cristaux de véritable 
œgyrine, mais un examen attentif montre que les apparences d'aiguilles 
ne sont en réalité que des coupes transversales d'un minéral se présentant 
en lamelles extrêmement minces. Il possède un axe optique unique, de 
signe négatif, perpendiculaire au plan des lames. 11 est probable qu'il est 
constitué par un mica, bien que la biréfringence des sections transversales 
me paraisse faible pour cette hypothèse; je n'ai pu arriver à isoler cette 
substance dont les cristaux sont trop petits. 

Dans beaucoup d'échantillons, il existe, en outre, des microlites d'or- 
those, qui se groupent en rosettes et dont l'orientation paraît avoir été 
influencée par la disposition du minéral micacé qui vient d'être décrit. 

Enfin, dans quelques autres, se trouvent des phénocristaux d'orthose 
qui ont généralement servi de centre d'attraction aux groupements cris- 
tallitiques décrits plus haut et qui les entourent d'une gaine régulière 
et continue (PL 13, fig. 3). 

C. — Tinguaites vanolitiques . 

Les ravins d'Antsohanina renferment des blocs d'une variété fort sin- 
gulière de tinguaite qui forme des filons aussi bien dans les calcaires que 
dans la syénite. Ils sont caractérisés par l'existence de varioles à zones 

Nouvelles Ahchives du Muséum, 4'= sériei — V. 26 



502 A. LACROIX. 

concentriques, présentant des teintes vertes plus ou moins foncées qui 
diffèrent un peu de celle que possède la masse de la roche. Ces varioles 
sont parfois remarquablement régulières (PI. 9, fig. 3) ; dans d'autres 
cas, elles sont plus ou mois elliptiques (fîg. 1 et 2 de la même planche), 
et alors leur grand axe est généralement aligné parallèlement aux sal- 
bandes des filons. 

Les filons traversant la syénite ont une cassure conchoïde (fig. 3), un 
éclat un peu gras ; ils sont d'un vert-poireau clair. Ceux qui coupent les 
calcaires ont une cassure terne par altération, une couleur irrégulière 
qui est mise en évidence par les figures 1 et 2 de la planche 9 ; les parties 
qui sont blanches dans les figures sont d'un vert pâle dans l'échantillon, 
tandis que celles qui paraissent noires sont en réalité d'un vert très sombre . 

L'examen microscopique montre une structure fluidale des plus nettes ; 
les phénocristaux sont constitués par de l'orthose et de la néphéline 
souvent associées (PI. 13, fig. 4, et PI. 14, fig. 8); ils sont accompagnés 
d'un peu d'augite œgyrinique très pléochroïque. Tous ces phénocristaux 
sont distribués dans une masse colloïde, riche en petites ponctuations 
ferrugineuses, au milieu desquelles se trouvent des grains plus gros, 
entourés d'un halo incolore (PL 13, fig. 10). On y distingue fréquemment 
aussi de petites aiguilles filiformes à extinction longitudinale, à allon- 
gement positif, qui paraissent être analogues aux lamelles micacées du 
type précédent, mais qui sont trop petites pour se prêter à un examen 
optique complet. Ces formations cristallitiques sont irrégulièrement 
développées ; les zones dans lesquelles elles sont abondantes ont un fond 
plus clair que dans la figure précitée ; toutes ces granulations sont donc 
des particules extrêmement petites, dont la réunion donne naissance 
aux cristallites qui nous occupent. 

Quantaux varioles, quelles que soient leurs dimensions, elles ne présen- 
tent rien de comparable aux formations cristallines du type précédent; 
elles sont dues simplement à la concentration^ dans les aires circulaires, 
emboîtées les unes dans les autres^ d'une quantité plus ou moins grande 
des ponctuations et des cristallites dont il vient d'être parlé (fig. \ et 2) ; 
ou encore à la raréfaction de ces ponctuations dans une surface sphérique 
très mince (fig. 3). 



.MATÉRTAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 20;5 

La figure 5 de la planche 13 représente une lame mince, taillée dans 
une roche de ce genre; seulement, les varioles y sont microscopiques 
au lieu d'être de grande taille. 

Ce type de tinguaite constitue l'une des roches les plus caractéris- 
tiques de celles que j'ai étudiées dans ce mémoire et je ne leur connais 
point d'analogues. 

La composition chimique qui sera donnée plus loin ne laisse aucun 
doute sur la légitimité du rattachement de ces roches aux tinguaites, 
malgré l'absence d'segyrine ; ce sont en somme des obsidiennes de tin- 
guaite. L'exemple des filons du type suivant me fait penser que s'il était 
possible d'observer des filons épais de cette roche, leur centre, refroidi 
moins rapidement, présenterait une toute autre structure. 

J'ai décrit antérieurement (1) des roches variolitiques provenant des 
filons des environs d'Ambodimadiro. Je les ai rapportées avec réserve à 
des trachytes ; leur comparaison avec les roches décrites ici me fait 
supposer qu'elles leur sont tout à fait comparables, mais elles sont pro- 
fondément altérées et leur étude complète n'est guère possible. 

D. — Tinguaites [leucitiques?) à harkémcite. 

Les roches de ce groupe paraissent être assez fréquentes sous forme 
de filons très minces; elles se présentent alors avec une cassure qui 
rappelle celle de certaines rétinites. Dans les filons ayant quelques 
décimètres de largeur, à 7 ou 8 centimètres des épontes, la roche devient 
plus cristalline, sa cassure n'est plus conchoïde, mais irrégulière. 

L'une des caractéristiques de ces roches réside dans l'existence de 
phénocristaux de plagioclases, accompagnés de cristaux moins nombreux 
et plus petits de barkévicite et d'augite œgyrinique bordée d'œgyrine. 11 
existe aussi, mais en moindre abondance, des phénocristaux de néphéline^, 

Ces grands cristaux sont disséminés dans un magma, plus ou moins 
cristallin, essentiellement constitué par de la néphéline et des feldspaths 
alcalins, englobant en grande quantité de longues aiguilles d'augite 

(1) P. 106. 



204 A. LACROIX. 

segyriniqiie et d'œgyrine, ainsi que de barkévicite. D'une façon générale, 
Tsegyrine paraît s'être formée aux dépens d'une augite, légèrement pléo- 
chroïque dans les teintes violacées et brunes. La néphéline du second 
temps est remarquablement automorphe ; ses cristaux atteignent 0""",10 ; 
ils sont moulés par des cristaux d'orthose, faculés d'anorthose, et aplatis 
suivant cf. Ces deux minéraux laissent souvent entre eux des intervalles 
que remplit de l'analcime. Il existe en outre et en assez grande abon- 
dance des cristaux globuleux, monoréfringents (l'analcime secondaire de 
la roche est biréfringente), attaquables par les acides : ils sont inclus 
dans les feldspaths ; je les rapporte avec doute à la leucite. 

Quand on se rapproche des bords des filons, on voit la cristallinité 
diminuer très rapidement et sur le bord même de ceux-ci, on ne ren- 
contre plus que de rares cristaux de plagioclases, de barkévicite, de néphé- 
line, d'augite non transformée en segyrine ; ils sont disséminés dans un 
magma cryptocristallin. Celui-ci, examiné avec un faible grossissement, 
montre çà et là des cristaux globuleux, offrant l'apparence de cristaux 
de leucite jalonnés par de petits grains, extraordinairement fins d'augite 
segyrinique, accompagnés de biotite et de granules de magnétite. Le 
fond de la roche est constitué par un agrégat de cristaux indistincts de 
néphéline et d'orthose, dont il est impossible de définir les propriétés 
optiques, mais que l'on distingue bien les uns des autres en attaquant 
la roche par un acide. 

Sur les bords des filons, on constate que le remplissage de ceux-ci 
a disloqué sur quelques millimètres la syénite néphélinique traversée, 
dont les fragments sont entraînés dans la tinguaite. 

Quant aux plagioclases de toutes ces roches, ils appartiennent unifor- 
mément à l'andésine ; une section bien orientée de la zone de symétrie m'a 
fourni des extinctions de 12° pour les lamelles delà macle de l'albite, dans 
chacun des deux individus de la macle de Carlsbad. Des sections perpen- 
diculaires à n^ fournissent des extinctions de 67°, alors que les sections 
perpendiculaires donnent des extinctions de 9°. La netteté de la macle de 
Carlsbad exclue l'hypothèse d'un feldspath plus acide. 

La présence de la leucite ou plutôt l'existence de la leucite dans cette 
roche à un moment donné de son existence est rendue très vraisemblable 



MATERIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 205 

par la forme des aires globuleuses dont il a été question plus haut. 
Malheureusement, dans toutes les roches intactes que j'ai eues entre 
les mains, celles-ci sont entièrement transformées en orthose et ennéphé- 
line, sans que les individus de ces deux minéraux respectent les contours 
des pseudoleucites. 

Quoi qu'il en soit, indépendamment des caractères chimiques qui vont 
être exposés plus loin^ il n'est pas inutile de faire remarquer que ces 
cristaux de pseudoleucite ne se trouvent pas indistinctement dans tous 
les types tinguaitiques et qu'ils sont localisés dans ceux contenant à la 
fois du plagioclase et de la barkévicite. 

L'étude de ce type de tinguaite met en évidence les variations de com- 
position minéralogique et de structure déterminées par les variations des 
conditions du refroidissement dans des filons un peu épais ; elle montre 
combien il faut être prudent dans la comparaison des types pétrogra- 
phiques dont les conditions de gisement n'ont pas été déterminées avec 
précision. 

Composition chimique des tinguaites. 

Parmi les tinguaites décrites plus haut, les deux derniers types ont été 
seuls analysés. 



ANALYSES 

a. Tinguaite spliérolitique. 

b. Microsyénite leucitique décrite p. 196. 

Tinguaite à plagioclase et barkévicite et leucite [c. centre du filon; d. bord). 

a 

SiO^ 52.60 

TiO- 0.26 

AP03 22.80 

Fe=0' 2.43 

FeO 2.00 

MgO 1.09 

CaO 1.67 

Na^O 9.42 

K^O 5.21 

Perte au feu 2.12 



b 


c 


d 


54.25 


53.20 


53.40 


0.32 


0.32 


0.33 


22.01 


22.60 


23.50 


0.61 


1.81 


1.57 


3.60 


2.46 


2.35 


0.26 


0.38 


0.66 


1.62 


3.22 


2.64 


8.95 


9.05 


9.10 


3.97 


5 16 


5.58 


3.12 


3.00 


1.25 



99.60 99.31 100.38 99.31 



206 A. LACROIX. 

Les types renfermant des plagioclases et de la barkévicite sont, 
comme on pouvait, s'y attendre, les plus calciques ceux qui contiennent 
de la biotite, les plus magnésiens : la teneur en soude est plus élevée 
que celle en potasse, ce qui est l'inverse de ce qui a été constaté 
dans les tinguaites leucitiques franches d'autres régions. 

Les caractères chimiques généraux et notamment la teneur élevée en 
calcite sont ceux qui caractérisent le groupe des tinguaites. 

La perte au feu élevée tient à la présence d'analcime que l'examen 
microscopique ne permet pas toujours de déceler avec facilité. 

3° Leucophonolites. 

Les roches qui sont décrites dans ce paragraphe ont été recueillies 
dans les parties hautes du torrent d'Ampiambisany, dans le lit duquel 
elles ont été observées sur une largeur d'environ 5 mètres; l'affleu- 
rement est malheureusement recouvert par des blocs éboulés de 
calcaire. 

Elles sont noirâtres, verdissant par actions secondaires; on y 
distingue à l'œil nu des cristaux de biotite et des baguettes d'amphibole. 
Au microscope, on constate que la roche est à deux temps de consoli- 
dation ; des phénocristaux de leucife, de barkévicite, plus rarement d'au- 
gite sont distribués dans une pâte contenant des microlites fdiformes 
d'orthose, avec un peu d'un plagioclase à extinction longitudinale. Il 
existe aussi des grains et des cristallites de magnétite et de nombreux 
produits secondaires (calcite, etc.) qui semblent épigéniscr un verre dont 
il ne reste que des traces. 

La leucite se présente en trapézoèdres nets, formés parfois par la 
réunion d'un grand nombre de cristaux de même forme ; elle est riche 
en inclusions aciculaires de pyroxène, groupées en couronne, qui sont 
bien distinctes dans les figures 5 et 6 de la planche 12. Quant à 
l'amphibole brune, elle est en partie transformée en magnétite avec un 
peu de pyroxène. 

L'état d'altération de cette roche est tel qu'il n'y a pas à songer à en 
faire l'analyse. J'ai dû me contenter de constater que la partie attaquable 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 207 

par les acides, fort abondante, renferme une grande quantité de 
potasse associée à de la soude. 



4" TrACHYTES PHONOLITIQUES. 

Les torrents descendant de la partie Nord du mont Bezavona renferment 
en très grande masse des roches profondément altérées ; elles sont 
poreuses, jaunes, rougeâtres ou violacées, identiques à des roches du 
même genre et tout aussi altérées qui forment des filons au milieu 
des couches sédirnentaires du cours moyen du torrent d'Antsoha- 
nina. 

Le type le plus fréquent est riche en phénocristaux d'orthose et 
d'anorthose, souvent grossièrement alignés; il n'est pas sans analogie 
avec certains types de tinguaites porphyriques. Ces phénocristaux dispa- 
raissent sur les bords des filons qui sont constitués par une roche à 
grains fins. 

L'examen microscopique montre que ces roches dans tous les cas 
sont riches en microlites d'orthose et en limonite secondaire; dans des 
échantillons analogues mais moins altérés, de couleur verdâtre, recueillis 
sur le flanc oriental du mont Andevenanaomby, on peut constater que 
cette limonite épigénise un pyroxène. Quelques échani liions renferment 
en outre des pseudomorphoses micacées de néphéline. 

Ces roches sont soit des phonolites, soit des trachytes phonolitiques; 
leur état d'altération ne permet pas de préciser. 

5° BOSTONITES. 

Je ne cite que pour mémoire un épais filon, traversant les calcaires 
de la haute vallée d'Antsohanina et coupé lui-même par un filon de 
monchiquite. Il est constitué par une roche blanche ne contenant que de 
l'orthose faculée, en microlites et aussi en phénocristaux : elle est 
tachée de jaune par de la limonite; de la calcite imprègne cette roche 
qui est vraisemblablement une bostonite altérée. 



208 A. LACROIX. 



6° Brèches filoniennes. 

En gravissant la pente raide et herbeuse du flanc Sud-Est du mont 
Andevenanaomby et à mi-hauteur, M. Villiaume a trouvé une grande 
quantité de gros blocs, en partie enfoncés dans le sol. Ils sont constitués 
par une brèche verdâtre ou rougeâtre, riche en fragments de calcaires et 
de grès : ils paraissent provenir du démantellement d'un filon orienté 
Nord-Est et constituant un à pic à l'altitude d'environ 350 mètres. 
Cette brèche est traversée par des veinules syénitiques. 

La syénite en question est essentiellement constituée par de l'orthose 
faculée, aplatie, dont les vides miarolitiques sont remplis par de la 
néphéline; il existe en outre une très petite quantité d'augite œgyrinique, 
un peu de biotite et de titanomagnétite. Les bords des filonnets, n'ayant 
souvent que quelques centimètres de diamètre, passent brusquement à 
une roche à structure variable, microlitique ou microgrenue, mais 
toujours riche en éléments ferromagnésiens (augite, biotite) et en 
titanomagnétite. La structure de l'ensemble présente donc, en moins 
régulier, celle de l'échantillon donné en grandeur naturelle dans la 
figure 1 de la planche 10, échantillon que j'ai recueilli jadis au mont 
Royal à Montréal (Canada) dans un filon, coupant les calcaires silu- 
riens; la néphéline toutefois y est absente. 

Quant à la masse de la brèche elle-même, elle est essentiellement 
constituée par des fragments de roches très finement grenues ou micro- 
litiques de même nature, cimentant des débris syénitiques ou sédi- 
mentaires. 

Il est vraisemblable que nous sommes là en présence d'une brèche 
intrusive de microsyénite néphélinique; le refroidissement inégale- 
ment brusque a permis, suivant les points considérés, la production de 
phonolites, de microsyénites ou même de syénites. La brèche a été tra- 
versée par de nouveaux apports du magma éruptif, venant se conso- 
lider dans les fentes du filon, après sa mise en place. Je rappellerai 
au sujet des variations de structure d'un même magma coexistant 
dans ces brèches, que les brèches intrusives représentées par les 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 209 

figures de la planche 8 renferment à la fois des fragments de syénites 
néphéliniques grenues et de phonolites, alors que souvent les foyaites 
en place contiennent dans leur masse des traînées phonolitiques. 

L'altération des échantillons étudiés est trop grande pour qu'il soit 
possible de pousser leur étude plus loin et d'établir leur relation pos- 
sible avec les tinguaites et microsyénites des gisements voisins. 

Des brèches du même genre accompagnent les microsyénites aplitiques 
du prolongement Sud du chaînon de Bezavona et se trouvent dans diverses 
autres parties du massif. 

7° SyÉNITE (nÉPHÉLINIQUE ?) A BARKÉVICITE. 

La figure 4 de la planche 7 représente un échantillon d'une roche 
recueillie en blocs dans la basse vallée du torrent d'Andevenanaomby et 
qui provient probablement d'un des nombreux fdons traversant la syénite 
néphélinique. Cette roche est à grains fins et présente de nombreuses 
taches noires, se fondant insensiblement dans la masse. 

La composition minéralogique est fort simple. Les parties grises sont 
essentiellement constituées par de l'orthose faculée, en cristaux enche- 
vêtrés, avec de Tanalcime, remplissant leurs intervalles miarolitiques ; 
ces feldspaths englobent des baguettes, presque des microlites de 
barkévicite, accompagnés d'un peu d'augite et de titanomagnétite ; tous 
ces minéraux deviennent extrêmement nombreux dans les taches noires, 
ce qui constitue la seule différence que celles-ci présentent avec les parties 
claires de cette roche. Les figures 1 et 2 de la planche 11, représentant, 
en lumière naturelle, la structure microscopique de chacune des deux 
parties de cette syénite, donnent une idée de leur richesse relative en 
éléments colorés. 

Ces taches covitiques sont tout à fait comparables à celles que nous 
allons trouver dans les syénites néphéliniques de Bekinkina, mais elles 
forment dans ces dernières des traînées anastomosées, au lieu de consti- 
tuer des masses globulaires. Je leur comparerai aussi des roches noires 
que j'ai rencontrées sous forme de traînées et de pseudofitons dans les 
syénites néphéliniques de Montréal (Canada) ; ces roches sont constituées 

Nouvelles Archives du Muséum, i» série. — V. 27 



210 A. LACROIX. 

par de nombreuses aiguilles de barkévicite verdies sur les bords, asso- 
ciées à du sphène et à de la litanomagnétite et englobées par des grains 
d'ortnose et de néphéline. 

Mais, dans la syénite qui nous occupe, les feldspathides jouent un rôle 
moins important, dans le cas probable où l'analcime constatée serait le 
résultat de la transformation de néphéline. Cette roche établit la transi- 
tion entre les syénites néphéliniques et la laurvikite ; sa composition 
chimique vient du reste préciser ce point de vue; la perte au feu 
élevée est due à la présence de l'analcime, 

ANALYSES 

a. Partie grise. 

b. Taches noires. 

c. Taches noires de la syénite néphélinique de Montréal (Canada). 

SiO^ 

TiO^ 

APO' 

Fe^O^ 

FeO 

MgO.... 

CaO 

Na^O 

K=0 

P^0= 

Perte au feu 

99.87 101.53 101.32 
8° MONCHIQUITES, CAMPTONITES ET AUGITITES. 

Les roches filoniennes basiques sont absentes du massif syénitique 
de Nosy Komba ; elles existent dans celui de Bezavona, mais y sont peu 
nombreuses. 

J'ai à signaler en particulier un filon d'environ 1"',50 d'épaisseur 
orienté Ouest-Nord-Ouest, qui, dans la haute vallée du torrent d'Antsoha- 
nina, coupe un épais dyke de bostonite. C'est une roche d'un gris ver- 
dâtre dans laquelle on voit une grande quantité de fines aiguilles noires 
de barkévicite. Elle est très décomposée et contient beaucoup de minéraux 
secondaires drusiques intéressants. Elle est creusée en effet de grandes 



a 


b 


c 


54.^20 


42.60 


44.50 


l.lo 


3.50 


2.63 


19.90 


17.20 


19.95 


2.60 


4 . 55 


4.90 


3.65 


7.60 


5.45 


1.41 


4.28 


5.05 


3.12 


9.22 


10.21 


5.42 


3.43 


4.65 


4.82 


2.91 


1.82 


0.23 


1.31 


» 


3.37 


5.25 


1.66 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 211 

cavités, transformées en géodes que tapissent des cristaux «^(211) à' anal- 
cime atteignant près d'un centimètre de diamètre et recouverts parfois 
de groupements flabelliformes, jaune vert, translucides ^q prehnite (den- 
sité = 2,858) et enfin de cristaux d'épidote. Ceux-ci présentent les 
formes ;j (001),// (100), «* (r01),m(H0),^* (010), é"^ (11 1) ; cette épidole 
appartient à deux variétés, l'une est d'un vert-pistache foncé, l'autre 
moins abondante est rosée. Ces différents minéraux secondaires sont 
accompagnés par de la calcite, en cristaux aplatis suivant la base ou en 
prismes hexagonaux allongés suivant l'axe vertical, et généralement 
engagés dans la gangue par leurs deux extrémités. 

L'examen microscopique fait voir que la roche est imprégnée par 
tous les minéraux drusiques qui viennent d'être énumérés. Ses éléments 
normaux sont l'augite titanifère violette à structure en sablier et la 
barkévicite automorphe. Ces deux minéraux se montrent plus abondants 
peut-être en phénocristaux qu'en microlites; ils sont distribués dans la 
matière isotrope habituelle aux monchiquites. Il faut signaler en outre la 
fréquence del'apatite, de la titanomagnétite et l'existence beaucoup plus 
rare de quelques grands cristaux de labrador. La roche évolue donc vers 
les camptonites. 

La proportion de feldspaths est plus considérable dans un filon 
orienté Nord-Ouest qui s'observe en amont du précédent, sur les flancs 
de la monlagne d'Antsohanina; c'est une roche plus foncée, à grains 
plus fins; les métasilicates s'y trouvent surtout en microlites; la barké- 
vicite domine parmi ceux-ci, tandis que c'est l'augite qui prédomine 
parmi les phénocristaux. Le feldspath se présente sous forme de très gros 
microlites, plus rarement en phénocristaux; il est constitué par du 
labrador et par de l'orthose; suivant les parties de la roche considérées, 
ce sont les feldspaths ou au contraire l'analcime qui sont les plus abon- 
dants; cette roche est donc une monchiquite, passant à une camptonite 
essexitique. 

Un filon intéressant se trouve en aval des précédents dans la même 
vallée; il est formé par une roche compacte, violacée, présentant de 
larges taches globulaires vertes; son aspect est comparable à celui de la 
roche représentée par la figure i de la planche 7, dans laquelle les cou- 



212 A. LACROIX. 

leurs seraient inversées, la masse de la roche étant foncée et les taches 
claires. Ce filon, d'après les blocs épars sur le sol, semble avoir une cin- 
quantaine de mètres d'épaisseur, malheureusement il est excessivement 
décomposé; dans les parties foncées, on ne distingue plus qu'une grande 
quantité de baguettes de barkévicite. Le fond paraît avoir contenu dés 
feldspaths et de l'analcime ; dans les parties vertes, l'amphibole est entiè- 
rement chloritisée, mais il s'y rencontre en grande quantité des feld- 
spaths acides, parmi lesquels domine l'orthose. 

L'abondance de l'épidote, de la calcite empêche toute détermination 
précise des feldspaths ; il semble que la roche ait été originellement une 
monchiquite hétérogène, avec taches essexitiques, dans lesquelles la 
décomposition s'est propagée plus rapidement qu'ailleurs. 

Enfin, les syénites néphéliniques du massif d'Antsohanina et celles du 
voisinage de la Berondra sont traversées par des filons souvent ramifiés 
(de quelques centimètres d'épaisseur) de roches noires, compactes, dont 
la figure 2 de la planche 7 montre un exemple. Les bords des filons sont 
vitreux, d'un vert bleuâtre, à cassure conchoïde; le centre est pierreux 
et très finement cristallin. Au microscope, les salbandes se montrent 
sous forme d'un verre hétérogène, brun ou vert, possédant une structure 
fluidale. Il est rempli de granulations de magnétite, autour desquelles 
s'observe une sorte de halo, dans lequel le verre est plus clair; des 
bulles sont alignées dans le sens de la fluidalité. 

Quand on s'éloigne de la salbande, on voit apparaître des cristallites 
ou des microlites de pyroxène qui se groupent parfois autour d'un centre 
pour former des rosettes très élégantes, puis apparaissent en très 
grande quantité des grilles délicates de magnétite, rappelant celles des 
scories de hauts fourneaux. Enfin, à quelques centimètres des bords du 
filon, la roche est entièrement formée par l'enchevêtrement de sem- 
blables microlites de pyroxène et de grilles de magnétite. Plus au 
milieu des filons, l'augite est accompagnée de baguettes de barkévicite; 
la magnétite ne se présente plus qu'accidentellement sous forme de 
grilles et constitue des grains ou des octaèdres réguliers. La trame 
de ces cristaux ferrugineux ne laisse entre eux que bien peu d'espace 
rempli par la substance incolore habituelle aux monchiquites : aussi 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 213 

l'action des acides ne décèle-t-elle qu'une très faible proportion de 
matière attaquable, quand on compare cette roche aux précédentes. 
Elles sont malheureusement, elles aussi, très altérées, imprégnées de 
calcite et de chlorite, etc. Je les considère comme représentant le passage 
des monchiquites aux augitites. 

§ VI. — Métamorphisme de contact des syénites néphélinîques. 

J'ai décrit d'assez nombreuses roches métamorphiques provenant de 
Nosy Komba(l); elles résultent de la transformation de calcaires, degrés 
calcaires et de schistes argileux. Malgré d'activés recherches, aucun 
contact immédiat avec la roche éruptive n'a pu être observé dans cette 
île ; tous les échantillons que j'ai examinés proviennent soit de blocs 
errants, soit d'enclaves dans la syénite néphélinique. 

Les documents que je possède sur le massif de Bezavona permettent 
de compléter cette étude. M. Villiaume m'a en effet envoyé des blocs 
mesurant plusieurs décimètres d'arête et montrant le contact de 
sédiments avec des syénites néphéliniques ; d'autres sont traversés par 
de fines veinules de ces mêmes roches. 

Les phénomènes de contact endomorphe sont d'ordinaire faibles ou 
nuls, les phénomènes exomorphes, au contraire, sont assez intenses et il 
semble vraisemblable qu'ils s'étendent à plusieurs centaines de mètres 
des contacts. 

1 ° Phénomènes ENDOMORPHES. 

Le plus souvent, le contact entre le sédiment et la roche éruptive est 
absolument net et celle-ci ne présente d'autres modifications qu'un 
changement structural, consistant soit dans la production de la struc- 
ture pegmatoïde, avec exagération de la structure enchevêtrée, soit au 
contraire dans la production de la structure microgrenue ou dans le 
passage à des formes microlitiques ; je n'ai guère observé d'ailleurs ces 
dernières que dans les types bréchiformes dont il sera question plus loin. 

Quant aux variétés pegmatoïdes, elles sont souvent caractérisées par 

(i) P. 56- 



214 . A. LACROIX. 

la très grande abondance de l'a^gyrine, dont les longues aiguilles sont 
implantées plus ou moins perpendiculairement à la paroi du filonnet. Tel 
est le cas représenté en cl, dans la figure 4 de la planche 9. On se trouve 
là en présence d'un mince filonnet traversant à la fois le sédiment et 
la syénite néphélinique normale qui est beaucoup moins riche en 
segyrine. La composition minéralogique de ces veines injectées ne 
diffère guère en général de la composition moyenne de la roche ; je n'y 
ai trouvé qu'accidentellement du grossulaire (avec phénomènes de biré- 
fringence du type pyrénéite), de la blende, de Veiidialyte. 

J'ai observé un bloc mesurant environ 40x30x20 centimètres; il est 
constitué à l'une de ses extrémités par une syénite néphélinique à 
pyroxène, à Tautre par une roche finement grenue, d'un noir verdâtre, 
très riche en petites enclaves de wollastonite lamelleuse de la grosseur 
d'une noix. L'examen microscopique fait voir que cette roche noire 
est essentiellement constituée par un mélange d'éléments blancs (orthose 
prédominante, néphéline et sodalite), avec beaucoup de grains d'augile 
œgyrinique d'un vert foncé. Les enclaves sont formées, dans leur partie 
centrale, par de grandes lames de wollastonite de 2 ou 3 millimètres de 
longueur; sur leurs bords, la wollastonite est mélangée à de gros cristaux 
d'augite œgyrinique et quelquefois aussi d'orthose. 

Cette roche présente la plus grande analogie avec les filons de micro- 
ditroïte mésocrate décrits page 196 ; elle est, à quelques variations miné- 
ralogiques près, tout à fait l'équivalent de la bordure des filonnets des 
enclaves calcaires des ditroites de Nosy Komba représentées par la 
figure 2 de la planche 4 de mon précédent mémoire. 

Dans le cas considéré ici, il n'est pas douteux que cette roche ne 
constitue une forme endomorphe de la syénite néphélinique à laquelle 
elle passe d'une façon insensible. 

â" Phénomènes exomorphes. 

Je laisserai de côté ici les calcaires et les grès de la périphérie du 
massif recueillis en place à quelque distance des roches éruptives ; ils 
sont transformés en cornéennes compactes, rubanées, verdâlres, jaunes, 



MATERIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 215 

noires ou violacées; elles présentent peu d'intérêt minéralogique et 
n'offrent aucune particularité distinctive de celles de Nosy Komba et 
de Lokobé que j'ai antérieurement décrites (1). Je ne m'occuperai 
que des roches sédimentaires observées en contact immédiat avec nos 
syénites, ce sont des calcaires, plus ou moins impurs. 

La figure 4 de la planche 9 représente un exemple typique de ces 
contacts; le calcaire est transformé en une cornéenne blanche, marbrée 
de taches ou de veines blanches ou teintées de verdâtre ; la bordure 
immédiate séparant le sédiment de la syénite est constituée par une zone, 
d'un noir verdâtre, dans laquelle on reconnaît l'équivalent de ce que j'ai 
figuré dans la planche 4 de mon précédent mémoire, consacrée aux 
enclaves calcaires de Nosy Komba. 

L'étude microscopique montre cependant qu'il n'y a pas identité 
minéralogique complète entre ces diverses roches métamorphiques; en 
effet, tandis que dans les enclaves de Nosy Komba la zone de contact 
est, comme on l'a vu plus haut, constituée par du pyroxène vert et des 
feldspaths, dans le massif de Bezavona, il n'existe que du pyroxène; au 
contact immédiat avec la syénite, celui-ci est d'un vert foncé (augite 
œgyrinique), mais à mesure qu'on s'éloigne du contact, le pyroxène 
devient de moins en moins coloré, et à quelques millimètres de la 
roche éruptive il est tout à fait incolore. Ce sont les fins cristaux de ce 
dernier pyroxène qui constituent la plus grande parlie de la cornéenne, 
ils y sont mélangés à de la ^vollastonite. Les marbrures de la roche polie 
trahissent l'hétérogénéité de cette cornéenne; elle est due à ce que la 
roche renferme souvent encore de la calcite et à ce que la wollastonite 
s'y isole très fréquemment en nids irréguliers à grands éléments. La 
complication augmente fréquemment par suite du développement de 
plages irrégulières d'orthose, simples ou maclées suivant la loi de 
Carlsbad ; elles englobent de nombreux grains de silicates calcaires. 
Ces cristaux feldspathiques sont particulièrement abondants au voisinage 
immédiat des veinules microscopiques de syénites; il est fort possible 
que, dans quelques cas, ils résultent d'une injection en nature, rendue 

[{\ p. 63. 



216 A. LACROIX. 

vraisemblable par l'existence des brèches qui seront décrites plus loin. 
Je noterai en passant que la néphéline de ces fines veinules, de même 
d'ailleurs que celle des syénites en contact immédiat avec les sédiments, 
est très fréquemment transformée en mica secondaire. 

Comme minéraux accessoires, je signalerai seulement de petits grains 
de rutile entourés de sphène, et çà et là des traînées d'un minéral du 
groupe haùyne sodalite incolore, à clivages ¥ (110), mélangé à de la 
calcite. 

Les cornéennes métamorphiques qui viennent d'être décrites se dis- 
tinguent essentiellement de celles de Nosy Komba par l'absence de 
plagioclases et par la plus grande abondance de la wollastonite ; ces 
différences sont dues certainement à ce que les calcaires qui nous 
occupent étaient originellement moins argileux que ceux qui ont fourni 
les enclaves du gisement précédent. L'introduction d'alcalis dans tous 
ces sédiments métamorphiques est rendue manifeste par l'abondance de 
l'orthose. Dans quelques cas particuliers, cet apport de produits émanés 
du magma est plus évident encore; dans Tun des échantillons étudiés, 
en effet, la cornéenne feldspathique est séparée de la syénite et des 
filonnets qui l'injectent par une zone mélanocrate, dans laquelle le 
pyroxène n'est plus de l'augite œgyrinique, mais de l'œgyrine, accom- 
pagnée de petits cristaux d'arfvedsonite d'un bleu pâle. Si l'on ne trouvait 
tous les passages possibles entre cette roche si œgyrinique et la cor- 
néenne à structure caractéristique, on serait tenté de la comparer à 
\ segyrinscliiefer décrit par M. Brôgger comme faciès de variation de la 
syénite néphélinique de Gross-Arô (Langesundfjôrd). 

Brèche métamorphique . 

Il me reste à décrire de fort intéressants échantillons, provenant du 
torrent d'Antsohanina ; deux blocs en sont représentés par la planche 8 ; 
ils sont constitués par des fragments anguleux de calcaire cristallin (e), 
de cornéenne pyroxénique d'un vert foncé, à cassure luisante (/"), de 
syénite néphélinique («), de débris (6), ou de tramées disloquées [K] de 
celle-ci; enfin, plus rarement, de microsyénite à tendance plus ou moins 
microlitique (fig. 1, c). 



MATERIAUX POUR LA ' MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 217 

L'examen microscopique montre que les cornéennes appartiennent à 
des types variés. Tantôt, et c'est le cas des types verts à cassure luisante, 
elles sont à grains fins; le pyroxène y forme une sorte de dentelle à 
grains irréguliers, comme trouée par les éléments blancs, tantôt au 
contraire, la roche est une cornéenne à structure grenue, dans laquelle 
chaque élément constituant est parfaitement distinct. 

Les fragments éruptifs consistent en morceaux de syénite néphéli- 
nique intacts ou écrasés, brisés, injectés dans ou entre les fragments 
métamorphiques; la structure en ciment est fréquente parmi ces débris. 
Il existe, en outre, des fragments éruptifs, présentant de très grandes 
variations de structure ; les uns sont microgrenus, les autres microli- 
tiques à structure enchevêtrée. 

L'interprétation de cette brèche serait assez difficile si l'on ne pouvait 
constater les faits suivants : 1° quelques fragments sédimentaires 
(fig. 2, g) possèdent une structure zonée, en rapport avec leur forme 
extérieure, qui démontre qu'elle a été formée sur place; 2° toutes les 
parties de la brèche, quelle que soit leur nature, renferment des grains 
ou des traînées du pyroxène vert des cornéennes étudiées plus haut, il 
a évidemment cristallisé in situ; lorsqu'on se contente d'examiner la 
roche en lumière naturelle, ce pyroxène masque en partie Thétérogé- 
néité de la brèche; 3" ce même pyroxène se rencontre aussi dans des 
boutonnières assez nombreuses au milieu de la brèche qui nous occupe; 
il y est largement cristallisé, associé à de la calcite et de la wollastonite, 
le minéral métamorphique caractéristique des contacts non bréchi- 
formes; 4" la brèche est traversée par des filons minces (fig. 2, H) 
de syénite néphélinique. 

Des faits qui viennent d'être exposés, il faut donc conclure que ces 
brèches sont d'origine éruptive. Les calcaires marneux avaient déjà subi 
un commencement de métamorphisme sous l'influence de la montée du 
magma syénitique, quand la mise en place définitive de celui-ci a déter- 
miné des phénomènes mécaniques suffisants pour produire la fragmen- 
tation des sédiments en voie de métamorphisme; en môme temps, le 
magma était injecté à un état plus ou moins solide et se fracturait 
lui-même en s'injectant au milieu des fragments sédimentaires. Pendant 

NoovBLLES Archives du Muséum, 4« série. — V. 28 



218 A. LACROIX. 

cette opération, les phénomènes métamorphiques, dus soit à des actions 
calorifiques, soit à l'action de minéralisateurs, se poursuivaient (trans- 
formation des fragments à zonage caractéristique, cristallisation du 
pyroxène ne faisant pas partie de fragments de cornéennes, cristallisation 
des minéraux des boutonnières). L'injection tranquille du magma dans 
les fentes de la brèche, ayant donné naissance aux filonnets syénitiques 
(PL 8, fig. 2), a été le dernier acte du phénomène : la structure, absolu- 
ment intacte de ces filonnets, contraste avec l'intensité des phénomènes 
d'écrasement subis par tous les éléments syénitiques de la brèche. 

Dans certains cas, cette intrusion violente du magma syénitique ne 
s'est pas produite sans gêner la cristallisation des parties non encore 
consolidées; c'est ce qui permet d'expliquer les types variés de structure 
qui s'observent dans les fragments éruptifs de la brèche. J'ai signalé déjà 
des exemples de l'association de ces différentes structures dans les 
brèches phonolitiques ou tinguaitiques qui ont été décrites plus haut. 

§ VII. — Diabasos (protérobases). 

Les roches que je désigne sous ce nom sont tellement altérées que 
leur intérêt minéralogique est faible et que leur étude chimique ne peut 
être faite; je tiens cependant à donner quelques détails sur elles, d'abord 
parce qu'elles semblent former des masses importantes, et ensuite parce 
qu'elles offrent la plus grande analogie avec des roches, non moins 
décomposées, qui, dans les Basses-Pyrénées, accompagnent des monzo- 
nites néphéliniques. L'association de ces diabases avec des roches à 
néphéline dans deux régions différentes légitime leur rattachement à 
une même série pétrographique. 

Ces diabases se trouvent dans deux gisements distincts, situés l'un 
à la limite orientale et l'autre à la limite occidentale du massif de 
Bezavona. M. Villiaume les a rencontrées en masses homogènes, sans 
allure filonienne. Les sédiments liasiques en sont voisins, mais ils n'ont 
pu être vus à leur contact immédiat. 

Le premier gisement se trouve au Sud-Ouest du mont Andevena- 
naomby, dans le lit même de la branche orientale d'un coude de la 



MATERIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 219 

Berondra ; il se prolonge jusqu'à une altitude de 150 mètres, dans les 
collines qui dominent la rive droite de cette rivière. 

Le second gisement a été rencontré sur le flanc occidental du chaînon 
de Bezavona, dans le cours moyen d'un affluent de gauche de la Sahabé 
(torrent Ouest de Bezavona) et au Nord-Nord-Ouest du gîte de nord- 
markite signalé plus haut. 

La roche en question est à grains très fins ; elle est grise, tachetée de 
vert. L'examen microscopique fait voir qu'elle est essentiellement con- 
stituée par des feldspaths tricliniques acides du groupe de l'oligoclase, 
Les extinctions dans la zone de symétrie ne dépassent pas 5°, les extinc- 
tions des sections perpendiculaires à la bissectrice aiguë positive sont 
de 8 à 10° (oligoclase-albite), peut-être existe-il en outre un peu d'or- 
those ou d'anorthose, mais l'état de décomposition de la roche ne per- 
met pas de détermination précise. 

Les métasilicates sont de l'augite titanifère violacée et une hornblende 
barkévicitique qui, dans certains échantillons, est accompagnée ou même 
complètement remplacée par de la biotite. L'apatite en très longues 
baguettes, la titanomagnétite en octaèdres, l'ilménite en grilles à 
symétrie ternaire, sont assez abondantes. 

Les feldspaths sont aplatis et enchevêtrés, ils donnent ainsi naissance à 
la structure intersertale. L'augite et l'amphibole, bien qu'ayant des formes 
distinctes, sont, au moins en partie, postérieures aux feldspaths; la roche 
présente donc une tendance marquée vers la structure ophitique. Il ne 
saurait y avoir aucun doute au sujet de l'origine primaire de l'amphibole. 

Les produits d'altération sont nombreux et variés ; l'augite est plus 
ou moins transformée en chlorite (pennine) ; l'épidote, la calcite et 
chlorite imprègnent tous les éléments de la roche. Il ne serait pas 
impossible que les feldspaths eux-mêmes soient d'origine secondaire 
et remplacent des plagioclases plus basiques disparus, comme cela a lieu 
si souvent dans les roches similaires des Pyrénées. 

J'espère que des recherches ultérieures de M. Villiaume lui permet- 
tront de recueillir des échantillons frais de cette roche, dont il y aurait 
grand intérêt à connaître la composition chimique exacte; je la rattache 
provisoirement au groupe des protérobases. 



CHAPITRE II 

GISEMENTS DIVERS DE LA PRESQU'ILE D'AMBAVATOBY 

§ I. — Aperçu g^éographîque et géolog-îque. 

Dans mon précédent mémoire, j'ai étudié, non seulement les roches 
de Nosy Komba, mais encore (1) celles de quelques gisements du cercle 
annexe de la Grande-Terre et de celui d'Analalava, au voisinage de la 
baie d'Ampasindava. 

Ces derniers comprennent essentiellement les roches granitiques et 
syénitiques alcalines, les syénites néphéliniques et les roches alliées du 
massif des Deux-Sœurs (Ambaliha, Ampasibitika) et un certain nombre 
déroches alcalines [monzonites néphéliniques (essexites), monchiquites, 
nordmarkites, etc.], constituant des filons ou de petits massifs, isolés au 
milieu des formations liasiques entre la baie d'Ampasindava et Miha- 
rena, au nord d'Ankaramy. J'ai donné en outre quelques renseignements 
sommaires sur des gisements plus méridionaux (Bezavona, Beko- 
tapo, etc.). 

L'étude du massif de Bezavona, situé au Sud ou au Sud-Ouest des pré- 
cédents, a été l'objet du précédent chapitre ; je me propose de donner ici 
quelques indications sommaires sur les roches de divers gisements de 
la région comprise entre la Berondra(au Sud-Est de Bezavona), la rivière 
Manongarivo et la baie d'Ampasindava (au Nord). Cette région constitue 
la partie méridionale de la presqu'île d'Ambavatoby, par laquelle celle- 
ci est soudée à la Grande-Terre. 

Les renseignements géologiques que je possède sur les gisements de 
ces roches sont peu nombreux. Quelques-unes d'entre elles, notam- 
ment aux environs d'Ankaramy, traversent sous forme de filons minces 

(1) Ch. Il, p. 78. 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 221 

les calcaires et les grès liasiques, mais pour beaucoup d'autres, cepen- 
dant trouvées en place, aucune relation géologique n'a pu être déter- 
minée. Toutefois j'ai eu entre les mains des fragments de roches sédi- 
mentaires métamorphisées, recueillies dans la plupart de ces gisements, 
de telle sorte qu'il me semble probable que l'étude strati graphique 
ultérieure montrera que toutes ces roches éruptives sont postérieures 
au lias. 

Toutes celles qui vont être décrites paraissent être des roches intru- 
sives, cependant il est fort possible qu'il existe aussi dans cette région 
de véritables roches volcaniques. Je citerai à cet égard des trachytes à 
biotite et des rhyolites qui ont été recueillies, à l'état de blocs 
roulants, les premiers à Marofototra, les secondes à Maromandia. 

Ne connaissant pas les relations mutuelles des roches recueillies dans 
un même gisement, il m'a paru sans intérêt de passer en revue chacun 
de ceux-ci en particulier; j'étudierai donc les roches qui en proviennent 
dans un ordre pétrographique. Voici d'abord quelques renseignements 
géographiques sur ces divers gisements. 

Le Bekotapo (Berahoda des cartes) forme une arête longeant la rive 
gauche de la Berondra; les roches examinées proviennent du flanc 
occidental, regardant le massif de Bezavona, qui est distant de 12 kilo- 
mètres; le sol y est dénudé, couvert d'énormes blocs en place. La roche 
dominante est une microsyénite néphélinique à affinités phonolitiques; 
elle est accompagnée de tinguaites^ de camptoniles ^ de monchiquites et 
enfin de microsyénites porphyriques à grenat mélanile et à haiiyne, pas- 
sant à des phonolites ; ces roches sont très analogues à celles jadis 
signalées par le R. Baron à Ankitsiky, localité se trouvant sur le prolon- 
gement méridional du Bekotapo. Je rappellerai enfin que j'ai décrit anté- 
rieurement des filonnets basaltiques provenant de cette dernière région. 

Plus au Sud, le gisement de Maromandia se trouve sur la rive gauche 
de la rivière Ambatotsivikiry, au milieu de calcaires renfermant des 
mouches de blende. Les roches qui y ont été recueillies sont des syénites 
néplié Uniques^ une monzonite néphélmique , une syénite quartzifère à 
biotite et pyroxène, et enfin les rhyolites dont il a été question plus 
haut : elles comprennent des types à quartz globulaire et d'autres, très 



222 A. LACROIX. 

riches en gros sphérolites felclspathiques, passant à des micropegma- 
tites à étoilement. 

D'importants gisements éruptifs se trouvent entre les rivières Manon- 
garivo et Ankaramy; ce sont, au Sud, ceux d'Analavory et de Manonga- 
rivo. Le premier renferme des microsyénites, des foyaites et une micro- 
monzonite ; le second des foyaites et des filons basaltiques. C'est au Nord 
de ces gisements, à Maromiandry (et non Maromandia) que se rencontre 
le massif de nordmarkite et Vessexite diabasique hétérogène., que j'ai 
décrits l'an dernier (1). 

Au voisinage même d'Ankaramy, et notamment sur les bords du 
Bekinkina (affluent de la rivière d'Ankaramy), il existe une syénite 
néphélinique en place qui, si l'on en juge par la nature des blocs recueillis 
non en place dans la rivière, est associée à une très grande variété de 
roches alcalines mésocrates et mélanocrates. Enfin, de nombreux filons 
de basalte micacé traversent les assises gréseuses de cette région. 

Des roches basiques, analogues à celles du Bekinkina, ont été 
recueillies sous forme de blocs, non en place, à l'Est d'Ankaramy, à 
Vinantelo. 

A Marofototra, localité située à 8 ou 10 kilomètres d'Ankaramy, se 
trouvent des gabbros à olivine, des microsyénites de types variés, des 
tinyuaites et un trachyte. 

La région où se trouvent ces deux dernières localités est montagneuse 
(800 à 1100 mètres d'altitude), elle est couverte d'une épaisse forêt dont 
l'exploration géologique est entièrement à faire. 

Enfin, je citerai quelques gisements isolés de roches basiques situés 
sur les bords de la Joja (gabbro à olivinc)et Andrekareka, près d'Ambo- 
dimadiro. 

§ II. — Syéuites sans néphéline. 

,1° Syénites alcalines. 

La seule syénite quartzifère que j'ai examinée, parmi les roches 
de cette région, provient de Maromandia; c'est une roche à grands 

(1) p. 94 et 129, 



MATÉRIAUX POU II LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 223 

éléments, à structure grenue; elle est apparentée avec les pulaskites. Le 
feldspath est de l'anorthose, englobant quelques lamelles de biotite, des 
grains d'un pyroxène, un peu de barkévicite, de titanomagnétite, de 
longs prismes de zircon et d'apatite. Il existe en outre du quartz, 
remplissant les vides miarolitiqucs de cette roche. 

2° MlCROSYÉNlTES. 

A Marofototra, il existe deux types de microsyénites à grands éléments ; 
toutes deux sont porphyriques. Dans l'une, les phénocristaux sont 
constitués par de l'anorthose et une petite quantité de biotite; ils sont 
englobés dans un magma microgrenu d'anorthose, associé à un peu de 
quartz et de biotite; la titanomagnétite, l'apatite, le zircon se trouvent 
en petite quantité. 

Cette roche, franchement leucocrate, doit être considérée une micro- 
pidaskite^ à cause de sa pauvreté en quartz, plutôt qu'une micro- 
nordmarkite. 

Le second type, également porphyrique, est à comparer à la micro- 
iaurvikile décrite page 180. Les phénocristaux d'orthose et d'anorthose 
sont de deux tailles différentes; les uns sont très gros, les autres 
raccourcis, rectangulaires; ils sont englobés par un magma constitué par 
de l'orlhose enchevêtrée, moulée par un peu d'analcime qu'accompa- 
gnent de gros microlites d'augite, verdissant sur les bords, des paillettes 
de biotite et des grains de magnétite. 

§ III. — Syénites ncphéliniqiics. 

1" Syénites néphéliniques. 

J'ai étudié des syénites néphéliniques à grands éléments provenant 
d'Analavory, de Manongarivo, de Maromandia et du Bekinkina. 

Dans les trois premiers gisements, ces roches se rapportent aux 
types I des syénites néphéliniques à augite segyrinique et des syénites 
néphéliniques à eegyrine. Au point de vue minéralogique, le seul 
minéral intéressant qu'elles présentent, mais en abondance à Anala- 



224 A. LACROIX. 

vory et à Manongarivo, est la Ihven'Ue. Dans le premier gisement, ce 
minéral est macroscopique et constitue des masses cristallines d'un 
brun-cannelle. Au microscope, celles-ci se résolvent en agrégats de 
petits cristaux présentant un pléochroïsme intense dans les teintes 
jaunes, avec maximum transversalement (suivant ?? ), un allongement 
négatif : Textinction dans g^ (010) atteint 28° environ. Les macles 
suivant A' (100) sont presque constantes et toujours polysynthétiques; la 
biréfringence et la réfringence sont celles de la lâvenite normale. 

Je ne reviendrai pas sur les propriétés optiques des autres minéraux, 
qui ne se distinguent pas de celles qui ont été décrites plus haut, je 
signalerai seulement quelques particularités intéressantes de struc- 
ture. 

Toutes ces roches ont leurs feldspaths aplatis et enchevêtrés ; ce sont 
des foyaites typiques, mais, très fréquemment, leurs espaces interser- 
taux, au lieu d'être occupés par de grands cristaux de néphéline sont 
remplis par des grains arrondis ou des cristaux automorphes de petite 
dimension du môme minéral (PL 11, fîg. 4). Ils sont fréquemment 
accompagnés par quelques grains de pyroxène et plus rarement d'am- 
phibole. Le contenu de ces espaces intersertaux a donc la composition 
et la structure des microditroites; dans quelques échantillons de Manon- 
garivo, la trame des feldspaths n'est plus absolument continue, et la 
roche passe alors à une microditroite porphyrique. 

La syénite qui semble constituer la masse principale du gîte du 
Bekinkina offre la plus grande analogie de composition et de structure 
avec celle qui est décrite page 209 et représentée par la figure 4 de la 
planche 7, mais la néphéline y est abondante; de plus, les parties noires, 
mésocrates, ayant la composition minéralogique d'une covite, au lieu 
d'être disposées par taches, comme dans celle-ci, forment des traînées 
enchevêtrées. L'automorphisme de la barkévicite (accompagnée d'un 
peu de biotite) est à signaler, aussi bien dans les taches claires que dans 
les parties covitiques. 

Au point de vue de la texture et des relations mutuelles des parties 
leucocrates et mésocrates, cette roche est à comparer aux essexites à 
structure hétérogène des environs de Maromiandry (et non Maromandia) 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 223 

que j'ai décrites antérieurement (1). Elles s'en distinguent essentielle- 
ment au point de vue minéralogique par l'absence des plagioclases. 

2° MlCROSYÉNlTES NÉPHÉLINIQUES. 

Je ne reviendrai pas sur les microsyénites du Bekotapo que j'ai anté- 
rieurement décrites (2); les nombreux échantillons que m'a récemment 
envoyés M. Villiaume se rapportent aux mêmes types, mais ils sont 
accompagnés d'autres à plus gros éléments, qui passent insensiblement 
à de véritables foyaites et légitiment ainsi l'attribution d'une origine 
filonienne que j'avais donnée à ces roches. 

Mais il existe en outre dans ce môme gisement un autre type micro- 
syénilique qui permet d'interpréter les phonolites à haùyne et grenat 
signalées pour la première fois par M. Baron à Ankitsika, gisement 
situé sur le prolongement méridional de la plaine de Bezavona, et décrites 
par moi l'an dernier (3). 

Ces roches offrent les mômes caractères extérieurs que les micro- 
syénites porphyriques de Bezavona (dont il a été question page 197) ; on y 
distingue à l'œil nu des cristaux d'orthose et d'anorthose, atteignant 
2 centimètres de plus grande dimension ; ils sont aplatis suivant g^ (010) 
et présentent les faces, m, y>, «' ", a' ; ils sont distribués dans une pâte 
verdàtre, plus ou moins finement grenue ou compacte, dans laquelle se 
trouvent de petits grains noirs de mélanite et des baguettes amphi- 
boliques. 

Au microscope, on constate qu'en outre de ces phénocristaux, il en 
existe d'autres, constitués par de l'augite brunâtre, se transformant en 
augite œgyrinique et par de gros rhombododécaèdres d'un minéral du 
groupe haûyne-noséane, incolore, mais riche en inclusions noires ciné- 
riformes ; le sphène est en outre abondant. Les échantillons étudiés 
varient beaucoup au point de vue de la cristallinité de leur pâte, qui est 
essentiellement constituée par de l'orthose aplatie, associée à de la 

(1) P. 129. 

(2) P. 113. 

(3) P. luO. 

NoUVELLEi ÀHClllVES DU MUSÉU.M, 4° sûi'ie. — V. 2'J 



226 A. LACROIX. 

néphéline, généralement transformée en analcime, à des microlites 
d'augite et d'amphibole (celle-ci est une barkévicite brune, verdissant 
sur les bords). La figure 4 de la planche 12 représente un cristal de ce 
grenat avec la structure zonée qui est à peu près constante : le bord est 
toujours plus coloré que la partie centrale. Ces cristaux, de même que 
ceux de haùyne, sont parfois extrêmement abondants. Suivant les 
échantillons, grâce à lacristallinité de la pâte, la roche est une véritable 
microfoyaite, alors que dans d'autres, elle possèd.^ la structure d'une 
phonolite à éléments extrêmement fins. 

Je ne doute pas que toutes ces roches ne soient filoniennes. Les faits 
constatés dans l'étude des filons de tinguaites de Bezavona me font penser 
qu'il n'y aurait rien d'impossible à ce que ces diverses variétés pro- 
viennent même d'un seul et même filon. 

Les roches similaires d'Ankitsika ne s'en distinguent que parce 
qu'elles renferment parfois des phénocristaux de plagioclases assez 
basiques. 

3° Tinguaites. 

De nombreuses tinguaites se rencontrent à Morofotofra et surtout au 
Bekotapo. Elles appartiennent surtout au type J de Bezavona (type 
normal). L'une d'elles est remarquable par la présence de rosettes 
sphérolitiques d'orthose et d'anorthose qui sont irrégulièrement distri- 
buées au milieu de la roche : elles mesurent de 1 à 2 millimètres de 
diamètre. 

Je signalerai en terminant une tinguaite très compacte, à pâte noire, 
rappelant le dernier type des tinguaites de Bezavona ; elle s'en distingue 
cependant par ce fait qu'elle ne contient pas de phénocristaux de plagio- 
clases, les feldspaths sont uniquement orthosiques. La barkévicite est 
abondante en microlites et en phénocristaux ; le pyroxène est une augite 
segyrinique, dont les aiguilles sont parfois extraordinairement fines. La 
figure 1 de la planche 7 représente un bloc de ce type de tinguaite qui 
renferme une telle quantité d'enclaves qu'il ressemble à une brèche; ces 
enclaves de grès et de calcaire n'ont pas subi de métamorphisme 
appréciable. 



MATÉRIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. .227 

§ IV. — Roches alcalines mésocrates et mélanocrates. 

M. Villiaume m'a envoyé un très grand nombre de gros échantillons 
de roches basiques provenant du Bekinkina et de Vinantelo ; elles pré- 
sentent la plus grande analogie avec celles de Miharena que j'ai précé- 
demment décrites (1). 

Ce sont des roches noires, fort denses, présentant en grande quantité 
des cristaux automorphes de barkévicite. Le mode du développement 
cristallographique de ceux-ci donne naissance à deux variétés macrosco- 
piques de roches; dans l'une, ces cristaux sont très allongés suivant 
l'axe vertical, tandis que dans l'autre ils sont à peu près isométriques. 

Au point de vue de la texture, ces diverses roches offrent tous les 
passages possibles entre des types presque compacts, à faciès basal- 
tique, et d'autres à grands éléments, possédant un faciès granitique. 

Le microscope fait voir, qu'en outre de la barkévicite, il existe 
toujours de l'augite violacée et de la titanomagnétite. L'apatite est 
souvent assez abondante. 

Ces roches diffèrent les unes des autres par la nature de leurs 
éléments blancs, qui peuvent être de la néphéline, un minéral du groupe 
haùyne-sodalite, de l'analcime, de Tanorthose (ou parfois de l'orthose) 
et un plagioclase basique (généralement labrador oulabrador-bytownite). 
Chacun de ces minéraux peut exister seul, mais plusieurs d'entre eux 
s'associent souvent, en différentes proportions. 

Au point de vue de la structure, les éléments colorés sont auto- 
morphes, ils sont englobés pœcilitiquement par les minéraux incolores. 

Tantôt il existe une seule génération de métasilicates, et la roche est 
grenue, tantôt il y a des phénocristaux et des microlites : dans ce dernier 
cas, les éléments blancs ont une tendance à s'aplatir et la roche prend 
une structure miarolitique. 

Les variations de ces différentes roches sont donc à la fois minéralo- 
giques et structurelles, et dans la série que j'ai entre les mains, il existe 
tous les passages imaginables, entre les types mésocrates et mélanocrates 

(1) P. 124. 



228 A. LACROIX. 

suivants : ijoJites^ tawites^ monchiquites, gahbros néphèUniques ^ monzo7Ùtes 
eiessexiies^ coviteset thércdites (stricto sensu). Elles possèdent en général 
la structure grenue, mais il existe aussi des termes évoluant vers les 
formes microlitiques de ceux-ci. Un même échantillon présente parfois 
des traînées ayant une composition minéralogique différente de celle de 
la masse. 

J'ai observé aussi quelques types purement feldspathiques et ils sont 
soit grenus [gahbros dioritiques)^ soit le plus souvent microlitiques [cam- 
ptonites). 

Il faut rattacher à cette même série comme terme extrême des monchi- 
quites porphyriques^ très riches en énormes cristaux d'olivine et 
d'augite, et des basaltes très mélanocrates contenant beaucoup de pail- 
lettes de biotite ; ces dernières roches forment de très nombreux fdons 
minces dans les grès liasiques, à l'Est d'Ankaramy. 

Ces roches ne sont pas localisées aux environs d'Ankaramy, M. Vil- 
liaume m'a remis quelques beaux échantillons de gabbros népliéllniques^ 
passant à Yessexite et au gabbro dioritique : ils ont été recueillis à 
Andrekareka près Ambodimadiro ; ils sont plus riches en éléments blancs 
que les roches précédentes, et offrent quelquefois une structure zonée 
par suite de la localisation des minéraux colorés dans des lits distincts. 
Un gabbro à olivine a été rencontré sur les bords de la Joja. 

Toutes les roches basiques des environs d'Ankaramy renferment des 
enclaves de grès, cerclées d'une couronne d'augite segyrinique auto- 
morphe ou même d'segyrine ; dans les monchiquites, j'ai retrouvé 
autour de ces enclaves le développement de feldspath que j'ai fait 
connaître antérieurement (1) dans les roches similaires de Miharena. 

Notons enfin que M. Villiaume a rencontré, dans ses sondages, des 
couches de combustible minéral, qui, au contact des filons basiques^ 
sont transformées en une sorte de coke. 

Il eût été du plus haut intérêt de pouvoir suivre, d'une façon minu- 
tieuse, les variations de composition chimique qui ont entraîné des 
variations aussi nombreuses dans la nature des éléments blancs de ces 

(1) P. 142. 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 229 



roches ; malheureusement les échantillons que j'ai étudiés sont tous fort 
altérés, criblés d'analcime et de calcite, bien que M. Villiaume, averti 
par moi de l'intérêt de cette recherche, ait porté tous ses soins dans la 
récolte de ses collections. 

Je me vois donc, avec regret, dans la nécessité de remettre cette étude 
chimique au jour où j'aurai en mains des matériaux plus frais que ceux 
étudiés jusqu'à présent. Je me contenterai de donner ci-contre l'analyse 
de trois échantillons du Bekinkina, moins altérés que les autres : 

a. Passage de l'essexite à la monchiquite. 

b. Néphélinite amphibolique. 

c. Ijolite néphélinique. 

abc 

Si02 51.80 43.30 43.60 

TiO^ 1.41 1.93 2.44 

APO^ 17.90 17.81 13.60 

Fe-0= 3.10 1.70 3.95 

FeO 4.36 8.20 6.93 

MgO 3.72 6.02 10.20 

CaO 6.39 8.51 12.10 

Na^O 4.74 4.95 3.74 

K20 3.65 2.56 0.69 

P-0= » traces 0.43 

H^O 2.87 2.73 2.73 

100.14 99.73 100.43 



§ V. — Monzonites. 

MiCROMONZONITES. 

La microsyénite qui a été décrite page 223 établit le passage à une 
roche qui se rencontre à Manongarivo et qui est caractérisée par la pré- 
sence de grands cristaux de plagioclases verdâtres, atteignant un centi- 
mètre de plus grande dimension, disséminés dans une pâte feldspathique 
à grains fins, riche en paillettes de biotite. 

C'est cette roche que j'ai décrite antérieurement (1) sous le nom de 
microsyénite micacée. La néphéline y est fort rare et les nombreux 

(1) P. 132. 



230 A. LACROIX 

échantillons nouveaux que j'ai examinés contiennent surtout dans leurs 
espaces intersertaux de l'analcime. 

Au point de vue minéralogique, cette roche se distingue de la 
microlaurmkite en ce que ses phénocristaux sont essentiellement consT 
titués par du labrador, tandis que ses microlites feldspathiques sont 
surtout orthosiques. Elle oscille vers des types à grands éléments qui sont 
de véritables monzonites, de passage aux monzonites néphéliniques. 

L'analyse suivante a été faite sur un échantillon provenant de 
Maromandia. 

SiO- 49.45 

TiO- 1.16 

APO^ 22.20 

Fe^O^' 2.87 

FeO 4.22 

MgO 1.55 

CaO 7.70 

Na^O 4.98 

K^O 1.97 

V-(y> 0.27 

H^O 3.52 

99.89 



CHAPITRE III - 

LES GRANITES ALCALINS D'AMPASIBITIKA 

Les nouveaux matériaux que m'a envoyés M. Villiaume me permettent 
de compléter les premières indications que j'ai données (1) sur les 
granités à pyroxène et amphibole alcalins d'Ampasibitika,prèsde la baie 
d'Ampasindava. 

J'ai fait remarquer l'an dernier que les échantillons décrits, recueillis 
en blocs, éboulés de hauteurs impraticables à cause de l'épaisseur 
de la forêt, me paraissaient provenir de filons. Cette opinion a été con- 
firmée par de nouvelles recherches, car, bien que M. Villiaume n'ait pu 
encore toucher en place ces roches, il s'est du moins rapproché de leur 
gisement. Il a échantillonné de gros blocs, qui proviennent du déman- 
tellement de filons minces, et portent encore sur leurs salbandes des 
restes des épontes (grès métamorphiques). 

Je ne reviendrai pas sur les types que j'ai décrits antérieurement et au 
sujet desquels je n'ai pas d'observations importantes à signaler : je 
m'occuperai seulement des types suivants, sans insister sur les propriétés 
optiques de leurs minéraux constituants qui ne diffèrent pas de ceux 
décrits dans mon précédent mémoire. 

§ I. — Filous complexes de granité à sejçyrine et riebeckite. 

Les filons dont il s'agit ici ont fourni les types normaux et une partie 
des types pegmatiques que j'ai étudiés antérieurement. Dans les échan- 
tillons que j'ai entre les mains et qui représentent la section entière d'un 
filon, la structure, zonéc parallèlement aux épontes, est remarquablement 
nette et rappelle les associations si fréquentes d'aplite et depegmatite du 
granité à muscovite. 

(1) P. 82. 



23-2 A. LACROIX. 

Les salbandes sont d'ordinaire constiluées par une roclie finiment 
grenue, grise, uniformément tachetée de vert; le centre, par une roche 
pegmatique, dans laquelle se voient à l'œil nu des baguettes noires de 
riebeckite. 

La figure 1 de la planche 12 représente avec un grossissement de 
40 diamètres une lame mince du granité des salbandes ; les éléments sont 
de Forthose, souvent faculée d'anorthose, du quartz, de Tsegyrine, du 
zircon et parfois une petite quantité de riebeckite d'un bleu foncé, qui, 
dans la figure, apparaît en noir. 

Le feldspath est grenu ou automorphe, dans ce dernier cas, il est 
moulé par du quartz. 

L'œgyrine est toujours xénomorphe, môme quand elle est englobée 
parl'orthose qu'elle moule le plus souvent; la riebeckite est toujours 
postérieure au pyroxène. 

Quand au zircon, il est très abondant et, de même que l'œgyrine, n'est 
jamais automorphe ; fréquemment un grand nombre de grains déchi- 
quetés de ce minéral se trouvent au voisinage les uns des autres, 
englobés par du quartz, mais conservant une commune orientation. La 
figure 7 de la planche 14 montre cet aspect, ainsi que les clivages pris- 
matiques, qui sont souvent for! nets. 

Un minéral du groupe du pyrochlore, en octaèdres d'un beau jaune 
d'or (PL 14, fig. 6), accompagne parfois le zircon. 

Les parties centrales du filon se distinguent de la roche précédente par 
leur texture à plus grands éléments et surtout par ce fait que la riebec- 
kite, au lieu d'être régulièrement distribuée en petits individus, 
constitue de longs cristaux allongés suivant l'axe vertical et mesurant 
d'ordinaire plusieurs centimètres. Ils sont postérieurs à tous les minéraux 
incolores qu'ils englobent pœcilitiquement ou ophitiquement. 

La figure 6 de la planche 10, qui représente un type non zone de ce gra- 
nité à riebeckite et segyrine, fait voir nettement cette structure, si fré- 
quente parmi les métasilicates de ces roches. Quand il existe de l'œgy- 
rine, elle est ophitique ou pœcilitique par rapport aux feldspaths. Le 
zircon et le minéral du groupe du pyrochlore sont très abondants, ils 
offrent les mêmes propriétés que dans les roches finement grenues. 



MATERIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 233 

Enfin, je dois signaler la présence d'un minéral que je n'ai pu 
rapporter à aucune espèce connue ; il a la réfringence et la couleur du 
rutile, mais son pléochroïsme est plus intense encore, dans une direc- 
tion, il est noir, opaque. C'est la même subtance qui se trouve dans 
les enclaves de sanidinites à œgyrine des trachytes des Açores et que 
M. Pacheco do Ganto a assimilée à Vaçorite^ inexactement d'ailleurs, 
puisque le minéral désigné sous ce nom, par Teschemacher, n'est, on le 
sait, qu'un zircon incolore. 

§ II. — Filons rubanés de granité à aegryrine. 

Les roches dont il s'agit ici sont à grains fins ; elles sont constituées 
par des bandes curieusement et sinueusement zonées, dont la couleur 
varie du vert d'herbe clair au jaunâtre, suivant l'abondance ou la 
rareté de l'œgyrine. Dans quelques échantillons, l'œgyrine est telle- 
ment abondante que la roche ressemble à un schiste actinolitique ; cà 
et là se trouvent de petits nids, dans lesquels les cristaux d'œgyrine 
étant plus gros que les précédents prennent une couleur d'un vert 
noir foncé. 

Au microscope, on observe la môme structure que dans les types 
précédents, en ce qui concerne les éléments blancs, mais l'aegyrine se 
présente uniquement en cristaux automorphes, consistant en longues 
aiguilles, allongées suivant l'axe vertical. La figure 2 de la planche 12 
représente une lame mince de cette roche ; il est intéressant de 
la comparer à la figure 1 de la môme planche, qui montre l'aspect 
xénomorphe de l'œgyrine du type granitique précédent. 

Dans les zones claires de ce granité, il y a d'ordinaire prédominance 
du quartz sur le feldspath ; les aiguilles d'œgyrine sont souvent fort 
petites et rappellent un peu la tourmaline de la luxulianite. 

Dans les zones foncées, au contraire, l'œgyrine est parfois presque 
seule sur plusieurs millimètres d'épaisseur. 

Je n'ai jamais observé d'amphibole dans ces roches, mais l'abondance 
du zircon et sa disposition rappelle tellement les pseudomorphoses de 
riebeckite décrites et figurées dans mon mémoire antérieur, que je 

Nouvelles Archives du .Muséum, '4« série. — V. "'J 



2'U A. LACnOIX. 

n'hésite pas à attribuer une semblable origine aux groupements qu'ils 
forment dans le quartz. 

Ce granité renferme parfois des enclaves amphiboliques qui seront 
décrites plus loin avec les phénomènes de contact. 11 est fort possible 
que cette roche rubanée, dont je n'ai observé que des échantillons de la 
grosseur du poing, ne soit autre chose que des fragments de filonnets 
injectés dans des grès et que la structure rubanée soit celle de la roche 
sédimentaire. 



§ m. — Microj5:ranitcs. 

MICROGRANITES A RIEBECKITE ET ^GYRINE 

Je n'ai eu entre les mains qu'un seul échantillon de cette roche. Sa 
structure est nettement porphyrique ; les phénocristaux de feldspaths 
(orthose faculée d'anorthose, groupés en microperthites avec de l'albite), 
présentent des formes rectangulaires; ils sont distribués en grande quan- 
tité dans une pâte holocristalline, riche en feldspaths de môme nature, 
présentant les mêmes formes remarquablement nettes. Ces feldspaths 
sont moulés par du quartz xénomorphe et par des cristaux automorphes, 
mais pœcilitiques de riebeckite et d'segyrine, ces derniers sont parfois 
assez gros pour pouvoir être considérés comme de véritables phéno- 
cristaux, dont le centre est homogène, alors que leurs bords sont 
pœcilitiques avec les éléments blancs. 

La roche renferme un peu de zircon. 

§ IV. — Composition chimique des granités à œg-yrine. 

Les analyses suivantes représentent la composition chimique des 
principaux types de granités qui viennent d'être décrits ; j'y joins 
comme comparaison celles de trois roches qui leur sont analogues. 

a. Granité pegmatoïde à arfvedsonite, partie centrale d'un filon. 

b. Granité à œgyrine xénomorphe, constituant la salbande du même filon que a. 

c. Granité veiné, partie riche en œgyrine aciculaire. 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 235 

d. Granité à grands cristaux d'œgyrine et de riebeckite. 

e. Veinule feldspathique injectée dans f. 

f. Lits d'un bleu noir d'un quarzite à arfvedsonite. 

g. Grorudite de VaringkoUen (Norvège), in Brogger(Z)/e Gesteined. Grorudit-Tinguait- 
Serie. Kristiania, 1897). 

h. Pantellerite de Khartibugal (Pantellaria), in Rosenbusch(^/e?rt. des Gesteinslehre...). 
i. Rockhallite in Judd [Trans. Roy. irish Acad., XXXI, 1897, Part. III, 54). 

a b c d e f g h i 

Si02 70.40 70.25 68.70 63.70 70.85 65.60 74.35 70.30 73.60 

TiO- 0.13 0.06 0.26 0.30 0.06 0.19 » » » 

ZrO- 1.65 0.78 3.71 0.50 3.48 3.10 » » 4.70 

Al^G^ 7.85 8.75 6.85 9.78 9.97 10.15 8.73 6. .32 13.10 

Ye^O^ 6.98 7.90 9.93 9.01 5.00 6.40 5.84 9.23 0.06 (NiO) 

FeO 2.98 1.62 1.14 7.85 1.17 3.70 1.00 1.40 0.93 

MnO 0.13 0.13 Traces. 0.12 0.12 0.51 0.22 » 0.01 

MgO 0.52 0.65 0.26 0.45 0.25 0.64 0.07 0.89 0.37 

CaO 0.26 0.51 1.34 1.36 » » 0.45 0.84 6.96 

Na^O 4.05 3.82 7.01 3.98 3.98 7.45 4.51 7.20 Traces. 

K^O 4.45 4.12 1.58 2.36 4.68 1.17 3.96 2.50 » 

Perteaufeu. 0.25 0.75 0.50 0.75 0.50 0.62 0.25 0.82 » 

99 . 65 100.84 101.28 100.84 99.56 99.53 99.38 100.00 99.83 

Parmi les granités alcalins actuellement connus, nos granités ne peu- 
vent être comparés qu'à la rockhallite. Ils sont en effet beaucoup plus 
riches en éléments ferrugineux que les granités alcalins normaux et cons- 
tituent des termes de passage entre leur groupe leucocrate et un groupe 
franchement mésocrate qui n'a pas été encore découvert dans cette 
famille pétrographique. 

La grande abondance del'segyrine est la conséquence des particularités 
chimiques mises en évidence par les analyses données ci-dessus : très 
grande pauvreté en alumine, en magnésie et en chaux, et au contraire 
grande abondance du fer et des alcalis ; le Fe^O^ domine toujours sur le 
FeO, qui n'existe en porportion importante que dans les types a, 6 et/" 
contenant beaucoup d'amphibole sodique. Il est facile de voir du reste 
par la seule inspection de ces analyses qu'elles mettent en relief un 
très grand excès d'alcalis sur la quantité fcldspathisable. 

Ces roches, à part deux exceptions, renferment une proportion presque 
équivalente de soude et de potasse, avec tantôt un léger excès de l'un et 
tantôt un excès de l'autre. Le grand excès de la soude sur la potasse 
dans les analyses c et f entraîne dans les roches analysées la rareté du 
feldspath et au contraire l'abondance des métasilicates alcalins. 



236 A. LACROIX. 

La difFérence entre nos roches et la rockhallite consiste en ce que 
celle-ci est encore moins feldspathique (son feldspath est en outre 
uniquement constitué par de l'albite) et plus riche en segyrine. Cest une 
conséquence d'une pauvreté plus grande en alumine, d'une richesse 
supérieure en fer et de l'absence de la potasse. 

Si les roches étudiées ici n'ont pas d'équivalent connu parmi les gra- 
nités, on peut les comparer à des roches de structure différentes, et en 
particulier avec les grorudites dont les filons, accompagnant la laurdalite 
de Norvège, ont été décrits par M. Brôgger (analyse 9). Leur équivalent 
parmi les roches d'épanchement doit être cherché dans les pantellerites ; 
j'ai donné plus haut, en A, l'analyse de celle de ces roches qui se 
rapproche le plus de quelques-uns de nos types. 

Une caractéristique reste cependant tout à fait distinctive des granités 
d'Ampasibitikaet les éloigne de toutes celles auxquelles il vient d'être fait 
allusion ; elle consiste dans l'abondance du zircon qui atteint jusqu'à 
7,5 p. 100. Il faudrait y ajouter la présence constante d'une petite 
quantité du minéral du groupe au pyrochlore, qui n'a pas été dosée dans 
les analyses ci-dessus, à cause des difficultés analytiques. 

§ V. — Alétamorphisme de contact. 

Les roches liasiques métamorphisées par les granités alcalins sont 
des grès à ciment calcaire , des grès et des schistes argileux, souvent asso- 
ciés en lits minces alternatifs ; je m'occuperai tout d'abord des sédiments 
dont la nature originelle est facilement reconnaissable, pour discuter 
ensuite celles dont le métamorphisme est tellement intense qu'il a fait 
disparaître toute trace de la composition minéralogique et de la structure 
primordiales. 

1" Modification de la roche éruptive. 

Je n'ai observé aucun phénomène endomorphe important. Le plus 
souvent, comme dans la figure 6 de la planche 10, le contact avec la roche 
sédimentaire est remarquablement net, le granité ne présentant aucune 
modification structurelle ni minéralogique notable au contact de la roche 



MATÉRIAUX POUR LA M1NÉI5 ALOGIE DE MADAGASCAR. 237 

sédimentaire. Dans quelque cas seulement, il existe sur la bordure de 
contact une zone de plusieurs millimètres, atteignant rarement quelques 
centimètres, dans laquelle il y a exagération de la proportion d'segyrine. 

Très fréquemment, les sédiments sont traversés par des veinules 
minces, apophyses de filons granitiques plus épais, et ayant parfois 
moins d'un centimètre d'épaisseur. Ces roches ont la structure normale, 
mais leurs pyroxènes sont souvent constitués non par de l'œgyrine, mais 
par une augite presque incolore. Les pseudomorphoses en zircon d'un 
minéral disparu sont très nombreuses et permettent de supposer 
qu'originellement ces roches ont été riches en une amphibole dont il 
ne reste plus trace ; le minéral voisin du pyrochlore s'y trouve en 
abondance. 

Enfin, la partie centrale de ces filonnets (PI. 10, fig. 2) renferme une 
grande quantité d'allanite {a). Ce minéral forme des grains noirs à 
éclat gras, présentant les propriétés caractéristiques, mais avec un pléo- 
chroïsme plus intense que de coutume ; la teinte suivant ??„, est d'un brun 
rouge foncé. Il est dépourvu de formes géométriques et constitue de 
grandes plages qui moulent tous les éléments de la roche, y compris le 
quartz. 

2° Roches sédimentaires métamorphisées. 
A. — Grès à cime?it calcaire. 

Les grès à ciment calcdiire constituent le type le plus fréquent parmi 
les roches métamorphiques que j'ai examinées; ils sont transformés en 
cornéennes compactes, rubanées de jaune et de vert clair. 

Les grains de quartz ancien, généralement plus ou moins arrondis, sont 
entourés par des granules xénomorphcs d'un pyroxème jaune ou ver- 
dâtre, cà et là englobés pœcilitiquement par des plages d'orthose et de 
calcite. Il existe aussi des grains de sphène entourant du rutile. 

Au voisinage des filonnets éruptifs, le pyroxène devient progressi- 
vement d'un vert de plus en plus foncé, en même temps que lacristallinité 
de la roche augmente. Le pyroxène forme alors des plages de quelques 
millimètres de diamètre qui moulent le quartz ; les formes de celui-ci sont 



238 A. LACROIX. 

irrégulières, des grains depyroxène et de feldspath sont englobés par ce 
minéral qui est, dans ce cas, un produit de recristallisation. 

Enfin, j'ai rencontré assez fréquemment en outre des plages irrégu- 
lières et déchiquetées monoréfringentes, très peu réfringentes ; elles 
sont fort limpides, légèrement teintées en bleuâtre de fluorine. J'ai pu 
obtenir, avec la roche pulvérisée, la réaction du fluor, et démontrer ainsi 
d'une façon définitive la présence de ce minéral qui n'a pas été trouvé 
jusqu'à présent comme élément normal d'une roche métamorphique. 
Le rôle considérable qu'il y joue a une grande importance théorique. 

Au point de vue de sa structure, de sa régulière distribution dans la 
roche, il rappelle la noséane microscopique des phonolites feldspa- 
thiques du Plateau central de la France. 

B. — Schistes micacés. 

Tous les schistes micacés que j'ai examinés sont des roches à éléments 
très fins ; seule, la biotite s'y rencontre en paillettes pouvant atteindre 
1 millimètre de diamètre, celles-ci sont disséminées dans une masse mica- 
cée à éléments beaucoup plus petits et comprenant en outre de petits 
granules d'un pyroxème vertpléochroïque et des grains de quartz. Dans 
quelques échantillons, la composition minéralogique se complique par 
l'apparition de grains d'orthose et de plages incolores et déchiquetées de 
fluorine. La biotite joue dans ces roches le même rôle que dans les 
schistes micacés des contacts granitiques. C'est le dernier minéral formé ; 
il moule non seulement les éléments blancs, mais encore le pyroxène : 
celui-ci est d'ordinaire de l'augite a3gyrinique, mais dans beaucoup 
d'échantillons, il est constitué par de l'segyrine franche. 

J'ai examiné quelques échantillons formés par des alternances de 
schistes micacés etde lits verts, ressemblante des amphibolites : le minéral 
vert y est uniquement constitué par de l'augite œgyrinique ou del'œgyrine, 
avec çà et là quelques grandes lames pœcilitiques de biotite : l'orthosc 
est généralement abondante dans ces lits pyroxéniquesqui renferment en 
même temps un peu de plagioclase basique, qu'il m'a été impossible de 
déterminer exactement à cause de son extrême petitesse. 



MA'I'KRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 5.19 

La figure 5 de la planche 10 représente, à peu près en grandeur natu- 
relle, un fragment de grès calcaire feldspathisé et injecté lit par lit par le 
granité : de grandes plaques taillées de façon ù comprendre le passage 
entre aeib présententun vif intérêt. En a, la roche renferme une très grande 
quantité de grains de pyroxène incolore et de petites paillettes debiotite, 
orientées parallèlement au rubanement de la roche. Les éléments blancs 
sont constitués par du quartz, de l'orthose et une faible quantité de 
feldspath triclinique basique (atteignant le labrador-bytownite). A 
mesure que l'on se rapproche de b, on voit la cristallinité de la roche aug- 
menter, le quartz, au lieu de se présenter en petits grains, forme des 
globules atteignant 0"°",25 de diamètre ; ils englobent pœcilitiquement 
tous les autres éléments et en particulier les plagioclases qui prennent 
des formes régulières, remarquablement nettes (1). 

En b et en c, à droite de la figure, le quartz pœcilitique est accompagné 
par de grandes plages d'orthose maclée suivant la loi de Carlsbad, et 
présentant la même structure pœcilitique. Çà et là, la biotite, au lieu 
d'être régulièrement distribuée dans la roche en petites paillettes, forme 
quelques grands cristaux à formes hexagonales qui englobent aussi des 
cristaux plus petits et présentent une structure dentelliforme des plus 
élégantes. 

Cette roche possède donc exactement la même structure que certaines 
roches de Nosy Komba, que j'ai décrites dans mon précédent mémoire (2) ; 
son étude démontre l'exactitude de l'interprétation que j'ai donnée de 
ces dernières; je les ai en effet regardées comme des roches métamor- 
phiques résultant de la transformation de grès calcaires; la roche sédi- 
mentaire originelle d'Ampasibitika était moins quartzeuse et plus argi- 
leuse que ceux-ci ; à Nosy Komba, la roche métamorphisante est de 
nature syénitique. 

Quant aux veines franchement granitiques de l'échantillon que nous 
étudions, elles sont constituées d'ordinaire par un granité qui contient, 
en fait d'éléments colorés, et en quantité presque égale, de la biotite, 

(1) Voy fig. 6, PL 5, du mémoire de 1902, qui représente cette structure pœcilitique, observée 
dans une roche métamorphique de Nosy komba. 

(2) P. 97. 



240 A. LACROIX. 

une amphibole arfvedsonitique et enfin de l'allanite en grandes plages 
xénomorphes. Parfois ce dernier minéral se développe aussi dans la roche 
métamorphique sous forme de grandes plages pœcilitiques dont la 
figure 1 de la planche 14 représente un exemple caractéristique. 

Je n'ai pas eu entre les mains d'autres échantillons de ce granité à 
biotite, et il est vraisemblable que la présence de la biotite y est le résul- 
tat d'une action endomorphe. 



C. — Cornéennes amphiboliques . 

J'ai étudié un bloc montrant le contact du granité à segyrine avec un 
schiste micacé ; il m'a fourni l'explication de roches singulières, formant 
dans la collection Villiaume des échantillons indépendants ou constituant 
des enclaves du granité. 

Le granité à segyrine de cet échantillon appartient au type normal : il 
présente près du contact une zone de cristaux d'œgyrine, ayant de 
2 à 3 millimètres d'épaisseur, elle est pauvre en quartz et assez riche 
en orthose. Au delà de celle-ci, se développe, du côté de la roche sédi- 
mentaire, une zone feldspathique renfermant en très grande quantité 
une amphibole arfvedsonitique; ce minéral a un allongement négatif et 
possède suivant îi^ une couleur d'un bleu de mer clair; ses cristaux sont 
raccourcis suivant l'axe vertical et présentent les formes m^h\ ^', h""'"'. 

Il existe un passage insensible entre les zones pyroxénique et 
amphibolique par mélange des deux métasilicates ferro-alcalins ; ils sont 
associés à une grande quantité de petits octaèdres réguliers jaune d'or 
de pyrochlore ; ceux-ci deviennent de plus en plus petits du côté de la 
zone amphibolique, où ils sont parfois accompagnés d'octaèdres incolores 
(spinelle?) et d'un peu de sphène. 

C'est par gradation insensible que cette zone amphibolique passe aux 
schistes micacés du type moyen décrit plus haut. Nous nous trouvons 
ici en présence d'un schiste si fortement feldspathisé qu'il a perdu sa 
structure originelle . Cette observation montre qu'e I le est l'origine de roches 

(1) P. 56. 



MATERIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 2'<1 

ayant une composition analogue et qui se rencontrent dans le même 
gisement, en gros blocs indépendants. Elles renferment parfois çà et là 
des taches ou des lits distincts de schistes micacés, ayant échappé à une 
transformation aussi complète. Dans les roches de ce genre, il existe 
souvent une très grande quantité de ces petits octaèdres incolores que je 
rapporte au spinelle, des plages déchiquetées de fluorine, et enfin de 
l'allanite (PI. 12, fig. 3). 

Enfin, un dernier échantillon de cornéenne, d'un jaune verdâtre, a la 
même structure que les schistes micacés à quartz pœcilitique décrits 
page 239, mais le pyroxène et la biotite y sont remplacés par une 
arfvedsonite d'un vert excessivement pâle en lames minces; çà et là se 
rencontrent des agrégats de cristaux aciculaires d'segyrine jaune, ter- 
minés par la pyramide aiguë qui carai^térise Vacmite de Rundemyr. 

d. — Quarlzites à grenat et riebeckite. 

J'ai observé quelques échantillons d'une roche rubanée d'un bleu 
presque noir, traversée par de nombreuses veinules granitiques à struc- 
ture porphyique , contenant de grands cristaux d'orthose d'un blanc 
laiteux, distribués dans un agrégat de cristaux plus petits du môme 
minéral et de quartz ; ils sont associés à des aiguilles d'segyrine et à des 
grains jaune-miel d'un grenat mélanite manganésifère. 

Cette môme roche bleue se rencontre aussi en enclaves dans le gra- 
nité zone àœgyrine aciculaire : elle en est parfois séparée par une zone 
grenue de quartz et de grenat. 

L'examen microscopique fait voir que la roche bleue est un quartzite 
métamorphique riche en riebeckite associée à de l'orthose, à du quartz 
et à du grenat. 

La riebeckite forme des grains discoïdes d'un bleu presque noir; l'or- 
those, en grains ou en cristaux nets est de très petite taille. Le grenat 
est jaune clair en lames minces, il présente des phénomènes de biréfrin- 
gence qui paraissent se rapporter au type topazolite, mais l'absence de 
formes géométriques en rend l'étude complète peu précise. 11 forme 
des plages qui englobent pœcilitiquement les minéraux précédents ; il 

Nouvelles Archives du Muséum, 4' série. — V 31 



2/i2 A. LAGKOIX. 

est lui-même moulé par le quartz. Il faut signaler enfin l'abondance des 
plages déchiquetées de fluorine. et des octaèdres microscopiques de spi- 
nelle (?) incolore. 

Quant aux veinules feldspathiques, elles ne diffèrent guère du granité à 
segyrine aciculaire que par la fréquence de l'albite, dont les lamelles 
aplaties suivant ,^' {0\-0) sont parfois englobées en grand nombre par des 
cristaux de grenat avec lesquels elles forment une sorte de structure ophi- 
tique. Le zircon en pseudomorphoses d'un minéral disparu (probablement 
amphibole) est abondant : quelques cavités miaroliliques sont parfois 
remplies par de la galène. 

La figure 4 delà planche 10 représente un échantillon d'un contact dans 
lequel on voit successivementde droite à gauche: le granité à segyrine et 
riebeckite à gros grains [a), une bande de quartzite à riebeckite (é), une 
veine de granité à eegyrine à grains fins (c), avec un petit lit de quartzite 
à riebeckite, une veine épaisse de granité à a^gyrine, dans laquelle pré- 
domine d'abord ce pyroxène [a^) et dans laquelle sont engagés des phé- 
nocristaux d'orthose provenant d'une zone plus feldspathique (c'), enfin, 
sur le bord de l'échantillon s'observe une deuxième bande de quartzite 
à riebeckite (i'). Cet échantillon me fait penser que les granités zones à 
œgyrine aciculaire pourraient bien être des veinules éruptives injectées 
dans les sédiments et ayant pris leur structure rubanée. 

En terminant, je décrirai un gros bloc d'une roche, rubanée comme 
l'échantillon représenté par la figure 5 de la planche 10; son origine 
est sujette à discussion. La plus grande partie de cet échantillon est 
constituée par une roche d'un gris bleuâtre très finement grenue, renfer- 
mant quelques rares phénocristaux feldspathiques ; elle est traversée 
dans tous les sens par de fines veinules d'une roche à plus grands 
éléments et à structure porphyrique. 

La roche à grains fins est essentiellement constituée par de la riebeckite, 
par du quartz grenu xénomorphe et par des feldspaths (orthose, anor- 
those et albite) ; ce dernier minéral forme des lamelles aplaties suivant 
(j^ (010), et orientées suivant le rubanement général; tous ces feldspaths 
n'ont de formes géométriques que lorsqu'ils se trouvent au contact de 
grandes plages de quartz. La riebeckite se présente en petits grains dis- 



MATÉRIAUX POUR LA MINÉRALOGIE DE MADAGASCAR. 243 

coïdes ; ils sont souvent isométriques : quand ils sont de plus grande 
taille, ils moulent pœcilitiquement les feldspaths. Les phénocristaux de 
feldspaths sont constitués par de l'anorthose faculée d'albite. 

Quant aux parties à grands éléments, elles ont la même compo- 
sition minéralogique que la roche précédente. Le quartz est très inéga- 
lement abondant ; la riebeckite se présente en moyenne en plus grande 
quantité ; elle forme parfois avec une hornblende verte aciculaire des 
moules d'une amphibole disparue et contenant en outre un mélange de 
quartz, de calcite, de titanomagnétite, de grains de sphène et de 
fluorine. Çà et là, la riebeckite est remplacée entièrement par une 
grande quantité d'œgyrine, plus ou moins automorphe. 

Cette roche est peut-être un microgranite, à moins qu'elle ne constitue 
un grès profondément métamorphisé, feldspathisé et injecté par le 
granité. Cette dernière hypothèse est assez vraisemblable, mais je n'ose 
me décider sur l'examen d'un seul échantillon. 

3° Conclusions. 

L'exposé rapide des phénomènes de contact des granités à œgyrine 
qui vient d'être fait et que je me propose de développer ultérieurement 
est suffisant pour montrer leur analogie avec ceux des syénites néphéli- 
niques de Nosy Komba. 

Ils sont, en effet, essentiellement caractérisés par des apports dans les 
sédiments liasiques, mais l'existence de ces apports est rendue particu- 
lièrement nette grâce à la nature des minéraux développés dans les grès 
et les schistes modifiés; ce sont en effet des feldspaths [oi^those] et sur- 
tout un pyroxène [œgyrine)^ des amphiboles [riebeckite et arfvedsonite) 
sadiques, que l'on n'est pas habitué à trouver dans des roches métamor- 
phisées par action de contact : or ces minéraux alcalins sont précisément 
ceux qui caractérisent la roche éruptive elle-même et la préexistence, 
dans les sédiments normaux, de tous les éléments nécessaires à leur 
production ne saurait être invoquée. 

L'abondance de la fluorine comme minéral régulièrement distribué 
dans une roche métamorphique est un fait nouveau, important. Il vient 



244 A. LACROIX. 

confirmer les vues que j'ai présentées (1) antérieurement sur l'exis- 
tence du fluor dans les émanations des granités alcalins, déjà mise en 
évidence par la fluorine que j'ai trouvée dans les granités à riebeckite de 
l'Yémen et de Corse et surtout par la cryolite et autres minéraux con- 
nexes des veines traversant le granité alcalin du Colorado. 

Les pseudomorphoses d'amphibole en zircon, la galène des granités à 
segyrine décrites dans ce mémoire et dans le précédent viennent encore 
renforcer l'importance du rôle joué par les minéralisateurs dans la pro- 
duction des roches qui nous occupent. 

(1) P. 91. 



CHAPITRE IV 

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS 

Les collections recueillies par M. Villiaume m'ont permis de montrer 
que dans toute la partie Nord-Ouest de Madagascar, limitée par le 46' degré 
de latitude Est de Paris, et le lA' degré 13, de longitude Sud, ainsi que 
dans les îles de Nosy bé et de Nosy Komba, c'est-à-dire, dans une région 
de près de 4800 kilomètres carrés, les terrains sédimentaires liasiques 
sont traversés par de nombreuses roches éruptives. Quelques-unes de 
celles-ci sont volcaniques, c'est particulièrement le cas à Nosy bé, mais le 
plus grand nombre d'entre elles sont intrusives : elles constituent des 
massifs, des dykes, des filons de toute taille. Ce sont ces roches intru- 
sives qui ont fait l'objet de mon précédent mémoire et de celui que je 
termine ici ; toutes sont post-liasiques ; elles offrent entre elles une 
remarquable parenté minéralogique et chimique qui caractérise une 
province pétrographique ; ce sont des roches alcalines, j'ai distingué 
parmi elles une série syénito-essexitique et une série granitique. 

h^ série syénito [dit)^oito)-essexitique est aussi complète qu'on peut l'ima- 
giner; elle comprend, en effet, des représentants nombreux des familles 
des syénites néphéliniqiies ^ des monzonites néphéliniques , des gahbros 
néphéliniques^ des ijolites. 11 faut y rattacher des gabbros dioritiques et 
des diabases amphiboliques , dont les affinités d'ailleurs seront discutées 
ultérieurement. 

La caractéristique minéralogique commune à toutes ces roches con- 
siste dans la présence d'une amphibole noire, de la barkévicite ^ accom- 
pagnée ou non d'un pyroxène (augite ou augite segyrinique). 

Les syénites néphéliniques de Bezavona et des environs d'Ankaramy 
offrent à ce point de vue la plus grande analogie avec celles de Nosy 
Komba que j'ai étudiées précédemment. Comme elles, elles renferment, 
sous forme d'enclaves ou de traînées, des faciès de variation appartenant 
aux types plus basiques de la série. 



240 A. LACROIX. 

Dans quelques-unes de ces syénites, la barkévicite manque ou dispa- 
raît progressivement, mais il est facile de démontrer que Taugite, associée 
à la raagoétite qui la remplace, s'est formée à ses dépens. Ces phéno- 
mènes de résorption de l'amphibole, peu connus jusqu'à présent dans 
les syénites néphéliniques constituent une véritable caractéristique de 
quelques-unes de celles de Madagascar. Il existe aussi des syénites 
néphéliniques à œgyrine; elles se présentent souvent, et peut-être tou- 
jours, sous forme de filons. C'est au milieu d'elles que se trouvent les 
minéraux rares que j'ai eu l'occasion d'étudier plus haut. 

L'un des résultats les plus nets qui découlent de mon étude de ces 
roches de Madagascar consiste dans l'individualité de la famille pétrogra- 
phique que j'ai proposée de désigner sous le nom de monzonites néphéli- 
niques^ et qui établit un intermédiaire entre les familles des syénites né- 
phéliniques et des gabbros néphéliniques ; elle est par suite caractérisée 
par l'association à la néphéline de feldspaths alcalins et de plagioclases 
(basiques). Ces monzonites néphéliniques se trouvent sous forme de filons 
indépendants, traversant les sédiments, ou de faciès de variation des 
syénites néphéliniques. 

Il est naturel d'y rencontrer comme élément essentiel la barkévicite, 
caractéristique de la série, mais il est digne de remarquer en outre que 
ce type, à barkévicite, semble être la forme normale de cette nouvelle 
famille. .J'ai en effet entre les mains une nombreuse collection de roches 
néphéliniques de Tahiti, que M. Seurat m'a recueillie dans la vallée de 
Papenoo en poursuivant la recherche du gisement de la roche que, dans 
mon précédent mémoire, j'ai décrite d'après un échantillon trouvé au 
Muséum : cette collection renferme une série pétrographique identique 
à celle étudiée ici; elle contient non seulement des monzonites néphé- 
liniques à barkévicite, mais encore des syénites néphéliniques à barké- 
vicite, des gabbros néphéliniques, des tinguaites, des monchiquites, etc. 
C'est à ce même type qu'il faut rapporter les monzonites néphéliniques 
formant des filons dans le crétacé de la plaine de Tarbes et des Basses- 
Pyrénées, ainsi que celles du Portugal; c'est à elle encore que l'on doit 
assimiler les roches signalées récemment dans la région de Predazzo et 
que M. Doelterafait recueillir dans l'excursion du Congrès géologique. 



MATÉRIAUX POUR LA MINERALOGIE DE MADAGASCAR. 247 

Mais les types de Madagascar et de Tahiti sont destinés à jouei' un 
rôle capital dans l'étude de cette famille pétrographique, puisque, à 
l'inverse de ce qui se passe dans tous les autres gisements cités plus haut, 
la néphéline y est souvent absolument intacte. 

Le massif de Eczavona ne contient pas seulement des types leucocrates 
et mésocrates de monzonites néphéliuiques, les derniers étant compa- 
rables à Vessexite de Sears, mais elle renferme en outre des termes fran- 
chement mélanocrates, présentantd'ordinaire une structure porphyrique. 
■ Les roches des familles des gabbros néphélmiques et des ijolites sont 
beaucoup plus rares que les précédentes; les gabbros ne se trouvent 
guère que sous forme de faciès de variation des syénites. 

La région d'Ankaramy est remarquable par la multiplicité des divers 
types de roches alcalines grenues, mésocrates et leucocrates que l'on y 
rencontre; la prépondérance des éléments ferromagnésiens fait com- 
prendre comment des variations relativement faibles de composition chi- 
mique peuvent influencer d'une façon considérable la nature des élé- 
ments blancs de ces roches et donner naissance ainsi à des types 
variés au point de vue de la composition minéralogique. Les relations 
de ces diverses roches grenues avec les monchiquites est à signaler. 

Tandis qu'à Nosy Komba les roches filoniennes étaient exclusivement 
leucocrates [hostonites) et localisées à la périphérie du massif syéni- 
tique, à Bozavona, au contraire, celui-ci renferme un grand nombre de 
filons minces, qui ne manquent pas d'ailleurs non plus dans les sédiments 
voisins. J'ai trouvé là une riche moisson de types variés : microsyénitcs 
aplitiques ou [xjrplujjnques, tiéphé Uniques ou leucitiques, tlnguaites avec 
types nouveaux varioliliques, roches à leucite, hostonites ; il existe aussi 
quelques roches basiques, des monchiquites^ mais elles sont extrêmement 
rares, comparativement aux roches précédentes et c'est surtout dans 
la région d'Ankaramy qu'il faut aller les étudier; elles y sont souvent 
éloignées de toute syénite néphélinique. 

Il faut rattacher à cette série syénito-cssexitique quelques syénites 
dépourvues de néphéline ; ce sont des nordmarkites ^ des pidaskites et 
surtout, le type jusqu'alors presque inconnu autre part qu'en Norvège, 
la lauroïkite qui joue un rôle important dans le massif de Bezavona : elle 



248 A. LACROIX. 

existe aussi dans le Sud de Nosy bé et sur les pentes Sud-Est du 
massif des Deux-Sœurs. Quelques ?nonzonites et inicro?no?izoniies, incom- 
plètement étudiées, faute de documents suffisants, sont à signaler. 

Enfin, je terminerai en rappelant la série granitique, caractérisée par 
des types à eegyrine et riebeckite, qui occupent une place tout à fait 
spéciale dans la famille des granités alcalins, leur richesse en pyroxène 
et en amphibole sodiques doit en eff'et les faire considérer comme un 
acheminement vers des termes mésocrates encore inconnus dans cette 
famille pétrographique. L'abondance du zircon, produit sous l'influence 
de fumerolles et constituant des pseudomorphoses d'amphibole, vient 
encore ajouter à l'originalité de ces granités alcalins de la grande île. 

J'ai fait remarquer plus haut que toutes les roches éruptives dont il 
vient d'être question sont postérieures au lias ; elles en transforment 
les calcaires, les grès, les schistes, produisant ainsi des types variés de 
roches métamorphiques, dont je me suis attaché à déterminer la com- 
position et la structure; quelques-uns d'entre eux présentent la preuve 
manifeste d'apports venant de la profondeur. 

J'ai donné dans ce mémoire et dans le précédent de nombreuses ana- 
lyses chimiques des principaux types pétrographiques étudiés ; je n'en 
ai tiré aucune conclusion générale, je réserve en eff'et celles-ci pour un 
mémoire ultérieur, qui sera publié aussitôt que j'aurai reçu quelques 
documents complémentaires que M. Villiaume veut bien me rechercher 
actuellement et qui me sont nécessaires pour pouvoir discuter d'une 
façon plus complète les relations mutuelles de toutes ces roches et 
les caractéristiques magmatiques de leur ensemble. 

Il me sera permis en terminant de faire remarquer encore une fois 
la richesse exceptionnelle de cette nouvelle province pétrographique 
dans laquelle se trouve concentré un si grand nombre de types de 
roches intéressantes et rares que l'on doit d'ordinaire étudier dans des 
régions différentes et éloignées les unes des autres. 



EXPLICATION DES PLANCHES 



PLANCHE 7 



Fig. 1. — Bloc de tinguaitc du Bekotapo [réduction d'environ moitié), renfermant une 
grande quantité d'enclaves: [a] calcaire; [h] grès à ciment calcaire; [c) calcaire zone, 
avec traînées [d) de menus fragments des types précédents d'enclaves. La pâte de la tin- 
guaite est d'un noir vert; les pliénocristaux se reconnaissent dans la photographie, grâce 
à leurs formes nettes [réduction de 1/3 environ) (p. 226). 

Fig. 2. — Filon ramifié de monchiquife dans syénite néphélinique (type II). Torrent d'An- 
devenanaomby [réduction de 2/5) (p. 212). 

Fig. 3. — Mon:onite néphélinique du ravin d'Antsohanina, avec traînée blanche [b) de 
micro foyaite, coupée par un filonnet noir [a) de microditroite mésocrate [réduction 
de 2/3) (p. 196). 

Fig. 4. — Sijénite [nép1iéUni([ue1) à barkévicite, avec taches mésocrates du ravin d'An- 
tsohanina (Voy. les figures 1 et 2 de la planche 11) [réduction de moitié) (p. 210). 

PLANCHE 8 

Brèche intrusive, injectée par syénite néphélinique. Ravin d'Antsohanina. 

La roche est formée de fragments éruptifs -.[a) syénite néphéliîiique, [c) phonolite et de 
fragments métamorphiques ; [e) calcaire cristallin plus ou moins silicatisé ; (/") cor- 
néenne [à pyroxène) verte ; [g) calcaire, entouré d'une gaine régulière plus métamorphisée. 

Ces éléments sont réunis par un ciment à grains fins (6), essentiellement constitué par de 
la syénite néphélinique brisée, avec quelques traînées [h) plus importantes de même 
nature. Dans la figure 2, la brèche est traversée par un filonnet (H) de syénite néphé- 
linique [7'éduction de moitié environ) (p. 187 et 207). 

PLANCHE 9 

Fig. 1. — Tinguaite variolitique en contact avec calcaire [a). La zone de contact bb est 
nette [réduction de 7noitié environ) (p. 202). 

Fig. 2. — Portion grossie de la figure précédente (p. 202). 

Fig. 3. — Tinguaite vitreuse variolitique [grandeur naturelle) (p. 202). 

Fig. 4. — Contact d'une cornéenne à loollastonite et pyroxène [a), marbrée de parties plus 
cristallines («') et d\me syénite néphélinique [b) avec veinules (c) et (d) de la même 
roche (p. 187). 

Les parties noires [a'-) sont presque exclusivement foimécs par un pyroxène ferrifère vert 
foncé [réduction de moitié environ). 

Les échantillons représentés par cette planche proviennent du torrent d'Antsohanina. 
Nouvelles Ahchives du Muséum. 4<^ série. — V. «^2 



250 EXPLICATION DES PLANCHES. 

' PLANCHE 10 

Fig. 1. — Filon complexe de syénite à pyroxène leucocrate («) et mésocrate [b], traversant 
les calcaires siluriens du mont Royal à Montréal (Canada) [réduction très faible) (p. 208). 

Fig. 2 et 3. — Filonnets de granité à segyrine dans grès liasique métamorphisé ; au centre, 
allanite [a) abondante \grandeur naturelle (fig. 2)] îréduction d'un tiei^senviron (fig. 3)] 

(p._237). 

Fig. 4. — Filon de granité à segyrine et riebeckite injecté dans quartzite feldspathisé a 
riebeckite ; [a] granité à œgyrine normal; [b et 6*) quartzite feldspathique d'un bleu noir, 
ricbe en riebeckite; [c] granité finement grenu vert clair, riche en œgyrine ; («') zone 
d'un vert foncé plus riche encore en œgyrine faisant partie d'une zone très feldspa- 
thique {&) qui renferme en grande quantité à la fois de l'œgyrinc et de l'arfvedsonite 
[grandeur naturelle) (p. 242). 

Fig. 3. — Grès feldspathisé [a et c) injecté par granité à grains fins [b) [légère réduction] 
(p. 239). 

Fig. 6. — Granité à segyrine et riebeckite, en contact avec cornéenne calcaire (p. 232 et 236). 
Les é hantillons représentés par les figures 2 à 6 proviennent d'Ampasibitika. 

PLANCHE 11 

Fig. 1 et 2. — Syénite [néphél inique) à barkévicite, à grains fins, du torrent d'Antsohanina . 
Cristaux de barkévicite, disséminés dans orthose et analcime. 

La figure 1 représente une plaque taillée dans la partie blanche, la figure 2 une plaque taillée 
dans les taches noires de l'échantillon représenté par la figure 4 de la planche 7 [gt^ossis- 
sement de 43 diamèt7^es) (p. 2J0). 

Fig. 3. — Lame mince du filonnet [d) de la figure 4 de la planche 9. Syénite néphélinifjue 
à xgyrinc. Les longues baguettes dœgyrine sont implantées plus ou moins per])cndicu- 
lairement sur la surface de la cornéenne (lumière naturelle ; grossissement de 12 diamètres) 

(p. 187). 

Fig. 4. — Syénite néphéliniquc de Manongarivo. Grands cristaux aplatis et enchevêtrés 
d'anorthose laissant entre eux des cavités miarolitiques remplies par de la néphéline et de 
l'anorthose microgrenues (lumière polarisée ; grossissement de 43 diamètres) (p. 224). 

Fig. 3. — Enclave dans syénite néphéliniquc (type II) du ravin de la Berondra. L'orlhose 
et la néphéline englobent pœciliti(]ucment des cristaux d'augite et de barkévicite (lumière 
polarisée; grossissement de \.'2 diamètres) [^. 190). 

Fig. 6. — Macle de Carlsbad d'une microperthite d'anorthose et d'albite [renfermant des 
lamelles (pseudomicrolites) dalbite)] de la syénite néphélinique à œgyrine de l'Est 
d'Andevenanaomby (lumière polarisée; grossissement de io diamètres) (p. 183). 

PLANCHE 12 

Fig. 1. — Granité finement grenu d'Ampasibitika; Yxgyrine xénomorphe moule le quartz 
et le feldspath : il existe un peu de riebeckite (noire sur la figure) (lumière naturelle: 
grossissement de 40 diamètres) (p. 232). 

Fig. 2. — Granité mésocrate d'Ampasibitika. h'xgyrine aciculaire est antérieure au quartz 
et au feldspath (lumière naturelle; grossissement de 40 diamètres) (p. 233). 



EXPLICATION DES PLANCHES. 251 

Fig. 3. — Cornéenne feldspathique cLAmpasibitika ; des cristaux d'amphibole bleue se 
distinguent par leur relief du fond de quartz et d'orthose, formant la plus grande partie de 
la roche ; en noir apparaissent des cristaux pœcilitiques d'allanite (lumière naturelle ; 
grossissement de 55 diamètres) (p. 241). 

Fig. 4. — Grenat mélanite zone, dans microsyénite néphélinique duBekotapo (lumière natu- 
relle ; grossissement de 105 diamètres) (p. 226j. 

Fig. 5. — Leucophonolite du torrent d'Ampiambisany. Les cristaux de leucite, avec 
leurs inclusions en couronne (pyroxène), sont distribués dans un magma microlitique 
d'orthose, de pyroxène et peut-être de néphéline (zéolitisée) (lumière naturelle ; grossis- 
sement de 60 diamètres) (p. 206). 

Fig. 6. — Id. [grossissement de 200 diamètres) . Un cristal de leucite occupe le milieu de 
la figure (p. 206). 

PLANCHE 13 

Fig. 1 à 3. — Tinguaite avec cristallites de mica etd'œgyrine et (fig. 3) phénocristaux d'or- 
those [lumière naturelle ; grossissement de 40 (fig. 1), de 105 (fig. 3) et de 135 (fig. 2) dia- 
mètres] (p. 201). 

Fig. 4. — Tinguaite. Salbande vitreuse montrant, dans la pâte, des cristallites ferrugineux 
. avec des phénocristaux d'orthose et de néphéline (lumière naturelle ; grossissement de 
40 diamètres (p. 202). 

Fig. 5. — Filon analogue, avec varioles microscopiques (lumière naturelle ; grossissement 
de 105 diamètres) (p. 203). 

Fig. 6. — Centre du filon, dont la salbande est représentée par la figure 4 ; tinguaite, riche 
en cristaux automorphes de néphéline, avec orthose et cristaux aciculaires d'aegyrine 
(lumière polarisée ; grossissement de 45 diamètres) (p. 202). 

Les échantillons photographiés proviennent des filons du torrent d'Antsohanina. 

PLANCHE 14 

Fig. 1. — Plage iVallanite englobant pœcilitiquement des cristaux de quartz et d'orthose. 
Grès métamorphique d'Ampasibitika (6 delà figure 5, PI. 10) (lumière naturelle ; groS' 
sissetnent de 65 diamètres) (p. 240). 

Fig. 2. ■ — Barke'vicite [a) en voie de résorption en un mélange d'augite (6) et de titano- 
magnétite, englobant des cristaux de néphéline et d'orthose, dans syénite népliélinique 
de la rive gauche du torrent d'Andevenanaomby (lumière naturelle ; grossissement de 
80 diamètres) (p. 182). 

Fig. 3. — Groupement dentelliforme d'xgyrine avec magnétite, de la syénite néphé- 
linique à œgyrine de l'Est d'Andevenanaomby (lumière naturelle; grossissement de 
55 diamètres) (p. 185). 

Fig. 4. — /Egyrine englobant pœcilitiquement des cristaux de néphéline [Même roche et 
même grossissement que figure 3) (p. 183). 

Fig. 5, comme figure 2, mais la barkévicite a disparu [grossissement de 100 diamètres) 

(p. 182). 

Fig. 6. — Octaèdres d'un minéral du groupe Avi pyrochlore, du granité à œgyrine d'Am- 
pasibitika (lumière naturelle; grossissement de 310 diamètres) (p. 232). 



252 EXPLICATION DES PLANCHES. 

Fig. 7. — Zircon de la roche précédente (lumi(?re naturelle: grossissement de 100 dia- 
mè(7'es) (p. îj3:2). 

Fig. 8. — Groupement de cristaux à.'orthose (macle de Carlsbad) et de ne'phéline (?i) dans 
tinguaite du torrent d'Antsohanina (lumière polarisée ; grossissement de 45 diamètres) 
■ (p. 202). 

Fig. 9. — Barkévicite, entourée par pyroxène incolore dentelliforme et par néphéline [c) 
dans monzonite néphélinique de la Berondra (lumière naturelle ; grossissemeîit de 53 dia- 
mètres) (p. 192). 

Fig. 10. — Groupement [a) d'eudyalite (apparaissant en noir) et de catapléite (apparaissant 
en blanc), englobant segyrine (6), dans syénite néphélinique à xgyrine. Est d'Andeve- 
nanaomby (lumière naturelle; grossissement de 55 diamètres) (p. 186). 

Fig. 11. — Pseudomorphose micacée de néphéliiie, avec clivage basique, de la syénite 
néphélinique (lumière polarisée; grossissement de 80 diamètres) (p. 188). 

Fig. 12. — Ainigmatite {a) englobant a'gyrine. Même roche que la figure 3 (lumière natu- 
relle ; grossissement de 45 diamètres) (p. 185). 

Fig. 13. — Macle de Carlsbad d'un groupement microperthite d'albite(a) etiVa)iort/iose{b); 
le cristal a été photographié dans une position voisine de l'une de celles d'éclairement 
commun des lames de la loi de lalbite, afin de faire valoir les différences de biréfrin- 
gence de deux feldspaths. Même roche que figure 3 (lumière polarisée; grossissement de 
45 diamètres) (p. 185). 

Fig. 14. — Minéral inconnu [a) avec néphéline (6) et orthose (c) ; même roche que figure 3 
(lumière polarisée ; grossissement de 100 diamètres) (p. 186). 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages. 

Introduction 171 

CHAPITRE PREMIER 

MASSIF DE BEZAVONA 

I. Aperçu géographique et géologique 173 

II. Syénites sans néphéline 177 

1° Nordmarkites 177 

2° Syénites à pyroxène 178 

A. Laurvikites 178 

a. Laurvikite normale •. . 178 

h. Laurvikite quartzilere 179 

B. Microsyénites à pyroxène (microlaurvikite) 180 

III. Syénites néphéliniques 181 

1° Syénites népliéliniques à augite et barkévicite 182 

2° Syénites néphéliniques à œgyrine 184 

IV. Monzonites néphéliniques et enclaves basiques des syéniles néphéliniques 189 

1° Roches ne se trouvant que sous forme de traînées ou d'enclaves 189 

2° Monzonites néphéliniques 191 

V. Roches filoniennes 194 

1° Microsyénites 194 

A. Microsyénites à faciès aplitique 194 

a. Microsyénites néphéliniques 194 

p. Microsyénites leucitiques 196 

B. Microsyénites néphéliniques porphyriques 197 

2° Tinguaites 198 

a. Tinguaites normales 200 

6. Tinguaites micacées 200 

c. Tinguaites variolitiques 201 

d. Tinguaites (leucitiques?) à barkévicite 203 

Composition chimique des tinguaites 205 

3° Leucophonolites 206 

4° Trachytes phonolitiques 207 

5° Bostonites 207 

6" Brèches filoniennes 208 



254 TABLE DKS MATIÈRES. 

7° Syénites à barkévicite 209 

8° Moncliiquites, camptonites et aiigitites 210 

VI. Métamorphisme de contact des syénites néphéliniques 213 

1° Phénomènes de contact endomorphe 213 

2° Phénomène de contact exomorphe 214 

Brèche métamorphique 216 

VII. Diabases (protérobases) 218 

CHAPITRE II 

GISEMENTS DE LA PRESQU'IlE d'aMBAVATOBY 

I. Aperçu géographique et géologique 220 

II. Syénites sans néphéline 222 

1° Syénites quartzifères 222 

2° Microsyénites 223 

MI. Syénites néphéliniques 223 

' l" Syénites népliéliniques '. 223 

2° Microsyénites néphéliniques 223 

3° Tinguaites 226 

IV. Roches alcalines mésocrates et mélanocrates 227 

V. Monzonites 229 

Micromonzonites ........ 229 

CHAPITRE III 

LES GRANITES ALCALINS d'aMPASIBITIKA . 

I. Filons complexes de granité à œgyrine et riebeckite 231 

II. Filons rubanés de granité à œgyrine 233 

III. Microgranites % , 234 

Microgranites à riebeckite et œgyrine 234 

IV. Composition chimique des granités à œgyrine , . , 235 

V. Métamorphisme de contact , , 236 

1° Modification de la roche ériiptive , 236 

2° Roches sédimentaires métamorphisées 237 

a. Grès à ciment calcaire 237 

b. Schistes micacés . . . 238 

c. Cornéennes amphiboliques , 240 

d. Quartzites à grenat et à riebeckite 241 

3° Conclusions .' 243 

CHAPITRE IV 

Résumé et conclusions 245 



7311-03. — CORBEIL. IMPRIMERIE ÉD. CRÉTÉ. 



BULLETIN 



DES 



NOUVELLES ARCHIVES DU MUSÉUM 

D'HISTOIRE NATURELLE 



QUATRIÈME SÉRIE 



TOME CINQUIÈME 



MouvELLEs Ahcuives uu Muséum, 4« série. — V 



î^"-^' Archives du Muséum 



ulletm '^^ Série T.V 




Imp Ch , Witlmann. 



1830 - 1902 



P.-P. DEHÉRAIN 

MEMBRE DE l'iNSTITUT, 
PROFESSEUR AU MUSÉUM d'iIISTOIRE NATURELLE 

(1830-1902). 



NOTICE NÉCROLOGIQUE 



PAR 



M. L. MAQUENNE 



Pierre-Paul Dehcrain est né à Paris le 19 avril 1830 ; orpiielin à l'âge de 
neuf ans (1), il fut recueilli et élevé par le peintre Henri Decaisne, frère cln 
bolanisle Joseph Decaisne, de son vivant membre de l'Institut et professeur au 
Muséum, que le goût commun de l'art avait rapproché deM""" Dehérain. Toute sa 
vie, P.-P. Dehérain resta profondément reconnaissant aux frères Decaisne des 
bontés qu'ils avaient eues pour lui. 

Après avoir fait ses études au Collège municipal Chaptal, de 1839 à 1847, il entra, 
en 1848, à l'Ecole d'administration et y restâtes trois mois que dura cet établisse- 
ment. Mais déjà il avait appris à aimer la chimie et, en 1850, il entrait comme 
élève au laboratoire de M. Frémy, au Muséum d'Histoire naturelle. Quatre ans 
après, en 1854, il était nommé préparateur du Cours de zoologie appliquée à 
l'agriculture, que Baudement professait alors au Conservatoire des Arts et 
Métiers. 

En 1856, après avoir pris son grade de licencié es sciences physiques, il fut 
chargé de l'enseignement de la chimie au Collège Chaptal; il y professa jusqu'en 
1880, époque de sa nomination au Muséum d'Histoire naturelle. 

En 1859, il se faisait recevoir docteur, avec une thèse relative aux chloro-sels 
et à l'emploi des phosphates en agriculture. La chaire de Baudement ayant été 

(1) Son père, Alexandre Dehérain, était magistrat; il mourut le 26 août 1837, président de la 
Cour d'appel de Paris; sa mère, née Herminie Lerminier, qui possédait un véritable talent d'ar- 
tiste, mourut le 23 mai 1839. 



IV iM. L. MAQUENNE. 

transformée, à la mort de son titulaire, en 1864, en une chaire de génie rural, 
M. Dehérain se vit dans l'obligation de quitter le Conservatoire. Heureusement 
la chaire de chimie et de physique à l'Ecole nationale d'agriculture de Grignon, 
ayant été dédoublée en 186o, M. Dehérain fut chargé du cours de chimie et 
titularisé en 1869. 11 conserva cette chaire, jusqu'au moment où la maladie vint 
le surprendre. En 1875, une station agronomique ayant été annexée à l'Ecole de 
Grignon, M. Dehérain voulut bien, à titre gracieux, se charger d'y diriger les 
recherches. 

En 1872, il rentra au Muséum, comme aide-naturaliste de INI. Decaisne, chef de 
son laboratoire et suppléant pour une partie du cours de culture ; il ne devait 
plus désormais quitter notre grand établissement scientifique Le 10 janvier 1880, 
il fut en effet nommé professeur titulaire de la chaire de physiologie végétale 
appliquée à l'agriculture, créée par décret en date du même jour. 11 fut élu 
membre de l'Académie des sciences, dans la section d'économie rurale, à la place 
de Boussingault, le 12 décembre 1887. En 1889, il remplaçait Chevreul à la 
Société nationale d'agriculture. Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1873, il 
fut promu officier en 1889. 

Dès le début de sa carrière, M. Dehérain prit un vif intérêt aux problèmes 
scientifiques, surtout à ceux qui touchaient à l'agriculture. 

Sa première note, présentée à l'Académie le 6 juillet 1837, a pour sujet la 
solubilité des phosphates de chaux fossiles dam les acides du sol; cette question 
devait d'ailleurs le préoccuper toute sa vie ; une de ses thèses de doctorat y fut 
consacrée, et dans la suite il revint sur ce sujet à plusieurs reprises, précisant les 
conditions d'emploi des phosphates et donnant h cet effet des règles pouvant 
guider les praticiens. Dès le début il avait compris nettement que si l'on arrivait 
à connaitrc les couditions d'action des phosphates on aurait une base certaine 
pour l'emploi rationnel des engrais. Cette base n'est pas encore bien fixée à 
l'heure actuelle ; mais les progrès qui ont été faits dans cette voie sont attribuables 
aux premières recherches de Dehérain, qui avait préconisé l'emploi des acides 
faibles pour établir une distinction entre l'acide phosphorique total d'une terre 
et la fraction qui peut être assimilée directement par les plantes. Ce sont ces 
recherches qui ont inspiré le nombre considérable de travaux qui de tous côtés 
ont été effectués sur ce point. Dans un de ses derniers mémoires, à propos de la 
culture du trèfle, il revenait sur cette question et montrait combien elle est en- 
core loin d'être résolue. 

L'action qu'exerce le plâtre sur les cultures de légumineuses excita sa curiosité 
au plus haut degré. 11 n'eut pas de peine à démontrer que les explications 
proposées jusqu'alors manquaient de base scientifique; il fit voir que le plâtrage 
avait surtout pour effet de solubiliser la potasse du sol et de la mettre ainsi à la 
disposition des légumineuses, qui sont de grandes consommatrices de cet 
élément. 

M. Dehérain donna d'ailleurs un peu plus tard un exemple remarquable des 



p. -p. DEHÉRAIN. — NOTICE NECROLOGIQUE. V 

échanges qui se produisent clans la terre, et de l'action souvent indirecte des 
substances qui lui sont ajoutées : si l'on cultive des plantes, des pommes de terre, 
des haricots par exemple, dans une bonne terre, et qu'on les arrose avec une 
solution de sel marin, on trouve, après leur mort, qu'elles n'ont pas pris trace de 
sodium, mais qu'elles sont gorgées au contraire de chlorure de potassium : le sel 
de sodium a fait double décomposition avec les composés potassiques peu solubles 
(lu sol, les a rendus diffusibles et aptes à être absorbés par les racines. Le fait est 
d'autant plus digne d'attention que lorsque les sels de potassium sont absents ou 
ne sont présents qu'en faible quantité, les plantes se saisissent volontiers des 
sels de sodium. 

En 1866, l'Académie des sciences accorda le prixBordin à son célèbre mémoire 
sur l'assimilation des substances minérales par les plantes. Lorsque de Saussure 
publia ses observations sur l'absorption des substances salines par les végétaux, 
il en était réduit à de vagues hypothèses sur les causes de cette absorption, 
variable suivant la nature de la substance dissoute. Dehérain sut mettre à 
profit les enseignements de la physique, et en particulier ceux, bien abstraits en 
apparence, que fournissaient les travaux de Graham sur la diffusion. Le principe 
étant admis qu'en tous les points d'une solution la composition doit être la même, 
Dehérain démontra que l'équilibre, entre les liquides du sol et ceux qui gorgent 
les tissus de la plante, tend constamment à être rompu par suite de l'insolubili- 
sation d'une ou de plusieurs substances en dissolution dans le liquide; pour 
rétablir cet équilibre, une nouvelle quantité de matière dissoute doit passer du 
sol dans la plante où elle pourra s'insolubiliser de nouveau et par suite s'accu- 
muler : une subs'ance s'acciwnile aux pointa où elle s' insolubilise, ou plus géné- 
ralement où elle devient non diffusible. Cette théorie rendait compte d'une manière 
satisfaisante de l'accumulation du phosphore, du carbonate de chaux, de la 
silice; elle explique aussi la composition des plantes marines, bien plus riches en 
iode et en sulfates que ne le permettrait de prévoir la composition de l'eau de 
mer qui les baigne. 

Entre temps, et par une sorte de retour aux études qu'il avait faites au labo- 
ratoire Frémy, Dehérain s'occupa quelque peu de chimie pure, en particulier des 
chloro-sels, de l'oxydation de l'alcool par électrolyse en présence d'acide azo- 
tique, etc. Mais dès sa nomination à l'Ecole de Grignon il s'adonna tout entier à 
l'étude (le la production végétale. 

Nous voyons alors ses recherches porter successivement sur toutes les fonctions 
fondamentales des plantes. Il imagine des méthodes simples pour mesurer la 
transpiration des plantes de grande culture; et beaucoup plus tard, en 1890, au 
champ d'expériences de Grignon, il devait tirer de l'observation de ce phénomène 
des indications précieuses pour l'emploi des engrais. Il précise l'action qu'exerce 
la lumière, naturelle ou artificielle, sur l'assimilation chlorophyllienne, et l'été 
dernier encore montrait comment on peut, dans un cours, mettre facilement en 
évidence la décomposition du gaz carbonique par les feuilles éclairées. En 



VI IJ. [.. MAOUENNK. 

étudiant la respiration des divers organes végétaux, il fait voir que le rapport de 
lacide carbonique émis à l'oxygène absorbé n'est pas constant, qu'il est fréquem- 
ment supérieur à l'unité et explique le fait signalé par les analyses de Boussin- 
gault que dans une plante entière la proportion d'hydrogène dépasse celle qui 
est nécessaire pour former de l'eau avec l'oxygène (188G). 

La première phase de la vie végétale, la germination, fixa aussi l'attention de 
Dehcrain. Il montra que, dans le jeune âge, la plantule vit surtout par ses racines 
(jui absorbent de grandes quantités de matières minérales. Il répéta la célèbre 
expérience de Bœhm, qui avait annoncé que les plantes ne développent pas de 
racines dans l'eau distillée, et que la présence de la chaux leur est nécessaire, 
et il fit voir qu'il n'en était pas toujours ainsi. Vingt ans plus tard, en 1901, il 
trouva l'explication de cette anomalie : très souvent l'eau distillée renferme des 
traces très faibles de cuivre qui arrêtent toute croissance des racines ; la présence 
d'un sel calcaire insolubilise le cuivre et permet ainsi aux racines de se déve- 
lopper normalement. 

En 1875, il établit dans le domaine de l'Ecole de Grignon un champ d'expé- 
riences qui est aujourd'hui connu dans le monde entier. Il put alors aborder 
tout ce qui touche à la pratique agricole ; il continua ses recherches sur la matu- 
ration, commencées en I8G9, et publia de nombreux mémoires sur le dévelop- 
pement du seigle, de l'avoine, du blé. En 1880, il publia sur la maturation des 
plantes herbacées un travail qui peut servir de modèle dans ce genre de 
recherches; le choix judicieux qu'il fit des espèces à mettre en observation lui 
permit de montrer avec quelle énergie l'ovule fécondé fait appel aux réserves 
accumulées par la plante, à tel point qu'il peut arriver que celle-ci meurt brus- 
quement, ayant fourni toute sa substance vivante à la graine. Il y a là un 
exemple frappant, et, à notre sens, d'une haute portée philosophique, des 
moyens que la nature met en œuvre pour assurer la continuité de l'espèce. 

Les résultats des cultures faites au champ d'expériences de Grignon furent 
dès le début publiés régulièrement dans les Annales agronomiques qu'il avait 
fondées en 187o. C'est ainsi qu'il put préconiser l'emploi du blé à épi carré, 
qui lui avait toujours' fourni d'excellents résultats, tant à Grignon que 
sur des domaines du nord de la France appartenant à un de ses collaborateurs^ 
M. Porion. Cette variété est précieuse pour ces régions; grâce à sa grande 
résistance à la verse, elle peut supporter de fortes fumures, et donne des 
récoltes magnifiques; c'est du reste ce qui résulte aussi des réponses faites à 
un questionnaire envoyé aux cultivateurs qui avaient semé ce blé. Le dernier 
mémoire qu'il écrivit est relatif aux rendements extraordinaires que fournirent 
en 1902 les parcelles de blé du champ de Grignon. 

En 1902, également, il montrait que l'origine de l'amidon du grain de blé doit 
être attribuée à l'activité chlorophyllienne des tiges restées encore vertes alors 
que les feuilles jaunies sont incapables de décomposer l'acide carbonique 
aérien. 



p. -p. DKHKRATN. - NOTIGK NÉGKOLOGIQUE. VII 

L'importance considérable que prenait graduellement la culture de la betterave 
en France, devait naturellement conduire l'agronome qu'était Dehérain à étudier 
les conditions favorables à la production du sucre. Dès 1875, il s'attaqua à ce 
problème, d'abord au Muséum avec son maître et ami Frémy, ensuite au champ 
de Grignon et enfin sur les domaines de M. Porion à Wardrecques et à Bla- 
ringhem. Il démontra le grand avantage qu'il y a pour la richesse saccharine des 
racines à les maintenir en lignes serrées. Depuis ({uolques années, le prix du sucre 
est devenu tel que la culture des betteraves sucrièrcs n'est rémunératrice que dans 
des terres et des régions bien appropriées; si les conditions climatériques et les 
qualités du sol ne sont pas nettement favorables, le cultivateur ne peut plus 
produire de betteraves de sucrerie, et il a alors intérêt à faire des betteraves 
pour la nourriture de ses animaux. Si, dans ces conditions, il n'est plus astreint à 
produire des racines très riches en sucre, il doit néanmoins donner à ses bêtes 
une plante qui soit alimentaire. Dehérain montra l'erreur grossière dans laquelle 
tombaient les agriculteurs, et qui consiste à produire des betteraves énormes, 
géantes, mais ne contenant que de l'eau. 11 s'elforça de prouver que l'on 
produit plus de sucre, plus de matière azotée, plus de nourriture en un 
mot, sur une surface donnée, en cultivant de petites racines, ce qui peut s'obtenir 
en choisissant des variétés appropriées et en les cultivant en lignes serrées, 11 
préconisa ce mode de culture dans divers ouvrages et périodiques populaires; 
<^t ici encore il avait réussi à faire partager sa manière de voir par un grand 
nombre de cultivateurs qui lui soumettaient volontiers les résultats de leurs 
essais. 

Le choix judicieux de la variété et le mode de culture ne sont pas les seuls 
moyens dont dispose l'agriculture pour accroître ses récoltes; la nutrition de la 
plante est aussi de première importance. L'étude des engrais devait donc 
trouver sa place au champ d'expériences de Grignon. Dehérain reconnut bientôt 
que sur ce sol les phosphates et les sels de potasse présentent peu d'efficacité, 
fait qui s'accorde bien avec les renseignements que fournit l'action des acides 
faibles sur la terre de Grignon. De sorte qu'il fut naturellement porté à étudier 
cet engrais toujours eflicace, le fumier de ferme. Sa composition, sa fabrication, 
sa conservation, son emploi, ont fait l'objet d'un grand nombre de ses mémoires. 
Persuadé que le fumier agit non seulement par l'azote et les éléments minéraux 
qu'il renferme, mais aussi par sa matière organique, il insistait vivement, dans 
ses leçons, sur la préparation de cette substance par les fermentations qui ont 
leur siège dans le tas de fumier. Et chaque année il conduisait ses auditeurs du 
Muséum à Grignon, dans la cour de la ferme de l'Ecole, pour leur montrer 
comment on fabrique un bon fumier. 

Il reconnaissait d'ailleurs le rôle prépondérant que joue l'azote dans le fumier; 
aussi la conservation de cet azote a-t-elle été l'objet d'un de ses travaux de pré- 
dilection. Avant lui on croyait que les pertes d'azote au tas de fumier sont 
énormes, et qu'on ne peut les éviter qu'en arrêtant les fermentations. Or ces 



VIII M. L. MAQUENNE. 

pertes ne peuvent s'effectuer que par volatilisation du carbonate d'ammoniaque, 
et on sait que le carbonate d'ammoniaque n'est volatil qu'à la condition de se 
dissocier. Appliquons donc les principes que nous a enseignés Deville : l'excès 
d'un des éléments de la dissociation s'oppose à cette dissociation ; un excès d'acide 
carbonique empêchera donc le dégagement de l'ammoniaque. Mais dans un tas 
de fumier bien conduit, ces conditions sont réalisées; si les fermentations sont 
actives, il y a production de grandes quantités d'acide carbonique, et il ne doit pas 
y avoir de perte d'ammoniaque. C'est ce que l'expérience confirme : on peut 
puiser des gaz pendant des journées entières dans un tas de fumier bien arrosé 
et bien tassé sans recueillir une trace d'ammoniaque. Les additions au fumier de 
substances acides, superphosphates ou autres, qui ont été à diverses reprises 
préconisées par des agronomes étrangers, sont plus nuisibles qu'utiles, en ce 
sens qu'elles entravent ou arrêtent l'évolution des ferments producteurs d'acide 
carbonique. 

Outre les soins à donner au tas de fumier, il faudra veiller à ce que les litières 
souillées par les animaux ne séjournent pas trop longtemps à l'étable, car c'est 
là que se produisent les pert^es d'azote les plus fortes ; au moment de l'épandage 
il faudra enfouir le fumier rapidement, la terre retiendra l'ammoniaque, dout 
une proportion notable est perdue si le fumier est mis en couverture. 
. Lorsque l'on considère la quantité énorme d'azote que renferme la terre d'un 
hectare, quantité qui est l'arement inférieure à 4 000 kilogrammes, on est frappé 
de ce fait que les agriculteurs ne savent pas utiliser cet azote et sont constamment 
obligés d'apporter de nouvelles doses de cet élément sous forme de fumier ou de 
nitrate de soude. Dehérain a exécuté de nombreux travaux sur la mobilisation de 
l'azote du sol, c'est-à-dire sur la nitrification. Lorsqu'en 1891 il eut établi à Grignon 
des cases de végétation, l'étude régulièrement poursuivie des eaux de drainage lui 
montra qu'une terre nue, bien travaillée, produit plus d'azote nitrique qu'il n'en 
faut pour l'alimentation azotée d'une bonne récolte. Pourquoi donc une terre embla- 
vée profite-t-ellede l'addition d'engrais azotés? C'est que le facteur indispensable de 
la nitrification est l'eau ; lorsque le sol est couvert de végétaux, ceux-ci évaporent 
des quantités d'eau considérables, prises au sol, qu'ils peuvent laisser dans un 
état de sécheresse peu favorable à l'activité des ferments nitriques. Le cultivateur 
doit donc s'efforcer de maintenir dans la terre une provision d'eau suffisante pour 
subvenir aux besoins des plantes et assurer le bon fonctionnement des organismes 
nitrificateurs. Dehérain donna ainsi une explication des façons de la terre aux- 
quelles les praticiens consacrent tant de peine; ces façons, en ameublissant le 
sol, non seulement permettent aux racines de s'enfoncer aisément, mais encore 
et surtout mettent la terre en état d'absorber et de conserver les eaux pluviales. 

Les cases de végétation ont encore permis de préconiser d'autres pratiques 
agricoles de la plus haute importance. Les terres nues, comme il a été dit, nitrifient 
énergiquement; J es perties d'azote par les eaux de drainage peuvent, par suite, 
être considérables. Il faut donc, après la moisson, ne pas laisser le sol sans culture, 



p. -p. DEHÉRAIN. — NOTICE NÉCROLOGIQUE. IX 

et il convient d'y semer une plante à croissance rapide qui absorbera les nitrates 
formés et les retiendra. Aux premiers froids, on enfouira cette culture dérobée, 
dont la matière azotée se décomposera lentement, et au début du printemps 
commencera à fournir des nitrates dont profitera la récolte qui est semée à ce 
moment. L'étude des eaux de drainage montre bien qu'il faut opérer ainsi et non 
pas retarder l'enfouissement jusqu'après l'hiver, car alors la nitrification n'a lieu 
que tardivement, à la fin de l'été, c'est-à-dire à une époque oîi la récolte qui 
couvre le sol ne peut plus profiter des nitrates formés. Dehérain recommandait la 
vesce comme culture dérobée, et il était heureux de montrer comment l'étude 
raisonnée des eaux de drainage l'avait conduit à préconiser une pratique que 
l'empirisme avait montré être utile aux cultivateurs : en effet, les cultures 
dérobées sont en usage dans quelques parties de la France, et on retrouve chez 
les auteurs latins cette idée qu'il est bon de semer de la vesce après le blé. 
Il existe des régions oii, après la moisson, on laisse la terre se couvrir d'une végé- 
tation spontanée : les graminées qui se développent jouent le rôle de culture 
dérobée. 

Quoique cela puisse paraître paradoxal au premier abord, ces études ont donné 
aussi une explication rationnelle de la jachère : si une terre est laissée nue pendant 
le printemps et l'été, l'eau que reçoit le sol y persiste en quantité suffisante pour 
assurer le bon fonctionnement des ferments nitriques, et du blé semé à l'automne 
trouvera une provision abondante de nitrates dont s'empareront immédiatement 
ses racines. 

L'emploi des cultures dérobées restreint donc les pertes par les eaux de drainage, 
mais elles ne les annihilent pas absolument ; d'autre part, il y a d'autres causes 
d'appauvrissement du sol en azote, dont la principale est le prélèvement que font 
les récoltes. L'étude des variations de la teneur en azote des terres de Grignon 
avait montré à Dehérain que les sols cultivés en prairie s'enrichissent en azote, 
tandis que ceux qui portent des céréales, des pommes de terre, des betteraves, 
s'appauvrissent continuellement. En 1885, M. Berthclot montra que, par action 
microbienne, les terres peuvent fixer de l'azote gazeux, et en 1888 Hellriegel et 
Wilfarth donnèrent l'explication des propriétés améliorantes des légumineuses 
qui sont capables d'assimiler l'azote libre. C'est donc l'atmosphère qui est la source 
où nous devons nous efforcer de puiser pour enrichir nos terres. L'emploi des 
légumineuses comme culture dérobée est donc doublement avantageux, puisque 
non seulement elles retiendront les nitrates, mais aussi qu'elles fixeront l'azote 
de l'air. Dans ces dernières années, Dehérain s'est beaucoup occupé de ces plantes 
et plusieurs de ses derniers mémoires sont relatifs aux conditions de culture des 
lupins, du trèfle et de la luzerne, dans les terres dépourvues de calcaire. 

Les pertes par drainage, les prélèvements des récoltes, ne sont pas les seules 
causes d'appauvrissement des terres ; l'azote peut être éliminé à l'état gazeux, 
par réduction des nitrates. La dénitrification avait déjà fait l'objet des recherches 
de Dehérain en 1882, époque à laquelle il montra l'existence dans le sol d'orga- 

NouvELLES Archives du Muséum, i'^ série. — V. 6 



X M. L. MAQUENNE. 

nismes réducteurs des nitrates, avec dégagenien!: d azote ou de protoxyde d'azote. 
Il revint sur ce sujet en 1897 pour répondre à des expériences faites en Allemagne 
et qui étaient de nature à jeter le discrédit sur des pratiques agricoles séculaires. 
Il avait coutume de dire que lorsque la science est en désaccord avec les habi- 
tudes des cultivateurs, c'est la science qui a tort. Des agronomes allemands pré- 
tendaient qu'il est souvent dangereux d'employer du fumier de ferme, que celui-ci 
apporte au sol des ferments dénitrificateurs et par suite pourra causer des pertes 
d'azote, qu'en particulier il faut absolument éviter de mettre sur la même terre 
du fumier et du nitrate de soude. Il y avait donc désaccord absolu entre les faits 
observés au laboratoire et la pratique agricole. Dehérain fit voir que celle-ci avait 
raison, que les organismes de la dénitrification existent dans le sol, et qu'à ce 
point de vue leur apport par le fumier est négligeable, que dans les conditions 
ordinaires la dénitrification n'est pas à craindre, et que si certains auteurs l'ont 
observée, c'est qu'ils employaient des doses de fumier dix ou vingt fois supérieures 
à celles qui correspondent à nos plus fortes fumures. 

Tous ces travaux, et bien d'autres dont on trouvera la nomenclature plus loin^ 
ont été publiés en détail dans les Aniiales agronomiques. Ils ont été condenses 
dans le Iraité de Chimie agricole dont Dehérain a fait paraître une deuxième 
édition à la lin de 1901. Dans la préface de ce livre magistral, dont la publication 
lui coûta un travail considérable, il synthétise pour ainsi dire le labeur de sa vie 
entière. Rappelant les grandes découvertes de la fm du xix*" siècle, la nitrification, 
la fixation de l'azote gazeux, qui découlent de l'œuvre de Pasteur, il montre 
comment il est amené à considérer l'eau comme l'agent de fertilité par excellence 
pour le sol. Si on arrive à fournir à la terre assez d'eau pour subvenir à la trans- 
piration des végétaux et au bon fonctionnement des ferments du sol, on est assuré 
de produire des récoltes rémunératrices. De là à voir dans l'irrigation l'avenir de 
l'agriculture, il n'y a qu'un pas. « Arroser le sol de la France est la grande entre- 
prise qui fera la gloire du xx'' siècle et assurera sa prospérité agricole, car l'eau 
est la première condition de la ferlililé. » 

En même temps que physiologisle et savant agronome, Pierre-Paul Dehéraiu 
fut un écrivain remarquable et un brillant professeur. Ses ouvrages, d'une clarlé 
incomparable, témoignent de la lucidité de son esprit et de la justesse de ses vues; 
tous ceux qui l'ont entendu, au collège Chaptal, à l'école de Grignon ou au Muséum, 
ont gardé de ses leçons un souvenir extrêmement vif. 

D'ailleurs il aimait la vulgarisation autant que l'enseignement, et c'est ce 
penchant naturel qui l'a conduit à publier, à partir de 1862, V Annuaire scienti- 
fique, dans lequel, avec le concours de MM. Brouardel, Duméril, Gariel, Marey, 
Mascart, Potier, Rayet, G. Tissandier, Trélat, etc., il rendait compte annuellement 
des progrès de la science; cette publication intéressante, interrompue par la 
guerre, cessa de paraître en 1870. Dehérain prit quelques années plus tard la 
direction des Annales agronomiques, dont les vingt-huit volumes forment aujour- 
d'hui une collection rare, renfermant, outre un grand nombre de mémoires 



p. -p. DKHÉUAIN. — NOTICE NÉCROLOGIQUE. XI 

originaux, un résumé complet de tous les travaux intéressant la chimie agricole, 
l'agriculture et la physiologie végétale qui ont été publiés depuis trente ans en 
France et à l étranger. 

De bonne heure chef de laboratoire, Dehérain vit passer auprès de lui un grand 
nombre d'élèves; il les aimait, les encourageait de toutes ses forces, en faisait ses 
collaborateurs et, lorsqu'il les en jugeait dignes, les soutenait de toute son 
influence. L'amour du travail, qu'il savait inspirer à tous, était à ses yeux la 
plus haute qualité d'un savant ; il fut pour lui-même une ressource précieuse dans 
les cruelles épreuves qu'il eut à subir. Grande fut sa joie lorsque certains de ses 
élèves vinrent prendre place à côté de lui à l'Académie des sciences ; aussi grandes 
sont la reconnaissance et l'affection que tous lui ont vouées. 

Il y a quelques années, Dehérain fut atteint de la cataracte ; opéré avec succès, il 
revint bientôt à ses amphithéâtres et à ses laboratoires du Muséum et de Grignon. 
Au cours de son immense labeur, poursuivi sans interruption pendant quarante- 
cinq ans, il n'a pas songé à prendre un seul instant de repos. 

11 mourut après trois semaines de maladie, le dimanche 7 décembre 1902. Six 
semaines auparavant, le 27 octobre, il présentait encore à l'Académie des sciences 
une note, relative aux récoltes extraordinaires de froment obtenues en 1902 au 
champ d'expériences de Grignon. 

Sa perte a été vivement ressentie par les agronomes du monde entier, elle est 
plus particulièrement cruelle pour ceux auxquels il a été donné, comme à nous, 
de l'approcher quotidiennement et d'apprécier Ihomme en môme temps que le 
savant. 

Il avait su s'entourer d'affections filiales autant que de respectueuses sympathies ; 
sa vie faite toute entière de labeur incessant, de nobles ambitions, de dévouement 
à la science et au pays restera un bel exemple pour les jeunes qui aspirent à 
devenir des maîtres à leur tour. 



LISTE 

DES OUVRAGES ET MÉMOIRES 

PUBLIES 
M. P. -P. DEHÉRAIN 



1857. — Sur la solubilité des phosphates de chaux fossiles dans les acides naturels 

du sol. 
Comptes rendus de VAcad. des se, t. XLV, p. 13. 

1858. — Sur l'action dépolarisante de l'eau oxygénée (en commun avec M. W. de 

Fonvielle). 
Comptes rendus, t. XLVII, p. 149. 

— Sur les transformations que le phosphate de chaux éprouve dans le sol. 
Comptes rendus, t. XLV II, p. 988. 

1859. — Recherches sur l'emploi agricole des phosphates (Thèse pour le Doctorat). 

— Les combinaisons formées par deux chlorures sont-elles des se\sl [Idem.) 

1860. — Sur l'électrolyse d'un mélange d'alcool et d'acide azotique (en commun 

avec M. d'Almeida). 

Cojuptes rendus, t. LI, p. 'i.li. 

1861. — De l'action de l'ammoniaque sur les chlorures (chlorures d'antimoine 

et d'étain). 

Comptes rendus, t. LI, p. 734. 

— Note sur la présence du phosphate de chaux dans les calcaires qu'emploie 

l'agriculture. 

Cotnptes 7'endus, t. LI, p. 728. 

1862. — Recherches sur la composition de quelques terres arables. 
Comptes rendus, t. LIV, p. 122. 



LISTE DES PUBLICATIONS. XIII 

1862. — De l'action de l'ammoniaque sur les chlorures (chlorures de bismuth). 
Comptes rendus, t. LIV , p. 724. 

— De l'action de l'ammoniaque sur les chlorures (chlorures de cuivre). 
Comptes rendus, t. LV, p. 801 . 

1863. — De l'action de l'ammoniaque sur les chlorures. 
A7in. du Conserv. des Arts et Métiers, t. V. 

— Sur le plâtrage des terres arables. 
Comptes rendus, t. LVI, p. 965. 

— Sur la végétation des plantes aquatiques à l'obscurité. 
Bull, de la Soc. chim., t. II, p. 136. 

1865. — Sur le plâtrage des terres arables. 

Comptes rendus, t. LX, p. 444; Bull, de la Soc. chim., t. III, p. 165, et Ann. du 
Consei'v., t . IV et V. 

1866. — Recherches sur l'assimilation des substances minérales par les plantes. 
Ann. des Se. nat. bot. (4), t. VIII, p. 165. 

1867. — Recherches expérimentales sur l'emploi agricole des sels de potasse. 

Première année d'essais. 
Comptes 7'endus, t. LXIV, p. 863 etQli ■,Bull. delà Soc. chim., t. VIII, p 8 et 75. 

1868. — Recherches expérimentales sur l'emploi agricole des sels de potasse. 

Deuxième année d'essais. 
Comptes rendus, t. LXVI, p. 322 et 494; Bull, de la Soc. chim., t. X, p. 91. 

— Sur les eaux marécageuses. Expériences exécutées à l'étang de Grignon. 

Comptes rendus, t. LXVII, p. 178; Bull, de la Soc. chim., t. X, p. 178 ; Ann. des 
Se. nat. bot. [\), t. XI, p. 268. 

1869. — De l'évaporation de l'eau par les feuilles. 

Comptes rendus, t. LXIX, p. 381 ; Bull, de la Soc. chim., t. XIII, p. 378. 

— De l'inlluence qu'exercent divers rayons lumineux sur la décomposition 

de l'acide carbonique et l'évaporation de l'eau par les feuilles. 
Comptes rendus, t. LXIX, p. 929; Ann. des Se. nat. bot. (4), t. XII, p. 5. 

— Note sur les métamorphoses et les migrations des principes immédiats 

dans les végétaux herbacés. 

Comptes rendus, t. LXIX, p. 369; Bull, de la Soc. chim., t. XIII., p. 2. 
1871. — Sur l'intervention de l'azote atmosphérique dans la végétation. 

Comptes rendus, t. LXXIII,p. 1488 et LXXVI, p. 1390; Bull, de la Soc. chim., 
t. XIX, p. 538; Ann. des Se. nat. bot. (4), t. XVIII, p. 147. 



XIV p. -p. DlîHÉllAIN. 

1873. — Sur la composition des terres arables de Grignon. 
Chitn. agi', de Deherain, p. 312. 

1874. — De l'absorption de l'oxygène et de l'émission de l'acide carbonique par 

les feuilles maintenues à l'obscurité (en commun avec M. Moissan). 
Comptes rendus, t. LXXVIII^p. 1112; Ann. des Se. nat. bot. (4),^. XIX, p. 321. 

— Recherches sur la germination (en commun avec M. Landrin). 
Comptes rendus, t. LXXVIII, p. 1488; Ann. des Se. îiat. bot. (4), t. XIX, p. 358. 

1875. — Recherches sur les betteraves à sucre. Première année d'expériences 

(en commun avec M. Fremy). 
Comptes rendus, t. LXXX, p. 778 ; Ann. agron., t. I, p. 161. 

— Nouvelles recherches sur la germination. 

Cotnptes rendus, t. LXXXI, p. 198; Aim. agron., t. I, p. 229. 

1876. — Recherches sur les betteraves à sucre. Deuxième année d'expériences 

(en commun avec M. Frémy). 
Comptes rendus, t. LXXXII, p. 943; Ann. agron., t. II, p. 161. 

— Cultures du champ d'expériences de Grignon en 1875. 
Ann. agr., t. II, p. 95 

— Recherches sur la respiration des racines (en commun avec M. Vesque). 
Comptes rendus, t. LXXXIV, p. 959; Aîin. agron., t. II, p. 512. 

1877. — Recherches sur les betteraves à sucre. Troisième année d'observations. 
Ajin. agron., t. III, j). 74. 

— Cultures du champ d'expériences de Grignon en 1876. 
Ann. agron., t. III, p. 112. 

— Sur le développement de l'avoine, première et deuxième années d'obser- 

vations (en commun avec M. Nantier). 

Ann. agron., t. III, p. 481. 

1878. — Cultures du champ d'expériences de Grignon en 1877. 
Ann. agron., t. IV, p. 99. 

— Recherches sur les betteraves à sucre. Quatrième année d'observations. 
An7i. agron., t. IV, p. 129. 

— De l'assimilation des matières minérales par les plantes. Assimilation de 

la soude. 
Ann. agron., t. IV, p. 321. 



LISTE DES PUBLICATIONS. XV 

1878. — Etude du sol du champ d'expériences de Grignon. Azote et carbone des 

matières organiques (en commun avec M. Nantier). 
Ann. ogron., t. IV, p. 418. 

1879. — Cultures du champ d'expériences de Grignon en 1878. 
Ann. agron., t. V, p. IIG. 

— Sur le développement de l'avoine. Troisième année d'observations (en 

commun avec M. Nantier). 

Ann. agron., t. V,p. 144. 

— Sur les pertes de matière sèche pendant la maturation des plantes 

herbacées. 

Ann. agron., t. V,p. 271. 

— Etude du sol du champ d'expériences de Grignon. Acide phosphorique 

(en commun avec M. Meyer). 

Ann. agron., t. V, p. IGl. 

— Sur la décomposition de l'acide carbonique par les feuilles éclairées par 

des lumières artificielles (en commun avec M. Maquenne). 
Ann. agron., t. VI, p. 401 ; Ann des Se. nat. bot. (6), t. IX, p. 47. 

1880. — Cultures du champ d'expériences do Grignon en 1879. 
Ann. agron., t. VI, p. 71. 

— De l'état de l'acide phosphorique dans les terres arables et de l'emploi 

agricole des phosphates (en commun avec M. Kayser). 
Ann. agron., t. VI, p. 509. 

— Recherches sur la maturation de quelques plantes herbacées (en commun 

avec M. Bréal). 

Ann. agron., t. VII, p. llil ; Arcli'iDes du Muséum, t. III, p. 177. 

1881. — Cultures du champ d'expériences de Grignon en 1880. 
Ann. agron., t. VII, p. VU. 

— Influence de la lumière électrique sur le développement des végétaux. 
Ann. agron., t. VII, p. 151. 

— Recherches sur le développement de l'avoine. Quatrième année d'obser- 

vations (en commun avec M. Meyer). 
Ann. agron., t. VII, p. 197. 

— Recherches sur le développement de l'avoine Cinquième année d'obser- 

vations (en commun avec M. Nantier) 
Ann. agron , t. VII, p. 208. 



XVI p,-p. DEHÉRAIN. 

1881. — Sur la végétation dans des atmosphères riclies en acide carbonique (on 
commun avec JM. jMaquenne). 

A?in. agron., t. VII, p. 385. 

— De la décomposition de la vapeur d'eau par les effluves électriques (en 

commun avec M. Maquenne). 

Comptes rendus, t. XCIII, p. 895. 

— Combinaison de l'hydrogène avec l'oxygène sous l'influence des effluves 

électriques (en commun avec M. Maquenne). 

Comptes rendus, t. XCIII,p. 965. 

— De la décomposition de l'eau par les effluves électriques en présence de 

l'azote (en commun avec M. Maquenne). 

Comptes rendus, t. XCIII, ;;. 1021. 

1882. — Recherches sur le développement du blé (en commun avec M. Meyer). 
Ann. agron., t. VIII, p. 23. 

— Cultures du champ d'expériences de Grignon en 1881. 
Ann. agron., t. VIII, p. 118. 

— Réduction des nitrates dans la terre arable (en commun avec M. Maquenne). 
Comptes rendus, t. XCV, p. 691,731 et 85-i; Ann. agron., t. IX, jy. 5. 

1883. — Cultures du champ d'expériences de Grignon en 1882. 
Ann. agron., t. IX, p. 186. 

— Des pertes et des gains d'azote que subit la terre arable sous l'influence 

de diverses cultures. 

Comptes rendus, t. XCVI,p. 198; Ann. agron., t. XIII, p. 321. 

— Recherches sur l'influence des matières minérales dans la germination 

(en commun avec M. Rréal). 
Ann. agro7i., t. IX, p. 58. 

— Influence ne l'azotate de potasse et de l'azotate de soude sur la culture 

des pommes de terre. 
Comptes rendus, t. XCVII, p. 998; Ann. agron., t. IX, p. 540. 

— Sur les produits de la fermentation butyrique provoquée par la terre 

arable (en commun avec M. Maquenne). 
Comptes rendus, t. XCVII, p. 903; Aiin. agron., t. X,p. 5. 

1884. — Cultures du champ d'expériences en 1883. 
jinn. agron., t. X, p. 97, 



LISTE DES PUBLICATIONS. XVll 

1884. — Recherches sur les fermentations du fumier de ferme. 

Comptes rendus, t. XCVIII, p. 377, et t. XCIX, p. 45 \Ann. agron., t. A', p. 385. 

— Sur l'emploi agricole des superphosphates. 
Comptes rendus, t. XCVIII, p. 1286. 

— Culture des betteraves au champ d'expériences de Grignon. 
Ann.agron., t. X, p. 529. 

1885. — Culture du blé au champ d'expériences de Grignon en 1884. 
Ann. agron., t. XI, p. 145. 

— Les blés à haut rendement. 

Comptes rendus, t. CI, p. 537 ; Ann. agron., t. XI, p. 433. 

— Enrichissement en azote d'un sol maintenu en prairie. 
Comptes rendus, t. CI, p. 273 ; Ann. agron., t. XII, p. 17. 

1886. — Cultures expérimentales de Wardrecques et de Blaring'.iem en 1885 

(en commun avec iM. Porion). 
Comptes rendus, t. Cil, p. 54 et 135 ; Ann. agron., t. XII, p. 49. 

— Recherches sur la respiration des feuilles à l'obscurité (en commun avec 

IM. Maquenne). 
Comptes rendus, t. C,p. 1234; t. CI, p. 887 et 1020 ; Ann. agron., l. XII, p. 145. 

— Sur la valeur des engrais. 
Ann. agron., t. XII, p. 257 et 436. 

— Sur l'absorption de l'acide carbonique par les feuilles (en commun avec 

M. Maquenne). 
Comptes rendus, t. CIII, p. 167; Ann. agron., t. XII, p. 562. 

— Cultures expérimentales de Wardrecques et de Blaringhem en J886 

(en commun avec M. Porion). 
Comptes rendus, t. CIII, p. 587; Ann. agron., t. XIII, p. 5. 

1887. — Observations sur les assolements. 
Comptes rendus, t. CV. p. 483. 

— Cultures expérimentales de Wardrecques et de Blaringhem(en commun 

avec M. Porion). 

A7in. agron., t. XIII, p. 5. 

— Culture des terres fortes. 

Ann. agron., t. Xfll, p. 80. 

Nouvelles Auciuves du Muséum, 4« série. — V. C 



XVIll P -p. DEHIÏRAIN. 

1887. — Sur la production des nitrates dans la terre arable. 
Ann. arjron., t. XIII, p. 241. 

— L'œnvre agricole de M. Boussingault. 
Ann. agron., t. XIII, p. 289. 

— Culture de l'avoine en 1886-87. 
Ann. agron., t. XIII, p. 433. 

— Culture des betteraves à Grignon en 1887. 
Ann. agron.,t.XIII, p.^'iQ. 

1838. — Sur la culture du blé à épi carré en 1887 et 1888 (en commun avec 
M. Porion). 
Co7nptes rendus, t. CVII,p. 707. 

— Cultures expérimantales de Wardrecques et de Blaringhem, troisième 

année. 
Ann. agron., t. XIV, p. 5. 

— Sur la fabrication du fumier de ferme. 

Comptes rendus, t. CVf, p. 987; Ann. agron., t. XIV, p. 97. 

— Recherches sur la formition des nitrates dans des terres arables inéga- 

lement fertiles. 
Ann. agron., t. A'/F, jo. 289. 

— Cultures du champ d'expériences de Grignon en 1888. 
Ann. agron , t. XIV, p. 529. 

1889. — Pertes et gains d'azote constatés au champ d'expériences de Griguo:i, 

de 1875 à 1889. 
Comptes rendus, t. CVIII, p. 873; Ann. agron., t. XV, p. 241. 

— Sur l'épuisement des terres par la culture sans engrais et l'utilité de la 

matière organique du sol. 
Comptes rendus, t. CIX, p. 781 ; Ann. agron , t. X V, p. 481. 

— Cultures expérimentales de Wardrecques et de Blaringhem, quatrième 

année (en commun avec M. Porion). 
Ann. agron., t. XV, p. 97. 

1890. — Observations relatives à une communication de M. A. Girard sur la cul- 

ture de la pomme de terre industrielle et fourragère. 
Comptes rendus, t. CX, p. 179. 

— Sur l'épuisement des terres par la culture sans engrais. Deuxième 

mémoire : étude des eaux de drainage. 
Comptes rendus, t. CXI, p. 258; Aim. agron., t. XVI, p. 337. 



LISTE Dl£S PUBLICATIONS. XlX 

1890. — Cultures du champ d'expériences de Grignon en 1889. 
Anji. agron., t. A'TY, p. 5. 

— Culture de la betterave au champ d'expériences de Grignon en 1890. 
Ann. agron., t. XVI, ji. 542. 

1891. — Sur la composition des eaux de drainage. 

Comptes rendus, t. CXII, p. 465; Ann. agron., t. XVII. j). 49. 

— L'acide phosphorique du sol. 
Ann. agron., t. XVII, p. 445. 

1892. — Sur les cultures dérobées d'automne, utilisées comme engrais verts. 
Comptes rendus, t. CXV, p. 273. 

— Les eaux de drainage des terres sans végétation. 
Ann. agron., t. XVIII, p. 273. 

— Les betteraves fourragères et les betteraves à sucre au champ d'expé- 

riences de Grignon en 1891. 
Ann. agron., t. XVIII, p. 380. 

— Le mildew dans le Puy-de-Dôme. 
Ann. agron., t. XVIII, p. 444. 

— La transpiration des végétaux et l'emploi des engrais. 
Ann. agron., t. XVIII, p. 465. 

1893. — Les eaux de drainage des terres cultivées. 

Comptes rendus, t. CXVI, p. 33 ; Ann. agron. , t. XIX., p. 65. 

— Le travail de la terre et la nitrification. 

Comptes rendus, t. CXVI, p. 1091; Ann. agron., t. XIX, p. 401. 

— Sur l'inégale résistance à la sécheresse de quelques plantes de grande 

culture. 

Comptes rendus, t. CXVII, p. 269 ; Ann. agron., t. XIX, p. 561. 

— Sur la composition des eaux de drainage d'hiver des terres nues et 

emblavées. 

Comptes rendus, t. CXVII, p. 1041. 

— Sur les cultures dérobées d'automne. 
Ann. agron., t. XIX, p. 305. 

— Contribution à l'étude agricole de la Tunisie. 
Ann. agron.., t. XIX, p. 487. 



XX P.-P. DEHERAIN. 

1894. — Les caiix de drainage des terres cultivées. 
Ann. agron., t. XX, p. 21 et 449. 

— Cultures du blé et de l'avoine au champ d'expériences de Grignon on 1894. 
An?i. agron., t. XX, p. 561. 

1895. — Sur les cultures dérobées d'automne. 

Comptes rendus, t. CXX, p. 59; Ann. agron., t. XXI, p. 5. 

— Sur la composition des eaux de drainage. 

Comptes rendus, t. CXX, p. 701 ; Ann. agron., t. XXI, p. 193. 

— Contribution à l'étude de la terre arable. Qiiantités d'air et d'eau contenues 

dans les mottes de terre. 
Comptes rendus, t. CXXI, p. 30; Ann. agron., t. XXI, p. 353. 

— Recherches sur les betteraves fourragères. 
Ann. agron., t. XXI, j). 305. 

— Cultures du champ d'expériences de Grignon. Le blé et l'avoine en 1895. 
Ann. agron., t. XXI, p. 564. 

1896. — Sur la circuhition de l'air dans le sol (en commun avec IM. Demoussy). 
Co77iptes rendus, t. CXXII.p. 109. 

— Sur la jachère. 

Comptes rendus, t. CXXII, p. 821 ; Ann. agron., t. XXII, p. 257. 

— Sur l'oxydation de la matière organique du sol (en commun avec 

M. Demoussy). 
Comptes rendus, t. CXXIII,p. 278; Ann. agron., t. XXII, p. 305. 

— Nouvelle contribution à l'étude de la jachère. 
Ann. agron., t. XXII, p. 515. 

— Sur le travail du sol. 
Ann. agron., t. XXII, p. 449. 

— Cultures dérobées d'automne. (Juatrième Mémoire. 
Ann. agron., t. XXII, p. 545. 

— Recherches sur la perméabilité de la terre (en commun avec M. Demoussy). 
Ann. agron., t. XXII, p. 49. 

1897. — La réduction des nitrates dans la terre arable. 

Comptes re?idus, t. CXXIV, p. 269; Ann. agron., t. XXIII, p. 49. 

— Sur la composition des eaux de drainage. 

Cotnptes rendus, t, CXXV, p. 209; Ann. agron., t. XXllI,p. 241. 



LISTE DES PUBLICATIONS. XXI 

4897. — Sur la fixation et la nitrification de l'azote dans les terres arables. 
Comptes r^endus, t. CXXV, p. 278. 

— Leçon d'ouverture du cours de physiologie végétale. 
Ann. agron., t. XXIII, p. 193. 

— Le travail du sol. Deuxième Mémoire. 
Aiîn. agi'on., t. XXIII, p. 216. 

— Recherches sur les eaux de drainage des terres nues et cultivées. 

Cinquième Mémoire. 
Ann. agron., t. XXIII, p. 241. 

— Cultures dérobées. Quatrième Mémoire. 
Ann. agro7i., t. XXIII, p. 561. 

1898. — Sur les pertes d'ammoniaque qui accompagnent la fabrication du fumier 
de ferme. 
Cofnptes i^endus, t. CXXVI, p. 1305. 

— Sur l'épandage et l'enfouissement du fumier de ferme. 
Comptes rendus, t. CXXVII, p. 469; A7in. agron., t. XXIV, p. 401. 

— Culture des betteraves au champ d'expériences de Grignon. 
Ann. agron., t. XXIV, p. 49. 

— Sur la réduction des nitrates dans les terres arables. Deuxième Mémoire. 
Ann. agron., t. XXIV, p. 130. 

— L'ensemencement des ferments dans le sol. 
Ann. agron., t. XXIV, p. 174. 

— Leçon d'ouverture du cours de physiologie végétale professée le 

19 avril 1898. 
Ann. agron., t. XXIV, p. 193. 

— Fabrication du fumier de ferme. 
Ann. agron., t. XXIV, p. 257. 

— Le travail du sol. Troisième Mémoire. 
Ann. agron., t. XXIV, p. 449. 

— Cultures du blé et de l'avoine à Grignon en 1898. 
Ann. agron., t. XXIV, p. 520. 

— Cultures du blé et de l'avoine à Grignon en 1896 (en commun avec 

MM. Crochetelle et Dupont). 
Ann. agron., t. XXIV, p. 305. 



XXII p. -p. DEHERAIN. 

1899. — Le travail du sol. 

Comptes rendus, l. CXXVIII, ]i. 474. 

— Cultures dérobées d'aiiiomne. Leur efficacité couîniC engrais vert. 
Comptes rendus, t. CXXIX, pA'è%. 

— Sur la dissémination des ferments dans le sol. 
Ann.agron., t. XXV, p. 289. 

■ — Culture (les pommes de terre et des betteraves au cbamp d'expériences 
de Grignon en 1898. 

Ann. agron., t. XXV, p. 336. 

— Leçon d'ouverture du Cours de physiologie végétale, professée au Muséum 

le 11 avril 1899. 

Ann. agron., t. XXV, p. 193. 

— Nouvelles études sur la fabrication du fumier de ferme (en commun 

avec ]\L Dupont). 

Ann.agron., t. A'A'IY, ^^.401. 

1900. — Sur la culture (.'es lupins blancs (en commun avec M. Demoussy). 
Comptes rendus, t. CXXX, p. 20; Ami. agron., t. XXVI, p. 57. 

— Sur la culture des lupins bleus (en commun avec M. Demoussy). 
Comptes reiidus, t. CXXX, p. 465; Ann. agro7i., t. XXVI, p. 169. 

— Cultures du blé et de l'avoine au champ d'expériences de Grignon en 

1899. 
Ann. agron., t. XXVI, p. 20. 

— Binage et sarclage. 
Ann. agron., t. XXVI, p. 257. 

— Cultures du champ d'expériences de Grignon 
Ann. agron., t. XXVI, p. 371. 

— Culture des betteraves au champ d'expériences de Grignon en 1900. 
Ann. agron., t. XXVI, p. 593. 

— Sur la composition des gaz confinés dans le fumier de ferme (en commun 

avec M. Dupont). 

Ann. agron., t. XXVI, p. 273. 

1901. — Sur la germination dans l'eau distillée (en commun avec M. Demoussy). 
Comptes rendus, t. CXXXII, p. 523 ; Ann. agron., t. XXVII, p. 553. 



LISTE DES PUBLICATIONS. XXIII 

1901. Sur l'origine de l'amidon du grain de blé (en commun avec M. Dupont). 

Comptes rendus, t. CXXXIII, p. 774. 

Sur la culture du trètle dans des terres privées de calcaire (en commun 

avec ^l. Demoussy). 
Comptes rendus, t. CXXXIII, p. 1174. 

Culture des pommes de terre au champ d'expériences de Grignon en 1900. 

Ann. agron., t. XXVII, p. ^Q. 

— Sur les fermentations des matières azotées qui arrivent au fumier (en 

commun avec M. Dupont). 
Ann. arjron., t. XXVII, p. 401. 

— Cultures du blé au champ d'expériences de Grignon en 1900 et 1901. 
Ann. agron., t. XXVII, p. 534. 

1902. — Culture de la luzerne sur des terres sans calcaire (en commun avec 
M. Demoussy). 
Comptes rendus, t. CXXXIV, p. 73. 

— Sur la culture des betteraves fourragères. 

Comptes rendus, t. CXXXIV, p. 635; Ann. agron., t. XXVIII, p. TSi. 

— Culture des betteraves fourragères au champ d'expériences de Grignon 

en 1900 et 1901 [on commun avec M. Dupont). 
Comptes rendus, t. CXXXIV, p. 953; Ann. agron., t. XXVIII, p. 337. 

Démonstration expérimentale de la décomposition de l'acide carbonique 

par les feuilles insolées (en commun avec M. Demoussy). 
Comptes rendus, t. CXXXV,p. 274; Ann. agron., t. XXVIII, p. 48-2. 

— Culture du lupin jaune (en commun avec M. Demoussy). 
Comptes rendus, t. CXXXV,p. 443; Ann. agron., t. XXVIII, y;. 449. 

— Culture du blé au champ d'expériences de Grignon en 1902 (en commun 

avec M. Dupont). 
Comptes rendus, t. CXXXV, p. 654. 

— Études sur les légumineuses de grande culture. Culture du trèlle blanc 

(en commun avec M. Demoussy). 
Ann. agron., t. XXVIII, p. 497. 

— Origine de l'amidon du grain de blé (en commun avec M. Dupont). 
Ann. agron., t. XXVIll, p. 522. 



OUVRAGES PUBLIES PAU M. P.-P. DEHERAIN 



1854. — Chimie et physique horticoles. 

4862-1870. — Annuaire scientifique. 

1867. — Cours élémentaire de chimie (en collaboration avec M. G. Tissandier). 

1873. — Cours de Chimie agricole. 

1875-1902. — Annales agronomiques, publiées sous les auspices du ministère 

de l'Agriculture. 
1879. — Cultures du champ d'expériences de Grignon. 
1885. — La nutrition de la plante. 
1892. — Traité de Chimie agricole, 1" édition. 
1895. — Les engrais et les ferments de la terre. 
1897. — Les plantes de grande culture. 
1902. — Traité de Chimie agricole, 2' édition. 

M. P.-P. Dehérain a en outre collaboré activement à la Revue des Deux-Mondes, 
à la Revue scientifique, à la Nature, à la Revue générale des Sciences, au Bulletin 
du Syndicat des Agriculteurs, à V Agriculture moderne, etc. 

On lui doit enfin plusieurs discours académiques et un grand nombre de notices 
nécrologiques qui ont été insérées, soit dans les recueils précédents, soit aux 
Annales agronomiques. 



TABLE DES MATIERES 

CONTENUES DANS LE CINQUIÈME VOLUME 

DE LA QUATRIÈMb: SÉRIE 



MÉMOIRES 



Les Oiseaux du Cambodge, du Laos, de rAiinani et du Toukin, par M. E. Ouslalol 
(Deuxième partie) 1 

Revision des Cinliipèdcs appartenant à la collection du Muséum dllistoiie naturelle. 
— Operculés, par M. A. Gruvel 95 

Matériaux pour la minéralogie de Madagascar. — Les roches alcalines caracté- 
risant la province pétrographique d'Âmpasindava (Deuxième mémoire), par 
M. A. Lacroix 171 

BULLETIN 

P. -P. Dcliérain. — Noiice nécrologique par M. L. Maquenne 

Liste des ouvrages et mémoires pui)liés par P. -P. Dehérain \ii 



Nouvelles Archives nu MusÉUiM. -i" séiic. — V. 



TABLE DES PLANCHES 



1. — Balaniis Dybowskii. — Verruca laevigata. — ■ Balanus violaceus. — Octomeris 

brunnea. ^0. angulosa. — Balanus Campbelli. 
II. — Stephanolepas muricata. — • Cryptolepas rachianectis. — Pyrgoma anglicum . — 
Acasta spongites. — Chamaesiphon sciitelliformis. — Clielonobia Manati . — 
Balanus decorus. 

III. — Coronula diadema. — C. balœnaris. — C. reginae. — Cryptolepas rachianectis. — 

Chelonobia testudinaria. — Platylepas bissexlobata. — Balanus psittacus. 

IV. — Chthamalus Challengeri. — Elminius Kingi. — Octomeris angulosa. — Balanus 

perforatus, var. angustus. — B. capensis. — B. tiigonus. — B. lœvis, var. 
nitidus. — Tetraclita purpurascens. — T. porosa, car. rubescens. — Chelonobia 
patula. — Balanus hirsutus. — B. violaceus. — B. cariosus. — B. Dybowskii. — 
Chelonobia Manati. — Balanus flosculus, car. soididus. — B. improvisus, 
var. assimilis. — Elminius plicatus. — Balanoides. 
V. — Pitta annamensis. 
VI. — Dryonastes Marsi. — D. lugens. 
VII. 
VIII. 
IX. 

X. , 

yx , Roches de Madagascar. 

XII. 
XIII. 
XIV. 



Nouvelles Archives du Muséum. 4- Série. 



Mémoires T.V. Pli 










10 






A. Gruvel ad . nat. del . 



Imp.d'ArtA.Glot, Paris. 




ABénard litK. 



l-9_Balamis Dybowskii, r,.sp.;__10_VeiTuca lœvigata, G. B. Sowertyi_ ll-l^_Balams violaceus, .^. sp. 

15_Octomeri8 brum^ea , Darwin ;_ 16 - 17_Octomeris augulosa , G.B.SowerV- 

18-19_Balanus Campbelli, Rlhd. 



Mjsson- et C'':Etlifcurs. 



Nouvelles Archives diiMuséum. 4^^ Série. 



Mémoires T. V. PI. 2, 




10 





f\^^ 






12 











13 



A.Gruvel ad.nat.del. 




Imp.d'Art A.Cloi, foris. 



18 




A.Bénarililh. 



l-3_Stephanolepas muricata,P.FiscKer ,_4- 10 _ Gryptolepas rachianectis, Dali ;_11_ Pyrg orna anglicum, G. B. Sowerby,. 
12 etl5_Acasta spongites, Poli ;_13 _ Cliamœsipho scutelliformis, Darwin i-l^', 18eil7_ChelonolDia 

manati. 71. so.;_ IB — Balanus decorus, Darwin. 



Masson et C^Edit, Paris. 



JVoTzvell&S'ArchLv&s- du, Mnséu?7x,,4^!^ Séries . 



Memoû^^ T. VFl. 3. 



par. eai&. 




inà. 



A.Gruvel 8:A.Bo\iyat,PKoto. 



Invp^®.^ BertKaud. Paris. 



là7_Coronula diadema.L,. 8-C. Balœnaris .Gmelin... 9.C.reginae.Darw:;10-ll-Cryptolepas racHanectis ,Dall, 12 _ Chelonotia 
Lestudmaria.L ., 13_ Platylepas tissexlotata, de Blainville ; l-î- Bal.psittacus .Molma. 



li^son et C'f, Editeurs 



JVbuvelleé-^rcTiiv&y dw3Iiosérzrrty,4-f' Série-, 



Mémvir&s T.VrJPl.4. 











^S ^^^«1% 




//? 












A'- 



^' :^' 



^i 



■^%:^ 



C 



cf 




»1 



^V# 



'/S 






A.Gruvel S:A.Bouy-at .Photo 



linp'^^ Berthaiid, Paris. 



l_Chthamalus Challengeri, Hoek,. 2.Elminius Kingi, J.E.Gray, 3_ Octomerisangulosa.G.B. Sow^'er'byi 4-Bal.perforatus, 
Brug.var angustus.Grrielin, S-Bal.capensis,Ellis -. 6.Bal.trigor\us.Darv\r.:7-Bal.lcevis,Brug.var:nitidus,Darw,8-Tetraclita 
purpurascens ,Wood; 9-Tetr.porosa,GTn.elin,varrutescens.Darw.; lO.Chelonobia patula.Ranzani,- 11-Bal hirsutus ,Hoek, 
12. Bal.violaceus.n.sp ,13-Bal.cariosus,Pallas ,. W-Bal.Dybo-wskii.n.sp. 15-16. Chelonobia inanati.xi-.sp ; 17. Bal . Flosculus, 
IJarw.var.sordidus,DarvvA.,18.Bal.iinprovisus,Dar'w.var: assim.ilis,Darvv:,19.Elminius plicatus, J.E.Gray"; 2o.Bal.balanoïdes .L,- 



Masson et C'.'^. Editeurs 



Nouvelles Archives duMuséum. 4*: Série. 



Mémoires T.V. PI. 5. 





-^*=N 






J-uilleral, lith. 



Imp -I . l afontame .Paris . 



Pitta annamensis , ( Oust; 



^^as\!'on- ei- C^Miùé:,/'aris. 



NouvellesArcliives du Muséum. 4^^ Série. 



Mémoires T.V. PI. 6. 




JuilleTat,lith. 



Imp.L .Lafontame, Paris. 



Fig. l._Dryonastes Maesi,(Oust) 
Fig.2..(tête) Dpyonastes luôens,(Oust.) 



^Ala.fson. et C^, p^iM,Paj-ù. 



Nouvelles Archives du Muséum. 4'= Série. 



Mémoires, T. V. PI. 7 




Fig. 1 




Fig. 2 



Fis. 3 



Fis. 4 



Monpillard, phot. 



Photocollographie Berthaud, Paris 



Roches de Madagascar 



.\USSON HT Cie, Editeurs 



Nouvelles Archives du Muséum. 4" Série. 



Mémoires, T. V. PL 8 








Fig. 2 









iMonpillard, phot. 



Photocollographie Berthaud, Paris 



Roches de Madagascar 



iMASSON ET Cie, Editeurs 



Nouvelles Archives du Muséum. 4" Série. 



Mémoires, T. V. PI. 9 







Fig. 4 Vê.- 








'"^ .** A-^ '^ t- ^'* C'cW' *'j- -;>- • 



MonpilUrd, phot. 



Photocollographie Berthaud, Paris 



Roches de Madagascar 



MASSON HT Cie, Éditeurs 



Nouvelles Archives du Muséum. 4= Série. 



Mémoires, T. V. PI. 10 






Fis- 5 




Fig. 6 



Monpillard, phot. 



PhotocoUographie Berthaud, Paris 



Roches de Madagascar 



SIASSON ET Cie, Editeurs 



ÎWLmnfwîmiWî^^^^roseLiuT. ^r~7)end."' 



iranToiTes, 1 . V . r 1 , 1 1 



i^^ifc^ 



H 

'^j 















45 



*'/V- 





Fis. 4 



^•^'it^ ': 




^-:^>5? 




Fig. 6 



MonpillarJ, phot. 



Roches de Madagascar 



Photocollograpliie Bertliaud, Paris 



MASSON HT Cie, Ed,!eurs 



Nouvelles Archives du Muséum. 4^ Série. 



Mémoires, T. V. PI. 12 




Fig 1 




Fig. 2 
















■*.«;.•"• -,»^ ■ 

^^«^-.. 



'^c- 



Fia. 3 






55' 



.^< 



'J cl^'"^\. 












jî»» 



^ 



Fi« 4 








Fia:. 6 






Monpillard, phot. 



PhotocoUographie Beriliaud, Paris 



Roches de Madagascar 



MASSON ET Cie, Éditeurs 



Nouvelles Archives da Muséum. 4" Série. 



Mémoires, T. V. Pi. 13 








:! t:'^Hé^ 




Fis. 3 ^f>iàâéUk*:r.'''*^^'L'iÉt^ :■' 105 














w-m' 



40 ■: 




FiR. 5 



105 ' 




Jlonpillard, phot. 



Photocollographie Berthaud, Paris 



Roches de Madagascar 



MASSON ET Cie, Ediieurs 



Nouvelles Archives du Muséum. 4' Série. 



Mémoires, T. V. Pi. 14 




Fis. 11 



Fi". 13 



Fis;. 14 



Monpillard, phoi. 



Photccollographie Bertbaud, Paris 



Roches de Madagascar 



MASSON et C'% Éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris 
NOUVELLES ARCHIVES 

DU 

MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 

PUBLIÉES PAR MM. LES PROFESSEURS-ADMINISTRATEURS DE CET ÉTABLISSEMENT 



PRINCIPAUX ARTICLES CONTENUS DANS LA TROISIEME SÉRIE 1889-1898 

Tome I" : Recherches sur le Cachalot, par MM. G. Pouchet et H. Beauregard. — Recherches sur les 
Insectes de Palagonie, par MM. Ed. Lebrun, L. Fairmaire et P. Mabille. — Description d'une Tortue 
terrestre d'espèce nouvelle, par M. Léon Vaillant. 

Tome II : Mémoire sur l'organisation et le développement de la Comatule, par M. Edmond Perrier {Fin). — 
Sur la faune herpélologique de Bornéo et de Palawan, par M. F. Mocqcard. — Crustacés du genre Pelo- 
carcinus, par M. Milne-Edwards. 

Tome III : Monographie du genre Chrysosplenium, par M. A. Franchet {Fin). — Monographie du genre 
Palophus, par M. Ch. Brongniart. —Insectes recueillis dans l'Indo-Chine, par M. Pavie (2"= article). Coléoptères 
et Lépidoptères, par MM. Aurivillius, Lesne, Allard, Brongniart et Poojade. — Monographie du genre 
Eumegalodon, par M. Ch. Brongniart. 

Tome IV : Recherches sur le Cachalot, par MM. G. Poociiet et H. Beauregard. — Recherches anatomicjues sur 
le Pentapialarthrus paussoides, par iM. A. Raffray. — Lichenes exotici, par M. l'abbé Hue. — Espèces 
nouvelles ou peu connues de la collection ornilhologique du Muséum, par M. E. Oustalet. — Contribution 
à l'élude de l'alimentation chez les Ophidiens, par M. Léon Vaillant. 

Tome V : Les anciennes ménageries royales et la ménagerie nationale fondée le 14 brumaire an H 
(4 novembre 1793), par le D' E.-T.Hamy. — Contribulion à l'étude de la faune ichlyologique de Bornéo, par 
M. Léon Vaillant. — Etude sur les Slrophantus de l'herbier du Muséum de Paris, par M. A. Franchet. — Notice 
sur le Drepanornis Bruijini, Oust., par M. E. Oustalet. 

Tome VI : Catalogue des Oiseaux provenant du voyage de M. Bonvalot et le prince Henri d'Orléans à travers le 
Tutkestan, leThibetet la Chine occidentale, par Al.E. Oustalet (/î>i). — Description d'une nouvelle espèce de 
Mammifère du genre Crossarchus et considérations sur la répartition géographique des Crossarques layés, par 
M. E. de Pousargues. — Des Galagos et description d'une nouvelle espèce appartenant à ce groupe, par M. E. dk 
PousARGUES (2 planches). — Revision du genre Calalpa, par M. Edouard Bureau. — Etude minéralogique de la 
Lherzolite des l'yrénées et de ses phénomènes de contact, par M. A. Lacroix. 

Tome VII : Monographie du genre Ceratosoma, par M. A. T. de Rochebrune. — Les Mammifères et les Oiseaux 
des lies Mariannes, par M. E. Oustalet. — • Note sur le Pharomacrus xanthogaster, par M. E. Oustalet. 

Tome VIII: Vespasien Robin, par le D"' E.-T. Hamy. — Les Mammifères et les Oiseaux des îles Mariannes, par 
E. Oustalet {fin). — Forme nouvelle d'Octopus, par le D'' A. -T. de Rochebrune. — Monographie du genre 
Synodonlis, par M. Léon Vaillant {fin). — Catalogue des Brévipennes de la collection du Muséum, par 
M. E. Oustalet. 

Tome IX: Étude biographique sur le botaniste Poiteau, par M. Éd. Bureau. — Recherches anatomiques sur les 
Balœnides, par MM. H. BEAURECAnD et R. Boulart. — Le Gypse et les minéraux qui l'accompagnent, par 
M. A. Lacroix. 

Tome X : William Davisson, par M. E.-T. Hamy. — Les Carex de l'Asie Orientale, par M. A. Franchet {fin). — 
Le Rhinopithèque de la Vallée du haut Mékong, par MM. Milne-Edwards et de Pousargues. — Jacareiinga et 
Alligator de la collection du Muséum, par M. Léon Vaillant. — Lichenes Extra-Europœi, ab A. -M. Hue 
elaborati. — Table générale de la 3*^ série. 

QUATRIÈME SÉRIE 1899-1902 

Le Tome I" contient les Mémoires suivants : Un précurseur de Guy de la Brosse : Jacques Gohory et le 
Lycium Philosophai de Saint-Marceau-lès-Paris (15^1-1576), par E.-T. Hamv, de l'Institut. — Lichenes e.xtra- 
Europœi, ab A. -M. Hue elaborati {suite). — Les oiseaux du Cambodge, du Laos et du Tonquin, par 
M. E. Oustalet. — Contribution à la faune herpélologique de la Basse Californie, par M. F. Mocquard. 

Le Tome II contient les mémoires suivants : Le père de la Zoologie française : Pierre Gilles, d'Albi, par 
M. E.-T. Hamy. — La Tortue de Perrault {Testudo indica, Schneider). Étude historique par M. Léon Vaillant. 
— Lichenes extra-Europœi, A. -M. Hue elaborati {suite). — Conlribution à l'étude de la faune ichlyologique 
de la Guyane Française el du Contesté franco-brésilien, par M. Léon Vaillant. — Contribution à l'étude des 
Annélides Polychêîes de la Mer Rouge, par M. C. Gravier. 

Le Tome III contient les Mémoires suivants : Jean Le Roy de La Boissière et Daniel Rabel, par 
M. E.-T. Hamy. — Lichenes extra-Europœi, par abA.-M. Hue elaborati (/?«)• — Annélides Polychetes de la mer 
Rouge, par M. C. Gravier. — Oiseaux de la Chine occidentale et méridionale, par M. E. Oustalet. 

Le Tome IV contient les mémoires suivants : Matériaux pour la minéralogie de Madagascar (Roches 
alcalines caractérisant la province pélrographique d'Ampasindava) par M. A. Lacroix. — Révision desCirrhi- 
pèdes appartenant à la collection du Muséum d'Histoire naturelle, par M. A. Gruvel. — Ouvrage» et mémoires 
de Henri Filhol. 

Chaque volume se vend séparément 40 fr. 



L- / 



jflASSOJV et €'% Editeurs, t90, boulevard Saint-Germain, Pari« 

BULLETIN DU MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 

O" année — 1903 

HUIT NUMÉROS PAR AN 

Abonnement : Paris kt Départements : 15 fr. — Union Postale : 16 fr. 



Jusqu'à présent les naturalistes du Muséum n'avaient d'autre organe officiel que les Archives, mais cette publication 
ne peut donner qu'une idée très incomplète du labeur exécuté au Muséum ; la plupart des autres travaux sont 
<lisséniinés dans les recueils spéciaux. L'œuvre accomplie s'éparpille et la dissémination des travaux empêche de saisir 
leur ensemble. 

Pour les grouper, A. Milne-Edwards, avait eu l'idée de créer le Bulletin <tu Muséum d'Histoire naturelle. Le 
mode de rédaction est très particulier; le Directeur prie tous les naturalistes attachés au Aluséum de se réunir une 
fois par mois dans un des amphithéâtres et de communiquer à l'assemblée les résultats constatés dans leurs divers 
services. On ne demande pas de Mémoires, encore moins de Conférences ; on raconte rapidement ce qu'on a vu, 
on montre les objets, en projette les photographies ; de là le Bulletin. 



L'anatomie comparée des animaux basée sur l'embryologie, par Louis HoaLiî, professeur à la 
Faculté des sciences de l'Université de Toulouse, lauréat de l'Institut (grand prix des sciences physiques). 

2 vol. gr. in-8 de xxvi-1970, pages avec 1202 figures dans le texte 48 fr. 

Traité de zoologie, par M. Edmond PicRRita, membre de l'Institut et de rAcadém'ie de Médecine, Directeur 
du Muséum d'histoire naturelle. 2 vol. gr. in-8. 

Première partie. — Zoologie générale. Protozoaires et Phytozoaires — Arthropodes. 1 fort vol. gr. in-8, 

avec 980 fig. dans le texte 30 fr. 

Deuxième partir. — Vremier fascicule. Vers, Mollusques, 1 vol. gr. in-8 avec 566 figures 16 fr. 

Deuxième fascicule. Amphioxus, Tuniciers. 1 vol. gr. in-8 avec 97 figures 6 fr. 

Troisième fascicule. Poissons. 1 vol. gr. in-8 avec 190 figures dO fr. 

Quatrième fascicule. Vertébrés marciieurs [Sous presse). 
Les colonies animales et la formation des organismes, par M. Edmond Perrier, membre de l'Institut, 
professeur au Muséum d'histoire naturelle. Deuxième Édition, avec 2 planches et 158 figures dans le texte. 

i fort vol grand in-8 18 fr. 

Traité de botanique, par M. Van ïiegiiem, membre de l'Instilut, professeur au Muséum d'histoire naturelle. 

2^ édition entièrement refondue et corrigée. 2 vol. gr. in-8, avec 1213 gravures dans le texte 30 fr. 

Traité de géologie, par M. A. de Lapparent, membre de l'Institut, professeur à l'École libre des Hautes- 
Etudes. Ouvrage couronné par ilnslitut. 4« édition entièrement refondue. 3 vol. gr. in-8, avec 830 gravures 

dans le texte 35 Ir. 

Cours de minéralogie, par M. A. de Lapparent, de l'Institut, 3'= édition revue et corrigée. I vol. gr. in-8, avec 

G19 figures dans le texte et une planche chromolithographiée 13 fr. 

Leçons de géographie physique, par M. K. de Lapparent, membre de l'Institut, professeur à l'Ecole libre 
des Hautes-Etudes. Deuxième édition, entièrement refondue et augmentée. 1 vol. in-8, avec 168 figures et 

une planche en couleurs 12 fr. 

Les enchaînements du monde animal dans les temps géologiques, par M. Albert (îaudky, membre de 
l'Institut, professeur au Muséum d'histoire naturelle : 

Fossiles primaires. 1 vol. gr. in-8, avec 285 fig. dans le texte, dessinées par M. Formant 10 fr. 

Fossiles secondaires. 1 vol. gr. in-8, avec 304 fig. dans le texte, dessinées par M. Formant 10 fr. 

Mammifères tertiaires. 1 vol. gr. in-8, avec 312 fig. dans le texte, dessinées par M. Formant 10 fr. 

Essais de paléontologie philosophique, par M. Alb. Gaudby, membre de l'Institut de France et de la 
Société royale de Londres, professeur de Paléontologie au Muséum d'Histoire Naturelle. 1 vol. in-8, avec 

204 gravures dans le texte 8 fr. 

Expéditions scientifiques du « Travailleur » et du « Talisman » pendant les aimées 1880, 1881, 1882 
et 1883. Ouvrage publié sous les auspices du ministère de l'Instruction publique, sous la direction de 
M. A. Milne-Edwards, continué par M. E. Perrier, membre de l'Instilut, membre de la commission des 
diagages sous-niarins, directeur du Muséum d'histoire naturelle de Paris. 

Poissons, par M. L. Vaillant, professeur-administrateur au Muséum d'hisloire naturelle, membre de la 

commission des dragages sons-marins. 1 fort vol. in-4, avec 28 planches 50 Ir. 

Brachiopodes, par M. P. Fischer, memlire de la commission des dragages sous-marins et D.-P. Œhlert, 

membre de la Société géologique de France. 1 vol. in-4, avec 8 planches 20 l'r. 

Échinodermes, par M. Edm. Perrier, professeur-administrateur au Muséum d'hisloire naturelle, membre 

de l'Institut. 1 vol. in-4, avec planches 50 fr. 

Mollusques testacès, par Arnould Locard. Tome I. 1 vol. in-4 avec 24 planches oO fr. 

Tome H. 1 vol. in-4 avec 18 planches 50 fr 

Crustacés décapodes. — Première partie: Brachyures et anomoures, par A. Milne-Edwards elE.-L. Bouvier, 

professeurs au Muséum d'histoire naturelle. 1 vol. in-4, avec 32 planches 50 fr. 

Girrhipédes, par A. Gruvel ; Némertiens, par M. Joubin; Opistobrancbes, par A. Vayjsière; Holo- 
thuries, par R Perrier. 1 vol. in-4 avec 22 planches 50 fr. 

Cours élémentaire de Zoologie, par Rémy Perrier, chargé du cours de Zoologie pour Je certificat d'études 
P. G. N. à la Faculté des Sciences de l'Univesité de Paris. Deuxième édition entièrement revue. 1 vol. in-8 
de 774 pages ave c 699 figures dans le texte. Relié toile 10 fr. 

Corbeil. — Imprimerie Éd. CKéii. 



-^S 



C 67 6@